YONNE






1606-1785            Villes et villages de l'Yonne qui furent incendiés.

Autrefois les maisons des villages étaient pour la plupart couvertes en paille et l'existence des pompes à feu à peu près inconnue. Aussi quand un incendie éclatait, le danger de destruction générale du pays devenait menaçant et il fallait des efforts inouïs pour s'en préserver.
Voici quelques uns des évènements de ce genre dont la relation nous a été conservée, et qui montrent les terribles effets du fléau sur les pauvres villages atteints.


Bellechaume, 1641, 28 juillet. - "Bellechaume fut brûlé, environ soixante-cinq maisons et granges furent détruites."

Brienon, 1606. - La ville de Brienon fut brûlée à la vigile de Saint-Mathieu. (Registre de Bellechaume). - 6 septembre 1785, "incendie qui consuma deux cent trente maisons, dont la plus grande partie étoit couverte en chaume."
A la suite de cet évènement, une ordonnance de police confirmée par le Parlement, prescrivit de ne plus couvrir de maisons qu'en tuiles. (Voy. Recherches historiques sur le département de l’Yonne, par Tarbé, p. 482)

Chemilly-sur-Serain, 1767, 27 mars. - Relation de la mort de deux personnes brûlées en ce jour dans un violent incendie qui a détruit le village à l'exception de neuf maisons. En 1739, un autre incendie avait déjà détruit le même nombre de bâtiments et les habitants avaient été ruinés.

Courgis, 1749, 22 octobre. - Cent soixante maisons de Courgis ont été entièrement brûlées. (Registre de Saint-Cyr-les-Colons).

Chéroy, 1736. - "La nuit du 12 au 13 août, le feu a pris dans la maison où pendoit pour enseigne le Renard, occupée par Nicolas Richardot et Françoise Bouvot, sa femme, avec tant de véhémence que suivant le procès-verbal de visite qui a été fait par le lieutenant-général de Nemours, il y eut 195 corps de bâtiments détruits, et près de quarante familles ont été tout-à-fait ruinées. L' Archevêque de Sens rendit un mandement pour être publié dans toutes les paroisses de son diocèse afin de recommander les pauvres incendiés, ce qui s'est exécuté très sagement, et par les charités du duc d'Orléans (1), les bâtiments se sont rétablis, mais plus parfaitement qu'ils n'étoient auparavant."
(1) Le duc d'Orléans était seigneur apanagiste de Chéroy.

Les Sièges, 1706. - "Le 4 juin, à quatre heures après midi, le feu fut mis dans la paroisse des Sièges, vers le milieu de la rue du Haye, par le nommé Edme Sardin, âgé de dix ou onze ans, dans le fumier d'Antoine Martin, qui insensiblement gagna la maison, et ensuite poussé par un vent violent, prit, en moins d'une heure et demie, à soixante-douze maisons, trente-deux granges, le presbytère, l'église, et d'une manière qui tire les larmes des yeux, car à peine eut-on le loisir de sauver les enfants et d'emporter son lit en grande hâte, en sorte que je ne pus même sauver les registres des baptêmes, mariages et mortuaires, qui ont été brûlés avec les livres et les ameublements que j'avois." Signé, C. Martin, curé.

Montacher, 1781. - "La nuit du 2 au 3 septembre, environ une heure après minuit, grand incendie qui consuma dix maisons, huit granges remplies de grains ; l'église fut ensuite brûlée entièrement, ainsi que les ornements, les cloches et vases sacrés furent fondus par le feu ; la perte totale a été évaluée à plus de cent mille francs."

Neuilly, 1722, 21 avril. - Grand incendie à Neuilly, près des Voves. Deux cents maisons incendiées, quinze personnes ont péri et beaucoup de bestiaux. (Registre d'Epineau).

Neuilly, 1785, 07 septembre. - voir document ci-après.

Saint-Martin-sur-Armançon, 1742, 20 août. - "Incendie de presque toutes les habitations de la commune ; trois grandes personnes et cinq enfants y ont péri."

Saint Valérien, 1706, 16 février. - Ont été inhumés les corps de Louis Legout, meunier, âgé de 30 ans, d'Aimé Cornet, sa femme, âgée de 32 ans, et de sept autres personnes, leurs parents ou domestiques "tous lesquels corps ont été trouvés à demi brûlés dans le moulin de la Grande-Roue, commune de Saint-Valérien, qui a été consumé la nuit dernière par un incendie aussi déplorable qu'il a été subit et imprévu."

Thorigny, 1617, 24 juillet. - "Un incendie épouvantable, causé par la femme de Simon Rameau, a brûlé plus de cent maisons. Le soir, il y avait 340 personnes qui cherchoient leur gîte."

Thury, 1764. - "Un incendie a mis en cendres le bourg de Thury, excepté la maison seigneuriale, le presbytère et l'église. Celle-ci n'a échappé aux flammes que par les efforts de M. le comte de Lauris, seigneur de Thury. Le 4 octobre 1764, le subdélégué de Gien promit de venir au secours des incendiés."

Venizy, - Tous les registres de baptêmes ont été brûlés dans l'incendie du 16 mars 1707. - 6 juin 1718, baptême de deux cloches faites du métal fondu et ramassé après l'incendie de l'église du 16 mars 1707. - Même année, bénédiction de la nouvelle église.

Villon, 1785, 24 août. - Incendie qui détruisit toute la rue haute de Villon.

Yrouerre, 1707. - "Le 14 mars, sur les neuf heures du matin, toute la rue d'en haut fut brûlée jusqu'au bout de l'allée du château, excepté quelques maisons et granges."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1608-1661            Les grandes gelées.

Parmi les évènements qui affectent les campagnes, les gelées extraordinaires figurent naturellement au premier rang. Nous rapporterons seulement les plus marquantes.

Bellechaume.

– An 1608. - "Cette année les vignes furent gelées en bois et les noyers aussi. Il fit de très grandes froidures, que l'eau qui distilloient par des tisons qui brûloient dans le feu geloient par le bout du tison." (sic)

Dannemoine,

- 1614. "Les 14 et 15 mai, les vignes ont toutes été gelées, si bien qu'il n'est rien resté des vignes hautes et basses dans toute la vallée du Tonnerrois et en beaucoup d'autres lieux.
- 1620, 19 janvier. La neige tomba et dura jusqu'au 16 février, prenant avec un froid si intense que toutes les vignes ont gelé."

Chéroy,

an 1659. - Toutes les vignes ont gelé le 24 avril.
- 1661, 12 et 13 avril, toutes les vignes ont gelé.

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1614    Massangis  89440      Cahiers de doléances en vue des Etats généraux de 1614.

Ce jourdd'hui, troisième jour du mois d'aoust mil six cens et quatorze, [...]les habitants du dit village de Massangis nous disant n'avoir aultre chose à remonstrer, sinon qu'ils sont appauvris depuis peu, principalement depuis l'années dernière où leurs blès furent tellement grêlés que la plupart d'entres eux ne récoltèrent aucun grain. La grêle à tout foudroyer à tel point qu'ils ont été containts, sans pouvoir retrouver d'autres semences, de labourer les champs grêlés, espérant que les blès et autres grains répandus produiraient quelque chose mais ils ont été frustrés de leur attente. Aussi l'inondation qui a eu lieu avec la grêle le dix sept juillet de la dite année dernière à gatés leurs foins et une partie des autres fruits de la terre. En outre, sur la fin de mai dernier, un régiment du colonel de Chatillon-en-Bazois, ayant logè dans les deux villages, les a totalement ruinés. Les soldats ont volé leurs meubles, les ont obligés à se dévêtir et à se déchausser avec coups et outrages, et ont violé certaines de leurs filles. Toutes ces pertes et dommages ont contraint une partie des habitants à quitter les deux villages et à mendier. Aussi, désirent-ils demander à sa Majesté le rabais des tailles et autres subsides [...] et pour validé de quoy se sont soubsignés avec nous desditz habitans en partie, les autres ont déclaré ne scavoir signer.
Jean Chignot, Antoine Noury, Legrand, Toussin, Verpy, Alexandre, Barbe.

Source: Cahiers de doléances des habitants de Massangis établi en vue des Etats généraux de 1614 (conservé à la bibiothèque de Troyes). (L'intermèdiaire des chercheurs & curieux N°583)





1617    Thorigny        Pluie de sang.

"Ce jourd'hui Feste-Dieu 1617, il arriva à Sens chose merveilleuse, en ce que outre l'orage de vent et de l'eau, il s'est trouvé plusieurs gouttes de sang humain tombé du ciel sur certaines personnes, sur les herbes des jardins, sur les pierres et sur du boys, et personne n'a peu donner la raison, sinon de dire que les effets de Dieu sont admirables et incogneuz aux hommes."

Le bon curé ignorait que ces prétendues gouttes de sang sont dues à des animalcules rouges qui végètent sur les neiges des montagnes du Nord et que des trombes entraînent au loin avec elles. En tombant ils colorent la neige fondue et donnent à l'eau l'apparence de gouttes de sang. Le curé de Thorigny s'en réfère, dans sa prudence, à la toute-puissance de Dieu, mais sans donner à ce phénomène des causes superstitieuses, comme certains esprits de son temps le faisaient.

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1633    Villon    89740    Grêle sur de nombreux villages.

Villon, an 1633, 7 août. - "Le soir, grêle affreuse qui a endommagé le territoire de Villon et beaucoup d'autres villages depuis Tonnerre jusqu'à Mussy."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1641    Bellechaume    89210    "Bellechaume fut brûlé." non ce n'est pas de l'humour!!!

Bellechaume, 1641, 28 juillet. - "Bellechaume fut brûlé, environ soixante-cinq maisons et granges furent détruites."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1650    Septfonds    89170    "...crainte d'une famine dont Dieu nous garde !"

Septfonds, an 1650. - "Ceste-année a esté fort pluvieuse. Les pluyes commencèrent au mois d'aoust, par un grand tonnerre qu'il fit toute une nuit, et continua la pluie des mois d'aoust à décembre que l'on a peu emblaver, les limasses engendrées en grand nombre ont tout mangé. Et nous voyons que Dieu a retiré sa bénédiction de dessus la terre, et crainte d'une famine dont Dieu nous garde !"

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1651    Septfonds    89170    "Ceste année a esté appelée l'année de misère..."

Septfonds, 1651. - "Ceste année a esté appelée l'année de misère. On a rien recueilli de tout le pays. Misère et famine partout. La guerre d'un autre costé : Dieu nous console d'autre costé !"

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1676-1677    Cry    89390    "les neiges amenèrent un grand débord d'eau qui causa un grand dommage"

"La neige commença à tomber le 1er décembre et dura jusqu'au 15 janvier 1677, lesquelles neiges amenèrent un grand débord d'eau qui causa un grand dommage sur la rivière d'Armançon et notamment aux marchands de bois trafiquant sur la rivière. Les eaux étoient si grandes qu'elles ont emmené le tablier du pont de Montbard sans compter les autres dommages. La force des glaces, qui avoient deux pieds d'épaisseur, a rompu trois piliers du pont de Cry et renversé les pierres du tablier."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1680    Évry et Champcevrais     89    Vingt-cinq personnes ont été écrasées dans l'église.

1680. - Voici un phénomène qui, bien que non mentionné dans les registres de catholicité, n'en rentre pas moins dans nos recherches :
Le même jour 5 juin 1680, les deux églises des villages d'Évry, canton de Pont, et de Champcevrais, canton de Bléneau, ont été renversées par une trombe subite de vent. A Champcevrais, vingt-cinq personnes ont été écrasées dans l'église. Il faut remarquer que les deux villages sont à plus de 64 kilomètres à vol d'oiseau l'un de l'autre, du nord à l'ouest. Des inscriptions placées dans les églises ont conservé la mémoire de ce terrible évènement, qui renversa aussi toutes les maisons d'Évry.
Il est à croire que la trombe n'a pas seulement frappé ces points si éloignés l'un de l'autre et que les villages intermédiaires n'ont pas été épargnés.

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1686    Cry    89390    "L'eau fit un dommage que l'on ne peut estimer, tant la perte étoit considérable."

Cry, 1686. - "Le 26 mai, sur l'heure de deux après midy, il survint une nuée et une grêle si abondante et si grosse qu'elle perdit totalement les vignes de Cry et de Perrigny. L'eau fit des fossés du haut en bas de la montagne, en un mot, fit un dommage que l'on ne peut estimer, tant la perte étoit considérable."

A Civry, le même jour, grêle énorme qui ravagea toutes les récoltes. Le 26 juin, autre chute de grêle aussi pernicieuse.

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
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1687    Les Bordes    89500    Inondation! l'église sous les eaux.

Les Bordes, 1687. - "Le 30 juillet, une inondation a eu lieu, la hauteur de l'eau dans l'église étoit de cinq pieds."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1688    Gland et villages voisins    89740    La foudre dévastatrice tant pour les humains que pour les biens.

Gland, 1688. - "On dit que la foudre et le tonnerre ont été si grands que plus de 80 chaumes de maisons ont été ruinées et abattues ; grands dommages à la campagne, la vigne et les emblaves ruinés. Aux environs de Gland, le tonnerre est tombé au mois d'août ; à Ancy-le-Serveux, il tua une fille faucillant à la campagne ; à Villon, il tua un homme, tomba sur le moulin de Cruzy dont il brûla les ailes."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1692    Cry        "tremblement de terre à la pointe du jour..."

A la date du 12 mai 1692, le curé mentionne un tremblement de terre, c'est le seul que nous ayons rencontré dans nos registres. En voici le récit dans sa simplicité : "Il se fit un tremblement de terre à la pointe du jour, le 12 mai 1692. Tout le monde étoit saisy de frayeur et se croyoit perdu, pensant que tous les bastiments étoient renversés."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1697    Civry    89440    "toutes les prairies furent inondées et les foins perdus"

Civry, 1697 - Grande inondation causée par les eaux du Serain, depuis sa source jusqu'à son embouchure toutes les prairies furent inondées et les foins perdus

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1697    Cheny    89400    "la rivière d'Armançon a débordé ...elle bouchoit les arches du pont"

Cheny, 1697 - "24 juin ; la rivière d'Armançon a débordé, elle étoit si prodigieusement grosse qu'elle bouchoit les arches du pont. Elle alloit jusqu'au moulin de Migenne."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1702    Les Bordes    89500    Inondations à répétition.

"Le 8 août, inondation d'eau. Il entra dans l'église plus de deux pieds d'eau ; dans le presbytère autant que dans la plupart des Bordes voisin du ruisseau, et cela vint par un orage qui dura plus d'une heure.
- 1725, 24 mai. Il y a eu ici, sur les deux heures après midi, une si grande inondation que l'eau entra dans l'église jusqu'à la hauteur de cinq pieds et demi, et dans le presbytère jusqu'à celle de deux pieds.
- 30 août, seconde inondation semblable à celle du 24 mai, environ sur les six heures du soir."
- 4 juillet 1737, autre inondation semblable aux précédentes."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1709    Augy,Champs,Chéroy,Montacher,Nuits-sous-Ravières,Sarry,Seignelay        Hiver 1709.

- La France entière fut frappée par ce terrible hiver, et dans chaque contrée les historiens locaux ont fait un tableau lamentable de l'état du pays. Nous reproduisons ici les douloureux souvenirs consignés dans les registres d'un certain nombre de paroisses de diverses parties du département. Plusieurs de ces récits sont d'une éloquence saisissante.

Augy :
Le curé ne parle pas des gelées, mais son registre mortuaire est rempli de 58 actes de décès pour une population de 350 habitants, près du sixième !

Champs : -pays voisin d'Augy-
"En 1709, il y a eu à Champs une famine horrible qui fit mourir beaucoup de personnes et d'animaux. Les blés et les vignes ont gelé entièrement, il n'y a eu aucune espèce de récolte. Le pain d'avoine valoit quatre sous la livre. Les ouvriers ne trouvoient même pas d'ouvrage pour un pain. Les pauvres se nourissoient de berlues (*) les noyers séchèrent tous à la suite de la gelée."
(*) Espèce de tubercule venant dans les terrains sablonneux-calcaires.

Chéroy :
"Le 6 janvier 1709, jour des Rois, la gelée commença d'une manière si forte qu'en moins de quatre jours elle devint si violente que jamais homme vivant n'en avoit senti de pareille, elle dura dix-sept jours. Il tomba plusieurs jours une neige si fine et en telle quantité qu'il y en avoit ici près d'un pied d'épaisseur sur la terre. Il mourut de froid beaucoup de personnes et principalement les petits enfants, en ayant enterré 22 dans cette paroisse pendant le mois de janvier." Voir, pour plus de détails, l’Almanach de 1865, 2ème partie, par M. A. Lechat.

Montacher :
On n'y fait pas mention de la gelée de 1709, mais les conséquences de la misère qui s'en suivit furent terribles. Le curé, en consignant plusieurs actes de décès, s'exprime ainsi :
"27 novembre 1709, est décédée une pauvre femme nommée Saffret, âgée de trente-deux ans."

Et il ajoute ces mots latins : "Fame periit" (mort de faim), qui comme un glas funèbre vont retentir à la suite de sept autres actes de décès du mois de janvier 1710. Quelles paroles pourraient remplacer ces deux mots si éloquents dans leur brièveté !

Nuits-sous-Ravières :
"1709, l'hiver a été très rigoureux et très rude cette année. Trois gelées dont la première commença le 6 janvier et dura jusqu'au 24 du même mois ; la deuxième au mois de février, et dura près de vingt-quatre jours, et l'autre au mois de mars qui fut aussi forte que les deux autres et dura dix jours ; les blés furent perdus presque par toute l'Europe, ainsi que les noyers, les oliviers, les orangers, etc., aussi on a vu cette année et on verra la prochaine ce qui n'est pas arrivé depuis plusieurs siècles, la famine dans son plus haut point ; le froment valant aujourd'hui 24 juin, 16 livres le bichet, le conceau 8 livres, l'orge 100 sols, et l'avoine 40 sols, et le grain augmentant toutes les semaines de plus de 20 sols. Dieu nous soit en aide !"

Sarry :
Ici, le curé résume en deux chiffres les malheurs qui ont frappé sa paroisse.
"En 1709, mort de quarante-deux personnes de différents âges."
Ce village ne se compose que de 600 habitants.

Seignelay :
"En l'année 1709, il y eut un si cruel hiver qui commença le jour des Roys, que jamais il n'y en peut avoir un si long et si rude ; il se reprit à trois fois ; tous les arbres furent gelez, les noyers surtout et les arbres fruitiers ; les bleds périrent en terre et les vignes, de sorte qu'il n'y eut point de récolte que d'orge et d'avoine. La disette vint ensuite : on vendoit le bichet (*) de bled jusqu'à 20 et 22 livres ; la pinte de vin 10 et 12 solz et davantage. Le bichet d'orge se vendoit 7 à 8 francs. Le désastre fut universel. On trouvoit à la campagne non-seulement des hommes morts de froid, mais encore les oiseaux et les bêtes fauves dans les grands bois."
(*) Le bichet de froment de Seignelay contenait 56 litres ; ce qui aurait mis le prix de l'hectolitre à plus de 35 francs.


1709    Vincelles, Vinneuf, Yrouerre, Asquins.         "dans la Flandre, la Picardie, dans la Champagne et dans la Bourgogne, c'étoit la même misère"

Vincelles.

- Le curé de Vincelles qui rédigea la relation suivante à la fin du registre de 1709 n'avait pris possession de sa cure qu'à la fin du mois de juillet, il ne parle donc pas des faits antérieurs dans le pays, mais comme il venait du nord, il raconte ce qu'il a vu et éprouvé pendant son long voyage, et il n'en est que plus intéressant.

"L'on ne sera peut-être pas fâché de savoir que cette présente année l'hiver fut si terrible que les bleds furent gelés universellement partout, c'est ce qui sera incroyable à la postérité et cependant il n'y a rien de plus vrai. Je tins moy-même plus de deux cents lieues de païs et fut témoin oculaire que dans la Flandre, la Picardie, dans la Champagne et dans la Bourgogne, c'étoit la même misère que l'on déploroit, mais comme il y avoit encore du vieux bled, le pain ne fut encore vendu que 5 et 6 sols la livre. L'on voira ce qui arrivera de triste dans l'autre année suivante. Le Roi Louis XIV fit faire des recherches sur tous les greniers et il y avoit ordre que de laisser bien juste ce qu'il faloit pour chaque maison. Les grandes maisons à Paris, et à leur imitation dans les villes de province, les premiers de chaque lieu, fesoient faire un feu commun dans le melieu des rues. La rigueur du froid dans le mois de janvier fut si grande, que l'on ne pouvoit mettre le née à l'air sans être saisi ; il se trouva une infinité de personnes mortes par les champs, moy-même je ne sçay par quel miracle de la providence j'en ai réchappé. Malgré la force des habits, la bonté de mon cheval, cependant il m'étoit impossible de faire plus de trois lieues que je fesois plus de moitié à pied et en bottes ; mais aussi cette fatigue-là m'a fort diminué, n'ayant pas eu une santé même passable depuis ce temps."

L'année 1710 est l'objet de remarques encore plus intéressantes. D'abord, il n'y a eu au registre aucun acte de baptême et de mariage et les actes de sépulture sont au nombre de 25, chiffre déjà considérable, et le curé a écrit à la suite du registre de cette année :

« Peut-être serez-vous surpris, mon cher lecteur, de ne voir dans le registre que des morts. Votre étonnement cessera si vous remarqué que c'est celuy de 1710, année dans laquelle il sembla que le Seigneur vouloit enfain tirer vangance de l'homme pécheur et le perdre par une disette de bled : il valoit cette année en ce païs jusqu'à 20 et 25 francs le bichet. Le pauvre peuple vendoit jusque à leurs chemises pour se nourrir. L'on voyait les hommes et femmes, enfants, petits et grands, le visage et les mains terreux, raclant la terre avecque leurs ongles, cherchant certaines petites racines qu'ils dévoroient lorsqu'ils en avoient trouvé. Les autres, moins industrieux, paissoient l'herbe avec les animaux. Les autres, entièrement abbatues, étoient couchés le long des grands chemins, et atendoient ainsi la mort. » « Ceux même qui paraissoient les plus aisés étoient ceux qui souffroient davantage faute de payement. Les rentes de l'Hôtel-de-Ville furent retranchées. Les curez étoient trop heureux de vivre de pain tel quelle. Le vin étoit or de prix, les vignes ayant été gelées jusque dans la terre l'année précédente. L'on ne vécut que d'orge où le pauvre ne pouvoit attindre, car il valoit encor 8 et 9 francs le bichet. L'on ne voioit pas encor de bled, ceux qui en avoit le conservoit pour le seumer, et moy-même, je vous avouray que quand j'en voyois cela me fesoit un tel plaisir qu'i sembloit que je n'avois rien vu de plus beau ; cependant, quand toutes semailles feurent faittes, le grain diminua tout-à-coup, je veux dire l'orge, et l'on commença un peu à manger du pain, à la vérité fort pauvre, mais à meilleur marché. Mais quel gain pour les pauvres qui avoient tout vendues et n'avoient plus de quoi faire ce peu d'argent ? Quantité d'âmes charitables suppléèrent à ce deffaut. Je reçus à ma part 20 écus d'aumosnes. Je ne puis passer sous silance ce que j'ay regardé comme un miracle : quoique les pauvres mouroient comme des bestes, jamais l'on n'a moins entendu parler de meurtre, d'assassin ni de volles. Les chemins étoient sures au milieu de cette grande disette.
« Les bleds que l'on voyent parfaitement beaux, où il y en a de seumé, rendent la joye aux coeurs, et l'on commence à revivre finissant cette année. Prions le Seigneur qu'il nous préserve de revoir jamais de pareilles temps ! »
Le curé constate qu'en 1711
« le peuple qui a resté de ces deux dernières années, à trouvé grâcement à gaigner sa vie. Les vivres n'ont pas été cher comme les deux précédentes, mais le vin a été très cher à cause de la gelée de 1709, et qu'en 1710 les vignes n'ont poussé que du bois fort chétif, qui n'a casi rien porté, de sorte que je n'en ai recueilli, dans un arpent, que plain mon chapeau ; ainsi des autres. »
L'année 1711 fut très favorable aux blés et aux vignes et le curé de Vincelles y voit l'apaisement de la justice divine.

Vinneuf.

- Le curé de ce village résume en quelques mots les suites lamentables de la gelée de 1709.
« Cette année a été terrible. Les grains, arbres et vignes ont péri par les gelées successives du mois de janvier. La famine cessa au mois d'août. Les vignes furent coupées à ras de terre, on fut quelques années sans vin. - Du 23 au 30 janvier, la terre étoit tellement gelée qu'on ne pouvoit faire de fosses au cimetière ; on enterroit alors dans la nef de l'église. Cette année il est mort à Vinneuf cent dix-huit personnes. » (1)
(1) Il y a aujourd'hui 1372 habitants à Vinneuf. C'était donc le dixième de la population, en admettant qu'elle s'élevât à ce chiffre en 1709.

Yrouerre.

– « L'hiver commença le lendemain des Rois, et fut si rigoureux que les blés, les vignes, les noyers, etc., furent entièrement gelés. »

- Terminons ce lamentable chapitre par la relation du curé d'Asquins, petit village près de Vezelay.

Asquins

« L’an de N. S. 1709, après avoir fait un temps très doux, mêlé de pluie et de brouillards, pendant les mois de novembre et de décembre de l'année 1708, le froid commença le jour des Roys, 6 janvier, si rigoureusement qu'en moins d'une heure la terre qui étoit pleine d'eau fut gelée et glacée à porter les charrettes, par le moyen du vent de bise qui continua sans interruption pendant quinze jours. Ce froid fut si intense qu'il désola toute la nature, car, outre plusieurs personnes qui en moururent, il périt quantité de bestiaux dans les étables, plus de la moitié des animaux et des oiseaux de la campagne, des poissons dans les rivières et dans les étangs. Tous les noyers petits et grands, jeunes et vieux, en séchèrent jusque dans la racine ; les trois quarts des poiriers, pommiers et quantité d'autres arbres dans les forêts et les bois ; toutes les vignes gelées, et ce qui est plus étrange, tous les bleds furent gelés dans la terre et perdus, ce qui causa une famine terrible pendant le reste de l'année 1709, qui jointe aux fléaux de la guerre fit mourir de faim une infinité de personnes. Des paroisses et des villages presque tout entiers ne mangeoient que de l'herbe et des racines des champs, quelque peu de pain fait avec de la racine de fougère ; j'en mangeai moy-même, il étoit de la couleur du pain ordinaire des paysans, mais d'un mauvais goût. Le blé fut vendu jusqu'à 20 francs le bichet, mesure de Vézelay, pesant 80 livres, encore ne pouvoit-on en avoir pour de l'argent. Les paroisses de Vézelay, d'Asquins, Saint-Père, Fontenay et Chamoux, s'assemblèrent et allèrent en procession à Saint-Lazare d'Avallon, le 18 avril de la même année, pour implorer la miséricorde de Dieu et apaiser sa colère. On chanta pour cela, pendant tout le chemin, en allant et en retournant, les psaumes de la pénitence de David, et les litanies des Saints et de la très Sainte-Vierge. Nous dîmes la messe à Saint-Lazare, qui fut chantée en musique par MM. du Chapitre, après quoi la procession partit comme elle étoit arrivée, et personne ne s'arrêta dans Avallon pour y boire et manger, car notre voeu étoit fait ainsi ; mais en passant à Pontaubert, après avoir adoré le Saint-Sacrement dans l'église, les prêtres quittèrent leurs ornements pour aller avec tout le peuple manger le peu de pain que chacun avoit apporté dans sa poche, après quoi on acheva la procession, qui fut faite avec beaucoup de piété et de dévotion, tous s'efforçant de demander et d'obtenir miséricorde ; et il est vrai de dire que Dieu nous l'accordée en donnant un temps favorable aux orges et aux avoines qu'on recueillit en abondance, avec laquelle on se nourrit jusqu'à 1710 qu'on recueillit du bled qu'on avoit semé de grains vieux. »

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1709    chronique de l'époque         1709. "Le lundi 7 janvier 1709, lit-on dans une chronique de l'époque, commença une gelée qui fut ce jour-là la plus rude et la plus difficile à souffrir : elle dura jusqu'au 3 ou 4 février. Pendant ce temps là, il vint de la neige d'environ un demi-pied de haut : cette neige était fort fine et se fondait difficilement. Quelques jours après qu'elle fût tombée, il fit un vent fort froid d'entre bise et galerne (c'est-à-dire d'entre N et NW) qui la ramassa sur les lieux bas, ils découvrirent les blés qui gelèrent presque tous". Les céréales manquèrent, en effet, dans la plus grande partie de la France, et il n'y eu guère qu'en Normandie, dans le Perche et sur les côtes de Bretagne qu'on pût juste récolter la quantité de grain nécessaire pour assurer les semences ; aussi dans la région parisienne le prix du pain atteignit-il, en juin 1709, 35 sous les neuf livres au lieu de 7 sous, prix ordinaire. De nombreux arbres furent gelés jusqu'à l'aubier, et la vigne disparut de plusieurs régions de la France. Du 10 au 21 janvier, la température sous abri se maintint à Paris aux environs de -20°, avec des minima absolus de -23.1° les 13 et 14 janvier ; le 11, le thermomètre s'abaissa jusqu'à -16.1° à Montpellier et -17.5° à Marseille.

L'hiver de 1709 fit ressentir ses effet sur une grande partie de l'Europe. L'Ebre, la Garonne, le Rhône et la Meuse gelés, mais la Seine resta libre ; au début d'avril, la Baltique était encore couverte de glaces. Aux dires de Réaumur et de Lavoisier, on n'avait jamais encore observé en France de froids aussi rigoureux que ceux de 1709.

Et à Auxerre : Dans les premiers jours de Janvier, nous dit l'historien Chardon, la neige couvrit la terre. Le 6 il s'éleva une bise si froide et si violente que le lendemain la rivière se trouva glacée et portait ceux qui voulaient s'y promener.
Le froid pénétrait dans les milieux les plus fermés.
Tous les ouvriers durent suspendre leur travail.
D'innombrables mendiants parcouraient la ville, entrant dans les maisons. Les Dames de Charité d'Auxerre s'assurèrent du nombre de pauvres à secourir et en dénombrèrent deux mille qui reçurent une ration de cinq quarterons de pain ou sa valeur en argent.

Le 24 janvier le dégel survint, avec une pluie douce et, à mesure que la neige fondait, on vit avec satisfaction qu'elle avait parfaitement conservé les blés.

Mais les 7 et 8 février le froid repris avec une rigueur à peu près égale à la première et porta un grand dommage aux blés, non protégés.
On trouvait des pauvres, morts dans leur maison.
Volaille et gibier ne furent pas épargnés. Les arbres éclataient dans les forêts. La vigne ne put survivre il fallut la couper au pied.
Toutes les classes, un peu aisées, rivalisèrent de charité.
L'évêque, M. de Caylus, après avoir épuisé toutes ses ressources, vendit sa vaisselle, sans en garder une seule pièce.
Toutes les Communautés religieuses imitèrent les largesses du généreux Prélat. Mais chaque jour le mal augmentait. Le blé, en mars, atteignait huit fois sa valeur. Il en était de même de toute nourriture.
La famine détruisit une partie de la population.
Parmi ceux qui souffraient il s'en trouva qui se livrèrent au brigandage. Les maisons étaient forcées. Il fallut les faire surveiller la nuit, pour arrêter les vols et les assassinats.
La récolte de blé fut presque nulle mais le plus grave fut l'impossibilité de se procurer des semences et les terres restèrent incultes jusqu'au printemps de 1710.
Ainsi la grande disette de 1709 dura plus d'une année.
Mais au début de 1710 les secours furent organisés par le Roi qui fit faire un recensement de tout ce qui était disponible dans le royaume, afin d'en faire une répartition équitable.

Texte déposé par Agnès Fillot.

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1755, 1788-89    Thorigny, Beugnon, Bussières, Grimault, Lain, Villeneuve-les-Genêts         D'autres années de misère.

Après les années 1709 et 1710, on vit encore au XVIIIe siècle quelques années marquées par des gelées rigoureuses, et dont nos registres ont conservé le souvenir.

Thorigny

« A Thorigny, en 1755, il y eut un hiver très long et très rigoureux, vignes gelées ou greslées le 29 avril et même aux approches de la moisson ; été très pluvieux. » Au même lieu, en 1768 « Hiver extrêmement rigoureux, plusieurs personnes ont péri par le froid. » 1774. – « L'hiver a été des plus durs à Thorigny, et les pauvres seroient restés sans pain sens la charité active de M. et Mme de La Vallette, seigneurs de ce lieu, qui ont pourvu à leurs besoins. »

L'hiver de l'année 1788-1789 a été partout très rude. Nos registres en ont fait plusieurs fois mention de la manière suivante :

A Beugnon « depuis le 20 septembre jusqu'au 2 janvier, il n'est pas tombé d'eau et il a gelé constamment. Misère excessive, les moulins ne peuvent moudre, et la moitié des habitans sont sans pain ; les glaces ont cinq pieds d'épaisseur. »

A Bussières « Après une sécheresse des plus longues qu'on ait vues, il n'est point tombé de pluie depuis le 1er juillet jusqu'au 24 janvier. Le froid a commencé le 20 novembre et a augmenté continuellement jusqu'au jour des Rois. Le dégel a commencé le surlendemain des Rois par le vent du midi, lequel a fondu un pied et demi de neige qui étoit sur la terre depuis six semaines. »

A Grimault « hiver rigoureux, grande gelée. »

Lain

« Il y a eu cette année un grand hiver, qui a commencé à la Saint-André et a continué jusqu'au 14 ou 15 janvier 1789 ; beaucoup de neiges et de glaces de sorte que les moulins ne pouvoient moudre à cause des glaces, ce qui a causé une famine ; beaucoup de noyers et autres arbres ont été gelés. Il y a eu peu de grains et point de vin, ce qui a rendu les denrées fort chères et l'année 1789 très misérable. »

Thorigny

« L'hiver de cette année 1788 a été extrêmement rude, la récolte plus que médiocre. »

A Villeneuve-les-Genêts

« Famine causée par une sécheresse opiniâtre suivie d'un froid rigoureux qui empêcha les moulins de fonctionner. Les moulins à poivre et à café furent employés à moudre le blé. »
Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1720    Civry    89440    "les maisons de Civry situées au bas furent renversées par un torrent"

- 6 août : toutes les maisons de Civry situées au bas du climat lieudit les Comes furent renversées par un torrent ; on put à peine sauver ses effets. Un enfant âgé de six ans y perdit la vie.

- 1725, 17 décembre. Ouragan épouvantable qui causa de grands dégâts à plusieurs édifices.

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1725    Villegardin    89150    "un ouragan si violent qu'il fit un très grand ravage"

"Le 11 décembre, entre midi et une heure, il s'éleva un ouragan si violent qu'il fit un très grand ravage, et entre autres en ce pays-ci ; il geta le clocher de Montacher en bas qui étoit une fort belle flèche."

Paroisse de Civry 89440 - 1725, 17 décembre. Ouragan épouvantable qui causa de grands dégâts à plusieurs édifices.

(Il s'agit probablement du même phénomène, mais daté différemment)

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1726    Vireaux        "de grandes rougeurs se montrèrent et disparurent presque aussitôt..."

A Vireaux, il est parlé d'une aurore boréale, le soir du 19 octobre 1726 :
"A la nuit tombante, il parut au ciel, du côté du soleil couchant, une grande blancheur rendant une clarté suffisante pour distinguer, malgré la nuit, les objets sur la surface de la terre, et à travers de laquelle on apercevoit les étoiles du firmament. Vers huit heures, cette blancheur s'étendit depuis l'endroit où le soleil se couche en été, jusqu'à celui où il se lève en cette saison. Peu après, pendant un quart d'heure, de grandes rougeurs se montrèrent et disparurent presque aussitôt. Enfin, quoique le temps fût calme, des brouillards s'élevèrent de la basse région, montèrent par ondulation jusqu'à notre nadir, et là ils disparurent. Ces signes ont cessé vers minuit. Ils ont causé beaucoup d'inquiétude."


1726    Villegardin        "une si grande quantité de météores...formoient une couronne de feu"

A Villegardin, le même jour, 19 octobre 1726, le curé signale les mêmes phénomènes qu'à Vireaux, pays situé à 93 kilomètres de Villegardin à vol d'oiseau :
"Environ huit heures du soir, le temps étant fort serein, il parut en l'air une si grande quantité de météores, qu'ils mirent l'épouvante en beaucoup d'endroits. Leur mouvement étoit du levant d'été au couchant, lorsqu'ils étoient dans la Grande Ourse, ils passoient avec une grande vitesse sous le pôle et venoient jusqu'au milieu de la zone tempérée, et étant là ils formoient une espèce de couronne de feu et restoient sans mouvement, ensuite ils disparaissoient invisiblement ; ce qui dura presque toute la nuit. Il sembloit que les démons de l'air vouloient remplir les spectateurs de crainte et en même temps d'admiration."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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Observation : "Renseignement pris auprès de l'Observatoire de Meudon, ce phénomène correspond à la grande aurore boréale de 1726, visible jusqu'à Cadix au sud de l'Espagne et à Rome en Italie."

Pour information: d'autres annotations dans les BMS du Loir et Cher, de Haute-Marne, de Haute-Saône, de Saône-et-loire et de la Sarthe retracent ce phénomène Vous pouvez prendre connaissance de ces textes dans les départements concernés.
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1734    Trucy-sur-Yonne        "...on a retrouvé que ses pauvres habits."

2 avril, jeudi-saint. - "Ont été inhumés quelques ossements de Nathalie Chevillard, dévorée à la porte de son père par une bête, sur les sept heures du soir. - 19 mai suivant, a été inhumée la tête de Laurent Liard, qui a été dévoré à la porte de son père. - 21 novembre suivant, a été dévoré au Poirier-Thomas, Jérôme Liard, âgé d'environ sept ans, dont on a retrouvé que ses pauvres habits."

1734    Mailly le Chateau

"Un jeune enfant de six ans a été dévoré par des bêtes."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1739    Hauterive    89250    La tempête arrache 300 gros arbres.

18 janvier 1739. - "Il y eut une tempête très violente et un vent orageux qui renversa les toits, brisa et arracha dans la paroisse 300 pieds de gros arbres."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1755    Thury    89520    Une grêle épouvantable.

"Le 29 septembre, une grêle épouvantable a brisé tous les vitraux de l'église."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1756    Tharoiseau et alentours    89450    "cinquante communes voisines furent ravagées par la grêle"

- Le 28 juin, la commune de Tharoiseau et plus de cinquante communes voisines furent tellement ravagées par la grêle, qu'on ne récolta ni bled ni vin ; même, l'année suivante, les vignes ne portèrent que des feuilles.

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1758    Tharoiseau    89450    Gelées, pluies, inondations, orages: une année catastrophique.

"Une gelée universelle perdit, dans le mois d'avril, toutes les vignes de la Basse-Bourgogne ; au mois d'août de la même année, il arriva une chute d'eau si considérable que les terres des vignes furent enlevées ainsi que les foins des prairies ; le même orage inonda plus de quarante communes ; il y eut trois hommes tués à Asnières, près Vézelay, par le tonnerre, et deux autres blessés ; ces personnes étoient dans le clocher."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1759    Cezy   89410      Naufrage à Villeneuve-sur-Yonne.

Le 12 novembre landemain de la St Martin 1759, Madame de Beauffremont* née princesse de Courtenay était en son chateau de CEZY et preste à retourner à PARIS, fit embarquer tous les bagages sur la rivière d'Yonne avec sept de ses gens scavoir : un ancien laquais appelé St Aubin, son aiède appellé Marion, pierre Chapelle aide de cuisine, le laquais de mademoiselle de Lamarré appellé St Jean, Madelaine Chapelle fille de chambre de madame de Beauffremont une fille de cuisine et un laquais de monsieur deChambertaud dit la Jeunesse sous la conduite de Claude Fillot et de Thomas Lacour tous deux batheliers.
Le bateau quitta CEZY à 4 heures du matin et fut submergé et brisé contre le pont de VILLENEUVE LE ROY à 5 heures du même matin du même jour 12 novembre 1759. Tous les dits ballots, malles, caisses et bagages ont été repéchés partie sur l'eauflottant, partie dans le pont de la rivière partie sous le pont de VILLENEUVE, partie à MARSANGIS et d'autres à SENS. La caisse d'argenterie ne fut retrouvée qu'au bout de six semaines.
Quant aux personnes cinq ont été noyées scavoir : St Aubin, le suisse, La Jeunesse laquais du sieur Chambertaud, Thomas Lacour marinier et la fille de cuisine nommée Catherine. St Jean laquais de mademoiselle de Lamarre a esté échappé et sauvé à la faveur d'un lien d'osier passé dans l'un des anneaux du pont où il demeura suspendu et flottant l'espace d'une heure. Madelaine Chapelle fille de chambre a été également sauvée serrée par une planche du bateau contre l'éperon de l'arcade ayant de l'eau jusqu'au col et estant demeuré dans ce triste état l'espace de deux heures, sans perdre teste ni courage.
Claude Fillot bathelier s'est aussi trouvé flottant au gré de l'eau et s'étant servi d'un ballot avec lequel il était sorti de la rivière à deux portées de fusil au-dessous de VILLENEUVE LE ROY; il n'avait rien perdu de ses forces, et sur le champs il se transporta à pied jusqu'à SENS pour y faire barrer la rivière et faciliter la repêche des bagages.
J'atteste cet accident facheux pour madame de Beauffremont* et pour les cinq noyés véritables.

signé Pillemont, prieur curé de CEZY


Source: acte relevé sur les registres de CEZY

* D'autres sources font remarquer qu'il y aurait une erreur historique dans ce récit relaté et attesté par le curé de CEZY, en fait il s'agirait de Mme de Listenais et non Mme de Courtenay qui se serait retrouvée dans l'Yonne.

Texte déposé par Agnès Fillot.

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1761    Thorigny    89260    "Toutes les récoltes ont été perdues."

"Le 11 juillet, un orage épouvantable a dévasté tout le finage de la paroisse. La grêle étoit grosse comme des oeufs de pigeon. Toutes les récoltes ont été perdues."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1762-1763    Lucy-le-Bois    89200    Cette année l'hiver a été fort difficile à cause de la rigueur du froid.

"Le 23 mai, le dimanche pendant qu'on étoit à vêpres, le tonnerre est tombé sur la voûte du choeur, au nord, vis-à-vis l'escalier du clocher, à pénétré dans l'église où il a blessé une femme qui y est morte munie du sacrement de pénitence.

- 1763. Cette année l'hiver a été fort difficile à cause de la rigueur du froid et de sa durée ; il n'a pas laissé de tonner par intervalle. Le 22 février, sur les six heures et demie, il y a eu un orage aussi violent qu'on peut l'avoir au plus grand été ; cet orage a duré plus d'une heure. Il s'en est fait de pareils et le même jour, particulièrement depuis Auxerre à Dijon."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1763    Grimault    89310    "ravage des campagnes par la grêle."

"Année fort orageuse, ravage des campagnes par la grêle."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1768-1773-1774    Thorigny    89260    On n’a pu sauver les chevaux qu'en les faisant monter dans le grenier.

-« Le 29 juillet 1768, un violent orage a causé les plus grands ravages. Il y avoit de quatre à cinq pieds d'eau dans les rues basses ». - 25 mai 1773, un violent orage a causé d'incalculables désastres et particulièrement dans les rues basses. - 1774, « deux orages tels qu'on en avoit vu de mémoire d'homme ont éclaté les 15 mai et 19 juin. Dans le premier, la ferme des Hasards a été submergée et presque tous les animaux noyés. On n’a pu sauver les chevaux qu'en les faisant monter dans le grenier. Dans le second, il y avoit, dans les rues basses, de l'eau jusqu'à la bouche des fours.»

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1770    Rogny    89220    Pluies continuelles pendant presque les six derniers mois de l'année.

"Pluies continuelles pendant presque les six derniers mois de l'année, et inondation le 26 novembre par une pluie terrible, de sorte que, dans le bas de Rogny, dans les maisons, il y avoit de l'eau de deux à trois pieds et encore plus au-delà des ponts par l'étang de la Javaicière qui a débordé. Cette inondation a fait des ravages à Montargis et encore plus à Nemours ; ponts et maisons renversés en plusieurs endroits de la France."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1772    Pont-sur-Yonne    89140    "la chute de la flèche de l'église et de trois clochetons."

« Ouragan arrivé dans la nuit du 27 au 28 juin, qui amena la chute de la flèche de l'église et de trois clochetons »

1779. – inondation du 27 au 28 juin

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1772    Gisy-les-Nobles    89140    Bénédiction de l'église en présence de tous les habitants et des paroisses circonvoisines.

Le dix neuf octobre de l'an mil sept cent soixante et douze, sous le Pontificat de M.S.P. le Pape Clement XIV, son Eminence Monseigneur Paul d'Albert de Luynes etant Archevêque de Sens, du regne de Louis XV dit le bien aimé, Roy de France et de Navarre, la cinquante septième année, très haut et très Puissant Seigneur, Monseigneur Etienne Mainon d'Invau, Ministre d'état, ancien contrôleur général des Finances, etant Seigneur de cette paroisse de Michery, Serbonne, Villemanoche, Chalopin et autres lieux, Messire Jean Nicolas Le Cocq prêtre, bachelier en théologie de la faculté de Paris, chapelain de la chapelle de la SS. Trinité en l'église d'Etioles au diocèse de Paris etant curé, la bénédiction de l'église paroissiale de ce lieu dont les premiers fondemens avoient été jettés le premier juin de l'an mil sept cent soixante et onze a été faite par Messire Leon Le Blanc prêtre chanoine de Notre Dame en l'église Metropolitaine de Sens, muni des pouvoirs de l'ordinaire, a ce nécessaires. Cette ceremonie s'est faite en presence et a la grande satisfaction de touts les habitants et d'un grand concours de peuple des paroisses circonvoisines.

L'église a été bâtie des deniers provenants de la vente de la reserve des bois communaux. On y a amploié les matériaux de deux anciennes églises, l'une située au cimetiere dont il subsiste encore le sanctuaire, l'autre située dans la paroisse sur la place ; ou a été érigé une croix a l'endroit ou etoit le maître Autel pour en conserver la memoire. Elle a été ornée et décorée par les frères dudit sieur curé qui a dressé cet acte pour passer a la posterité dans laquelle il souhaite que sa memoire soit en bénédiction et se recommande a ses prières, pour qu'il plaise a Dieu a recompenser dans l'éternité des peines et travaux que lui a occasionné la construction de cet édifice. En ces temps la prevôté de Gisy etoit [.] par M. A denis procureur au bailiage de Sens y demeurant, M. Louis Paul Lamy etoit lieutenant, M. Claude Naudet procureur fiscal, Pierre Hardy et Simeon Guyot marguilliers. Un grand nombre a signé avec nous.

[quelques signatures]Le Cocq curé de Gisy - L. Le Maire - Lamy - C. Naudot - Guillon - Edme Bouchet - Antoine Roger - N Fortin - Jacquin fils - Boivin - A Gouère - Fourneau - Viard -

En marge : Aubert - G Geviot - Aubin Bouchet - LeRoux - Jacquin - E Boivin - P Hardy - Guiot - Fortin - E Moreau - L Guiot - Begue - C Nottet -

Source: A.D. Yonne, registres paroissiaux, microfilm 5 Mi 440, Gisy-les-Nobles.
Texte déposé par Eric Gouerre.
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1779    Saint-Cydroine    89    "une pluie torrentielle qui a duré 27 heures."

"12 mai 1779, a commencé de tomber une pluie torrentielle qui a duré 27 heures, fait déborder toutes les rivières, lesquelles se sont trouvées couvertes de meubles, moutons, débris de moulins, de maisons, de bois de corde et carré, charbons, bateaux brisés, etc."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1779    Merry-sur-Yonne    89660    "Ce désastre a été affreux, l'homme n'en peut voir de plus grand.".

"Le 12 mai, à trois heures après midi, cette paroisse a été ravagée de la grêle, et partie du terrain emportée par une pluie affreuse, qui a fourni dans nos vallées des maisons et autres, quatorze et quinze pieds d'eau d'élévation, à laquelle n'ont pu résister des pierres de plus de deux milles livres qui ont été roulées jusques dans la rivière, que ces mêmes torrents ont fait croître, en trois quarts d'heure, de plus de dix pieds : arbres, murailles, maisons, rien n'a pu retenir. Ce désastre a été affreux, l'homme n'en peut voir de plus grand. Il nous paraissoit que tous les éléments réunis avoient résolu la perte de ce lieu ; notre rivière fut comblée en différents endroits par la quantité de pierres ainsi que beaucoup de champs et de prés."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1783    Lain    89560    "des brouillards épais et sanguinolents qui ont rempli l'atmosphère"

Cette année, les mois de juin et juillet ont été remarquables par des brouillards épais et sanguinolents qui ont rempli l'atmosphère dans une bonne partie de l'Europe jusqu'à cacher le disque du soleil. Les physiciens les ont attribués aux pluies abondantes de l'hiver précédent que le soleil avoit pompées ; d'autres, à cause de leur sécheresse, les ont attribués aux fumées et vapeurs des volcans de différentes parties du monde que les vents ont dispersées...

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1783    Maligny    89800    "les chaleurs ont été excessives, les orages fréquents et dangereux".

« Pendant le mois de juillet et la moitié du mois d'août, il a régné des brouillards extrêmement épais que l'Académie a nommés brouillards secs ; ils ont été universels, les chaleurs ont été excessives, les orages fréquents et dangereux. Le 18 septembre, à trois heures après midi, il tomba de la grêle dont les grains extrêmement larges et plats pesoient une demi-livre, elle étoit rare et ne fit pas de mal. »

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1783    Mont-Saint-Sulpice    89250    "il étoit presque impossible d'apercevoir le soleil".

Même remarque sur la présence, du mois de juin à la fin de juillet, "de brouillards tellement épais qu'il étoit presque impossible d'apercevoir le soleil ; ils n'étoient qu'à 12 toises de terre."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1785    Neuilly    89113    "Pour mémoire de la Postérité de Neuilly."

Pour mémoire de la postérité du bourg de Neuilly.

Le 7 septembre 1785, à neuf heures du matin, le feu prit audit bourg de Neuilly, dans une masure où demeuroit la veuve Nicolas Varodar, qui elle-même a mis le feu par son imprudence en voulant brûler des punaises autour de son lit ; le vent venant du côté du Midy, l'incendie se communiqua de maisons en maisons, couvertes de paille; dans un même temps, l'incendie devint généralle sans pouvoir y apporter aucun secours. En moins de deux heures de tems, de 192 ménages dont Neuilly était composé, 185 furent réduittes en cendres, toutes les granges pleines brûlées, les fours, les bois de chauffage, les meubles, le linge, les habits, les cuves, les tonneaux pour la vendange prochaine, les granges et pressoirs du château, le presbitaire et la grange en partie, l'église plus d'à moitié, le clocher, les cloches fondues, l'horloge consumée. Voilà le désastre de Neuilly. Aujourd'huy, la plus part des habitants expatriés, sans pain et peu de se¬cours. Le tout certifié véritable à Neuilly, le 8e janvier 1786.
Cartereau, curé de Neuiliy.


Avant 1722, le commerce trouvait un aliment considérable et un élément de développement dans les foires et marchés qui se tenaient périodiquement à Neuilly. Les foires, au nombre de quatre chaque année, étaient, paraît-il, très recherchées et très suivies ; elles attiraient dans le village un grand nombre de marchands, de commerçants, d'ouvriers et de visiteurs, qui étaient une source de profits et de bénéfices pour les habitants. Ces foires étaient très prisées, parce que, en vertu des privilèges accordés par les rois de France et garantis et confirmés par plusieurs chartes, elles étaient franches « de pain, vin et viande ». Ces franchises, très importantes à cette époque, et que les habitants revendiquaient d'ailleurs avec une fierté jalouse, assuraient le succès de ces espèces d'assises agricoles. Quant aux marchés, également très suivis, ils se tenaient le lundi de chaque semaine. Les foires triennales, ainsi' que le marché hebdomadaire, furent complètement délaissés après 1'incendie de 1722 et cessèrent d'être tenus pendant près de soixante-dix ans, ainsi que nous le verrons plus loin.
Enfin, après des années de labeur, de privation et de misère, les habitants étaient parvenus à rétablir le village dans le même état qu'il était auparavant, lorsqu'un nouveau sinistre, plus terrible, peut-être, que le précédent, vint une seconde fois détruire le village tout entier et ravira ses malheureux habitants leur asile, leurs récoltes, leur mobilier, leur linge, jusqu'à leurs habits même.
C'est le 7 septembre 1785, à neuf heures du matin, que l'incendie, allumé par l'imprudence d'une femme/veuve, du nom de Nicolas Varodar, se déclara. Cette malheureuse femme, qui habitait une vieille masure à l'extrémité sud du village, voulant brûler des punaises autour de son lit, approcha par mégarde la flamme de ses rideaux, qui s'enflammèrent et communiquèrent aussitôt le feu au lit et à quelques meubles qui se trouvaient à l'entour. En un clin d'œil, la vieille masure, couverte de paille, fut enveloppée par les flammes et consumée. Comme-la première fois, un vent très violent, venant du côté du Midi, activa l'incendie et se propagea rapidement d'une maison à l'autre; comme en 1722, les maisons, presque toutes couvertes de paille ou de chaume, permettaient au sinistre de se développer avec la plus grande rapidité. D'un autre côté, les récoltes étaient, à ce moment, de l'année, en grande partie rentrées dans les habitations ; les moissons, les foins, le bois de chauffage remplissaient les granges et les greniers; les cuves, les tonneaux et les futailles de toutes sortes, préparées pour la vendange, qui devait commencer quelques jours plus tard, étaient remisées sous les vinées ou les hangars, en attendant leur emploi. Le fléau trouvait ainsi un aliment naturel bien propre à accélérer l'œuvre de destruction qu'il accomplissait. Aussi se déchaîna-t-il avec une violence inouïe.
En quelques minutes seulement l'incendie devint général, et en moins de deux heures le village tout entier fut consumé. Comme en 1722, il fut impossible aux habitants d'apporter aucun secours et d'arrêter la marche de l'élément destructeur; comme en 1722, ils étaient occupés aux travaux des champs, loin de leurs maisons et disséminés dans la campagne au moment où l'incendie éclata ; comme en 1722, ils ne purent qu'assister impuissants et désespérés à la destruction de leurs maisons, de leurs récoltes, de leurs meubles, en un mot de tout ce qui constituait leur richesse, et à la consommation de leur ruine.
Sur les 192 maisons dont se composait le village, 185 furent réduites en cendres. Le désastre fut ainsi beaucoup plus considérable qu'en 1722, où 143 maisons seulement turent consumées et où les moissons, les foins et une partie du bois de chauffage, qui n'étaient pas encore rentrés dans les habitations à l'époque du sinistre, durent à cette heureuse circonstance d'être épargnés. L'église, qui avait dû à son isolement d'être préservée en 1722, fut presque à moitié brûlée ; une partie seulement de la nef et le chœur demeurèrent intacts. Le clocher fut entièrement consumé ; le feu était si intense et si ardent que les cloches fondirent pendant l'incendie de l'église.
L'horloge de la paroisse fut également détruit, ainsi que la grange des dîmes, le presbytère, les granges et les pressoirs du château seigneurial. Le château lui-même ne fut point atteint par le fléau.
Si les pertes de toutes sortes furent encore plus considérables qu'en 1 722, les habitants n'eurent toutefois aucune victime à déplorer. La malheureuse veuve, dont l'imprudence avait causé cet épouvantable désastre, terrifiée sans doute par la vue du poignant, spectacle qu'elle avait sous les yeux et des effroyables malheurs qu'elle avait inconsciemment déchaînés sur ses concitoyens, craignant peut-être aussi le ressentiment et la vengeance des malheureux dont elle avait amené ainsi la ruine, quitta le pays sans qu'on ait pu savoir ce qu'elle devint et ne reparut jamais à Neuilly.


Texte de A-M MOREAU paru dans le bulletin de la SSHNY de 1888 -
Déposé par Agnès Fillot.

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1787    Saint-Valérien    89150    grêle destructrice.

"16 juin, grêle qui a détruit toutes les récoltes de la partie nord de la commune. Les vignes ont été totalement ruinées ; il ne leur est pas resté une seule feuille."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1788    Civry    89440    Six mois sans pluie.

"On n'eut pas de pluie depuis le 29 juin jusqu'au 13 janvier suivant."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1788    Thorigny    89260    "Une grêle affreuse est tombée le 13 juillet, a ravagé plus de 1300 paroisses."

"Une grêle affreuse est tombée le 13 juillet, a ravagé plus de 1300 paroisses, et a presque mis la famine dans tout le royaume."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1788    Villeneuve-la-Guiard    89340    "une grêle considérable a ravagé le territoire de Villeneuve et les pays voisins."

"Le 24 août une grêle considérable a ravagé le territoire de Villeneuve et les pays voisins. Mort d'une maraîchère de Sens tuée par la grêle."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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1788    Beugnon    89570    Cette année doit faire époque pour les accidents météorologiques."

"Cette année doit faire époque pour les accidents météorologiques. Pendant l'été, des grêles affreuses ont causé d'énormes ravages. La récolte a été tout a fait mauvaise."

Source: Extraits de: "une excursion dans les registres de catholicité" par Max QUANTIN (Auxerre - 1886)
Texte déposé par Laurence Denis
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