SEINE-MARITIME





1655    Bardouville   76480      Un noyé parmi tant d'autres.

Le 25 d’aoust 1655

Il a été inhumé au cimetière de Bardouville le corps d’un soldat qui fut noyé dans la rivière de seine au passage du val des loups.

(Première noyade d’une longue liste relevée dans les registres paroissiaux et d’état-civil de cette commune riveraine du fleuve.)

Source: Archives Départementales de Seine-Maritime
5Mi 339 Registres paroissiaux de Bardouville, collection du greffe.
Texte déposé par Laurent Colasse.

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1663    Bardouville  76056        La légende du Corset Rouge.

Récit de l’Abbé Etienne Ecrit d’après un manuscrit de La Tour de Londres

     En l’année 1068, le sire Bertrand de Bardouville, noble chevalier qui avait servi le Roi Guillaume dans la glorieuse expédition d’Angleterre, revint et s’installa au château qu’il tenait de ses ancêtres et qui était voisin de notre sainte maison. Il n’était bruit que des richesses qu’il avait rapportées d’Outre-mer et dont resplendissait sa demeure. Il s’allia bientôt à une puissante famille de la province: la belle Yolaine de Montigny devint châtelaine de Bardouville, mit de l’ordre au milieu de toutes ces profusions et de la décence parmi les nombreux domestiques qu’un homme de guerre n’avait pas tenus jusque là bien sévèrement. J’étais déjà, quoique jeune encore, en possession de la crosse que Dieu a daigné remettre à mes faibles mains. Je pus alors me rendre quelquefois chez notre noble et opulent voisin accompagné des plus distingués parmi nos dignitaires. La barque du pêcheur nous déposait au pied d’un sentier qui communique aux fossés du donjon, et, par une poterne, nous étions introduits auprès des nobles hôtes. Hors une certaine brusquerie qui sied assez à un brave militaire, je ne remarquai jamais chez le sire Bertrand que courtoisie et aménité.

     Sa passion pour une jeune et belle épousée était extrême, mais ne pouvait surprendre - c’eut été sa froideur qui aurait surpris - . Elle, prévenante pour tous, conservait néanmoins une parfaite dignité. Le premier fruit de cette union, jusque là heureuse, fut un garçon, que je baptisai du glorieux nom de notre Roi, le jour même du départ de sire Bertrand pour l’Angleterre où il avait à prendre possession des immenses domaines, récompense de sa valeur.

     Nous avions en ce temps là, pour procureur de l’Abbaye Don Raphaël Capelli, italien, d’une famille noble du Milanais. Ce digne religieux je dirais ce saint homme encore bien que l’affreuse calomnie se soit attachée à sa mémoire, joignait aux vertus de son état de profondes connaissances; il avait été célèbre médecin dans sa patrie avant de prendre notre habit. J’aimais à citer son grand savoir et la belle châtelaine avait souvent réclamé son assistance pour ses domestiques ou ses vassaux malades.

     Un jour, Madame Yolaine avait envoyé un de ses serviteurs réclamer les secours de notre digne procureur; son fils, le seul héritier de cette puissante maison, enfant superbe mais sanguin, comme toute la race normande, était attaqué d’affreuses convulsions. Don Capelli se rend en toute hâte au noble manoir et il est assez heureux pour administrer des remèdes qui mettent le noble enfant hors de danger; mais d’autres crises se présentent, d’autres furent à redouter. Une heure était nécessaire au messager pour gagner le monastère, une autre heure se passait avant que le médecin fut auprès du petit malade. La sollicitude d’une mère eut bientôt trouvé le moyen d’abréger de moitié sa cruelle attente. Le malheureux corset fut indiqué comme signal, il fut aussi la cause des infâmes calomnies qui eurent un si déplorable résultat.

     Les nautonniers, naturellement observateurs, étant peu occupés pendant cette calme navigation, remarquèrent le signal. Le Malin Esprit leur inspira une coupable pensée qui, après vingt-six ans de la plus cruelle catastrophe, ne s’est point effacé et ne s’effacera peut-être jamais.

     Le sire Bertrand revenait une seconde fois vers les lieux qui l’avaient vu naître, et l’espérance d’embrasser son fils et son épouse absorbait toutes ses pensées. Un sentiment vague de jalousie inséparable de tout violent amour le glaçait quelquefois, sans qu’il eut pour appui aucune circonstance raisonnable. Il avait pris terre au petit port de Harfleur et avait gagné Caudebec avec les chevaux qu’il ramenait de la Grande-Bretagne. Le désir de revoir plus tôt sa Yolaine et son fils le décide à s’embarquer sur une nef qui remontait le fleuve à l’aide d’une forte marée d’équinoxe. Il s’embarque, accompagné d’un seul écuyer sans se faire connaître, fatale précaution qui devait avoir de bien tristes suites. La nef était couverte de voyageurs qui se rendaient à Rouen pour la Foire St-Romain et la cérémonie du meurtrier délivré.

     Les propos de ces passagers ne connurent point de bornes. Il sut que dans l’esprit des hommes de cette contrée, que pour ses vassaux et pour tout ce qui connaissait sa noble maison, Yolaine, sa Yolaine était dégradée et lui, le but des plus outrageants propos. S’il n’avait touché au port qu’il avait espéré avec tant d’impatience, qu’il atteignait avec un poignard dans le cœur, il aurait en deux coups de sa bonne épée balayé le pont du navire et appris à ces manants le respect qu’ils devaient à son nom, mais la nef s’arrêta sous le château pour y charger quelques marchandises. Il sauta sur le rivage; les derniers mots qu’il entendit lui firent savoir qu’on apercevait le corset rouge, qui pour ces langues de vipères était le signal de sa honte.

     Si un simple bourgeois, si le moindre des vilains est dans une circonstance aussi affreuse, capable des plus terribles déterminations, qu’on juge des convulsions d’une âme d’acier comme était celle du compagnon, de l’ami du Conquérant. Il monte avec rapidité le sentier tortueux, sans savoir ce qu’il va faire, atteint le fossé. De son poing formidable il frappe violemment la porte qu’on ouvrait d’ordinaire à ce signal. Elle cède, tirée de l’intérieur. Un homme se dessine dans l’obscurité, c’est le malheureux Capelli que la fatalité expose ainsi à une mort certaine. Le chevalier le crible des coups de son poignard. Il monte ensuite, chasse domestiques et suivantes et reste seul avec la malheureuse Yolaine.

     Ce qui arriva, nul ne peut le dire. On entendit de grands cris, des trépignements; cela dura une partie de la nuit, puis après, rien, pas un souffle. Le matin quelques-uns des plus hardis serviteurs entrèrent et trouvèrent les tables et les escabelles cassées, comme si de lourds marteaux les avaient frappées. On supposa que dans sa fureur même, le chevalier avait précipité la malheureuse châtelaine dans le puits de la tour. On croyait même apercevoir des traces de sang sur les feuilles qui tapissaient l’intérieur de la margelle, mais d’autres traces de sang n’ont point été remarquées, et le puits visité peu après n’a présenté aucun vestige humain.

     Les deux familles s’assemblèrent pour donner au jeune Guillaume un conseil de tutelle. J’en fis partie. Son éducation fut confiée à mes soins. Il est maintenant père d’une belle et nombreuse famille et l’un des bienfaiteurs de notre sainte institution. Si l’on me demande ce que sont devenus les auteurs de son existence, je dirai que je n’en sais rien. Si l’on désire connaître les conjectures que j’ai pu faire, je me contenterai de rapporter la circonstance qui les a fait naître, chacun pourra l’interpréter.      Trois ans après l’affreuse catastrophe, un pèlerin qui arrivait de la Syrie, demanda asile au monastère. Il me confia en partant deux boites avec prière de ne les ouvrir que dix jours après son départ. Sa volonté fut suivie et nous trouvâmes le onzième jour dans l’une, qui était bien lourde, un magnifique reliquaire contenant un morceau de la vraie croix, dans une autre, petite et légère, un rubis de grand prix, avec ces mots sans signature: «Vos prières, mes Pères pour le malheureux Capelli».

NOTES SUPPLEMENTAIRES (1834)
     En 1834, le sentier a reçu avec le temps de légers changements; mais la trace du fossé se retrouve encore au pied de l’ancien donjon qui sert de base à la construction moderne. En abattant les terres on était parvenu à faire un jardin délicieux d’un infect cloaque. A la base d’un mur on remarque l’apparence d’une ouverture, c’était la poterne. Un pavillon orné d’une tente élégante a remplacé une tour carrée surmontée de machicoulis, percée de meurtrières. Plus loin une autre tour ronde ou carrée comme la première recouvrait un puits qui se trouvait à la disposition des défendeurs du château. Les mêmes tours existaient du côté du nord et se rattachaient aux premières par un mur crénelé au milieu duquel était l’entrée principale par un pont-levis sur d’autres fossés depuis longtemps remplis sans qu’il en reste de traces.

Source: Archives Départementales de Seine-Maritime Cote : RE 2351
Texte déposé par Laurent Colasse.
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1663    Neville-en- Caux   76460        A propos des dégâts causés par la foudre

"Feuillet obmis à remplir où il est à remarquer que:

Le vendredy dix huictieme may mil six cents soixante et trois , environ sur les quattre heures après midy , l'ancienne tour de l'église de Néville qui estoit bastie sur quattre gros piliers en arcade entre le choeur et nef toute couverte de plomb fut ruinée par le feu du ciel qui tomba sur laditte église dont laditte tour fut consommée et réduite en cendres sans que personne y peust remédier , le plomb fondant comme de leau et en si grande abondance que personne n'y osait approcher mesme l'incendie fut si grand et le feu si violent qu'une des cloches estant demeurée suspendue sur une demie voute qui estoit au milieu de laditte tour plusieurs bois et tisons enflammés restant amassés alentour de laditte cloche , elle fut fondue et les autres cassées , elles furent refondues en lannée 1665 par les soings de messire le tabellion Jourel , thrésorier de laditte église et en lannée mil six cents soixante et dix sept on recommença a bastir une nouvelle tour au portail de léglise par les soings de messire Mocquet , prêtre chappelain de pleine sevette , thresorier de laditte église , Régnant pour lors messire François sire de Bréauté seigneur et patron de laditte paroisse et messire Raulin Le Charpentier prêtre curé de ce lieu laquelle tour n'a esté achevée qu'en lannée ....."

Source: BMS de la paroisse de Neville-en-Caux
Texte déposé par Serge Osmont
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1680    Bardouville   76480      a esté bénitte La Grande Cloche de cette Eglise...

     Le Mardy 7 de decembre 1680 a esté bénitte La Grande Cloche de cette Eglise par moi soubzsigné prétre curé de cette paroisse a esté nommée Elizabeth par Messire Pierre Delavache Escuyer sieur de St Léger fils de Monsieur Dusaussey conseiller au Parlement de Normandie Patron alternatif de cette paroisse a cause de son fief de la Haule de Beaulieu et par Dame Elizabeth de Valliquierville veusve de Messire Thomas de Saldaigne Escuyer sieur de Bardouville premier seigneur et patron de cette paroisse.
J.Mesgard, curé de Bardouville


Source: Archives Départementales de Seine-Maritime
5Mi 2299 Registres paroissiaux de Bardouville, collection communale.
Texte déposé par Laurent Colasse.

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1681    Bardouville   76480      Baptême glacé.

     Le Samedy dixhuictième jour de Janvier 1681 a esté baptizé Jean Berenger né le jour precedent du mariage de Pierre Berenger et de Marguerite Fleury demeurant au hameau de beaulieu district de la paroisse de St Pierre de manneville, le dit enfant n’ayant pu estre porté en la ditte paroisse à cause que la Rivière de Seine estait gelée. Son parrain a esté Jean fils de Lucas Durosey de la paroisse de Mauny, Sa marraine a esté Marie Berenger femme d’Anthoine Le quesne de la paroisse de Bardouville. J.Mesgard, curé de Bardouville

(A cette époque, le hameau de Beaulieu dépendait de la paroisse de Saint Pierre de Manneville sur la rive opposée du fleuve.)

Source: Archives Départementales de Seine-Maritime
5Mi 2299 Registres paroissiaux de Bardouville, collection communale.
Texte déposé par Laurent Colasse.

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1682    Neville  76460        Naissance royale; diffusion de l'information.

Le 6e jour d'aoust 1682 nasquit monseigr le duc de Bourgogne fils de monseigneur le dauphin et d'Elizabeth de bavière sa femme, petit fils de Louïs le grand 14e Roy de france. Dieu conserve les uns et les autres pour le plus grand bien de l'etat.

Source: BMS de la paroisse de Neville-en-Caux
Texte déposé par Fabienne Dague
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1684    Neville-en- Caux   76460        "le plus grand hyver qui se fust jamais veu..."

"En lannée bissectile mil six cents quattre vingt quattre arriva le plus grand hyver qui se fust jamais veu tant pour sa durée que pour sa rigueur.Il commença a geler a glace dès le jour St Denis neuvieme octobre ce qui ne dura pas,la gelée recommença dès le commence(me)nt du mois de decembre 1683 qui s'appaisa un peu devant noel,et le lendemain du jour de noel,la neige commença a tomber si abondamment qu'on ne pouvoit presque pas aller d'un village a l'autre et au commence(men)t de laditte année 1684 la gelée commença si forte et si furieuse quil ny eut pas de riviere qui ne fust glacée,les mares et viviers asseichées tant la glace estoit espaisse,mesme tout le long de la coste et dans les ports et havres se St Valery Veulles et Dieppe la mer estoit glacée a perte de veüe et jusques a six ou sept lieües loing du port ensorte que pas un vaisseau nen pouvoit sortir ny entrer et fut bien ainsy la mer glacée un mois pendant lequel ,le flux et reflux de la mer entroit dans le port sans que la glace se rompist et ne faisoit que peu hausser quand il entroit et baisser quand il en estoit sorty.La grand rigueur du froid dura jusques a la fin d'apvril ,on tint foire marché et cabaret sur la Seine a Roüen et sur la Tamise a Londres la mesme chose,course de chevaux ,carosses,chasse au renard et au loup .Ce que moy curé dudit Néville atteste pour l'avoir veu et leu dans les memoires et gazettes qui venoient depart et dau(tr)e ,plusieurs personnes moureurent de froid ou en furent estroppiés et dans Paris par l'ordre de Loüis le Grand Roy de France 14e du nom pour lors regnant et par ses charites en quoy il fut suivy par plusieurs personnes de qualité,on alluma quantité de feux dans les rues pour le soulagem(en)t des pauvres ce que j'atteste estre veritable et l'ay escrit pour servir a la posterité en foy de quoy jay signé Raulin LeCharpentier curé de Neville en Caux doyenné de Canville election de Caudebec aischevesché de Roüen..
Ensuitte arriva un esté si sec et si chaud quil causa une sterilité universelle que jay marquée en deux pages du livre des baptesmes que l'on avoit oublié de remplir..."

Source: BMS de la paroisse de Neville-en-Caux
Texte déposé par Serge Osmont
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"Je, soussigné, certifie avoir moi-même copié la présente observation dans le registre des inhumations de la dite paroisse de Néville, à l'occasion de l'hiver de 1789 qui a été presque aussi rigoureux que celui de 1684. Signé : MARTIN, curé de Gruchet Saint-Siméon, ci-devant vicaire de Néville, l'espace de 15 ans."

Précision apportée par Nicole Prouin
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1694    Boissay   76480      D'Amour et de guerre...

Le lundy 30 aoust 1694 par moy De Grissac Curé de Boissay a esté baptizé un fils né du jour précédent du mariage de noel Vigneux et de catherine Damour ainsy qu'il m'a esté dit par quelques parens ledit mariage ayant esté celebré en l'église du Bolhard, ou lon doit recourir en cas de besoin, le père mestant inconnu et mayant esté raporté qu'il estait partit pour aller a la guerre, et la mere de cet enfant sestant trouvée en cette paroisse depuis un mois pour travailler a la recolte des grains, elle y est accouchée de cet enfant auquel on a donné le nom de Pierre, le parein a esté Pierre le Cointre et la mareine magdeleine Benard tous deux de cette paroisse.
De Grissac


Source: Archives Départementales de Seine-Maritime Registres paroissiaux de Boissay.
Texte déposé par Laurent Colasse.

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1703    Saint-Germain-des-Essourts   76581      "un déluge d’eau si effroyable dans toute la vallée de st germain..."

2 Aoust 1703
Procès verbal du désordre arrivé tant à l’église paroissiale de Saint Germain des Essoures, qu’au presbitaire et habitants du dit lieu causé par l’inondation qui y est survenue le dimanche du 2ieme jour d’aoust mil sept cents trois.
Il est à remarquer que le dit jour sur les quatr’heures après midy, il arriva subitement un orage de pluies, vents, gresles et de tonnerres si extraordinaire qu’il ne s’en est peut estre vu de mémoire d’homme un semblable.
Lequel en deux heures qu’il dura environ, causa pendant cinq ou six heures un déluge d’eau si effroyable dans toute la vallée de st germain descendant tant du costé d’Ernemont et de Buchy que de celui du vieil manoir et de Longuerüe que l’eau ne trouvant pas moyen d’entrer dans le canal de la rivière ayant sauté par-dessus tous les fossez et inondés toutes les terres du fond.
En sorte que les deux vallées estaient comme deux grosses rivieres.
Tout ce fardeau vint fondre sur la dite Eglise et sur le presbitaire qui sont à l’embouchure de la dite riviere.
En sorte que plus de vingts toises des murs du cimetière en ont esté bouleversez.
Aprez quoy l’eau ayant emporté le mur du presbitaire qui est entre l’Eglise et le pressoir passant comme un torrent au travers du jardin, renversa tout le mur du dit jardin qui est entre le four et la maison du dit presbitaire dont il n’est pas resté la longueur d’une perche qui est preste à tomber. L’eau passant autr avers de la dite maison ainsy que de la cour pendant quate ou cinq heures emporta dudit presbitaire une bonne partie des meubles, bouleversa toutes les boissons, ayant perdu et gasté toutes les provisions du dit Sr Curé, crevé toute la grange qui est du costé de la rüe ainsy que celle qui est du costé de la rivière, dans lesquelles il y avait? plus de cinq ou six cents de bled, et plus de deux autre sis cent de pois qui ont esté entierement vasez, et dont il y a perte de plus des trois quart.
Et en outre plus de deux cents de bled qui estait lié sur les terres du presbitaire dont la plus grande partie a esté emportée, et le reste de meme dans la vase.
Et le dit Sr Curé même aurait couru risque d’estre noyé s’il n’avait esté secouru par les nommez adrien Dupuis et francois Gueroult, tous deux verificateurs du sel de la dite paroisse et de celle de fontaines chastel.
Le dit Sr Curé ayant esté plus de quatre heures dans l’eau sans en pouvoir sortir qu’au risque de la vie.
Tous les fondements et massonneries des dits batiments, et des murs qui sont restez au dit presbitaire sont tous degradez et la pluspart même transportez a plus de trois pieds loin de leur scituation.
L’eau ayant partiellement entré dans l’Eglise a esbranlé tous les fondements et degradé les murailles en plusieurs endroits, a monté prez de demy pied par-dessus les autels, perdu et gastés tous les ornements, linges et meubles de la dite Eglise, degradé tous les?? et laissé un grand pied de vase partout.
Il faut adjouster a cela, la perte qui ont fait les particuliers qui ont des terres en mais (?) dans les fonds du dit St Germain, tous leurs grains coupez ayant esté emportez de l’eau. Et ceux qui ne l’estaient pas ont esté enterré dans la vase dont ils ne pourront pas profiter d’un quart.
Outre leurs meubles entrainez et plusieurs de leurs bestiaux noyez n’ayant pas eu le temps de les sauver.
C’est l’estat deplorable on a esté?????? de St Germain qui causera à la dite Eglise et au dit Sr Curé plus de cinq cents escus de perte et peut estre autant aux habitants.
Nous soubsignez proprietaires, Syndic, verificateur des rooles (?) du sel, tresoriers, et habitants de la paroisse de St Germain des Essourts certifions tout le contenu au present proces verbal cy dessus transcript estre tres veritable et même que le desordre tant general que particulier est encore plus grand qu’il n’y est exprimé.
En foy de quoi nous avons signé le vingt sixiesme jour d’aoust mil sept cent trois. Claude Grandin (de Saint Martin), Francois Leblanc, Guillaume Leclerc, Francois?bert, Mathurin Brunel (?),???? Francois le clerc, Jacques??, Adrien Dupuis, La mere de marin Gueroult, Francois Gueroult, Nicolas Richard, Veuve Forestier, N. Prestel, G .Leprevost, Jacq? Duval, La mere de Martin Vapard, la mere de Pierre Gilles,?? chacuns leurs paraphes dont l’original est demeuré au greffe des registres des baptesmes mariages et Inhumations (Collection du Greffe?) de la dite paroisse bien et deüement signé de tous les cy dessus desnommez pour y avoir rec(ours?) en tant que de besoin.

Source: Archives Départementales de Seine Maritime - 5Mi 2717
Texte déposé par Laurent Colasse.

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1709    DIEPPE Neuville Le Pollet  76200       "bloqués par un espèce de mur de neige..."

Recopié tel quel avec les phrases soulignées par le prêtre.

La nuit du 2 au 3 de février, les rues de Dieppe se trouvèrent comblées de neige jusqu'à la hauteur de neuf pieds. Les bourgeois à leur réveil furent effrayés, en ouvrant leur maison, de s'y voir bloqués par un espèce de mur de neige. Chacun appela ses voisins et on convint à la voix qu'il fallait que tous, d'un commun accord, travaillassent devant leur porte pour former un passage le long des maisons, en jetant cette neige incommode dans le milieu des rues. Quand les habitants se furent procuré une communication respectable ils sentirent bien qu'ils allaient manquer des denrées que la campagne leur fournissait, s'ils ne débouchaient pas les chemins jusqu'au dessus des côtés des faubourgs de la Barre et du Pollet. Il fut donc arrêté d'y travailler en commun : savoir ceux qui demeuraient du côté de la porte de la Barre, s'obligèrent d'ouvrir le chemin jusqu'au haut du mont de Caïeux et ceux qui étaient du côté de la porte du pont prirent pour leur tâche de vider le chemin qui monte la côte du Pollet.

1709    DIEPPE Neuville Le Pollet  76200       Gratification de 80 Livres pour chaque muid de bled

En cette année, l'hôtel de ville, qui a été " porté " en tout temps, pour soulager la misère du peuple, obtint un arrêt du Conseil, qui lui permit de gratifier jusqu'à la concurrence de quatre vingt livres par chaque muid de bled, toutes les personnes, soit françaises, soit étrangères, qui en emmèneraient des cargaisons dans le port.
Cette gratification, dont l'effet avait été bien aperçu par les officiers municipaux, fit venir dans la ville un nombre considérable de navires chargés de bled et d'orge, ce qui donna beaucoup de travail au peuple ( ?) pour les déchargements et les chargements et aussi d'en approvisionner les autres villes de la Province, et ce, en outre, maintint le prix dans Dieppe, à meilleure composition.
Quand l'humanité et la Religion ne nous engagent pas à secourir nos semblables, réfléchissons pour nous acquitter d'un devoir dicté par l'humanité et prescrit par la religion que le bien-être de notre ville, X (renvoi)l'énergie et qu'en cela nous ne ferons que suivre les traces de nos Pères.
Il y a dans Dieppe, proportion gardée, beaucoup plus de peuple, proprement dit, qu'il n'y en a ailleurs. La cause en est palpable. Chaque marchand-armateur a besoin du travail de 100, 200 ou 300 individus, selon le nombre de ses navires ou bateaux, soit en équipage, en charpentiers, calfateurs, perceurs, cordiers, voiliers, poulieurs, tonneliers, brouettiers, faiseurs de filets et chaque marchand-commissionnaire a besoin de hôtiers pour apporter le hareng, le maquereau, et la morue dans leurs magasins d'(écoreurs) ? pour constater le nombre qui lui en est livré, de femmes pour apprêter le poisson et le ……….., de saleurs et de ……………, de tonneliers pour le mettre en barils et pour les faire, enfin de brouettiers, pour apporter et transporter ces barils. L'intérêt du commerce exige donc puisqu'on a besoin de tous ces gens, que les marchands et ceux qui sont aisés ( ?) les aident dans les temps fâcheux.

Sources : DIEPPE Neuville Le Pollet (Source 5MI1879 - fin de bobine)

" Ce terrible hiver de 1709 eut dans notre canton des conséquences toutes particulières. Les vignes que l'on cultivait sur les coteaux de Bouteilles, ayant toutes gelées, ne furent pas remplacées et, depuis cette époque, le cidre - dont l'usage s'était généralisé dès le 16° siècle - devint la boisson exclusive de nos campagnes. "

Source : " Offranville et ses environs " d'Olivier Dorien - page 64 -

Ce très rigoureux hiver de 1709 avait été précédé d'un été aussi exceptionnel. Henry Daniel

" Dans le courant du mois de juillet 1708, il survint une chaleur si excessive qu'il était impossible de la supporter. Il y eut dans les campagnes, beaucoup de personnes et de bestiaux qui en moururent. Le soleil était ardent comme un feu et la terre comme un brasier. "

Textes déposés par Nicole Prouin
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1719    Bacqueville-en-Caux  76730       Incendie.

"Le 9e juin a esté inhumée dans cette eglise une partie du corps de la femme de Nicolas Le Prévost,brulée dans l'incendie de Basqueville ...arrivé le 8e juin ....Le mesme jour a esté inhumé dans l'eglise la femme de Nicolas Heron aussy brulée dans le mesme incendie ....Le mesme jour a esté aussy entierement réduitte en cendres Margueritte Falüe fille aagée de 34 ans "

Un évênement tragique,dont le souvenir,sans cette annotation du curés et la lecture attentive de Serge Osmont, se serait certainement perdu dans les méandres du temps.

Source: BMS de la paroisse de Bacqueville en Caux
Texte déposé par Serge Osmont
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1740    Gouy  76520      "la disette fut grande...les rivières emportèrent des villages entiers..."

"En 1740 il y eut un grand hiver, la gelée commençat le 6e janvier et ne finit que le
onze de mars. La seine fut glacée presque autant de temps et on recueillit très peu de bled, ce qui fit que la disette fut grande a la fin de l'année et l'année suivante. La même année 1740 toutes les rivières se débordèrent extraordinairement et emportèrent les villages entiers, ruinèrent les villes. La seine était si grosse qu'il y avait jusqu'à quatre pieds d'eau dans la rue du port St Ouen. Le 26e janvier 1741 la moitié du pont de Roüen fut emporté par la glace et sept ou huit bateaux chargés de bled et de marchandises pour Paris coules à fond au port de Roüen"

Source: BMS de la paroisse de Gouy
Texte déposé par Serge Osmont
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1742    St Nicolas d'Aliermont  76510      Une famille entière décimée en 3 semaines (épidémie?)

St Nicolas d'Aliermont en janvier 1742 (famille Godbout & Devaquet)

-le 6 François 1 an et demi
-le 7 Marie Anne 6 ans
-le 9 Gabriel 8 ans
-le 10 Jean 3 ans
-le 14 Marie 11 ans
-le 18 Catherine 9 ans
-le 22 Louis 42 ans,époux de Marie Debaquet
-le 24 Marie Anne Debaquet,veuve Louis Godbout

Source: BMS de la paroisse de St Nicolas d'Aliermont
Texte déposé par Serge Osmont
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1745    Bézancourt  76220      ... décédé avant même de parvenir à sa destination....!

"Le 13 may fut inhumé au cimetière un enfant agée denviron deux ou trois jours nommée Marie Anne Frémont batizée en la paroisse de Saint Laurent les Paris fille de Jacques Fromont et de Marie Mouchy bourgeois de paris y demeurant en la paroisse de St Laurent que le père de l'enfant avoit donné au nommé Buron de la paroisse de Bézancourt pour le mettre en nourrisse mais l'enfant estant mort en chemin ledit Buron a posé le corps en la première maison de notre paroisse comme estant la plus prochaine et nous a quis de luy donner la sépulture ecclésiastique."

Source: BMS de la paroisse de Bézu-la-Forêt (27).
Texte déposé par Laurence DORE
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1776    Le Havre  76000      Baltique-sur-Seine

"L'embouchure de la Seine sur une largeur de plus de 8 000 mètres se montra, le 29 janvier 1776 et les jours suivants, toute couverte de glaces, ainsi que cette partie de la mer comprise entre la baie de Caen et le Cap de la Hève, en sorte que du Havre la mer paraissait couverte de glace jusqu'à l'horizon ; cette glace était rompue par le flux et le reflux, ce qui donnait à notre mer l'apparence de la Baltique".





1778    Bardouville   76480      "Le noyé était encore vivant"

     Le Samedy vingt deuxième jour d’aoust mil set cents soixante et dixhuit, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse par nous curé soussigné, le cadavre d’un jeune homme mattelot que la rivière de seine a jetté noyé sur la prairie de notre paroisse, portant sur lui un extrait de batême par lequel, quoyque lacéré, il nous a paru être de la paroisse de St Martin de Villequier proche Caudebec, nommé paul martin Bouvier, fils légitime de pierre Bouvier et de + + + + + et baptisé en l’église dudit Villequier le quatorzieme jour de janvier mil sept cents soixante et trois. L’inhumation duquel nous avons fait en vertu d’un mandement düement signé de Messieurs Thieffrai, Tuvache et Grénulure du siége de l’Amirauté de Rouen en datte de ce jour; en présence du Sieur Pierre Alix syndic de cette paroisse et de…

Acte nul, le noyé portait en l’autre part, l’extrait de batême du dit paul martin Bouvier qui est encore vivant.

L’acte en l’autre part, et qui suit, est à suivre, selon la lettre de Mr de Caens curé de Quillebeuf resté attaché au registre de la paroisse.

Le Samedy vingt deuxiême jour d’aoust mil set cents soixante et dixhuit, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse par nous curé soussigné, le cadavre d’un jeune homme mattelot que la rivière de seine a jetté noyé sur la prairie de notre paroisse. Lequel, selon la lettre de Monsieur de Caens curé de quillebeuf restée en nos mains s’appelait philippe La neuville agé d’environ treize ans, fils de michel La neuville pilotte, et de madeleine potier son épouse. L’inhumation duquel j’ai fait en vertu d’un mandement de messieurs de l’Amirauté de Rouen, resté aussi attaché au registre resté à la paroisse; et du sieur Pilatte brigadier des employez au poste de Bardouville, qui ont signé avec nous. Poisson, curé de Bardouville.

Source: Archives Départementales de Seine-Maritime
5Mi 340 Registres paroissiaux de Bardouville, collection du greffe.
Texte déposé par Laurent Colasse.

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1788    Boissay  76      Graciés à Rouen par le privilège de Saint Romain.*

Le vendredy vingt quatre octobre mil sept cent quatre vingt huit, Vu le mandement de sépulture à nous envoyé et addressé par Mtre Jacques françois Moulins Conseiller du Roi, Lieutenant général Criminel au Baillage et siége présidial de Rouen, et resté entre nos mains: nous pretre Curé de Boissay soussigné, avons inhumé au cimetière de cette paroisse le corps de Jacques Adrien Becquel agé d’environ cinquante ans, décédé le vingt deux du susdit mois en son vivant demeurant au hameau de fresle en cette paroisse, présence des témoins qui ont signé avec nous.
Jean Saignel Jacques Langlais Le Valvis curé de Boissay


Note marginale du Curé (?):
A été tué au cours d’une discute avec les époux Béhérie d’un coup de croc de femmes.
Les epoux Béhérie on été condamnés à mort et graçiés par le privilége de St Romain*.

*Il permettait, tous les ans, de libérer un condamné à mort détenu dans les prisons de la ville, en souvenir du condamné à mort qui avait accepté d'accompagner Saint-Romain dans sa lutte contre la Gargouille.
informations recueillies sur Rouen-Histoire.com

Source: Archives Départementales de Seine-Maritime
5Mi 2710 Registres paroissiaux de Boissay.
Texte déposé par Laurent Colasse.

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1789    Salmonville-la-Rivière  76      Fermiers Généraux : les sangsues de L'Etat.

...Restent les fermiers généraux et tous les satellites à leurs gages. Ce sont les sangsues de l'Etat. C'est une vermine qui le dévore, c'est une peste qui l'infeste. Nous supplions très humblement et très instamment Sa Majesté de nous en délivrer pour toujours et d'extirper tellement les racines de cette pernicieuse plante qu'elle ne repouse jamais...

Extrait des cahiers de doléances
Source: Gé-Magazine N° 76 Octobre 1989 pp.21




1813    Allouville  76190      Un abandon d'enfant très émouvant et très détaillé.

L’an Mil huit cent treize, le douzième jour du mois d’aoust à Sept heures du matin, par devant nous charles Le Noir, Maire faisant les fonctions d’officier de l’état civil de la Commune d’allouville, Département de la Seine inférieure, Canton et arrondissement Communal d’yvetot, est Comparu Jacques Greveren âgé de trente ans, profession de cultivateur et tisserand domicilié en Cette Commune chez Ses père et mère, qui nous a déclaré que Ce Jourd’huy à quatre heures du matin que marie Catherine trembley âgée de viron cinquante neuf ans Sa mère étant Seule elle a trouvé au Bout d’une chambre atenante au Corps du logis de la petite ferme qu’ils occupent vers la Rue qui tend de l’Eglize d’allouville à Saint Guillaume, un enfant, dans un panier, du sexe féminin en mailloté dans plusieurs Linges Blancs, un vieux gilet d’Etoffe Blanche à usage de femme ; le quel enfant étoit dans un panier d’osier blanc pendu au Bout de la dite chambre au pôt de la Rampe pour monter au grenier, ayant examiné l’enfant, les Linges dont il est envelopé, nous ni avons trouvé aucune Reconnaissance ; il S’est trouvé dans le Susdit panier un écrit non signé dont la Copie sera à la Suite du présent acte ; de Suite avons inscrit l’Enfant sur le Registre de l’Etat Civil Sous les noms de trouvée suzanne Rosalie dans le Susdit Ecrit est fait mention que cet enfant est né le dix du présent mois à viron minuit ; lequel Enfant nous a paru n’être pas plus âgé ; et avons ordonné qu’il fût Remis audit Jacques Greveren, dequoi avons dressé le présent acte et procès verbal en présence de zacharie greveren âgé de viron soixante treize ans profession de cultivateur père du déclarant et de pierre Greveren profession de tisserand âgé de vingt six ans frère du déclarant domicilié aussi dans cette Commune ; qui ont signé avec nous après que lecture leur en a été faite du contenu au présent procès verbal et acte.


Copie de l’écrit trouvé dans le panier avec le susdit Enfant

Ce fruit nouveau Eclos le dix du Courant viron minuit Département ou Je dépose Canton un peu Eloigné, na point encore Reçu le Sacrement du Baptême qui est si utille pour voir Dieu dans Sa splendeur, mais il a été ondoyé J’ignore cy ce fruit est du sexe féminin ou masculin, sil est du premier Je désire qu’il Soit nommé Jn Baptiste françois trouvé ; Sil Est du Second Catherine Lucille trouvée ; J’invite Monsieur Le maire de la Commune ou je dépose à faire de Suite les diligences tant pour le Corporel que Spirituel que Lhumanité lui pourra sucgérer. Je vous Salue avec Respect et pleurs

L’inconnu

Document déposé par Marianne Couturier
Bénévole FDA76 et CGW76
CGSaintonge 1017
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© 01/07/1999 - MARCHAL Jacques
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