PARIS ( SEINE )


1790    Paris  75      Fête de la Fédération.

L'assemblée nationale ayant décrété, le 9 juin 1790, qu'il y aurait dans la capitale du royaume une fédération patriotique le 14 juillet suivant, pour en constituer les éléments, chaque « ressort » de garde nationale eut à élire six hommes sur cent, lesquels, réunis ensuite au chef-lieu du district, à Saint-Mixant, devaient à leur tour désigner un homme par deux cents pour se rendre à Paris, à la fédération générale de toutes les gardes nationales . Jean Richard Maisonneuve, capitaine et porte-drapeau de la garde nationale d'Exode, fut choisi comme délégué des fédérations de district pour se rendre à Paris, d'où il écrivit à « Messieurs les Officiers et Soldats de la garde nationale d'Exode » une lettre dans laquelle il parle en termes enthousiasme de l'allégresse générale; de la concorde et de la fraternité qui furent la note dominante et caractéristique de l'importante cérémonie du Champ de Mars. Cette fête inoubliable a été et restera toujours, entre toutes les fêtes, la plus nationale par l'unité d' enthousiasme que manifestèrent tous les assistants. Voici la curieuse lettre de Jean Richard:

« Paris le 16 juillet 1790.
Je ne sorais vous exprimer, mes chers camarades, la joye que j'ay resanti dans la fête de notre confédération; la grande peine nous a produit le plésir. Nous avons été fatigué extraordinairement par la pluye et par une marche la plus ennuyeuse, ayant resté neuf heures sous les armes. La messe n 'a pu être sélébrée qu'a trois heures du soir par M. l'évesque d'Autun, accompagné de plusieurs prêtres en aube avec la sinture couleur de la nation. Imaginez vous l'aspec du Champs de Mars dont les relations vous instruiront aussytôt après ma lettre. Mais je vous dirois qu'il y a eu plus de cent coups de cannon tiré. Les acclamations reppettes parmy soixante drapeau et quatre vingt bagnère, la musique et trois cents tambours annonçoient la fête la plus complette, accompagnée de la présence de notre monarque et de l'Assemblée nationnalle.
Il y a eu un repas donné au château de la Muette ou il y avoit vingt-cinq mille couverts servy avec ordre. La musique du roy est venue nous y joindre au nombre de quatre vingt musiciens. M. de La Fayette s'y est rendu, qui a été sy vivement accueilly par la troupe, qu'on l'a enveloppé dans l' affluance, qu'il en a été incommodé, mais il a senty que c'était le zelle de ses soldats.
Nous pouvons dire à la louange de messieurs les Parisiens que le patriotisme est leur partage, car la manièrre avec laquelle ils reçoivent devient sensible à tous les députés. Tout le monde nous accueille et nous avons entrée dans toutes les assemblées publiques. Aujourd'hui, chaque district de Paris fait un repas pour les députés logé dans son distric et l'on nous engage à une résidence de plusieurs jour; cependant je crois partir mardy ou mercredy, en tous cas je vous avertirois de l'arrivée de notre bagnère que je croit rejoindre à Poitiers ou à Lusignan.
Hier au soir, on a chanté un Té Déum devant un hôtel (autel) placé sur la place Dauphine, en l'honneur de la fête de Henry IV, on a garny la brousse de fleurs avec illumination comme on avoit fait par toutte la ville le quatorze.
M. Payrault a été notre major général du département et M. de Lescur en second. Le sort m'a tombé pour signer l'adresse au roy et a l'assemblée nationnalle au nom de notre distric. Lundy, deux députés de chaque département doivent être admis à un grand repas à la maison de la ville, mais je ne sais pas qui poura être nommé n'ayant point assister à notre assemblée pas plus que je ferois demain.
On a placé ce matin des placards pour annoncer un spécifique contre le mal vénérien . Je ne sais si c'est un préservatif quon adresse au député nationaux, M. notre chirurgien sera dans le cas d'apliquer son opignon dans la circonstance.
Je vous prie de grâce de ne pas moublier auprès de tous mes amis et d' instruire ma femme du contenu de la présente.
Dites luy que je me porte bien comme je lui ay annoncé dans ma dernière lettre.
Je vous réitère tous les sentiments dont mon coeur est susceptible et me croyé tous avec cette fraternité due à un bon patriote.
Mes chers camarades,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
Signé: J. Richard Maisonneuve. »

Texte extrait de : Essai de monographie de la commune d'EXOUDUN de l'origine à 1800 par F. DUBREUIL .
Texte déposé par Dominique Triaud .
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1805     Paris  (75)        La journée du 12 germinal.

Lettre adressée au citoyen MARANGET fils à Andilly département de la Haute-Marne:

Paris le 13 germinal de l'an 13         (03/04/1805)

Citoyen ami

La journée du 12 germinal fera époque remarquable à la Révolution. Le peuple de Paris manquant de pain, s'est attroupé, s'est rendu aux Thuilleries et a entouré la Convention. Depuis quelques jours on s'attendait à ce soulèvement. Le tocsin a sonné, la générale a été battue et dans l'instant l'on a été sous les armes, l'on ne cessoit dans différents groupes de débiter des diatribes contre la Convention, mais de quoi n'est pas capable un peuple qui manque de la chose la plus nécessaire à la vie. Cependant le sang n'a pas coulé, deux représentants en parcourant Paris ont été blessés légèrement, ce sont (les Cens pénières et anquis ?)sous réserve La séance a été permanente elle n'a été levée qu'a 5 heure du matin. Il y a eu 8 députés d'arrêtés, savoir: Choudieu, Châles, Ruamps, Amar, Duhent, Léonard Bourdon, Foussedoire, Huguet, ils doivent être transférés au Château du Hant en Picardie. Ils siégoient du côté gauche appelé la Montagne. Je ne connoit pas les causes de leur arrestation mais je la présume et je ne peut confier a ce papier de ce moment d'insurrection ce que mon coeur pense à cet égard. Les quatre prévenus ont été aussi condamnés à la déportation. Les esprits sont montés, on bat le Rapel dans plusieurs secteurs. Il y en a quelques unes qui voudroient s'opposer à ces mesures et qui voudroient les délivrer , je ne sais comment la journée se passera... cela me présage des suites funestes pour l'avenir. Je crains pour ma patrie et je gémis sur les blessures qui lui sont faites... Le général PICHEGRU a été nommé cette nuit commandant de la garde Nationale de Paris. Il a pour adjoint MERLIN de Thlle et BARRAT.

La Convention est toujours divisée et c'est de là que vient le plus grand mal... du regne de la terreur on est venu à une trop grande Licence... d'ailleurs vous pouvez en juger par l'esprit qui regne dans vos contrées. Je vous écrit a la hâte et pour la seconde fois . Je ne sais si vous avez reçu ma lettre. Je vous souhaitte le Bonjour, ainsi qu'à la maison.

Envoyez moi de vos nouvelles et vous m'obligerez.
(Signé M. cyd. Just de Celle)sous réserve.


Textes déposés par Claude DUPORT.
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