SARTHE







1583-1584-1589    Trangé   72650      épidémies de peste et de dysenterie.

1583,1584. La peste fait des ravages.
1589.Ce jourdhui 27 Décembre 1589 a esté enterré Michel Brierre au sepmetière de Trangé près ses amys trespassés. Nota:que tous les Brières si après inscrips meurent de la dicenterie que les Anglois leurs donnèrent après le siège du Mans.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 88

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1584    Montmirail   72320      "à raison de la peste qui régnait horriblement..."

28 Aout 1584 naissance de Gabriel de Baugé, baptisé au Plessis Dorin, près duquel ses parents s'étaient retirés à cause de la contagion qui lors était fort fâcheuse à Montmirail. Ses parrain,..,lesquels s'étaient retirés au lieu de la Juhesière, à raison de la peste qui, en la dite année, régnait à Nogent le Rotrou.
7 Décembre 1584 bâptème de....à Lamnay et non à Montmirail à raison de la contagion qui pour lors y était horriblement.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 286

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1592    Montmirail   72320      épidémie de vérolle.

1er Juillet 1592 "est déceddé, chez moy Richard Dermeau prêtre curé de Montmirail, de la vérolle, Pasquier, fils de Pasquier Néricault " Cette maladie fit de nombreuses victimes.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 286

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1596    Bessé sur Braye   72310      Construction du grand pont de Bessé.

Le vendredi 17ème jour de Mai 1596,vers 2 heures de l'après midi, pose de la première pierre du pont sur la Braye par César Forget, sieur de Baudrye, conseiller du Roi et trésorier général de France,... La 2ème pierre a été posée par Nicole Bretheau curé de Bessé et a baptisé le pont ''St Gille''

Texte déposé par Louis Huet.

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1599    Le Mans   72000      "il fist sy grand froit et si grand chaleur ..."

Oudit moys et an (janvier 1599), il fist sy grand froit que les vignes gelèrent. Et oudit an fist si grand chaleur que les vignes bruslèrent et fut long temps sans pluvoir.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Paroisse de La Couture (registre paroissial de la ville)

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1600    St-ouen-de-Mimbré   72130      "la réconciliation du cimetière du dit saint Ouen déclaré pollué ..."

Le dit jour VIII octobre 1600, vénérable et discret Maistre Pierre LEBOUCHER, pbre curé du dit Saint Ouen de Mimbré et doyen rural de Fresné, en vertu de commission à luy envoyée et donnée de messieurs les grands vicaires de l'église cathédrale du Mans, le siège épiscopal vacant, a fait la réconciliation du cimetière du dit saint Ouen déclaré pollué à cause de l'inhumation et sépulture du corps d'un nommé Jaspart GAULTIER, dit sieur des Bouillons de la paroisse de Coulombiers et huguenot.
Le dit sieur doyen, assisté des vénérables et discrets maistres les curés et chapelains ; scavoir : M. PIerre HEMERY pbre curé d'Assé le Boisne, M. René SAILLANT pbre curé de Sougé le Ganelon, M. Pierre THEBAULT curé de Gesnes, M. Claude DELAHAYS pbre vicaire du dit Saint Ouen, M. Bertrand RICHARDIERE pbre sacriste en la dite église et ce en la présence de la plus grande partie des paroissiens ; ce fait à la diligence du procureur de la fabrique, nommé Christophe VILLETTE, en vertu de la commission en dapte du deuxième jour d'octobre dernier. Signée LEROYER, sellée en bas pour approbation de vérité
Et ce, fait et pris à l'original de mot à mot par moy François BILLON pbre, à présent sacriste et vicaire en ladite église du dit St Ouen, le 18 jour de janvier 1634 et sous mon sin manuel pour approbation de vérité.
Ledit LES BOUILLONS fut déterré la nuit et trainné avec une jument dans le champ du Tré où il est enterré.

Source: Revue "Le Bordager"
Texte déposé par Louis Huet.

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1602    Assé le Boisne   72130      dix écus pour ensevelir les morts par contagion.

- 1602 contagion qui fit mourir 116 personnes. Le 19 Août,un enfant d'André Voyaigneau est enterré dans un champ de la Coue du Bois (queue de bois) à cause qu'il ne se trouva personne qui voulût l'apporter au cimetière. Le 21 dudit mois, Dagron fut enterré par trois enfants de lui et de défunte Guillemine Ferron, sa femme, et aussi un enfant de défunte ladite Ferron et de défunt son premier mari, Voyaigneau, et fût enterré audit champ par ung homme de St Aubin de Locquenay qui eut dix écus pour ce. Julien Ecureul et sa femme moururent en même temps et furent enterrés dans leur jardin à cause aussi de la contagion. Le 24 Juin, Marguerite Thébeault, femme Louveau, fut enterrée à Grateil par permission du curé d'Assé.

- 1612 Cette année la contagion régna encore; les décès furent nombreux.

Source: Assé le Boisne et Fresnay sur Sarthe et ses environs par Auguste Le Guicheux,réédition de "Chroniques de Fresnay paru en 1877" page 195.
Texte déposé par Louis Huet.

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1602    Yvré-le-Polin   72330      Contagion.

- le 19 Juillet 1602 mourut Marie, femme de Marin Mersenne, de la contagion.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 447

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1603    St-Victeur   72130      "dévoré par une bête en plein jour..."

Le 22 janvier 1603, décès de Jehan Corart 12 à 13 ans dévoré par une bête en plein jour. Le jeudi suivant la dite bête dévora un enfant au bourg d'Assé et le vendredi un autre près de Fresnay; la bête semblable à un loup.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: extrait de Fresnay et ses environs

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1604    Le Lude   72800      "Une contagion commence à sévir..."

- 1604. Une contagion commence à sévir au 18 Juillet et fait mourir 167 personnes

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 389

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1605    Malicorne   72270      "Son corps a esté enterré en un champ...à cause de la contagion"

- 29 Décembre 1605, décès de Jacquine Alline. Son corps a esté enterré en un champ, près Pinceloup à cause de la contagion. signé Gaignard
- 1605 Contagion.
- 1606 72 décès, 26 baptêmes.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 405

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1607    La Ferté   72400      "les eaux furent si grandes à la Ferté..."

Le 18 Décembre 1607, les eaux furent si grandes à la Ferté, que certaines arches et les ponts de St Julien et de St Antoine de Rochefort furent rompus et emportés.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 190

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1610    René   72260      "a esté poignardé,Henri 4 roi de Bourbon ..."

Le vendredi 4ème de may(1610) a esté poignardé,par un nommé François Ravaillard (sic), Henri 4 roi de Bourbon 4 de ce nom Roy de France; a duré 3 heures après le coup donné sur les cinq heures du soir, est décédé à huit heures du soir.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 277

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1615    St-Germain-d'Arcé   72500      fortes chutes de neige.

- 1615. Les neiges atteignirent trois pieds de hauteur et restèrent un mois sur terre.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 385

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1616    Pirmil   72430      "Grande mortalité..."

- 1616. grande mortalité: 50 décès dans les 4 premiers mois de l'année.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 348

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1620    Assé-le-Boisne   72130      église poluée et excommunion de catholiques.

Le troisième jour du moys de juillet l'an mil six cent vingt et un jacques de MELLAY , seigneur de Cerisay, mort en la religion protestante réformée fut enterré en une des chapelles de l'église d'Assé le Boysne. Il fut fait fraction de la serreure de l'une des portes de la dite église pour y enterrer outre le corps du dit de MELLAY.
Cause de quoy, Monsieur du Mans a donné sentence par laquelle il ordonne que le corps sera exumé et déclaré la dite église poluée et donne sentence de excommunication sur tous les catholiques qui ont assisté le dit corps pour estre enterré, (ce) qui a esté cause que la ditte église est demeurée polué. En laquelle on ne a dit la messe ny administré aucun sacrement jusques au dix huictiesme jour de octobre ; auquel jour Monsieur l'Official et Monsieur le Promoteur du Mans sont venus pour réconcilier la dite église et, pour ce faire, a convenu une séparation de clôture entre la dite église et la dite chapelle.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Revue Le Bordager.

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1624    La Ferté Bernard   72400      "...le feu consomma 250 maisons..."

16 Septembre 1624 embrazement de la ville. En moins de 3 heures, le feu consomma 250 maisons dans lesquelles il y avait 400 familles,...

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 169

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1626    Asnieres72430        45 morts, la contagion venait de Sablé.

10 mars 1626, inhumation de Antoine Legris (mort de contagion), ce fut lui qui l'apporta de Sablé. Du 10 Mars au 23 Novembre 45 personnes moururent de cette contagion.

Source Asnieres page 449
Texte déposé par Louis Huet.

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1626    Noyen   72430      Contagion.

- 13 Aout 1626. baptême de Philippe Fourmand,de la paroisse de Piremil, à cause de la contagion.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 414

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1626    Pirmil   72430      "Grande contagion..."

- 1626. grande contagion: plusieurs furent enterrés pendant la nuit, dans les champs et les jardins.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 348

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1626    Trangé   72650      "la contagion, danger qui raine aujourdhui au Mans et ailleurs..."

1626 (mémoire de la contagion) item ce lundy 6 Octobre 1626 avons enterré Nicolas Chouppelin mort de la peste et contagion. A été le 1er de la contagion, danger qui raine aujourdhui au Mans et ailleurs.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 88

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1626-1627    Tresson   72440      "une maladie pestilentielle décime la population..."

En 1626 et 1627 une maladie pestilentielle décime la population de Tresson Plusieurs personnes ont été inhumées aux lieux mêmes de leur résidence,de crainte de multiplier la contagion.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 488

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1628    Dangeul   72260      "La peste a pris au mois de septembre..."

La peste a pris à Dangeul au mois de septembre 1628 et a duré plusieurs mois; 42 personnes ont succombé.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 5

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1628    Le Mans   72000      "Des processions ...par la crainte de la contagion..."

En 1628 les processions du Vendredi et de Pâques fleuries furent faites, en l'église des pères Jacobins, par la crainte de la contagion qui étoit à l'abbaye St Vincent.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: D'après l'almanach du Maine de 1763 page 169

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1628-1630    Fresnay le Vicomte   72130      "la contagion exista à Fresnay..."

- Le 20 Juillet 1602 Michel Lescuyer, délégué des habitants pour aller faire le voyage de Monsieur S.Sébastian, à cause de la contagion qui estoit esprise à Montreul et à St Aubin de Locquenay.
Dieu nous en garde.
- 1628. Cette année la contagion exista à Fresnay.
- 1630. Du mois d'Août à la fin de l'année, moururent à Fresnay, 46 enfants de la petite vérète (sic)

Texte déposé par Louis Huet.
Source: page 203 Fresnay sur Sarthe et ses environs par Auguste Le Guicheux (réédition de "Chroniques de Fresnay" paru en 1877)

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1636    Meurcé   72170      "excessives chaleurs."

- 1636 excessives chaleurs.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, pages 269 et 270

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1637    Mayet   72360      "la dyssenterie fait des ravages."

- A la fin de 1637,la dyssenterie fait des ravages.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 423

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1639    Gastines   72300      Une famille dissipée par la contagion

- Le 7 Novembre 1639, Pierre Bourgalay, métayer de la Havardière, était frappé de la contagion; il avait un charbon au défaut de l'épaule et la contagion sous l'essaile , il fut enterré par sa femme et son frère la nuit. Le 21 Novembre 1639 Pierre Bourgalay, fils du précédent, mort de la contagion, fut mené au jardin de la Havardière.
- 1639 trois enfants Bourgalay sont enlevés par la contagion et enterrés dans le jardin.
Le 1er Décembre 1639 mourut Jeanne Godebert, femme de défunt Pierre Bourgalay, de la contagion; elle était grosse de 5 mois et demi; elle accoucha un quart d'heure avant sa mort.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 461

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1639    Vallon   72540      "La peste enlève beaucoup de monde..."

1639. La peste enlève beaucoup de monde à Vallon.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 65

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1641    Noyen   72430      En hommage aux décédés de la peste.

- 23 Mars 1641.Bénédiction du cimetière de la croix de la Maladrerie, par.. à la requête de quelques habitans qui avoient leurs parens enterrez dans ce lieu, décédés de peste les années précédentes,...

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 414

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1645    St-Aubin-de-Locquenay   72130      Anecdote au cours de la visite de l'évêque.

Du 12 ème octobre 1645 le révérend père en Dieu EMERY (*) évesque du Mans faisait visite dans ce doyenné. C'estant, pour ce, suivit en la ville de Fresnay où je conduisy ma procession de St Aulbin, le dit mesme jour par son ordre; et le dit sieur évesque administrat le saint sacrement de la confirmation. Ce présenta Lucresse Guillet femme de Guillaume Lecourt de ma paroisse, laquelle receut le dit saint sacrement de confirmation et luy fut changé le dit nom de Lucresse par le dit sieur évesque au nom de Marie. Quel nom de Marie elle portera maintenant. En tesmoing de quoy j'en ay escript ce présent acte au rend de baptesme du dit St Aulbin, lequel je signé le dit jour et an que dessus.
signé JOLIVET

(*) Emeric-Marc de la Ferté évêque du Mans de 1637 à 1648.

Texte déposé par Louis Huet.
2E 286/4 feuille 7; n° 31. Source:

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1650    La Chapelle du Bois   72400      Epidémie.

1650. Epidémie qui enleva 105 personnes.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 186

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1659    Ecommoy   72220      "La nuit d'après la fête St Georges..."

- 23 Avril 1659 La nuit d'après la fête St Georges, grande gelée qui a gelé presque toutes les vignes noires et autres choses.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 35

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1662    Assé le Boisne   72130      "Année stérile... (en toutes graines)"

- 1662 Année stérile. Le froment a valu jusqu'à 16 livres, le méteil de 11 à 12 livres, l'orge 11 livres, pois et vesce 7 livres, l'avoine 5 livres. Il est à remarquer qu'il n'y a eu que 17 enfants baptisés quand on en baptise souvent 70 et pour le moins 46.

Source: Assé le Boisne et Fresnay sur Sarthe et ses environs par Auguste Le Guicheux,réédition de "Chroniques de Fresnay paru en 1877" page 195.
Texte déposé par Louis Huet.

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1662    Rahay   72120      "plusieurs sont morts de faim..."

- 1662. Il sera remarqué que plusieurs sont morts de faim tant dans les chemins que dans les maisons.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, pages 514 et 516

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1680    Juillé   72170      Le miracle des chenilles.

- Nous prestre curé de Juillé certiffions à tous qu'il appartiendra qu'en l'année 1680 les chenilles s'estant multipliez à une telle quantité, que toutes les fleurs et les feuilles des arbres et des hayes en ayant esté dévorées entièrement et commençans déjà à se mettre sur les vignes et les bleds, incommodant les hommes et les bestiaux de leur venin, entrant dans les maisons et sortant de terre comme des fourmillères pour venir combattre pour Dieu contre les hommes pêcheurs. Il fut ordonné par Monseigneur du Mans de faire trois jours de jeûne et des processions comme aux Rogations avec les exorcismes et aspersions d'eau béniste. Ce qui réussit si bien qu'on vit au même temps les chenilles se retirer et s'attroupper autour des branches des arbres en monceaux gros comme la teste pour y crever toutes ensemble, de telle sorte que depuis ce temps là jusques en l'année présente nous n'en avons veu aucune. En foy duquel miracle dont tout le royaume a esté témoin, nous en avons dressé nostre présent procez verbal et l'avons faict signer à maitre André Heliand nostre vicaire, pour servir de mémoire à la postérité, pour la gloire de Dieu et la consolation de son peuple.

Faict audit Juillé ce 13 septembre 1684.
Signé BAINVILLE curé et A. HELIAND vicaire.


Texte déposé par Louis Huet.
Source: Registre 2E 163/4

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1685    Roullée  72600     Rupture de contrat de mariage.

Du vingt et neuvième jour de décembre 1685 sont comparus devant nous les personnes de Pierre Pinson et Marguerite Morinet lesquels nous ont déclarés que inconsidérement ils avaient fait contrat de mariage entre eux et promis en face de notre Ste Mère l'église les promesses de s'épouser mais ce qu'ayant du depuis considéré la faute qu'ils avaient faite à leur extrème pauvreté et incommodités naturelles en sorte que il leur serait impossible de pouvoir vivre ensemble tant à cause de leur conduite et que du grand nombre d'enfants qu'ils ont (eu) l'un et l'autre, ont volontairement et de leur plain gré cassé et annulé, cassent et annulent le contrat de mariage fait entre eux devant Garnier notaire à la Fresnaye et se quittent l'un et l'autre sans intérêt ni depens, renoncent à en rechercher jamais, ni s'en faire aucune poursuite dont les avons jugé (?). Présents témoins Jean Marie marchand, François Dumons laboureur, François Loumost, clerc, tous demeurant en cette paroisse qui ont signé, Jean Crestot sacriste et nous curé soussigné

Source: 1685 vue 68 du registre sur internet.
Texte déposé par Jean-Pierre Bréard
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1686    Moncé-en-Belin   72230      Deux personnes mordues par un loup enragé.

Marie BOUSSARD, vivante femme de Jean LE MOINNE, a été inhumée par moy curé de Moncé le vendredi deuxième jour de janvier 1686 dans le cimetière de cette paroisse, après avoir été confessée et receu le saint sacrement de l'extrême onction ; laquelle femme est morte de la rage un mois après avoir été cy-devant mordue d'un loup enragé.

R. FOUCAULT, fils de Bruneau, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse par moy, curé de Moncé soussigné, le premier jour de février 1686. Il est mort de la rage après avoir été mordu à la main, huit semaines auparavant, d'un loup enragé . . . qui lui déchira toute la tête le jour même que la fièvre le prit, fut à Arnage, là où il fut confessé et communié ; n'a reçu l'extrême onction, n'ayant été averti de sa maladie. Est a remarquer que, depuis qu'il fut mordu, il ne dormit presque Jamais.

Source: Revue "Le Bordager"
Texte déposé par Louis Huet.

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1687    Bourg le Roi   72490      "un terrible orage s'abat sur la paroisse..."

Le 3 juillet 1687 un terrible orage s'abat sur la paroisse. Des milliers de tuiles et bardeaux s'envolent des bâtiments et les charpentes sont endommagées. Des pommiers et autres arbres sont abattus, blés et avoines sont couchés et perdus. La pointe du clocher est emportée par le vent et une des cloches est cassée.

Source: cote B 2083 des A.D.S.
Texte déposé par Louis Huet.

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1693    St-Ouen-en-Belin   72220      "Année stérile en tout..."

1693. Cette année fut stérile en tout. Le vin coûta 200 livres la pipe et plus; le froment 40 livres; ...

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 50

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1694    Dehault   72400      Les bontés de Louis XIV !!!

-1631 Août, Septembre et Octobre: contagion.
-1694 Il est arrivé, par la bonté du Roi Louis XIV, quantité de blés de Suède et de Danemarck. Les pauvres ont souffert extrêmement par le manque de ce qui est nécessaire à la vie; un grand nombre est mort.
Signé Robert Léons curé.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 190

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1697    Tennie   72240      Quartiers d'hiver pour la cavalerie allemande.

Aujourd'huy vendredy 12 août 1697 a esté par Maître Marin BLANCHARD pbre, baptisé un enfant femelle né du jour d'hyer du mariage de Luc TRONCHET et de Louise LE ROY, . . . etc. Fait au dit Tennye les jour et an que dessus et le lendemain du départ de la compagnie de cavalerie allemande du régiment de Quadt cy-dessus, demeurée en quartier d'hyver au dit Tennye jusqu'à 11 heures du matin du jour cy-dessus pour s'en aller, par la ville du Mans, à l'Isle en Flandres.

Texte déposé par Louis Huet.
Revue "Le Bordager"

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1700    Sougé-le-Ganelon   72130      Un évêque irlandais "à cause des obstacles l'hérésie a apporté en ce pays là"

Le dimanche ving et septième jour du dit mois de juin l'an mil sept cent, Monseigneur l'Evesque du Mans continuant à accorder ses faveurs à la paroisse de Sougé y envoya Mgr Guillaume d'HASTON Evesque d'OSSERY en YRLANDE faisans maintenant les fonctions épiscopales en ce diocèse où le roi l'a envoyé à cause des obstacles l'hérésie a apporté à la religion en ce pays là. Mon dit Seigneur d'OSSERY arriva le samedy 26ème au soir et ce dit jour 27ème, il donna le sacrement de confirmation à plus de cinq mille âmes dans le cimetière du dit Sougé où le monde venoit de tous cotez. La cérémonie commença à 7 heur du matin que mon dit Seigneur l'Evesque dit la messe. Ensuite M.HIMBERT, supérieur de la mission qui l'acompagnoit prescha; puis on confirma. On recommença à 1 heure après mydy par un second discours.

note du curé de St Georges du Plain :
Le 26 Janvier 1712 sur les 11 heures du matin, décéda Messire Guillaume d'ALTON évesque d'ASSERI en Irlande chassé de son évesché pour la foy dès l'an 1698. Demeurant dès ce temps là dans l'abbaye de la Coulture.

note du curé de St Nicolas :
Décès le 26 Janvier 1712 de Guillaume DATHON évesque d'OSSERY....,attendu son grand age et ses infirmités corporelles est décédé dans le monastère de la Coulture et inhumé dans le coeur de l'église de la dite abbaye.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: 2 E 373/2

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1701    René   72260      "les vents par leurs violences firent un désordre très grand..."

Le 2 Février en l' an 1701, il fit un si grand orage de vents, le matin depuis environ 8 heures jusques après midi, que les vents emportèrent par leurs violences un nombre infini d'arbres hors de leurs places en déracinèrent un plus grand nombre, renversèrent plusieurs bâtiments et firent un désordre très grand.
signé:Négrier.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 277

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1705    Ballon  72290      Embrasement de la ville par des chaudronniers, qui faisaient leur fonte...

Le samedy 29 Août 1705, embrasement de la ville de Ballon provoquée par le feu de la fournaise de certains chaudronniers, qui faisaient leur fonte. Une bibliothèque qui valait 7 à 8000 livres fut embrasée, 45 maisons furent aussi brulées entièrement; 3 morts.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe commune de Courceboeufs page 7.





1705    St-Mars-sous-Ballon  72290      Incendie de BALLON.

Samedi 29 Août 1705: Incendie de BALLON.


Entre 3 et 4 heures du matin le feu pris à la Croix Verte de Ballon par des chaudronniers fondeurs. Il y eut 45 maisons brulées avec la Halle et 60 familles ruinées. Toute la ville auroit été consommée, mais le St sacrement de ce lieu, ayant été porté au dit Ballon, le feu s'arrêta à la présence réelle du sauveur de nos âmes où il fut exposé pendant 8 heures par vénérable et discret Maitre Laurent CHARDY curé de Saint Mars et le sieur LESARTRE son vicaire.
En foy de quoi ait signé le premier Septembre 1705
Lesartre


Source: (2 E 331/2)
Texte déposé par Louis Huet.

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1706    La Chapelle d'Aligné   72410      "En cette année 1706, il y eut une grande sécheresse;..."

- En cette année 1706, il y eut une grande sécheresse; il ne plut point depuis le 15 Février jusqu'au mois d'Octobre; cependant, il y eut dans l'Anjou du blé suffisamment et du vin en abondance.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, pages 358 et 359

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1707    René  72260      La grande sécheresse

L’an 1707, le Vingtième Juillet et le jour suivant il fit une chaleur si grande que non seulement on ne pouvoit pas travailler, mais même qu’on ne pouvoit presque pas demeurer dehors. Il mourut beaucoup de personnes en plusieurs endroits qui tomboient morts sans avoir senti aucun mal ni aucune autre infirmité que celle de l’extrême chaleur, une infinité d’autres furent obligées d’abandonner le travail, les animaux même ne pouvoient travailler, ni suporter la chaleur tant elle étoit grande. Il ne mourut cependant qun homme dans cette paroisse.

Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Sylvain Grassin.

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1709    Aillières  72600      Vol à l'église de Beauvoir.

Le 29 septembre 1709.

Nous Guillaume Lucé prestre bachelier de Sorbonne et curé de la paroisse de Contilly, Philippes Parté curé des Aulneaux, Jacques Pohu curé de Marolettes, Denys de la Porte curé de St Aubin des Grois, François Forcet curé de Louzes, Pierre Vautorfe curé d'Aillières, Martin Nicolas Hirer diacre et des Posseries clerc tonsuré, avons transporté processionnellement avec toutes les cérémonies observées et suivant les ordres de monseig(neu)r l'ill(ustrisi)me Evesque du Mans en datte du vingt cinq du (mois) courant en l'église de la paroisse d'Aillières, les saintes hosties que nous avons trouvées délaissées à nud en le tabernacle de la paroisse de Beauvoir par les impies et mauvais garnemens qui ont entré en la ditte église, ont rompu la porte du tabernacle, pris et vollé le St ciboire et laissé les Stes hosties comme dit est, que nous avons mises en un vase sacré et transporté audit Aillières et pour en informer sa grandeur et tous autres qu'il appartiendra, nous avons dressé et signé le présent, ce vingt neuviesme septembre mil sept cent neuf et auquel sacrilège fut dressé hier procès verbal par messieurs les officiers de la justice royalle de Mamers.
G. Lucé


MATRAGENEA N°4 Mars 2001







1709-1710-1711    La Chapelle d'Aligné   72410      "des hommes et des bestiaux aussi gelérent dans les étables..."

- Note: En cette année 1709, la gelée commença le 6 Janvier et dura 18 jours; elle fut universelle et si extrême que tout fut gelé, blés, vignes, arbres, principalement tous nos noyers d'Anjou qui faisaient un des grands revenus de cette paroisse; des hommes et des bestiaux aussi gelérent dans les étables. Avant la gelée le blé était à bon marché, il ne valait que 10 sous le boisseau, et après, on n'en pouvait avoir pour de l'argent. Il fallut obliger par justice ceux qui en avait d'en porter au marché, et il alla toujours en augmentant. Au mois de Février, il ne valait encore que 20 sous, mesure de La Flèche , puis 40, ensuite 60 sous. Enfin toute l'année le seigle se vendait 4 francs, le froment 6 livres, l'orge 60 sous. Le pain de seigle de l'année précédente n'était pas meilleur que celui d'orge en cette année. Cette année a été néanmoins plus misérable que l'année chère de 1661; car en celle-ci, au rapport de nos vieillards, s'il n'y avait point de blé, il y avait du vin en abondance , le sel était commun et à bon marché et l'argent roulait. Mais à présent, on n'a point d'argent; il y a, outre les tailles qui sont du tiers rehaussées, des capitations et mille maltotes et taxes à payer à cause de la guerre qui dure depuis 1669 ...

- 1710 L'année chère qui avait commencé l'année passée a continué cette année jusqu'au mois de juillet, où le blé étant recueilli diminua extraordinairement à cause de l'abondance de toutes sortes de grains. Tout le monde avait semé du blé partout jusque dans les jardins; mais du vin il n'y en a point eu...

- Aujourd'hui 6 octobre 1711, sur les 8 heures du soir, il y a eu ici un tremblement de terre par deux secousses terribles et un grand sifflement.

- 1717 Cette année on a achevé d'abattre la forêt de Malpaire dont l'abat avait commencé en 1704. Il y a 5 ans que M. de Torcy a acheté Sablé et Boisdauphin et qu'il travaille à repeupler cette forêt.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, pages 358 et 359

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1709    Boessé le Sec   72400      "Un des plus cruels hivers... depuis plus de deux cents ans"

Ad perpétuam anni Domini 1709 mémoriam. Un des plus cruels hivers qui se soient vus depuis plus de deux cents ans est celui de cette année; et si le froid avait été à deux ou trois degrés plus il serait péri plus de la moitié du monde. Il commença le jour des Rois sur les huit heures du matin après une pluie douce de la nuit précédente et, en deux jours de temps la rivière se trouva glacée et en état de pouvoir passer dessus. Ce froid a durer plus de quinze jours, tous les jours s'augmentant, au bout desquels il tomba quelque neige de hauteur de près d'un pied et regela dessus encore très fortement; et environ quinze jours après, il se forma un dégel de trois jours, ce qui donna le lieu de croire que tout le froid était passé; la terre se trouvant dégelée environ d'un pied. Après quoi il regela encore plus fortement qu'auparavant et ce qui causa la perte générale des blés, parce que le pied s'en étant trouvé mouillé, ils périrent quasi tous à la réserve de ceux qui se trouvèrent à l'abri des vents les plus cuisants. Plus de moitié des arbres fruitiers ont gelés; il n'est pas resté un seul noyer de quelque grosseur qu'il fût, et tout le royaume a subit le même sort. Quantité de personnes et de bestiaux ont péri de froid. Le froment, mesure de la Ferté, du poids de 50 livres, qui ne valait à l'automne précédent que 25 à 30 sous, devint à 50, dès le mois de janvier et a monté, jusqu'à la récolte de cette année, à 8 et 9 livres le boisseau. La Bretagne et la Normandie, qui se trouvaient n'avoir pas tant souffert de la gelée, en amenèrent aux marchés de La Ferté, Nogent le Rotrou, etc.

Texte déposé par Louis Huet.

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1709    Courcemont   72110      "Les personnes du commun ne mangeaient du pain que d'orge,de pois,d'avoine et autres menus grains,..."

Sçachent tous présents et à venir qu'en cette année 1709,la gelée qui commença le 6 Janvier,après midy, et dura 2 mois,fut si grande qu'elle gela l'eau des moulins.De plus elle gela les bleds,les arbres,les chesnes, les vignes et les choux des jardins,etc.Les personnes du commun ne mangeaient du pain que d'orge,de pois,d'avoine et autres menus grains,...

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 5

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1709    René  72260      Relation de l'hiver et du froid l'an 1709

document mis en paragraphes pour en faciliter la lecture et la compréhension

Lan 1709 l hiver fut long et le froid si pénétrant que de temps immémorial on n en avoit point vu de pareil. Il commença du dimanche 6. jour de Janvier fête de l’Epifanie par un vent si fort et si froid qua peine pouvoit on demeurer dehors, ce dura ainsi le premier jour, après quoy le froid continua pendant dix sept jours , si violent qu’un grand nombre de personnes en furent incommodées, les uns ayans une partie des pieds gelés, d autres les doigts des mains, et beaucoup ayans senti tant de froid qu ils en furent longtemps malades, ayans perdu presque tout sentiment, particulièrement les marchands qui étoient obligés d aller par les chemins, ou lon trouva en beaucoup d endroits des personnes mortes du froid.

Tous les ouvriers furent obligés de quitter leur travail pendant plus de huit jours, et surtout depuis le treize Janvier jusques au Vingt, pendant lequel temps le froid fut si grand qu il descendit jusqu au premier degré du thermomètre, ensorte qu il ne sen falut qun degré que le froid ne fut extreme.

Les biens de la terre étoient perdus sans espérance sans que heureusement il tomba des neiges des le commencement du froid, qui continuèrent à plusieurs reprises pendant tout ce temps en si grande abondance quelles furent toujours de la hauteur d un pied ou environ, ce qui conserva les bleds, si bien que la terre ne fut gelée que environ l’epaisseur de trois pouces.

Dans les Jardins la plus part des arbres en espalliers et en buissons furent gelés, surtout les abricottiers et les peschers dont il ne se sauva que ceux que ceux qui étoient en bon abbry; les arbres verts, les Muscats, et tous les nolliers (*) furent entièrement gelés, il fallut les recouper par le pied, d ou ils repoussèrent d’assés beau bois, mais sans aucun fruit.

Pour les Vignes, elles furent entièrement gelées, il ne se sauva que les jeunes seps, il fallut ravaller les vieux en les coupant au niveau de la terre, d ou ils avoient repoussé du bois qui ne raporta aucun fruit, et il fut si peu de vin cette année que dans beaucoup d endroits on ne vendangea point du tout, ce qui fit croire d abord que le Vin seroit excessivement cher mais cela n arriva pas a cause de la grande cherté du Bled et de la rareté de L argent.

Les arbres dans les Campagnes soufrirent beaucoup, la plus grande partie des chesnes, même les plus gros se fendirent du haut en bas, et le bruit qu’ils faisoient en se fendant se faisoit entendre de fore loin dans les bois, les fentes ou ouvertures qui se font ainsi par le grand froid font les gélivures que l’on trouve dans les arbres en les débitant , car venant par succession de temps à se recouvrir d’écorce, elles demeurent ainsi cachées sans quon s en apercoive que lorsquon les veut employer. Les souches qui avoient été coupées depuis deux ans furent toutes gelées, aussi bien que les sapins dont il ne resta pas un. Il périt pres de la moitié des arbres fruitiers, surtout des noyers qui périrent tous à la réserve des Jeunes dont il se sauva une partie en quelques endroits. Les chataigniers et maronniers soufrirent aussi beaucoup, et il en périt la meilleure partie. Les Ronces, les houx, les genets et tous les arbustes de cette nature furent entièrement gelés.

Il mourut une très grande quantité d oyseaux de toutes les espèces, tant de froid que de faim, ce surtout des petits, de manière que quand l hiver fut fini on n en voyoit presque plus, et qu on étoit surpris de faire un assés long chemin sans en apercevoir que très peu et souvent point du tout;

les grosses bêtes comme les Cerfs, les Sangliers, les Loups, ne purent s en garantir. Il en mourut beaucoup.

Les Puits gelèrent presque partout, et on ne pouvoit en tirer de l’eau qu après avoir cassé la glace avec beaucoup de peine,

Les Cidres gelèrent dans les Celiers, même le pain y geloit.

Les suittes de ce grand froid furent encore plus funestes que le froid même, car au dégel, quoiqu il arrivat fort doucement, presque tout le monde se trouva ataqué d’un rhume qui commençoit par un debord dans la tête avec de grandes douleurs, et ensuite tomboit sur la poitrine souvent avec une douleur de côté, et cette maladie fut générale.

Le temps fut asses doux pendant dix à douze jours, après lesquels le froid recommença par un Vent d’Est très violent et très froid, qui dura cinq à six jours, et fut suivy d un froid pendant environ quinze jours qui fut grand quoique a la moitié moindre que la première fois,

et ce froid fit grand tore aux bleds, qui cependant n avoient pas été entièrement perdus,

sans quaprès un second dégel de quelques jours, le froid recommença pour la troisième fois comme auparavant par un Vent d’Est de plusieurs jours avec une gelée qui dura environ quinze jours, moindre à la moitié que la seconde fois, mais qui fut la plus funeste, parce que le Soleil étant déjà un peu haut, les bleds qui commençoient à pousser étans fore tendres, ils furent presque tous gelés, de manière que dans les lieux qui étoient le plus à labbry, à peine en resta til la moitié, ce qui obligea les fermiers et laboureurs de rabatre le haut des sillons et dy semer de lorge, ny étant resté que peu de bleds dans le fond des Raises(*). Il se trouva quelques cantons dans cette paroisse ou les bleds furent conservés, comme la pleine de Ruzé et du Pommeret, et les pièces qui étans entourées de haies furent conservées des Vents.

Enfin la semaille des orges étant belle, et le peu de bleds qui étoit resté profitant à merveille, on espéroit encore quelque chose de la Récolte, parce que les bleds avoient repoussé si vivement du pied que l’on trouvoit des tasses (*) de froment et de seigle où il y avait jusqua cinquante épies d’une longueur et d’une force à faire plaisir, sans que les pluyes qui tombèrent sans discontinuer depuis le commencement du mois d’Avril jusqu au commencement d’Aoust, la Masne et la gasle (*) qui tombèrent en abondance les perdirent entièrement. Il n y demeura que l’écorce ce qui ne rendoit point de farine mais pour cela ils n en furent pas moins bons à semer et ce bled qui paraissoit si petit et si mauvais poussa de merveilles; pour les orges ils ne furent pas si perdus que les bleds.

On ceuïllit encore dans la paroisse de René des bleds environ le quart d’une année commune, dix gerbes ne rendoient que trois quartrons (*) de bled à la mesure de Sonnois, et souvent moins , pour les orges il en fut raisonablement mais ils étoient menus et point nouris à cause des pluyes continuelles.

On commença fore tard à couper les bleds ce qui les encherit si fore qua la Miaoust le Méteil valloit jusqu a dix francs le boisseau et l’orge sept francs, par le peu d’espérance que l on voyoit à la levée et qu’il étoit peu de bleds de l’année précédante, ou qu’ils avoient péri aussi par les pluyes continuelles.

On prit de ce temps là partout, comme de concert, la résolution de garder le peu de bleds qu’on avoit pour semer, et de manger du pain d’orge, de sorte que cette epargne fit ramander le bled à la semaille,

contre toute espérance il baissa jusqua cent sous le boisseau ce qui paraissoit un prix fore modique par rapore au temps.

Tout le monde fut si consterné de voir si peu de bleds que dans les commencemens on desespéra de pouvoir semer les terres ce qui obligea Le Roy d’envoyer des ordres très précis pour cela, même d’envoyer des commissaires dans toutes les Villes, ce qui pour l’evenement ne servit de rien car tout le monde ensemença les terres comme on avoit de coutume, sans atendre à s y voir contraint.

Il fut des fruits passablement, mais qui n’avoient pas grossi parce que les arbres avoient trop soufert pendant l hiver et les pommes et poires à cidre se vendoient communément dix francs la pippe.

Tout le monde étoit dans la consternation de se voir à la Veille de la plus grande famine qu on eut jamais vüe, mais par la providence divine le mal ne fut pas si grand quon craignoit,

ce qui surprit davantage est que le bled ne fut pas la moitié si cher que l année précédante par la grande épargne que l on fit sur le commencement de l année 1710. car on ne donna aucun grain aux Bestiaux comme on en avoit acoutumé de faire auparavant, et on fit du pain de tous les menus grains comme avoine, pois, feves, jarosses (*), vesses, etc ce qui soulagea le peuple de manière qu’il se trouva du bled contre toute espérance, et qu il ne valut à la St Jean que cent sous le méteil et quatre francs l’orge,

outre que plusieurs personnes avoient gardé du bled vieux, et même en avoient acheté de nouveau dans l’espérance qu’il montroit à un prix excessif, et qu’ils feroient des profits immenses, dont ils furent punis,

ce qui contribua encore fut la préparation de la levée qui étoit la plus belle qu on eut jamais vue, et la rareté de l’argent a cause des taxes continuelles dont le peuple étoit accablé pendant la guerre.


Notes (*)

Boisseau : mesure de capacité de valeur très variable - 16 litrons, soit 12,7 l - mais aussi à Mamers mesure rase 46 l 64 cl, mesure comble 53 l 34 dl et à René rase 44 l 21 cl, et comble 55 l 26 cl

Gasle : brume sèche qui passe pour amener les pucerons sur les arbres.(Vendômois)

Jarosse : (mot dialectique de l’ouest de la France) autre nom de la gesse cultivée, appelée aussi pois gras, pois breton, pois cornu.

Masne ? manne : accident climatique qui se produit quand la pluie tombant du ciel, le soleil qui luit corrompt les blés en les faisant noircir.

Sonnois Saosnois, Sônois, Sonnois : région occupant le NE de la Sarthe ayant pour chef-lieu le bourg de Saône (entre René et Mamers). Les unités de mesures locales sont très variables.

Nolliers Aurait-il voulu dire Noyers ? par ailleurs écrit avec l’orthographe correcte plus loin ?

Raise : Dans l’Ouest, raie de labour laissée ouverte entre deux planches ou deux sillons.

Tasses : touffe épaisse, de branches serrées sortant du sol, cépée.




Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé et annoté par Sylvain Grassin.

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1709    Le Luart   72110      "Cette année 1709 est arrivé le grand hiver..."

Nota. Cette année 1709 est arrivé le grand hiver qui commença le lendemain des Rois; les arbres gelèrent en très grand nombre. La gelée fît périr tous les blés, ce qui le fît augmenter de 14 à 15 sous jusqu'à 17 francs.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 318

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1709    Malicorne   72270      "On trouvait les oiseaux, les bêtes et des hommes morts en les chemins..."

- 1709. La présente année, au commencement de Janvier, il a fait un si grand froid qu'on n'en avait jamais vu un pareil. On trouvait les oiseaux, les bêtes et des hommes morts en les chemins; la plupart des arbres ont gelé, en particulier les noyers; les blés ont gelé; si on n'avait pas eu la précaution de semer des menus au printemps, on aurait péri. L'année a été ectrêmement rude à passer. Et une famine presque universelle, qui a continué l'année suivante, a été suivie d'une grande mortalité, après les fièvres putrides et pestilentielles, etc.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 405

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1709    Noyen   72430      "que ceux qui auront ce livre fassent leurs provision principalement de vin.

- L'an 1709, le froid prit le jour des rois, si froid pendant 3 semaines que les chesnes et arbres en fendirent. En 1608, il y en avait eu un de même; ainsi ceux qui auront ce livre icy en 1710 ,qu'ils fassent leurs provisions de bonne heure afin qu'ils ne soient pas surpris comme l'on a esté cette année, principalement pour le vin (sic)

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 414

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1709-1710    La Quinte   72550      "les personnes riches et charitables ont décédé plutot que les pauvres..."

- 1709. Au mois de May 1709, le bled noir a valu 4 livres mesure du Mans et l'orge autant, le bled 70 sols, le froment 4 livres 10 sols et 5 livres.
Les bleds, avoines, noiers, marronniers aiant gelé, heureux sont ceux qui ont semé du froment et sègle à la fin de Février et au commencement de Mars. Leurs ensemencés sont très avancés même plus que ceux d'hyver. Le succés ne s'en trouve pas bon au mois d'Août, les sègles et froments aiant galé. Le bled vaut 100 sols le boisseau du Mans, le froment 6 livres. Les vignes qui avoient assez bien commencé ont coulé et sont sans raisin. Le vin est déjà à 100 livres la pipe en Août.

- 1710. Cette année le bled ne vaut à la cueillette que 25(sols ?). Les pauvres ont échappé à ces 2 années chères par la charité universelle...mais les riches sont affligés de mort et maladie en Octobre et Novembre. Les vignes n'ont donné que très peu de vin qui vaut 200 livres et plus. Le cidre vaut 50 livres.

- Remarques communes 1708,09 et 10
L'an 1708 précédent le sègle a valu au Mans cent sols le boisseau et cette année 1710 il vaut 25 sols. L'an 1709 il valoit 50 sols et cependant la charité a été si abondamment exercée envers les pauvres qu'ils ont subsisté; et cette année 1710 les personnes riches et charitables ont décédé plutot que les pauvres (sic)

Texte déposé par Louis Huet.
Source: registre original dans la commune

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1710    Louzes   72600      Des accouchements pas ordinaires !!!

Décès le 16 Mars 1710 de Louise Dubois 60 ans, épouse de Gilles Pinçon.
" il est à remarquer qu'elle a eu, de 28 à 30 ans, 4 enfants de 2 couches; savoir,la première de deux garçons qui sont venus 3 mois l'un de l'autre; la deuxième d'un garçon et d'une fille qui sont venus 27 jours l'un après l'autre. Ces enfants ont été baptisés à Roullée. 3 ont vécus 2 à 3 ans; celle qui est venue la dernière vit encore.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, pages 233 et 234

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1710-1711    Avoise   72430      Poème sur les malheurs des temps

"Dans l'an 1710,la moisson abondante
adoucit un peu nos malheurs,
sans néanmoins tarir les pleurs
que tira de nos yeux une guerre sanglante;
mais la mortalité, beaucoup plus affligeante,
fut enfin ce qui mit le comble à nos douleurs.


Dans l'an 1711 ont vit croître les eaux
et fournir un nouveau déluge;
les moissons, tels furent nos maux,
ne furent pas pour tous un assuré refuge.
De tous les revenus, par un tribut nouveau,
le prince fit lever la dixième partie,
ce comble des impôts fut un pesant fardeau.
Mais trop heureux encore,on nous laisse la vie."

Source A la fin du registre de l'an 1710
Texte déposé par Louis Huet.

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1711    Assé le Riboul   72170      "un double tremblement de terre...."

En la dite année (1711) le 6ème dudit mois (octobre) à 8 heures du soir en un temps serain et beau, il se fît un double tremblement de terre presque coup sur coup sous un bruit sourd qui surprit tout le païs comme étant une chose icy fort extraordinaire. En foi de quoi j’ai signé Métivier.

Source registre paroissial.
Texte déposé par Louis Huet.

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1711    La Quinte   72550      "inondation générale en toute la France...."

- 1711. En la présente année, depuis le 12 Février jusques au 20, les eaux ont tellement débordé au Mans que l'eau arrivoit à l'enseigne de l'hotellerie de la Fonteine et a causé beaucoup de pertes. Cette inondation a été générale en toute la France. Le bled sègle en ce mois de Juin ne coute le boisseau ,mesure du Mans, que 15 sols ou au plus 18. Le 6 Octobre à 8 heures et demie du soir s'est fait deux tremblements de terre à la Quinte très considérables. Le bled ne s'est trouvé, en cette paroisse, que d'un tiers en quantité eu égard au rapport d'une bonne année valant 25 sols le boisseau du Mans. Novembre 1711. Les fruits en abondance. Le 10 Décembre se fist un orage et vent impétueux qui abattit plusieurs arbres et découvret les maisons.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: registre original dans la commune

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1711    René  72260      Relation du Débordement des Eaux dans ce canton dans l année 1711.

Au mois de Février 1711, les neiges étans hautes d’environ un pied sur la terre, il survint un dégel qui les fit fondre tout a coup, ce qui fit croitre les eaux le 17 Février jour du Mardi gras si hautes que de mémoire d homme on ne les avoit point vû pareilles.

Les grandes rivières firent des désordres infinis, entrainèrent presque tous les moulins, et brisèrent tout ce qui se trouva dans leur passage, et dans leurs débordemens firent des ravages dont on n avoit point encor vû d exemple.

Dans ce Païs icy l’Estang de Guéchaussé creva la chaussée entre le Moulin et la grange du Meunier qu’il entraina pleine de bleds.

La brêche étoit large et profonde, et quand les eaux furent entièrement retirées, on remarqua qu’il y avoit dans Lestang des mines de Tourbe qui est une terre grasse fore commune en Hollande, dont les pauvres gens font du feu.

J en aportay pour en faire l expérience, et quoiquelle ne fut pas encore sèche, je remarquay quelle ne laissoit pas de brûler, de se couvrir de cendres, et de conserver quelque temps le feu, et même d’avoir bonne odeur,

quand l’Esté fut venu et que les grosses Mottes que le courant de l eau avoit arrachées et entrainées bien loin au dessous du Moulin furent sèches par l ardeur du Soleil la Meunier s avisa d en prendre pour bruler, et l ayant interrogé la dessus il me répondit qu elle bruloit bien et faisoit du bon feu, qu il s en étoit toujours servi depuis, et s en trouvoit bien.

Il est très certain que les Marais des Mées , de Bray en sont tous pleins, et si les pauvres gens avoient l industrie de son service elle leur seroit d’un grand secours dans ce païs où le bois est si rare et si cher.

Dans le bourg de René la Petite Rivière d’Orton se déborda aussi de manière qu’elle alla flotter jusqu aux Murailles du Cimetière, où elle monta de la hauteur d’un pied.

D’après le Dictionnaire de la Sarthe de J.R.Pesche :

" le deversoir du moulin de Guéchaussée, se trouvant un peu trop élevé, les eaux y forment de nouveau un vaste etang, qui repand l’insalubrité sur ce point, et fait apprécier combien un desséchement définitif serait utile à la contrée. Il existe d’ailleurs un gouffre, peu au-dessusde la chaussée, dont les eaux, bien dirigées, suffiraient pour faire tourner la roue par dessous, et rendraient inutile de les retenir à 3 à 4 mètres au-dessus de leur niveau, pour faire tourner par-dessus.

On peut juger encore, lors des grandes pluies, dit-il, combien ces marais devaient rendre difficile I’abord de la place de Saosne. M. Triger croit, qu’un gué a existé au milieu des marais en forme de voie, légèrement bombée, et construite en pierrotage fort solide.




Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé et annoté par Sylvain Grassin.

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1711    René  72260      Relation du Tremblement de Terre arrivé le 6. 8bre 1711.

Le Mardi Sixième Octobre, Mil Sept Cent Onze, sur les quinze heures du soir, le temps étant assés calme, l on sentit tout d un coup un tremblement de terre qui dura environ trois minutes, avec un fore grand bruit dans l air, ce qui étant fini, la terre recommença un demi quart d heure après de trembler, mais d’un mouvement plus fort et qui dura un peu plus long temps que la première fois, même le bruit que l on entendit dans l air pendant cette seconde secousse fut beaucoup plus grand.

Cet accident ne produisit point d autre effet que d avoir fait grand peur, et se fit sentir presque dans toute la province du Maine.



Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Sylvain Grassin.

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1711    Courceboeufs   72290      "un grand tremblement de terre qui épouvanta tout le monde."

Le 6 Octobre 1711, il fit un grand tremblement de terre qui épouvanta tout le monde.

Texte déposé par Louis Huet.
Source:
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 7

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1711    Arconnay  72610      Double tremblement de terre.

Le 6 octobre 1711, jour de la saint Bruno, sur les huit heures du soir, est arrivé en un quart d'heure un double tremblement de terre à Alençon et en cette paroisse et plusieurs autres, ne sachant pour le présent s'il s'est fait sentir plus loin. Le château d'Alençon et les maisons de la dite ville d'Arconnay en eurent de rudes secousses.
Nicolas Duval


A Neuvy-en-Champagne, Voivres et Yvres-le-Polin le même phénomène est signalé.



D'après un document lu dans la revue: L'intermédiaire des Chercheurs et Curieux
N° 615 Octobre 2003







1711    Neuvy en Champagne   72240      "sur les 8 à 9 heures arrivèrent deux tremblements de terre..."

- 6 Octobre 1711, sur les 8 à 9 heures du soir, arrivèrent deux tremblements de terre dans un quart d'heure de temps, sans qu'ils aient causé de désordres qu'un peu d'épouvante.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 22

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1711    Arconnay   72610      "les eaux...causèrent partout des pertes considérables."

" Cette présente année 1711, il tomba une si grande quantité de neiges sur la terre gelée que, venant à fondre dans un jour et demi, elles causèrent des débordements si furieux que de vie d'homme les eaux n'avaient été si grandes. Elles remplirent les maisons de ce bourg et elles vinrent jusqu'au portail de ce presbytère et passèrent par dessus le pont du petit moulin d'Alençon et causèrent partout des pertes considérables."

Source Arconnay (13 F 215 des A.D.de la Sarthe)
Texte déposé par Louis Huet.

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1711    René   72260      Innondation et tremblement de terre.

Février 1711: relation du débordement des eaux dans ce canton.
6 Octobre 1711: tremblement de terre dans la province du Maine.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 277

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1711    Ste-Jammes-sur-Sarthe   72380      Pendue pour ne pas avoir respecté l'Edit d'Henri II.

- 1711. Par suite d'une sentence de la cour suprême de Blois, qui condamne Françoise Olivier a être pendue et étranglée jusqu'à ce que mort s'en suive, pour être accouchée d'une fille sans avoir préalablement fait la déclaration de grossesse, suivant l'édit du Roi Henri II de Février 1556;..

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 11

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1711    Yvré-le-Polin   72330      "un tremblement de terre par deux fois de suite."

- le 6 Octobre 1711, le mardi,sur les huit heures du soir est arrivé un tremblement de terre par deux fois de suite.
Rouillard, vicaire.


Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 447

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1712    La Quinte   72550      Une histoire de trésor.

- 1712. Au commencement de cette année j'ai eu avis qu'il est décédé, à l'hopital du Mans, un maçon qui a déclaré qu'il avoit autrefois aidé à creuser une des murailles du presbitère de la Quinte dans laquelle ont cacha un pot rempli d'argent où étoient huit cents livres en or ou argent, sans avoir fait remarquer en quel endroit de la maison celà pouvoit être. J'ajoute que la muraille du devant a été rebatie de mon tems où il n'y a rien depuis 10 à 20 pieds sur la hauteur. Si jamais on démolit les murailles du dit presbitère on ferat réflexion à cecy.
(ceci a été ajouté par une autre main):
"le mur sur le jardin et l'entre-deux du vestibule et de la salle sont faits depuis mil sept cent soixante dix."



1713    La Quinte   72550      Des prières publiques pour que cessent les pluies.

- 1713. Cette année, au mois de Juin, le boisseau de bled a valu 4 livres, l'orge 3 livres, le froment 5 livres. Cet été les pluies aiant été importantes au mois d'Août, notre évesque a ordonné des prières publiques jusques au 1°Novembre et, incontinent le beau temps est revenu et la saison a passé agréablement jusqu'au mois de Décembre.



1714    La Quinte   72550      toutes les marchandises ont enchéry

- 1714.Au commencement de cette année le froment a valu 4 livres, le seigle 70 sols, l'orge 50 sols et généralement toutes les marchandises ont enchéry d'un quart ou d'un tiers.



1716    La Quinte   72550      des signes célestes qui nous avertissent, ,de grands évènements à venir.

- 1716. Le 7 Février les eaux ont débordé au Mans par la fonte des neiges et ont beaucoup incommodé la ville.L'eau est venue jusques à la ruelle de St Martin et rue St Pavin des Champs. Au mois de Février, l'impost exécrable étably sur les livres de batème depuis 1691,a été supprimé et aboly ainsi que nous l'a mandé M. le sindic du clergé. Cependant on avoit encore paié pour cette année dont la restitution n'est pas faite. Le 17 Mars, vers les 10 heures du soir, parut à nos yeux une grande clarté en forme de raions dans le ciel qui, partant de l'orient, couloit insensiblement par dessus nos têtes et alloit se terminer à l'occident, comme de 5 heures à 7 heures du soir, ce qui a duré environ une heure.On a veu en même tems une clarté fort lumineuse ,comme d'un soleil prêt à se lever,du côté du Nord. Ce sont des signes célestes qui nous avertissent, sans doute ,de quelques grands évènements à venir. Dieu veuille que ce soit pour sa gloire et notre salut. L'hyver dernier a continué ses rigueurs depuis le 20 Décembre jusques au mois de May, qu'on a fait des processions et prières publiques pour demander à Dieu une pluie nécessaire aux biens de la terre, qui périssoient par une longue sécheresse et froid très âpre pour la saison. Le bled renchérit de marché en marché; il est aujourdhuy 15 May à 17 sols le boisseau. Il a commencé à pleuvoir le 20 May. La sécheresse de cet été est telle, en Août, que les arbres en meurent. La vignes et les fruits sont tellement desséchés que,faute de pluie, ils tombent arides. Les bleds noirs périssent,les puits tarissent ainsy que les fonteines. La grave, au milieu de la rivière du Mans, paroit sèche et à découvert en sorte que personne vivant ne l'a vue aussy basse. En cette année a été créée une chambre de justice, pour examiner la conduite des maltôtiers dont il y en a plusieurs atteins de concussions et malversations qui sont menacés de rigueurs et supplices.



1717    La Quinte   72550      L'impôt du 1/10 denier a été aboly, au souhait de tout le peuple...

- 1717. Au mois de Février le quart de sel a diminué de 40 sols et à même tems les tailles, contrôles des notaires, papiers timbrés et autres impôts sur le vin ont diminué de même de 4 sols par livre. L'impôt du 1/10 denier a été aboly, au souhait de tout le peuple, en la fin de cette année.



1718    La Quinte   72550      a été publié l'édit nouveau des monoies...

- 1718. Le vendredy 3 Juin a été publié l'édit nouveau des monoies (La Banque Générale de Law déclarée Banque royale.)portant que l'écu vaut 6 livres, les vieux écus de 4 livres 10 sols et de 5 livres remis au prix de 6 livres et les sols marqués à 6 liars; les pièces de 30 deniers à 27.



1719    La Quinte   72550      Les ardeurs du soleil ont causé une grande sécheresse,...

- 1719. Dans ce mois de May a été une sécheresse d'une longueur en espace de tems de plus de 30 jours. Les ardeurs du soleil ont continué jusqu'à ce jour 6 Aoust qui ont causé une grande sécheresse, et jusqu'au 29. Les fruits du cimetière furent "apégés" à François Le Marchand le 27 Aoust pour 13 livres 5 sols qu'il paiera à M.Pelu procureur fabricien pour en faire raison à la fabrique.

Textes déposés par Louis Huet.
Source: registre original dans la commune

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1719    René  72260      Un autre grande sécheresse

La sécheresse a été si grande et de si longue durée pendant l'année 1719 quil y a longtemps quon nen a vû une pareille dans l'Europe ; elle a produit la stérilité des fruits de la terre dans plusieurs provinces et états de l'Europe : les chaleurs extraordinaires ont causé aussi de fréquentes maladies entravès des flux de sang, ou dissenteryes, des fièvres pourprensives, petites véroles, apoplexies, qui ont fait mourrir une infinité de gens tant dans les villes que la campagne.
Il est vrai que par un effet de la bonté de Dieu pour la paroisse de René et plusieurs autres de ce canton il tomba une pluye abondante dans le temps quon desesperroit de pouvoir semer les chaumes a cause de la secheresse ; laquelle disposa si bien de la terre que les chaumes vinrent en si grande abondance, et crurent à une telle hauteur quon ny avoit jamais vû de pareils : la pluie fit aussi tant de bien aux bleds, et surtout aux orges, que l'année fu abondante qu'on ne l'avoit vûe depuis longtemps.
La grange dixmeverse fut tout remplie, en sorte quon fut obligé de fermer les portes par dehors pour appuyer les gerbes qui seroient éboulées sans cela, et de les appuyer avec des piquets pour les tenir fermées.

Source: Registre paroissial.







1720    La Quinte   72550      Les conséquences de l'effondrement du système de Law.

- 1720. La monnoie, au jour de l'An, vaut le Louis 5 livres 8 sols aiant diminué de 4 sols en Décembre, d'autant Novembre, de même Octobre et doit continuer de mois en mois jusqu'au prix de 5 livres.On espère voir bientôt des écus de 8 livres; ce qui nuit beaucoup au commerce. Le 6 Février la monnoie est scavoir, les écus vieux à 7 livres 10 sols, les neufs et les écus aux batons à 6 livres 13 sols, les pièces de 20 sols restées à leur prix les pièces de 12 sols mises à 14 sols, on ne sait pour quel tems; ce qui cause bien des troubles dans le commerce. En Juillet la monnoie a changé deux fois de prix par diminution. Les pièces de 27 sols 6 deniers remises à 24 sols et ce 26 Juillet elles sont à 22 sols 6 deniers, les autres à proportion. Le bled seigle est en Avril à 50 sols le boisseau, l'avoine à 27, l'orge à 40, le froment à 3 livres. Ce qui surprend beaucoup le chanvre à 6 livres le poids de 13 livres. Les monnoies et recensement des billets sont en partie cause de cette chèreté. Il se fait tout les jours des rembousements de sommes excessives par billets.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: registre original dans la commune

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1721    Château du Loir   72500      Sentence pour un voleur de biens d'église.

Ce samedi premier février mil sept cent vingt un a été brulé un garçon âgé de 24 ans qui avet volé le saint auguste sacrement de l'hôtel avet les calices de la ville de Pralie, environ la saint Martin l'an 1720. Et pour les faits commis fut condamné d'avoir le poin droit coupé, faire amende honorable devant l'église Saint Guingalais (à Château du Loir) la torche à la main, et après conduit au champ de foire pour estre attaché à un poteau avé une chemise soufrée, estre brûlé tout vif et les cendres getées au vent.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Registres de Nogent-sur-Loir

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1722    Lombron   72450      "un tueur de femmes en série"

Hoc anno 1722 die 2a februarii henricus menonius comes
En cette année 1722, le 22 février Henry Menon de
Turbillius et per suum feudum brestoeum Lombronii Patronus aut
Turbilly, et par son fief de Brestau patron de Lombron, ou
ut aïunt superior Baminus Procurante Domicella ab amne
comme on dit (maitre par procuration) à cause de la jeune maîtresse des lieux,
tertia uxore sua per apparittores aut milites grassatoribus arcendis
sa troisième femme, éloignée de force de ses affaires par ses serviteurs et ses gens d'armes
occupates e suo castello Chevenensi in parochia de Tuffaïo duches
en son château de Chevenon paroisse de Tuffé, a été conduit
est in carcerem Parisinum nomine Bastillam ob suspiciones
en prison au château parisien nommé la Bastille soupçonné
veneni ab eo propinati matri sua duabusque prioribus conjugibus
d'avoir empoisonné sa propre mère, ses deuxième et première épouses
aliis que ettenti in dictam 3am uxorem duas que ex ea filias
et en outre d'avoir tenté la même chose sur sa 3e femme(et sur ses filles
forte ut aliquem ex nova conjuga Relinqueret masculum nominis
.......) comme provenant d'un nouveau mariage, craignant pour la survie de son
propagatorem et bonorum haeredem in eo que carcere est detentus
nom et pour l'héritage de ses biens, et pour cela emprisonné
per 10 circiter menses inde post logam quaestionem enitentibus
depuis environ 10 mois pour un long interrogatoire ..................
cognatis affinibus et amicis nullo aut suppresso judicio solâ Regis
sur ses parents, parents par alliance et amis, non par arrêt judiciaire mais sous la seule
authoritate relegatis est in castellum Salmuriensa propre Andegavos
autorité royale, et détenu au château de Saumur près d'Angers.
Hinc post aliquot annos sine strepitu sine scandalo translatus in
Et ainsi, de ci de là, pendant quelques années, il fut transféré sans bruit ni scandale
diversa successiva monasteria tandem obtinuit facultatem proprios
d'un monastère à l'autre (en espérant l'amener à un repentir sincère
laves repentendi sine exilii indulgencia denique post duos tresure
....................) sans la douceur de l'exil. Il y a dix ans après 2 ou 3
circiter a qualicunque libertate recuperata mortuus est
années environ, il fut mis en liberté surveillée
mense julio anni 1712 in castello Genevi sui optimi et nobilissimi
au mois de juillet 1712 au château de Genève?. Son meilleur et plus noble
viri domini de Monteclaro 6 circiter aut septem hebdomadibus post
homme (ami?gendre?) le seigneur de Monteclair, environ six ou sept semaines après
mortem sua unica ex 1a uxore filia quae virtualibus longo magis
la mort de son unique fille (de son premier mariage), élucida ..................
qu'am Genevis nobilitate claruit
........................................
Si lasons, sou-vius; si sons, clementius actum est
S' il est étranger, sévis; si c'est un proche, la clémence est de mise
dicitur pater ejus similiter abductus sed non amplius apparuisse
proclamait son père (qui acceptait la séparation mais qui voulait sauvegarder les apparences?).


Texte déposé par Jean-Pierre Bréard.
Source: AD 72 Lombron registre1720-1729 vue 53

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1723    Dangeul   72260      "l'année a été la plus sèche qu'homme ait jamais vu..."

Il faut remarquer que cette année 1723 a été la plus sèche qu'homme ait jamais vu puisqu'il n'a point plu pendant six mois.Le blé méteil valait mesure de René,de 6 à 7 livres.
Me Ovide Bérault,curé


Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 264

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1723    Canton de château du Loir   72500      Grande sécheresse de mars jusqu’après La Toussaint

L’année de 1723 a été si sèche que de mémoire d’homme on en a point vu une semblable. Il n’a point tombé d’eau depuis le mois de mars jusqu’après la toussaint. Encore aujourd’hui la terre est plus sèche qu’elle ne l’est ordinairement au mois d’août. Il n’y a point eu de menus grains, ni foin. Le beurre vaut 14 à 15 soles la livre, le blé triple 4 livres le boisseau, le vin dont il n’y a pas eu abondance et qui est excellent vaut 89#, Le blé semé n’a pas levé que dans la raie des sillons. Depuis les pluies qui sont venues il commence à lever. L’hiver continu à être sec et peu froid.

Source: peut être paroisse de Lavenay
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1725    Le Tronchet   72170      Pendant un an il est "tombé de leau tous les jours..."

Il est à remarquer que pendant l'année 1725, depuis le 10 Avvril jusqu'au 14 du même mois de l'année suivante, il est tombé de l'eau tous les jours, à l'exception de 8 jours après la St Jean-Baptiste. Ce qui a causé un très grand dommage sur les blés, orges et avoines, etc.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 160

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1725    Oiseau-le-Petit   72610      "Dans cette présente année il a fait un temps très mauvais..."

- 1725 " Dans cette présente année il a fait un temps très mauvais par la continuité des pluies abondantes en sorte qu'on désespérait tirer les grains des champs. Il y en a eu beaucoup de gâtés. Le pain a valu la livre jusqu'à 5 sols, et dans la petite ville d'Alençon le public souffrit beaucoup "

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 301

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1725-1726    Le Tronchet  72260      Une année désastreuse .

Il est à remarquer que pendant la présente année depuis le dix d’Avril jusques au quatorze de l’année suivante il â tombé de l’eau tous les jours …… huit jours après la fête de St Jean Batiste ce qui â causé un très grand dommage sus les bleds orges et avoines et empesché la vendange de meurir quoyque la préparation en fut assez belle en apparence. Les vendanges ont été faittes cette année que après la fête de tous les Saints. Les plus gros grains des Raisins étoient gros comme des poids …, on n’a fait aucun profit des vins qui en sont produits.

Dieu nous veille conserver d’influences semblables

Texte extrait du registre du Tronchet (Sarthe 72) entre les actes du 21/11/1725 et ceux du 23/3/1726.
Texte déposé par Sylvain Grassin.

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1726    René  72260      Phénomène céleste.

Il parut dans cette année 1726 un phénomène assez surprenant. Ce fut un Samedi, 26 du mois d’Octobre, troisième jour de la lune, sur les neuf heures du soir ; le jour avoit été assez serein, et la nuit étoit fort calme. L’on vit tout d’un coup paroitre dans le Ciel une lumière qui surprit, le Ciel parut tout en feu et l’on voyait partout comme des Bouillons de feu s’élever de l’horizon jusques au Zénith ou Centre du Ciel avec une impétuosité surprenante, le mouvement étoit cependant plus grand depuis l’Est jusqu au Sud, et les tourbillons de matière enflammée se succédoient les uns aux autres avec tant de rapidité qu’on en étoit surpris; des autres côtés les mouvemens étoient moindres. On voïoit entre l’Ouest et le Nord une grande bande large et toute rouge qui paraissoit sans mouvement et s’étendoit depuis l’horizon jusquau Zénith. Ce spectacle dura pendant une heure et demie, et ne finit que entre dix et onze heures. quelques personnes crurent s’être aperçus que la Matière ethérée ainsi enflammée rendoit une odeur désagréable, mais l’air étoit si agité quoi qu’il ne fit point de vent qu’on en sentoit aisément l’impression, et que ceux qui avoient le sentiment des membranes du cerveau tant soit peu vifs s’en trouvèrent incommodés.

pendant que cette merveille dura, on voyoit clair presque comme en plein jour, et tout se passa sans qu’on entendit dans l’air aucun bruit ni qu’il parut dans le Ciel aucune figure que celle des lames de feu qui s’élevoient,

si tôt que le phénomène eut disparu le Ciel redevint calme, les Etoilles parurent et tout se trouva dans le même état qu’auparavant.

On aurait vu la même chose le matin de ce même jour quelque temps avant que le jour parut, mais le phénomène n’avoit pas duré si longtemps.

Nota : La description de ce phénomène est tout à fait conforme aux descriptions d’Aurores Boréales que l’on trouve dans les livres du siècle dernier. Ces aurores peuvent être visibles sous nos latitudes, quoique moins fréquemment. Elisée Reclus mentionne dans son encyclopédie " La Terre " tome II pages 446 et 447 qu " en 1697, les aurores étaient peu nombreuses, mais elles augmentèrent par degrés jusqu’en 1728, pour diminuer ensuite. " Une figure indique les mois les plus propices à leur observation : Octobre, Mars, Septembre ... "



Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Sylvain Grassin.

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Pour information: d'autres annotations dans les BMS du Loir-et-Cher, du Loiret, de la Haute-Marne, de la Haute-Saône et de la Saône-et-loire relatent ce phénomène Vous pouvez prendre connaissance de ces textes dans les départements concernés. 41      45      52      70      71      89     



1726    La Quinte   72550      le ciel a paru tout en feu étant rempli de flammes...

- 1726. Le 19 Octobre de cette année après 7 heures du soir jusqu'au lendemain vers les 3,4 heures, le ciel a paru tout en feu étant rempli de flammes qui,partant de tous côtés venoient aboutir à un centre vide peu étendu; lesquelles étoient d'un rouge vif extrêmement agitées et plus fortes entre le septentrion et l'occident. Ce qui a causé de grandes alarmes dans la ville du Mans et dans la campagne

Voir également le document ci-dessus témoignant et expliquant ce phénomène.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: registre original dans la commune

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1727    St-Germain-d'Arcé   72500      "une grêle d'une grosseur extraordinaire..."

- 1727. dans la nuit du 17 au 18 Juin,une grêle d'une grosseur extraordinaire détruisit une partie des récoltes de la paroisse.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 385

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1728    Oiseau-le-Petit   72610      "il a fait un froid si rude et de durée si longue..."

- 1728 Dans le commencement de cette année, il a fait un froid si rude et de durée si longue qu'on croit qu'il était plus grand que celui qui arriva en l'année qu'on appelle le grand hiver, les oiseaux moururent ainsi que le gibier.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 301

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1729    René  72260      Hiver 1729.

L’année 1729 est remarquable par un hiver qui fut rude et si long que de mémoire d’homme on n’en avoit point vu de pareil. Le froid ne fut pas pourtant aussi grand qu’il auraoit été dans l’année 1709, mais il fut beaucoup plus long; les gelées commencèrent dès la moitié du mois de Décembre et continuèrent presque sans intermission jusques à la fin du mois de Mars;

le froid fut plus violent pendant le mois de Janvier, et ce qui conserva les biens de la Terre cest que heureusement pendant les plus grands froids elle fut toujours couverte de neige.

Le Mercredi 19 Janvier fut le jour que le froid fut plus vif et plus pénétrant et ce jour la liqueur qui est dans le thermomètre dessendit jusqu’a trois degrés près de la Boule;

il continua pendant tout le reste du mois et tout Février, mais avec quelque modération quoi qu’il gelât tous les jours sans discontinuer jusqu’à la fin du mois de Mars;

cet hiver fut funeste à un grand nombre de personnes dont les Poitrines furent attaquées de Rhumes et autres fluctions, dont il en mourut plusieurs ....

L’Esté suivant fut chaud et la sécheresse si longue que les biens de la Terre en souffrirent beaucoup.



Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Sylvain Grassin.

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1738    St-Cosmes-En-Vairais  72580     Remarques curieuses à la prospérité.

Le Seigneur a affligé son peuple pour ses peches par la disette des grains de la recolte 1738 causée par les eaux continuelles qui empecherent de les semer dans les deux saisons de la Toussaint et de mars suivant.
De sorte que la moitié presque des paroisses mendiaient leur pain des le mois de décembre.
Mr l'Evesque du Mans, Mr les officiers de justice et de ville, toutes les communeautées, le tous ensemble firent acheter et venir dans ladite ville pour plus de cent mille livres de toutes sortes de grains étrangers qui fut vendu avec beaucoup de metode et de reigle ce qui fit qu'au marcher des villes les grains ne furent pas a uns si haut prix.
Cependant au marché de St Cosme il avalu onze et douze franc le beau bled froment les autres grains a proportion.
Il y eu une déclaration du Roy portans defense a tous pauvres de satrouper sous de grandes peines corporelles.
L'hiver suivant eu un commencement assé propre pour ensemenser les bldes, le mois de Décembre très pluvieux, une gelée aussi rude que le grand hiver 1709 commença le 6e janvier 1740 et dura jusqu'au 14e mars suivant sans interruption. Elle causa la perte de touttes les légumes generallement, ce qui engagea plusieurs evesques entr'autres Mr Dumans de permettre par son mandement du deux de mars l'usage de la viande une fois par jour les quatres premieres grandes semaines du Carême les dimanches lundys mardy et jeudy.
La récolte des gros grains de la mme année n'a été dans cete provinces que la moitié et meme le tiers de lordinaire. Des orges qu'on sema dans la saison en abondance on en a receuilli presque la moitié plus que lordinaire, la Beauce, la Normandie, la Picardie, la Champagne, la Brie, la flandre, et tous les royaumes de l'Europe ont souffert une disette entière, tant par rapport à la récolte des grains qui netoit que le tiers et meme le quart de lordinaire, laquelle fut encore interompue et gachee par les pluyes frquentes dans le mois d'aoust et septembre ce qui a obligé le Conseil Royal de permettre a tous les perlemens de rendre des arrests pour la subsistance des pauvres.

Source: Registre paroissial.
Journal d'information du Cercle de Généalogie et d'Histoire du Crédit Lyonnais Novembre-Décembre 2000 N°33







1738    Dangeul   72260      Observations pour 1738 et 1739, années misérables.

Observations sur l'année 1738:

Cette année les pluies continuelles ont empêché plusieurs personnes de semer au mois d'Octobre 1737,et des chaleurs excessives qui sont venues au mois de Juillet ont tellement serré le grain dans l'épi qu'il n'y a presque rien et le blé vaut,au 30 Décembre 1738,8 livres mesure de René,et vaudrait davantage sans la sage précaution des habitants du Mans qui ont fait venir pour 50000 écus de blé de Basse Bretagne et d'Ecosse.

Observations pour 1739:

Cette année a été la plus misérable que homme vivant actuellement ait jamais vue. Le méteil, mesure de René, a valu 10 livres, l'orge 8 livres. Il venait communément par jour à ma porte, aux mois de Mai et Juin, 200 pauvres etc.
Bérault.


Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 264

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1738-39    Neuville sur Sarthe   72190      "Disette"

-1738,1739. Disette

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 68

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1739    écorpain   72120      "Les hommes de ce temps qui étoient âgés disoient..."

- 1739. Les hommes de ce temps qui étoient âgés disoient n'avoir jamais vu un hiver où le froid et les glaces eussent duré si longtemps sans interruption

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 509

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1739    Fyé   72490      "le triste résultat que Dieu ..mit sous les yeux du peuple,en punition de ses crimes,..."

L'an de Notre Seigneur 1739, le 25 Juin vers midi, pendant un quart d'heure environ, une grêle affreuse, accompagnée d'un vent extrêmement impétueux, tomba sur tout le territoire de cette paroisse, abattit et ravagea les fruits et les moissons; ensuite le fléau d'une année de famine fut le triste résultat que Dieu, ce juste juge, mit sous les yeux du peuple affamé, en punition de ses crimes, à la plus grande gloire de Dieu et à la satisfaction du peuple repentant.
- 9 Février 1740. Inhumation dans la chapelle Ste Marguerite, de Jean Chambé, "attendu la rigueur du froid qui ne permettait pas de creuser une fosse dans le cimetière"

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 297

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1739    Vallon   72540      "un loup enragé dévora 70 personnes et plus de 2000 animaux..."

Cette présente année a été bien fâcheuse au public. Le 23 avril de la susdite année un loup enragé paru dans ce pays qui, en 24 heures, parcouru huit paroisses adjacentes de coins en coins, et dévora (mordit ?) environ soixante dix personnes dont plus de cinquante sont mortes et de sa morsure ou de rage peu de temps après, et plus de deux mille ( ? ) animaux de toutes espèces sans qu'on ait presque pas pu en sauver aucun.
Cette même année a été encore plus fâcheuse par une disette presque universelle et presque de toutes choses. Les fruits vins et denrées et surtout les bleds orges froments qui étoient d'une rareté à mettre la vie des hommes de France en danger sans le secours des bleds étrangers qui n'ont fait cependant que faire languir la vie des hommes pendant dix huit mois ; de manière que, (durant) le dit temps, le froment n'a point été au-dessous de six francs le boisseau, mesure de Vallon faisant cinquante six livres, et est allé jusqu'à neuf francs. On peut l'avoir vu plus cher mais jamais si longtemps, ce qui a fait jeûner la plupart des pauvres dont le nombre se montait, dans cette paroisse seule, à près de trois cents et ainsi des autres paroisses à peu près. Afin que la postérité apprenne à se soumettre, également à recevoir les châtiments de Dieu si elle l'irrite par ses pêchés, à les recevoir dis-je avec soumission pour éviter les châtiments éternels auxquels on s'expose si librement, et à si bon marché, par un fatal aveuglement dont nous éprouvons dès aujourd'hui les malheureux sorts puisque l'iniquité est montée à son comble, je prie ceux qui liront ce récit, se confesse de tout leur cœur au seigneur et prient pour le repos de leur âme.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 65

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1739-40    Malicorne   72270      Deux années très difficiles.

-1739. La présente année a été stérile, particulièrement dans cette province du Maine, ce qui a causé une cherté axtraordinaire des blés,...IL y a eu aussi la mortalité sur les hommes et les bestiaux en plusieurs endroits.

- 1740 Cette année a été des plus dures; les gelées ont commencé dès le 15 Octobre 1739; elles ont été suivies de pluies continuelles, etc. Elles ont causé jusqu'à 7 inondations, surtout une qui a monté plus de 16 pieds au dessus du lit ordinaire de la rivière, ce qui a perdu tous les blés des vallées et causé des ravages infinis.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 405

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1740    Nauvay   72260      "les eaux ont débordé extraordinairement, plus qu'on avait vu depuis 30 ans...."

Il n'y a presque point eu de vin en 1740, le peu qu'il y a eu n'a rien valu; les raisins ont été gelé en Octobre et ils n'ont point été vendangés, principalement dans les Vaunoises, on n'y est pas seulement été voir. Il a été assez de menus, mais fort peu de froment; au mois de Septembre il a plu pendant 4 semaines, les eaux ont débordé extraordinairement, plus qu'on avait vu depuis 30 ans.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 273

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1740    Neuville sur Sarthe   72190      "L'hiver fut très rude et très long."

-1740. L'hiver fut très rude et très long. Une inondation qui eut lieu dura 6 semaines; les moulins ne tournaient plus, etc.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 68

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1740    Ste-Sabine   72380      "une disette très grande, causée par le débordement des eaux..."

- 1740. Dans la présente année, il y a eu une disette très grande, causée par le débordement des eaux qui ont monté à une superficie extraordinaire, qui ont ravagé les ensemencés et qui ont emporté sur les rivières plusieurs moulins, surtout le moulin aux Moines, proche la Chapelle St Aubin et deux moulins à tan dans le port de St Benoit; et le postillon de Paris au Mans et son cheval qui se noyèrent au pont de l'Huisne.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 24

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1741    Savigné l'évêque   72460      Sécheresse, gel et innondations.

1741. La sécheresse a été si grande après les inondations que 6 mois se sont écoulés sans pluie, de sorte que les légumes ont péri totalement. Le 1er Mai les vignes et les pommiers ont été gelés. La même année est arrivé une crue d'eau telle qu'elle n'a point été depuis un siècle, puisque les moulins ont été un mois sans travailler.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 87

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1739-1746    Notre-Dame de Torcé   72110      disettes et abondance.

-1739. Année malheureuse par la cherté des vivres; distribution de riz aux pauvres.
-1740. Froid rigoureux du 1er Janvier au 15 Mars; pluies abondantes; vignes gelées.
-1741 et 1742 grandes sécheresses.
-1746. Année d'abondance.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 119

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1744    St-Jean-du-Bois   72430      "Ce pauvre enfant a été pris par un loup..."

- 20 Juillet 1744 inhumation de Jacques Chevalier décédé d'hier aux Vallées, âgé de 3 ans. Ce pauvre enfant a été pris par un loup à 10 pieds de la principale entrée de sa maison, et dévoré dans le taillis de la cure, proche la vigne. J'ai eu le chagrin de le voir dans cet état et encore en vie.
M.Dufay curé.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 404

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1744    La Chapelle-aux- Choux   72800      "le tonnerre a tombé en feu sur le clocher de nostre église paroissiale..."

La nuit entre le premier jour d'août et le second jour dudit mois l'an mil sept cent quarante quatre, le tonnerre a tombé en feu sur le clocher de nostre église paroissiale de La Chapelle aux Choux et l'a bruslé et aussy la neffe de nostre dicte église et aussy bruslé presque tout qu'il étoit ; ; ; de combustible dans le choeur de nostre dicte église, endommagé la vouste du choeur de la dicte église et fait fondre presque tout le métail des cloches.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Revue "Le Bordager" Relevé en mairie.

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1745    Château du Loir   72500      La relation entre la dysenterie et l'impôt !!!

Il y a eu dans cette présente année quarante cinq enfants baptisez, cinq mariages vingt deux sépultures d’adultes, quarante sépultures d’enfants.
Total de la taille de l’élection du château du Loir pour l’année 1746 deux cens trente mille cent quatre vingt livres cinq sols trois deniers
Total de la taille de cette paroisse pour l’année deux mille cinquante livres. il y a eu 100 livres de gratification attendu la maladie de la dissenterie dont la paroisse a été affligée, obtenuë de Ma dame de giffre ville dame de B ???? en conséquence de la disenterie ? la coutume de dire tous les 1er vendredi de chaque mois, la messe en l’honneur de Saint Sébastien, précédée d’un himne ; pendant le temps de la dite maladie, & il se faisoit une procession. le tout l’on commencée avec beaucoup de ferveur.

Texte déposé par Lucette Bardet.

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1746    Beaumont pied de Bœuf   72500      les gens de la campagne se sont soulevés contre les dîmes.

consultation et desision de messieurs les docteurs de la faculté de théologie de paris

Dans la plus grande partie du diocése du Mans la dixme s'est payée à l'onzième partie de temps immémorial. Depuis quatre ou cinq ans, les gens de la campagne se sont soulevés contre ce droit, et ne veulent plus paier la dixme qu'à la treizième partie, d'autres à la quinzième, dautres disent que la dixme est une charité; en sorte que la dixme devient un droit arbitraire, ou plus-tost elle s'anéantit totalement. Plusieurs curés qui n'aiment point les procès ni l'embarras, se content de ce qu'on leur donne, sans faire aucune démarche pour s'opposer à l'innovation. D'autres regardent comme un principe certain et evident, que la dixme est dûë en conscience suivant l'usage du païs où on se trouve, refusent l'absolution à ceux qui ne veulent pas promettre de païer la dixme à l'onzième, suivant l'usage du païs, et de restituer le tort qu'ils ont fait par le passé.
A l'occasion de ces troubles on demande
1° Si les gens de la campagne sont obligés en conscience de païer la dixme à l'onzième partie, suivant l'usage immémorable, qui n'à été changé que depuis quatre ou cinq ans par des voies de fait.
2° Si l'on doit differer l'absolution à ceux qui refusent de païer la dixme à l'onzième et restituer le tort qu'ils ont fait par le passé jusqu'à ce qu'ils soient dans la disposition de satisfaire.
3° Si les curés qui se contentent de ce qu'on le(ur) donne, scachant bien qu'on ne païe pas la dixme selon l'usage sont en seureté de conscience, et sils ne sont pas obligé au moins de rendre leur plainte, et de faire des protestations pour conserver le droit de leur bénéfice, et de leurs successeur. C'est sur quoi on prie messieurs les docteurs de sorbonne de vouloir bien donner leur décision.

Le conseil soussigné répond

1° que les gens de la campagne sont obligés en conscience de païer la dixme : c'est un acte de justice considéré par rapport à la subsistance qui est dûë, et qu'on doit fournir au ministre de l'église quand à la qualité et la quantité, ils sont tenus de se conformer aux anciens usages du païs: puis donc que dans les lieux dont il s'agit dans l'exposé l'usage immémorial est de païer la dixme à l'onzième partie; les habitants sont obligés de le suivre dans la pratique. C'est pour quoi l'ordonnance de Blois article 50 dit formellement que les dixmes se lèveront selon les coutumes des lieux et la cotte accoutumée en iceux.
2° on doit différer l'absolution à ceux qui refusent de païer la dixme à l'onzième et de restituer le tort qu'ils ont fait par le passé, jusqu' à ce qu'ils soient dans la disposition de satisfaire. La raison est que les curès etant en droit d'exiger l'onzième non seulement dans le fort exterieur, mais en celui de la conscience, eu egard à l'usage des lieux où sont situés leurs bénéfices, on ne peut refuser de leur païer ce droit, sans commettre envers eux une injustice véritable. C'est pourquoi ceux qui en sont coupables sont tenus de réparer le tort qu'ils ont fait et d'être dans la disposition sincère de ne plus retomber dans la même faute autrement ils sont indignes de participer aux sacrements.
3° Les curès qui scavent qu'on ne leur païe pas la dixme suivant l'usage du païs ou ils sont, et qui se contentent de ce qu'on leur donne, ne sont pas en seureté de conscience car leur conduite pourroit un jour donner lieu a la prescription pour la quotité or ils ne peuvent en conscience donner lieu à une telle prescription, puisqu'en le faisant ils porteraient un grand préjudice à leurs successeurs. Le droit de lever une certaine quantité de dixme n'ap partient pas à leur seule personne mais à l'église et par conséquent aux cures qui doivent leur succéder et dont ils ont obligation de conserver les doits, comme les leurs propres. C'est une charge qu'ils ont contractée en acceptant leur bénéfice. ils doivent donc faire les démarches necessaires pour conserver la quotité de leurs dixmes contre (ceux) qui veulent y donner atteinte aussi s'ils ne peuvent réussir par les voies de ???? qu'ils doivent d'abord emploïer, ou par celles que leur ministère leur fournit se (doivent) avoir recours aux voies juridiques (prévues)en pareil cas.
Délibéré en Sorbonne ce vingt trois octobre mile sept cent trente six.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, pages 245
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1747    Courtillers   72300      "Une mortalité considérable sur les bestiaux"

- 1747.Il y a eu une mortalité considérable sur les bestiaux, par dyssenterie, dans les paroisses voisines.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 460

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1748    Sablé   72300      "cette année, une maladie contagieuse sur les bêtes à cornes,..."

- 1748.En cette année, a régné dans cette province, et surtout dans ce pays, une maladie contagieuse sur les bêtes à cornes seulement. Cette maladie avait commencé à régner auparavant dans plusieurs provinces de France et même en dehors du royaume. A Juigné, seul,il a péri jusqu'à 800 bestiaux. etc

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 469

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1750-1751    St-Cosmes-En-Vairais  72580     Observations.

La recolte de 1750 fut abondante plus encore en paille qu'en grain de toutes espece, les eaux tombées au tems de la St Jean ayant fait couler les gros grains en fleur.
Les pluyës presque continuelles depuis le 24 fevrier 1751 jusqu'au 29è sans qu'on ait pu ensemancer la sixieme partie des mars, et depuis cette derniere datte et que beaucoup d'interruptions surtout au tems de la St Jean.
La recolte de 1751 outre quelle n'a commence a ouvrer qu'a la St Leurent et souvent interrompue par les pluyes abondantes n'a pas été la moitié de l'année dernière tant pour les gros grains, qui l'un dans l'autre ne rendent pas demi boisseau, que pour les menuës grains dont la recolte n'a fini que le 17 de novembre pour les difficultés de murir, ce qui a fait augmenter le froment de Belleme jusqu'a 9 tt.10 le meteil 8 tt 10 la mouture 7 ttt/
les vendanges n'ont produit aucun bon vin en quelque canton que ce soit, les chanvres n'ont rien vallu et en petites quantité, le prix de 9 a 10 tt et meme 11t a duré jusqu'apres le recolte suivante pour le froment et a proportion des autres grains.

Source: Registre paroissial.
Journal d'information du Cercle de Généalogie et d'Histoire du Crédit Lyonnais Novembre-Décembre 2000 N°33





1750    Beaumont Pied de bœuf   72500      Diminution de taille.

La paroisse a été taxée pour l’année 1750 à la somme de deux mille cent soixante et dix livres pour sa cotte part de la taille.
Sera demoins imposée sur la taille, la somme de cent vingt livres de diminution accordée à cause des corvées faites pour les chemins royaux que l’on a commencé à paver en l’année 1732 et que l’on continue jusqu'à leur perfection en conséquence des ordres de sa majesté Loüis quinze dit le bien-aimé. Même chose s’est pratiqué sur les grandes routes dans le royaume entreprise digne d’un grand Roy.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe.
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1750    Moncé en Belin  72230      Ah ces curés! Quels déconneurs!

Le Lardeux, prêtre du lieu, nous apprend à nous méfier des inscriptions sur les registres. Ainsi, à la fin de l'année 1750, alors qu'il avait pris possession de la cure en Août, on découvre l'inscription suivante en provenance de l'Evêché:

"Approuvé les six feuillets ajoutés au présent registre, lesquels ne sont de nous (ni) cottés ni paraphés sont néamoins (à éviter) pour l'avenir et sauf à nous pourvoir contre le sieur Curé de Moncé en Blin pour avoir contrevenu à l'ordonnance ainsy que nous aviserons.
Au Mans ce six fevrier 1751. Signé: Chevaudin de Larozelle"

Avouez qu'il n'y aurait rien de bien comique dans cette remontrance si on ne découvrait, écrit de la main du curé, juste en dessous:

"L'observation de Mr de la Roselle cy dessus quoique dans l'ordre est en fait pour rire avec moy qui suis son ami, élevé dans le Requiem avec lui à Neuvillalais, où il était avec Mr de Bordigne son frère, avec cher Mr de Champion curé du dit Neuvillalais ainsi que les Mrs les (illisible). Signé: Le Lardeux Curé de Moncé en Belin".

Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Francois Hureau.

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1753    Thoiré-sur-Dinan   72500      Attaquée par un loup pendant le procession.

Le corps de Marie Verité agée de huit ans décédée d'hier a été inhumé en le cymetière de cette paroisse par nous prestre vicaire dicelle soussigné le trante may mil sept cent cinquante trois.

en marge

elle fust attaquée le 29 may du loup carnassier ou cervier au bas du bourg a la teste de la procession des rogations elle fust secourue par ceux qui y assistoient a 8 heures et demie et mourut a 2 heures après midy


Texte déposé par Lucette Bardet.

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En 1750 des loups enragés sévissent à Connérré et dans les paroisses voisines. Le subdélégué de Château du Loir en informe l’intendant le 3 octobre. Paysans courageux et équipage de louveterie les chassent. 130 loups et 200 louveteaux sont ainsi abattus de 1750 à1757 mais le danger demeure Le dernier loup sarthois ne sera abattu en forêt de Perseigne qu’en 1896.
Extrait de La Sarthe des origines à nos jours.






1753    Le Mans   72000      Père indigne.

L'an 1753, le 22 août sur les 10 heures du matin a été enterré au grand cimetière, Christophe BEKMANS âgé de 3 ans 10 mois pesant 140 livres haut de trois pieds quatre pouces, fils de Henry BEKMANS et de feue GORDIECIT ( en français Antoinette FELTHEIS ) de la ville d'Amsterdam en Hollande et voyageant en France pour faire voir au public le dit enfant mort d'hier sur les 4 heures du soir d'une indigestion.
Ont été présents : Michel HACHARD et Anthoine BOURGAS qui ont signé avec nous.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Le MANS - Paroisse de La COUTURE 2E 191/13

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1758    Crisse   72140      Contrat d'apprentissage d'un tisserand.

Aujourd'hui douzième jour de février 1758 après midy. Devant nous Marin Louis JARDIN, notaire royal au Maine en la résidence de la paroisse de Crissé y demeurant soussigné, furent présents Etienne DAGONEAU , tisseran, et Pierre MARTIN garçon serviteur domestique demeurant dite paroisse de Crissé d'une et d'autre part; lesquels a été fait ce qui en suit. Scavoir que le dit DAGONEAU, ayant été prié et requis par le dit MARTIN, a promis et s'est obligé de luy montrer et enseigner bien fidèlement son métier de tisseran, luy fournir d'outils nécessaires pour le métier, le nourrir, blanchir, chauffer et loger pendant le temps de son apprentissage.
Et en conséquence le dit MARTIN a promis et s'est obligé travailler soigneusement de son possible, faire tout ce que le dit DAGONEAU luy commandera et suivre exactement son exemple pendant son dit temps d'apprentissage ; lequel commencera au quinzième jour du présent mois, pendant le temps d'un an qui finira à pareil jour. Et montre le dit DAGONEAU luy a présentement, au veue de nous notaire et témoins cy-après, payé et délivré la somme de six livres et luy promet encore, une culotte, une paire de guestres de grosse toile, toutefois et quantes, le nourrir, bien neuf un tailleur pendant deux jours qui travaillera pour le dit MARTIN sans en rien prétendre. Et le dit MARTIN s'oblige aussy, si le dit DAGONEAU le juge à propos, travailler pendant, pour luy donner aide à faire sa maison.
Dont, et de ce que dessus, nous avons jugé les parties de leur consentement après lecture faite. Fait et arrêté en notre étude en présence de François VEAU et François HULOT, eux demeurant paroisse de Crissé, témoins requis et appelés. Les dites parties ont déclaré ne savoir signer.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: 4 E 28/192

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1762    Bourg le Roi   72490      un froid excessif

L'année 1762 un froid excessif commença le premier dimanche de l'avent et dura sans discontinuer deux mois justes.

Texte déposé par Louis Huet.

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1762    Nogent-le-Bernard  72580     "cette année a esté dans ce païs cy fort sterile..."

année 1762

Cette année a esté très mouillée dans son commencement. Il ny a point eu de gelée, L'on avoit eu beaucoup de peinne a semer, et il est resté beaucoup de terre a semer, les pluies commencerent a la mi Aoust de l'année 1761, et n'ont fini en cette année qu'au mois d'avril. L'on a bien eu de la peinne aussy a semer les orges et les avoines, les guerets n'ayant point esté fais et que d'ailleurs la secheresse depuis Avril a continuée jusqu'au commencement de Aoust. De sorte que lon n'a pu aussy semer les chanvres quelques uns en ont semmé vers la St Pierre, ayant fait une pluye de peu de temps et qui n'estoit pas suffisante au premier de Aoust que la pluye tomba l'on sema les autres chanvres, qui estoient encore au moins au trois quarts et demy a fevrier, il est venu très viste le mois de Aoust et de 7bre ayant esté fort tendre, mais les gelées ont prie au commencement d'8bre qui ont tout gasté, sans quoy il en auroit esté j'en eu pour ma dîme 800 livres il n'estoist pas bon les premiers chanvres semé n'ont produit que de la grene en grande quantité. La grene des derniers ne valoit rien. cette année a esté dans ce païs cy fort sterile a l'exception de fruit. Le bled froment avalu a la St Martin de cette année jusqu'à 5 ct c'est le plus cher

L'orge trois livres huit sols; et scil ne fust pas venu du bled de la Beauce qui estoit très belle la misere auroit esté encore bien plus grande. Le froid a pris des la St Martin et n'a point cessé jusqu'à La Chandeleur de 1763. Les pauvres estoient en aussy grande abondance que lorsque le bled valoit 8 et 10 tt au recit des enciens et cela parce que l'on ne trouvoit point de travail et que le chanvre avoit manqué.

Jarret de la Mairie

J'ay soussigné fait bastir en cette année le presbitere depuis le vestibule exclusivement jusqu'au fourni et la cuisine inclusivement, il n'a point du tout tombé d'eau pendant que j'ay fait bastir. La ou est la cuisine c'estoit autre fois l'écurie qui avancoit jusqu'à la croisée du cabinet du millieu. La maison nestoit suportée que sur des etaches les trois quarts pouris il s'est trouvé une cave dans lemplacement de la cuisine ce qui fait que les fondement du pignon ou est le four sont prés de 15 pieds de profondeur l'on y trouve de l'eau. Les pierres de tailles m'ont cousté vendu a quatorze sols le pieds prises a marcilly la grosse bricque 27tt le millier. La petite bricque 14 tt la chau 7 tt lapipe le tout vendu le pavé du four qui est epais de 3 pouces 10 tt le cent. La tuille 13 tt le millier. Voilà ce qu'il y eu de particulier qui peut satisfaire la curiosité de mes sucesseurs, aux prières des quels je me recon ut. Resquiescam in pace

Jarret de la Mairie



Relevé dans les registres paroissiaux déposés en la commune.
Texte déposé par Laetitia TISSERAND née FILIPPI .

Lui écrire Fil d'Ariane 95 et 60 Voir son site




1762    Champaissant près de St-Cosmes-En-Vairais  72580     une grêle extraordinaire.

Le 23 may de cette présente année il tomba sur cette paroisse, sur les 6 h du soir, un jour de dimanche, une grêle extraordinaire d'une pesanteur considérable, de différentes figures et surtout assez large et platte pour servir a jouer au palet ainsi que je vis faire a des enfants. Tous les fruits, graines et herbes furent perdus et gatès. La disette, pour ne pas dire la famine fut extrême.
Dieu nous préserve de semblable fléau. Amen.
La pluye ayant duré tout l'hyver et empeche de semer les bleds, et la secheresse de l'ete empecha de faire les chanvres et fit périr les (...) d'autres petits grains.

Source: Registre paroissial.
Journal d'information du Cercle de Généalogie et d'Histoire du Crédit Lyonnais Novembre-Décembre 2000 N°33



1763    Moncé en Belin  72230      l ' histoire de "casse-cloche"

à Moncé en Belin, dans la Sarthe, le curé René Le Lardeux écrit à la fin du registre de l'anné 1763:
"Le dimanche 28 aoust pierre Le Sassier garcon agé de 16 à 17 ans sonnoit la petite cloche pour la bénédiction. Il voulut se mettre a genoux en sonnant; et cassa la petite cloche qui l'enleva"

Le jeune Pierre en réchappa, mais nul doute que cette histoire lui resta longtemps accroché, lui faisant hériter du surnom de "casse-cloche" que l'on retrouve plus tard dans les registres (notamment en 1788 lorsqu'il fallut justement remplacer une cloche... mais ceci est une autre histoire).

Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Francois Hureau.

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1765    Aillières  72600      Cette année là..

Dans les mois de mars et d'avril de la présente année les grands sapins au nombre de 15 ou 16 arrière le château d'Aillères ont été abattus.
Le 4 octobre il s'éleva un vent impetueux et brulant qui abatit presque tous les fruits des arbres même grande quantité d'arbres surtout en la foret de Perseigne.
Le 20 décembre au matin mourrut à Fontainebleau, Monseigneur le dauphin regretté généralement tout Paris a pris le deuil. Son coeur fut porté à St Denis et son corps à Sens.

P.Berthelot Marin    Curé d'Aillières

Registre Paroissial







1766    Aillières  72600      Comment se soignait la dysentrie

En 1766,la dysenterie a commencé dès Octobre et a continué jusqu'à la fin de 1767 à faire beaucoup de ravages. M.Vétillard, médecin du Mans, est venu par ordre du Roy, remédier à cette contagion. Il a arrêté en grande partie le cours du mal en purgeant ses malades avec l'ypeccacuana de la doze d'un gros dans un verre de vin blanc, ensuite une seconde purgation avec la manne et le catholiccum, puis force lait pour breuvage.

Source ([microfilm 1 Mi 41 (R1)]
Texte déposé par Louis Huet .

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1766    Brulon  72350      "cette sécheresse n'a occasionné ni maladie ni disette..."

Depuis le mois de Juillet 1766 jusqu'à plus d'un an après,il y a eu une sécheresse si considérable que les plus anciens ne se rappelaient point en avoir vu de semblable. Dans les mois de Novembre, Décembre et Janvier de l'année suivante, les puits étaient taris pour la plupart. Cependant cette sécheresse n'a occasionné ni maladie ni disette.
signé Beucher prêtre.




Texte déposé par Louis Huet.

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1766    Beaumont Pied de Bœuf   72500      "Pendant le carême l’usage de la viande fut permis..."

Il y a eu 25 baptèmes , 5 mariages, 33 sépultures d’adultes, 34 d’enfants tous décédés de la dissenterie et autres maladies, les pauvres malades ont ete secourus par les bienfaits du Roi, de médecins, chirurgiens, de pain, vin, chair et autres alimens convenables ce qui s’est pratiqué en différentes paroisses de ce diocèse affligées de ce fléau. Pendant le carême de l’année 1766 l’usage de la viande fut permis les jours de dimanche, lundi, mardi et jeudi de chaque semaine jusqu’au dimanche des rameaux exclusivement , une fois par jour seulement sans en excepter le dimanche. La même permission de faire gras fut accordée en l’année 1740,les pères et les ayeuls, ni la tradition n’avoient vu ni entendu parler de pareille indulgence accordée par l’église les maladies et misères présentes ont exigé cette grace

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe.
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1767    Aillières  72600      Et pourtant! la dysentrie est toujours là!!!

En 1767 le jour de Pâques,la glace était d'un pouce d'épaisseur. Les mois d'avril et may ont été si froids que les fleurs de tous les arbres ainsi que les vignes ont été gelées. Les fruits ont été très rares. Les pommes de reinettes ont été vendues 8 £ le boisseau. Les pommes à cidre ont valu communément dans le païs 18 £; vers Alençon elles ont valu jusqu'à 25 £ la pipe; le vin a valu 120 £ le poinçon.
La dysenterie a fait mourir grand nombre de personnes. La petite vérole y a succédé mais elle n'était pas dangereuse et ne marquait presque pas. Les gros rhumes sont venus ensuite sans faire grand ravage.

Source ([microfilm 1 Mi 41 (R1)]
Texte déposé par Louis Huet .

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1767    Laigné en Belin   72220      "la dyssenterie a commencé à se déclarer vers la mi-septembre...."

En 1767 la dyssenterie a commencé à se déclarer vers la mi-septembre. 48 à 50 ont succombé.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 38

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1767    Marigné et communes proches   72260      Epidémie de dyssenterie.

En 1767.Total des morts:156 dont 43 grands et 49 enfants atteints de dyssenterie qui a affligé cette paroisse,ainsi que Pruillé, Jupilles, Lucé, Beaumont, Ecommoy, Parigné-l'Evêque, Courdemanche, Le Lorouer et St Mars d'Outillé.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 39

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1767-1770    Evaillé   72120      Météo-état des récoltes-prix des denrées.

La nuit du dimanche au lundi de pacques 19 avril 1767 il vint un froid si violent que les vignes pommiers, poiriers, cormiers et tous les autres arbres furent gelés au point de ne rapporter aucun fruit, il gela dans tous les mois de l’année, aussi le vin blanc valu jusqu'à trois cent livres la pippe, le cidre quatre vingt livres la pippe, les cormes dix livres le boisseau, la recolte ne fut pas bonne, l’année suivante 1768 les pluyes commencerent a la pentecote et durerent un an, la recolte fut mauvaise et encore plus difficile a ramasser, les vignes ne produisirent presque rien et le vin en fut tres mauvais de sorte que le vieil de 1766 valut jusqu'à six cent # la pippe ; les fruits furent tres commun mais ils n’eurent point la qualité. Le blé valut pesant trente six livres le boisseau depuis un écu deux sols, heureusement toutes sortes de marchandises fut en faveur jusqu’au commencement d’aoust 1770 le blé valut sepuis quatre livres jusqu'à huit livres dix sols le boisseau mesure de St Calais oesant trente six livres. On ne cueilli presque point de vin et encore fort mauvais, aussi celuy de 1769 quoyqu’il n’eut pas de qualité valut jusqu’ deux cent cinquante livres la pipe dans les cotes depuis Troo jusqu'à Vaas. Le bestial de toute espece, les fils, toiles, laines et etoffes eurent beaucoup de faveur, au moyen de quoy les pauvres souffrirent moins. Le 24 novembre 1770 il vint une pluye qui dura trente six heures et fit grossir notre riviere plus qu’elle n’avoit été depuis l’aurage de St Jacques.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe.
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1768    Rouessé-Vassé   72140      Des pluies continuelles de juin à Pâques.

Depuis le 20 Juin 1768 jusqu'à Pâques 1769, la pluie a presque tombé continuellement,...

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 130

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1768-1770    Brulon  72350      Années se famine.

L'automne et le reste de l'année 1768 furent si pluvieux que la plupart ne purent semer, et que ceux qui semèrent ne cueillirent presque rien. Si on n'eut semé beaucoup d'orge au printemps de 1769, la famine eut été universelle; malgré celà, le blé en 1770 fut extrêmement cher; il fut vendu du froment à Loué 15 francs le boisseau, et les pauvres furent d'autant plus à plaindre qu'il leur fut fait défense de mendier.

Texte déposé par Louis Huet.

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1768    Mulsanne  72230      Une odeur de soufre...un globe de feu...

'Le six may 1768 le tonnerre tomba dans cette paroisse sur les quatre heures du soir et écrasa deux hommes près les arches de bellêre, lesquels revenoient du marché. Dès que le tonnerre fut tombé on sentit presqu'aussitôt une odeur de souphre et de salpetre dans une lieue d'etendue. le tonnerre tomba perpendiculairement entre ces deux pauvres hommes en globe de feu de la grosseur d'un quartron de boisseau ou environ, renversa l'un sur le côté et fit tourner l'autre le visage du coté du Mans, le coup fut l'instant de leurs morts. Jamais ils ne donnerent aucun signe de vie, ils avoient l'un et l'autre les cheveux brûlés, l'un avait le visage tout en sang et l'autre une cuisse toute brûlée, leur couleur fut toujours une paleur demie noire et on remarqua que pendant trente ou trente six heures ils conservèrent toujours une certaine chaleur et leur corps ne se roidirent jamais ; cet evenement funeste nous apprend d'une maniere bien forte à nous tenir toujours prêts. Dieu nous preserve d'une mort si précipitée, mais prions le que si c'est sa sainte volonté de nous l'envoyer de nous la donner dans un heureux moment dans sa grace et dans l'etat actuel de son amour. Amen'

Texte extrait du registre de Mulsanne, (1 MI 1046)
Texte déposé par Francois Hureau.

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1669-1715    Moncé en Belin  72230      Statistiques de décès

A Moncé en Belin (Sarthe), à la fin du XVIIème siècle, le curé R. FOUCAULT avait pris l'habitude de rédiger de manière détaillée certains actes de sépulture. Son intention était de pouvoir expliciter la nature des derniers sacrements qui pouvaient aller de la confession complète au seul sacrement d'extrême onction en passant par la communion (le saint viatique) voire l'absence totale de sacrement. Ce zèle s'accompagne le plus souvent d'explications sur les causes de décès, qui nous apportent des informations très riches sur la vie et la mort de nos ancêtres.

Entre 1669 et 1715 j'ai ainsi pu noter 41 actes dans lesquels sont données les raisons précises des décès :

19 ont pour cause des maladies plus ou moins longues (hydropisie, pleuresie, mal caduc, létargie), dont:

- le 12 Mai 1703, Charles DENIS, 'surpris de mal par une hydropisie dont il était attaqué depuis 3 à 4 mois'

- le 14 Avril 1704, Anne HERVE, femme Michel RAGOT, 'munie seulement du sacrement de l'extreme onction ayant perdu la parole dès le deuxieme jour de la maladie qui a duré 4 jours'

- le 11 Décembre 1704, Anne CORVASIER, Veuve Pierre AUBRY, 'apres avoir seulement été confessée pour n'avoir pas été avertie, ayant été longtemps dans le même état sans croire qu'elle dut mourir'

- le 6 Novembre 1709, Jeanne BEUCHER, 80 ans, 'morte incontinent après que son hydropisie a été creuvé'



6 proviennent de maladies brutales (mort subite, apoplexie, epilepsie), dont :

- le 25 Avril 1677, Magdeleine GOBILLE, femme Julien CHAMPION, 'n'a receu aucun sacrement pour avoir trop tôt été surprise de la mort. Mon vicaire estant allé pour la confesser apprist en chemin qu'elle venoit de décéder'

- le 14 Mai 1703, Etienne JOUSSE, 24 ans, 'trouvé mort dans un fossé plein d'eau dans lequel il est tombé par un acces de pilepsie'



5 sont des accidents (chute ou noyade), dont :

- le 7 Octobre 1694, René LEROY, 14 ou 15 ans, 's'est tué en tombant d'un noyer et n'a vécu qu'un quart d'heure après. Il a eu néanmoins avant que de mourir la bénediction du prêtre'

- le 27 Décembre 1709, Pierre BOUGARD, 'pauvre homme qui tomboit du haut mât, a esté trouvé mort le nez contre terre dans sa maison'

- le 3 Février 1715, Julien SASSIER, 14 ans, 'sa mère estant venue entendre la messe et son père absent (S) la fièvre dont il estait travaillé l'obligea à aller puiser de l'eau au puid y est tombé dedans et si y est noyez'



4 correspondent à des personnes handicapées :

- le 25 Mai 1695, Magdeleine PICOULEAU, 25 ans, muette et sourde de naissance

- le 29 Janvier 1704, Pierre JOUIE, 14 ans, 'a receu seulement l'extrême onction étant en démence'

- le 26 Août 1708, Marin GODEFROY, 'paralytique depuis 20 ans et plus'

- le 17 Avril 1711, Madame ALLOYAU fille, 'insensée depuis 35 ans'



3 sont liés à des accouchements (sans doute beaucoup plus, mais ils n'ont pas tous été renseignés de cette sorte) :

- le 9 Décembre 1683, Marguerite TOUCHARD, femme Louis PAPILLON, 'a receu l'extrême onction parce qu'elle est morte immediatement après sa couche'

- le 23 Décembre 1705, Marie BELLANGER, femme Charles TOUCHARD, 'n'a receu aucun sacrement ayant été surprise de mort subite dans l'enfantement'

- le 7 Juin 1708, Marie CADOR, femme François SANIN, 'morte 3 jours après sa couche, sans aucune connoissance'



2 de la rage (évoqués dans le Bordager n° 53)



2 sans raisons mais avec des renseignements dignes de figurer dans nos rubriques de faits divers actuels :

- le 9 Octobre 1685, Pierre BAIN, 80 ans, 'a été trouvé mort au pied de son lit à genoux en posture de pénitent'

- le 29 Janvier 1700, Louis CHOPLIN, 'garçon, trouvé mort sur son lit de paille'

Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Francois Hureau.

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1774    Evaillé   72120      Les biens fonds n’ont point de prix, jamais on ne les a vû vendre plus cher.

1774 Evaillé Depuis deux ans les blès ont a peu près tenu le meme prix depuis cinquante sols jusqu'à trois livres dix sols mesure de St Calais, les me ?és, seigles, orges, mel ??? et avoines a proportion, le vin blanc du Château du Loir de 1773 a valu depuis 60 # jusqu'à 90 # le poincon ; celui de 1774 vaut depuis cinquante livres jusqu'à 66 # le poincon, les vins rouges de tous les autres cantons valent à proportion, les laines valent 1#10s le bestial de toute espece est fort cher. Les biens fonds n’ont point de prix, jamais on ne les a vû vendre plus cher.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe.
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1775    Brulon  72350      Printemps sec, année fertile.

Cette année 1775 a eu le printemps si sec et si aride que de vie d'homme on ne se souvient pas d'en avoir vu de semblable,... L'année a été la plus fertile qu'on connaisse. Les fruits surtout ont été très abondants, ...

Texte déposé par Louis Huet.

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1775    Dehault  72400      Des seigneurs près de leurs sous !!!

1) Le tabernarcle du Grand autel a êté doré en l'année mil sept cent soixante quinze au frais de la fabrique et du Sieur curé

2) La Chapelle de Notre Dame de la Compassion, dite ordinairement La Chapelle de Saint Julien, a êté rebatie en mil sept cent soixante quinze. Cette chapelle avant nous se disoit la chapelle du Seigneur de Dehault mais ayant tombé en ruine et la Dame des tems (Madame Guerrier) ayant refusé d'en faire la reconstruction disant q'uelle ne luy appartenoit point, mais bien qu'elle étoit partie de l'église, nous avons exigé d'elle, une renonciation a la dite chapelle en tant qu'elle pouvoit y avoir droit, laquelle renonciation signée de son mari, est déposée dans le trésor de la fabrique. La dite Dame Guerrier étoit alors séparée de corps et et de biens de son mari, les habitants et nous curé soussigné avons contribué par une quête à la moitié des frais de la réfection de lad. chapelle, la fabrique a fourni le reste. La chapelle plus élevée que sol ordinaire de l'église d'un pied et demi environ, a été mise de plein pied avec l'église.

Garnier Curé"


recopié tel qu'écrit, chiffres et parenthèses.

Source: BMS de la paroisse de Dehault
Texte déposé par Laetitia Filippi
Lui écrire Fil d'Ariane 95 et 60 Voir son site




1775    Evaillé   72120      Somme toute! une année pas trop mauvaise

les blés de cette année ont tenu le meme prix, le froment a valu depuis quatre livres jusqu'a quatre livres dix sols mesure St Calais pesant trente six livres, les vins blancs des cotes du Loir vont etre en grande quentité eussent ete excellents, s'ils navoient pas roussi ils valent depuis quarante jusqu'a cinquante six livres le poincon, le bestial de toute espece a diminué le prix d'un quart surtout les cochons gras parcequ'on a jamais tant cueilli de glan, malgré cela les biens fond augmentent tous les jours de prix.
cette année j'ai fait faire a mes frais tout le choeur, scavoir tout le pavage, la Saint table pupitre # de fer # les stales, sieges et boisures, refait l'autel Sainte Anne; ayant voulu donner plus de majesté a ce St lieu je l'ai alongé malgré cela, m le curé baron n'est tenu aux reparations que depuis le grand autel jusqu'au tirant ou part les croix et images de notre Sgr jesus christ, par acte passé dans une assemblée solenelle des habitans et attesté de me pierre Breton n(otai)re royal de cette paroisse. Dupuy curé baron
# et portes d'entré de fer.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe.
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1776    évaillé   72120      "les pauvres ont trouvé leurs enfants,le matin,gelés dans leurs lits..."

Le dix janvier 1776 il tomba quelque peu de neige, les douze et treize dud. mois et an il tomba environ un demi pied de haut, le froid en meme temps vint si violent que pendant trois semaines il ne ceda que d'un tiers de degré a celuy du grand hyver en 1709, sans les neiges, tous les blés auroient infailliblement gelés, mais en revanche, plusieurs personnes y ont succombé, on en compte trois de Vancé et dans toutes les paroisses les pauvres gens ont trouvé leurs enfants le matin gelés dans leurs lits et heureusement sur le champ ils les faisoient vestir en leur portant le secours necessaire, dans les meilleurs caves le froid a penetré et porté ses coups sur les bouteilles du meilleur vin, m le curé de St Bie en Belin en a perdu cinq cent bouteilles, beaucoup de bestiaux de toutes espèces ont gelés. Dans les chemins la neige étoit devenüe comme un careau de glace, aucun cheval, n'y voiture ne pouvoit marcher, aussi il s'est trouvé des villes prêtes a périr de froid faute de provision de bois, celle de rouën a eté reduite a deux doigs de sa perte, elle ne doit son salut qu'aux soins rares et distingués de son parlement, qui imagina un moyen de faire arriver des bois de chaufage. en general toute la nature humaine en a ete cruellement attaquée, pas n'a ete exempt d'un rhume ou grippe dont quelqu'uns ont périt apres avoir craché le sang, d'autre en ont eté incomodés pendant un mois, six semaines et même près de deux mois.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 509,510 et 511

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1776    La Chapelle Gaugain   72310      "Le froid a été extraordinaire cette année..."

- 1776. Le froid a été extraordinaire cette année, le 26 Janvier jusqu'au 3 Février, et a fait périr plusieurs personnes.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 524

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1776    Volnay   72440      "Le froid commença le 13 Janvier; il fut très rigoureux et dura trois semaines..."

Le froid commença le 13 Janvier 1776; il fut très rigoureux et dura trois semaines, la terre couverte de neige. Il fut remarqué à Paris, que le 25 et le 26 du mois le froid surpassa celui de 1709 et de 1740 de 1 degré.

Le Villain.


Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 493

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1777    Brulon  72350      Tous les fermiers (ce qui est rare) se trouvaient contents.

Cette année a été la plus fertile en toutes sortes de grains qu'on ait peut-être vue. Tous les fermiers (ce qui est rare) se trouvaient contents. Le printemps et l'été, jusqu'à la fin de Juillet, ont été froids ou pluvieux. On n'à presque pas cueilli de vin cette année; aussi est-il très cher. Le vin d'Anjou vaut 250 livres la pipe.

Texte déposé par Louis Huet.

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1777    St Gervais-en-Belin  72220      un couple vertueux

A la suite d'un acte de mariage on peut noter
"en date du 20 Septembre 1777 en présence d'un grand nombre de personnalités"

En outre nous curés soussignés croyons devoir marquer icy les circonstances de ce mariage tant pour honorer la vertu que pour faire connoitre à ceux qui nous succederont la Bienfaisance de mond. Signeur de madrelle, son zele pour notre Ste Religion la engagé a donner une somme de trois cents livres pour dotter une fille qui seroit reconnue par MM. les curés du Belinois pour une des plus sages et des plus vertueuses de leurs paroisses, ce qu'ils ont observé fidellement et ont mis sur des billets les noms des filles qu'ils ont reconnues pour telles, lesquels billets rassemblés et cachetés au nombre d'environ 60 ont été tirés au sort et c'est lad Françoise Froger de la paroisse de teloché à qui est tombée cette dote de 300 livres. Pierre Maillars garçon reconnu pour être egalement sage et vertueux en ayant été instruit fit la demande de cette fille qui lui a été accordée. Le mariage s'est fait gratis ainsi que la publication des bans en trois paroisses, tous ayant voulu contribuer à cette bonne oeuvre. Mgr l'Evêque du Mans a aussi donné des preuves de sa charité et de sa bienfaisance en faisant donner gratuitement la dispence de deux bans avec une permission de celebrer la mariage dans la chapelle du Plessis.

Signé : J. lair Curé + J. de madrelle, Maridort de Madrelle, Madrelle de la Poissoniere, Rottier de Madrelle, C. Guilloneau (curé de Téloché), Le Lardeux (curé de Moncé), G. Le Marchand (curé de St Ouen), P. Renaudin (curé de Laigné), R.J. Achard (curé de Fillé), J. Fouineau (proc. fiscal) + vicaires de Laigné, St Ouen, Moncé, St Gervais, Téloché

(il s'agit ici de tout le gratin du coin, nobles et gens d'Eglise tous réunis dans un même élan de générosité...)

Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Francois Hureau.

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1777    Evaillé   72120      "En 1777 j’ai fait faire le presbitaire..."

Jean Gautier et ses enfants de ste Osmanne ont fait la maçonnerie de la grange, le bonhomme brossier de saint George et Bals ??? de Montrüeil ont fait la charpente, Garancher de cette paroisse la couverture, les pierres et sable ont été pris dans la cour de Launay m Massüe et madame de Cheneviere propriétaires de la d(ite) ferme m’ont permis de fouiller dans le d(it) lieu ou l’on trouve d’excellente pierres à maçonner, et le sable a six pieds de profondeur n’a pas une moindre qualité. En 1777 j’ai fait faire le presbitaire dans l’emplacement ou étoit l’ancienne grange, les murs de la cuisine au couchant ont onze pieds de fondation, en creusant le fondement, on trouva des espèces de caves et quelques piesces de mauvaise monnoye du dixieme siecle un nommé Gautier de Parigné l’Evêque fut mon maçon et tailleur de pierre, led. Brossier fut toujours mon charpentier avec Balsard, on verra par l’ouvrage que ces deux hommes étoient bons ouvriers. m Chatt???? Architecte de Connerré, frère de m notre vicaire fut a la teste de toute mon entreprise, il me rendit de grands services ainsi que la dite Dame des loges, m Massüe lieutenant général du Château du Loir et madame de cheneviere femme du président à la sénéchaussée du Mans il me fit faire chez lui l’escalier qui est admiré de tout le monde. Les écuries, étables et pressoir étoient sur le chemin ainsi que le colombier et les susdits batimens en général étoient si mauvais qu’en les démolissant on ne pouvait scavoir comment ils n’avoient point écroulé, tous les murs étoient de terre et a colombe, il n’y avoit ni cave ni grenier, aussi il étoit impossible d’y conserver aucune provision, toutes les ressources du curé étoit à la maison ou château de la cour appartenant à m Massüe qui gracieusement m’en avoit accordé l’usage pendant dix neuf ans graces au ciel et a mes amis je mets mes successeurs dans le cas d’avoir cher eux toutes les comodités ; pour y réussir je ne peux exprimer icy toutes les peines que j’ai enduré, mais je suis satisfait, et le serai encore d’avantage si dans leurs prières ils daignent se souvenir de moi je les en supplie.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe.
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1778    Evaillé   72120      Le quinze septembre la pluie commence et dure jusqu'au quinze décembre, elle fit un tord considérable.

L’année précédente et celle cy n’ont rien eu d’extraordinaire, le blé a valu depuis quarante cinq sols jusqu'à trois livres, le bestial a corne de toute espèce a tenu le plus haut prix, le vin de l’an dernier valu depuis trente jusque cinquante livres, celui de 1778 valu depuis trente jusqu'à cent livres la bu(ss)e, le cidre valu environ un louis d’or la bu(ss)e. Le chanvre de la meilleur qualité valu depuis cent sols jusqu'a huit livres le pied pendant cette année. Le quinze septembre la pluie commence et dure jusqu'au quinze décembre, elle fit un tord considérable de sorte qu'on ne peut commencer que partie des blés, ce qui desola plus cette paroisse ce fut un orage du sept octobre qui entraina les guerets, gata et entaira tous les chanvres rouissante dans les rivieres, le tonnere tomba et consomma les tas de gerbes, foins, fourages chanvre, grange, etable chambre, et loge??? de la justeaumerie, appartenent a jean retif fermier de launay. cet orage fit plus de tort dans la paroisse que la puie de trois mois, aussi suivant toute apparence la recolte prochaine va etre mauvaise, malgré cela le blé n'est pas cher parceque l'exportation en est interrompüe par la guerre que nous avons avec l'angleterre et le commerce de toute espece de marchandise on souffre beaucoup, les toiles et le fil perdent beaucoup de leur faveur.
Le 26 mars 1776 j'ai commencé la batisse de mon presbitaire, l'ai totalement culbuté et placé la grange dans les vieux celiers et cuisine on trouvera dans le pignon de la dite grange au couchant le g?nt de l'ancienne cheminée de lad. cuisine, on na conservé que cette partie de deux tiers de mur environ parcequ'il etoit fait a chaulx et sable depuis peu, tout le reste a été démoli et fait a neuf, toute la charpente fut prise dans le bois des loges appartenant a madame la contesse de la tour Dupin, excepte les quatres traits pris dans un bois des gibaudieres appartenant a george ???voisé. toute la dite. charpente est ecarie a vive arrête.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe.
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1779    Connerré  72160      "il n'en est mort que 46..."

-Du 26 Juillet au 9 Novembre 1779 la dyssenterie fait des ravages; 500 malades, il n'en est mort que 46.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 100

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1779    Saint Michel de Chavaignes  72440      Histoire de cette commune.

Nom Latin : Sti-Michaeli de Chavaigneo, seu de Campo Vineo
En 1793 : Chavaigne-sur-Nogue, pendant la révolution
Origine du nom: Du saint "Michel" et du patois "Chavaigne" qui veut dire « Champs de vigne »
Les habitants s’appelles : « les Chavaignais »
Dans l'Antiquité : Les habitants étaient appelés « Sorciers » Peut être parce que placé anciennement comme dans un désert, au milieu de collines escarpées et sur un terrain couvert et marécageux, dépourvu de chemins, ils vivaient isolés et sans communication avec leurs voisins, dont l’ignorance superstitieuse les aurait accusé de fuir la société des hommes, pour entretenir plus librement des intelligences secrètes avec les esprits des ténèbres, et de ce que ces prétendus sorciers n’avaient été mis sous la protection de Saint Michel, que dans l’espoir que cet ennemi de l’esprit infernal les délivrerait des obsessions diaboliques…..

En 1779, une dysenterie épidémique décima, en moins de deux mois, la population de Saint Michel. Les habitants, justement effrayé, décidèrent la fermeture du cimetière qui entourait l’eglise, et firent l’acquisition du terrain où fut ouvert immédiatement celui actuel, qui reçut les nombreuses victimes de cette épidémie, dont le curé de l’époque Martin.

Il ne reste de l'ancien cimetière, dont le sol, converti en une petite place, s'élevait au-dessus de celui du bourg, qu'une espèce de talus qui sert de base à l'église.
Ce nouveau cimetière, ouvert donc en 1779, est situé hors et au Nord du bourg, est enceint de murs et fermé d'une belle grille en fer.

Texte déposé par Christophe Menu
Adh. CRGPG n°1532, Gencom.
Source: Moi quand je vais sur place, cadastre (je suis géomètre), Le dictionnaire Topographique historique et statistique de la sarthe en 6 volumes et autres revues.Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 100

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1779    Evaillé   72110      dysenterie!!! la conséquence de fortes chaleurs.

Cette année est remarquable par une dysenterie qui commença au mois de juillet, ses coups furent terribles, plus de la moitié des habitants en furent attaquée, quarante personnes en moururent, scavoir quinze adultes, et vingt huit enfants. Elle dura plus de huit mois. Mr Vetillard médecin au Mans et Lessault chirurgien à St Calais furent chargés de la part du roi de venir à notre secours. Leurs soins et remèdes furent tous gratis et opérèrent avec un succès admirable.
Les sentiments furent partagés sur la cause de cette maladie. Plusieurs et le plus grand nombre prétendaient qu’elle fut occasionnée par les chaleurs qui commencèrent avec le mois de mars et ne finirent qu’après la toussaint pendant lesquelles le ciel fut toujours couvert de nuées épaisses et parfois de mauvaise odeur. Cela ne m’a pas point paru surprenant, les chaleurs avaient été plus grandes et plus longues que de coutume elles ont du pénétrer plus avant dans les marais et entailles de la terre en tirer une plus grande quantité de vapeurs mêlées de parties étrangères à la salubrité du corps, tous les fruits furent fort avancés et ne valurent rien, la recolte fut asse mauvaise, la qualité encore moindre, le vin etant trop mur, roussit partout aussi n'a-t-il point la faveur, depuis 24# jusqu'a 36# est son prix dans tous le ??? ??? du Loir, et suivant tout apparence il va encore diminuer les toiles étoffes, fils, laine, bestiaux, biens fonds, sont diminués d'un tiers de leur prix, le ble froment vaut a St Calais le boisseau pesant trente six livres quarante cinq sols, dans toutes les parties du royaume le commerce na plus de vigueur, cest l'effet de la guerre contre l'angleterre dont on ne peut prevoir la fin, les deux puissances aiant de part et d'autre a peu près les mêmes avantages, jamais fleau ne fut plus nuisible a la france, si la paix eut duré un peu le commerce, l'agriculture et les blés raportés dans les royaumes voisins et les isles en faisoient un état le plus riche de l'europe pour le moins. mais la guerre met la désolation dans toutes les provinces et les familles. fasse le ciel que nous en voions bientôt la fin.
j'omettois a dire que la dissenterie a fait un ravage horrible dans tout le royaume plus de la moitié de notre diocese a souffert comme nous Lucé, Saint Vincent du lavoir, St Michel de chaveigne ont encore ete plus maltraités, m martin curé de cette paroisse en est mort generalement regreté, il reunissoit les principales qualités d'un bon prêtre et curé, et il passoit pour un des premiers de notre haut maine.

Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, pages 119-120
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1779    Changé  72560      "La maladie fait encore, tous les jours, des ravages..."

En 1779 il y a eu 29 sujets de perte; c'est la dysenterie qui les a moissonné. Il y a eu dans cette paroisse jusqu'à 400 dysentériques et les convalescents sont affligés, pour la plupart, d'infirmités qui n'annoncent rien moins que des maux incurables. La maladie fait encore, tous les jours, des ravages depuis le mois de septembre qui a conduit la première victime au trépas.

Signé Gruau curé de Changé.


Texte déposé par Louis Huet.
Source: 2E 60/15

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1779-1780    Brulon  72350      "nous mangeâmes des petits pois..."

- 1779. Cette année a été très abondante en tout genre: blé, vins, fruits, tout a été à vil prix,... Le 20 Avril nous mangeâmes des petits pois cueillis à Brulon. Cette année il est bien mort du monde de la dyssenterie, ici, elle n'a pas été si cruelle.
signé Beucher.


- 1780. Année fertile en gros blés, les vins en assez grande quantité et fort bons, l'été a été le plus long qu'on se souvienne.

Texte déposé par Louis Huet.

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1780    Evaillé   72120      informations locales, nationales et internationales.

cette année na rien produit d'extraordinaire, nous avons encore eu quelques dyssentriques entre lesqu'el un seul merite attention, georget fermier du bois age d'environ quatre vingt ans vient de l'essuier pour la quatrieme fois depuis seize mois chaque attaque a été tres violente, a chaque fois notre bon vieillard a été desesperé, a reçu tous les sacremens, et toujours il a méprisé les secours de la medecine, excepté lather??? (la thériaque) le diascordium et le camphre qu'on lui fit prendre dans sa premiere maladie, je craigni cette derniere l'emporteroit, mais depuis huit jours il est tiré du danger se leve et travaille actuellement, les fievres tierces, double tierces, continües et quartes ont été tres frequentes, heureusement pas une na eté mortelle.
La recolte du gros ble a eté assé bonne, les memes grains ont generalement manqué, le froment vaut et a valu depuis quarante huit jusqu'a cinquante sept sols le ???? depuis quarente deux jusqu'a cinquante cinq, l'orge n'a point de prix fixe l'avoine jusqu'a vingt , le vin a été en assé bonne quantité sans toutefois avoir la qualité, il roussit partout son prix en blanc reste depuis trente jusqu'a quarante livre le poinçon, le rouge communement ne vaut rien ???? trop cuvé ! on na pas cueilli de chanvre, et le peu est sans qualité aussi le vieux vaut depuis cent sols jusqu'a sept livres le poids. Les chevaux sont a bas prix, les beufs, vaches et moutons se vendent a peu pres comme les années precedentes, les biens fonds ont un peu diminué a tous egard, c'est l'effet de la guerre qui continüe toujours plus vive qu'auparavant, neanmoins les impots n'ont point augmenté, tout le monde pretend que c'est le fruit du menagement, de l'economie et bonne administration de M neere (vraisemblablement Necker) controleur general ce ministre travaille avec un zele singulier pour le bien de l'etat, on ne peut lui reprocher qu'une seule chose, d'être protestan, a cela pres, rien de plus vrai, plus honnete homme, plus desinteressé pour soi meme ni plus integre que lui.
Cette année m Frere du Roi a cree a St Calais six charges de procureur, deux ont eté levées a trois cent livres chaque par un nommé Blanchard et le Sr Dehargne, a ce nombre ils ont cru etre en droit d'arreter les fonctions des avocats et de la reduire au seul office d'avocat, instance en est suivie, et portée au parlement, les procureurs y ont eté condamnés en tous les dépens avec defense de troubler les S. avocats jusqu'a ce qu'ils soient au nombre competent, messieurs Javery procureur du roi et son fils avocat etoient les seuls attaqués, m de la Tabaise lieutenant general petillant d'esprit, jouissant d'environ vingt mille livres de rente, allant tous les ans passer cinq a six mois a paris, tous connu de mrs du parlement d'ou souvent on lui a renvoié de grandes affaires a terminer, a suivi et fait juger cette cause, dit-on. cela lui fait beacoup d'honneur et de bien au public.
Toutes les provisions venant des isles sont considerablement augmentées depuis qu'elsques mois, c'est l'effet de la guerre que nous avons avec les anglois, cette nation vient encore de la declarer a la hollande de sorte qu'elle a maintenant a se battre avec cet etat lespagne la france et l'amerique, jusqu'a present les coups ne paroissent pas plus meurtriers d'un coté que de l'autre. cependant les apparences nous promettent du succes en peu.
Les fruits de toutes especes ont manqués, aussi n'ont-ils point de prix, les pommes de reinette valent six livres le boisseau mesure de St Calais, les marons et chateignes ont eté fort communs, de bonne qualité et d'un prix assé moderé. Les fruits cuits sont chers, les cormes valent quatre livres dix sols, les (pommes d'aigres) environ cinquante sols mesure de St Calais.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe.
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1781    Evaillé   72120      "Cette année est remarquable par deux evenements les plus facheux..."

     Cette année est remarquable par deux evenements les plus facheux, le dix sept mai il vint un orage dans cette paroisse seulement si violent que les eaux n'avoient jamais cru si haut, dans tous les cotaux les terres nouvellement labourées furent emportées, les prés en bien des endroits furent couverts de pierres, si le fossé de mon pré de l'école n'avoit pas crevé toutes les maisons du bas du bourg auroient eté rasées et emportées, deja les ecuries devant le cimetiere étoient sur le point de partir lorsque la butte de mon d(it). pré fut rasée (Guépubert et Chalnau) furent a deux doigts de leur pertes, au commencement de cet orage il vint une grele plate et carrée qui brisa nos vitre et grande parties des blés et fruits de la paroisse, en bien des endroits il ne resta pas un epi de bout.
     Dans le mois d'aout il ce declara des fievres qui n'eppargnerent presque personne, ceux qui en furent attaqués les premiers s'en tirerent aisement dans l'automne elles prirent tous les caracteres les plus mauvais, tierce, double tierce, quartes, doubles quartes, et continües, ceux qui eurent attention de se purger de bonne heure et souvent, s'en tirerent sans beaucoup en souffrir, mais les negligens et sujets epuisés paieront plus cher, les uns moururent d'hydropisie, d'autres de fievres malines, ou putrides, et ou de pleuresie, beaucoup succomberent au coup de la mort, presque tous les enfans nés de cette année furent emportés. de sorte que cette année nous avons plus eu de morts ou malades qu'il y a deux ans d'avec la dissenterie a propos de cette dite maladie, je crois devoir a la posterité le recit d'un evenement singulier un nommé Gorget Dubois agé d'environ quatre vingt ans fut attaqué en 1780 de la dissenterie, au premier acces on lui fit prendre quelques remedes qui sur le champ l'arreterent, mais au moyen de ce qu'il avoit une forte repugnance pour toute espece de medecine, cette maladie ne tarda pas a le reprendre , il l'a eu pendant trente mois allant toujours le sang il ne s'est arreté que pour le jetter dans une hydropisie, il y a six semaine aujourdhui 2 mars 1782 il vient de mourir, il est rare de voir un homme aussi fort.
     La recolte de toute espece de gros blés fut modique, une pluie de trois mois avoit empeché de bien faire et semer les blés, mais en revanche les menus grains furent tres abondans, les vins furent encore en plus grande quantité, on avoit point encore entendu parler d'une telle vinée, malgré cela le vin dans les bons crus est cher et vaut jusqu'a quarante cinq livres le blanc, le rouge a moins pris de faveur, l'un et l'autre a la plus grande qualité ce qui paroit surprenant a raison de sa quantité. Le froment a toujours valu depuis cinquante jusqu'a cinquante huit sols et tous les autres blés a proportion, le chanvre tient bon prix a cause de la guerre sur mer, Dieu aidant elle ne doit pas durer long temps, les anglois ont essuié depuis un an de grandes pertes, sous dix mois la merique septentrionale doit etre erigée en etats indépendans. Mahon est pris et Gibraltare ne peut guere tarder a avoir le meme sort, les anglois sont battus en inde et aux Antilles en un mot ils paraissent batus partout.(L'Espagne a essayé de reconquérir Gibraltar mais y renonça après le Grand Siège de 1779-1783.)
     Le 2 juin der(nier) a dix heures du matin le feu pris a Lucé y consumma cent quarante quatre maisons, les halles d'une grandeur prodigieuse et l'eglise en moins de quatre heures le feu fit tout son ravage ; cinq personnes furent victimes des flames, quelques batimens de la basse cour du chateau ensemble le portail du cote de l'eglise furent brulés, au moyen de ce que mademoiselle Pineau de Lucé fille de feu m Pineau de Lucé intendant de Strasbourg avoit fait faire la vente de tous ses meubles en le d(it) chateau peu de jour avant l'incendie, plus de cent menages sy retirerent et probablement y resterent jusqu'a ce que leurs maisons soient rebaties. cette proprietaire chaque jour leur donna de nouvelles preuves de sa sensibilité et de la generosité de son coeur, elle porte ces belles qualités a un tel degrè que si sa fortune y repondoit, elle se chargeroit elle meme de rebatir toute sa ville. le moment du feu fut un deüil general pour tous les voisins a dix lieues au moin, les paroisses a trois lieues envoierent des secours en pain et argent des le landemain de l'incendie jour de la pentecôte a tous ses malheureux plus morts que vifs et errants dans les champs, bois et chemins. au moment du feu il se declara un orage violent, on dit que le tonnere tomba au milieu de ces infortunés sans blesser personne, le feu avoit pris et commencé par l'imprudence d'un boulanger qui ne voulut en donner conoissance au public qu'après qu'il ny eut plus de remede, la sonnerie de l'eglise etoit composée de quatre cloches de toute beauté et ????, sans contredit elles étaient les plus belles et les plus harmonieuses de tout le haut maine, m Geoffroy de Gonssa(?)t ordonna une quete dans tout le diocese, il commença lui meme par donner six cent livres, on croit que toutes les aumones peuvent monter a quarante mille livres, la ville du mans seule a donné vingt cinq mille livres. on croit que le roi a promis cinquante mille livres, mais tout cela est peu de chose pour reparer les pertes et rebatir cette ville, les habitans en étoient riches pour la fabrique et commerce des toiles par le commerce de la raisine et manufacture des orib(?)s, pour l'excellent marché de blés de toutes especes, de fils, chanvre, marons dans la saison et bestial, les caves de cette ville etoient si bonnes que le vin sy perfectionnoit au point qu'on n'en buvoit point ailleur de pareil surtout en blanc; m Rottier bailli de cette ville sy distingue par ses talens et ardeur a soulager tout le monde, d'après ses expedients, il y a apparence qu'en peu d'années cette ville ruinée prendra une forme beaucoup au dessus de celle qu'elle a perdüe, le roi a fait dresser un plan que ce bon bailli fait admirablement bien executer, il se sert pour cela de m Coileveau homme de gout, scachant bien le dessein, tres laborieux et actif. au moment du feu m du Clusel intendant de tours sy rendit sur le champ y fit des prodiges de charité et depuis cet instant il n'a cessé de faire des ????? et actions en faveur de ces incendiés qui doivent immortaliser sa memoire mais la nouriture de ces malheureux a consommé grande partie des secours, de manière qu'il ny aura que les plus a l'aise qui pourront rebatir.
     Cette année j'ai commencé a faire un service solennel pour tous mes predecesseurs curés Barons de cette paroisse et fixé au lundi immediatement apres la Saint Michel vingt huit septembre, je demande en grace a mon successeur de vouloir bien le continuer; en me rendant grand service, ils se le rendront eux meme. je me suis prêté a cet etablissement parcequ'il est au moins charitable et qu'il est obsevé en bien des paroisses non seulement de ce diocese, mais encore de tous les voisins.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, rédigé fin 1741, concerne certainement l’année 1781.
Document déposé par Lucette Bardet.

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1781    évaillé   72120      "Beaucoup succombent par l'hydropisie, les fièvres putrides et la pleurésie"

- 1781. Le 17 Mai, un orage violent, le bourg est inondé. Des fièvres se déclarent en tout. Beaucoup succombent par l'hydropisie, les fièvres putrides et la pleurésie

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 509,510 et 511

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1781    Evaillé   72120      "personne ni meme les histoires ne font mention d'une telle disette de fourage..."

Cette année est remarquable a bien des egards, nous avons eu les neiges pendant plus de sept mois, les gelées ou froid ont duré jusqu'a fin avril. la fonte des neiges n'a eté suivie d'aucune pluie, au contraire, la secheresse a eté si grande et longue. le froid sans gelée si violent que les herbes n'ont pas pousser dans les prés ou prairies, de sorte que personne ni meme les histoires ne font mention d'une telle disette de fourage, le foin a eté vendu en quelques endroits jusqu'a cent écus la charté de deux cent mill??? pesant. aussi les vaches , moutons et beufs gras non point eu de prix a Poissy, si la hollande n'en eut pas fourni, on ne peut dire jusqu'a qu'el prix, les beufs gras auroient eté portés. il y a eu peu de blé de bonne qualité, généralement le noir les avoit gaté, il n'a eu ni orge ni avoine, point de chanvre, aussi vaut-il jusqu'a dix livres le poids. il a eté plus que vinée entiere tant en vin blanc qu'en rouge, mais il na pas de qualité et vaut depuis 20# jusqu'a 30# le poincon sur les cotes du loir. les laines valent depuis vingt huit jusqu'a trente deux sols le beure a cause de la rareté des fourages a toujours valu depuis quinze jusqu'a dix huit sols.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe.
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1781    Boessé le Sec   72400      Sécheresse, récoltes et salaires des journaliers.

- 1781 Pendant 6 mois dans le nord de la France, surtout dans le Maine, la sécheresse fut extrême. Cependant il y eut abondance de fruits, de blé, de vin et de pommes. Le froment net, boisseau du Mans, et du poids de 31 livres, se vendit 55 sous.
Le journalier gagne 10 sous pendant l'hiver, 12 et quelquefois 15 sous et la nourriture pendant l'été. Les charpentiers et les maçons travaillent à prix débattu; mais l'hiver, gagnent 17 sous sans nourriture; avec nourriture 6 sous seulement.

Texte déposé par Louis Huet.

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1781    St-Maixent et St-Quentin   72320      "abondance d'orge,de pommes de terre,d'avoine et de toutes espèces de fruits..."

Note 1781 La moisson de blé cette année n'a pas été considérable; abondance d'orge,de pommes de terre,d'avoine et de toutes espèces de fruits; abondance extraordinaire de raisin; dans huit quartiers et demi de vigne, on a obtenu 86 poinçons de vin clair.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 286

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1781    Thoiré   72500      "ait donné au nom dudit seigneur le banc de vandange"

30septembre 1781 banc de vandange de thoiré

Aujourd'huy dimanche trante septembre mil sept cent quatre vingt un à yssus des vespres chantées dans léglise paroissialle de notre dame de thoiré.
Pardevant nous Michel Pierre Pasteau Notaire Royal au chateau du loir demeurant à thoiré soussigné somme au mendement et requisition de messire françois Césard de fontenay chevallier seigneur de la chatelenie , chevallier de lordre Royal Militaire de Saint Louis, La Motte thibergeau, flée, thoiré et autres lieux demeurant en son chateau de la Perriere Paroisse de la Perriere;
à la requeste dudit seigneur et y ait donné au nom dudit seigneur le banc de vandange à vendredy cinq octobre prochain et jours suivant pour laditte paroisse de thoiré et ce en conséquence du résultat de lassemblée convoquée cejourd'huy ou la majeure partie est décidée pour faire vandange cette semaine dans les paroisses circonvoisines en foy de quoy nous avons certiffié la publication du présent en présence et du consentement de maitre Nicolas alexandre Drouin prêtre curé dudit thoiré, Me Michel Lepingleux Ne Rl dudit thoiré, Me Etienne Bon ???? Ne Rl de Beaumond demd aud thoiré, René voisin procureur ?????, françois vérité, pierre Bardet, joseph voisin, andré Bourgoin, René Foureau, Louis Rivière, Etienne Vezins, et autres habitans dudit thoiré faisant la plus grande partie dyceux que défences seront faittes à touttes personnes daller à la vandange avant ledit jour indiqué à peine de dix livres damande confiscation des bestiaux harnais et vandanges, que déffances seront aussy faittes aux grapeurs d'aller et vacquer dans les vignes que trois jours après leurs dépouilles à peine de trois livres damandes confiscation de vaissaux et vandanges
aresté au devant de laditte eglise à ladite yssus des vespres en présences de Etienne goulet et Louis bidault Mde demeurant audit thoiré; tesmoins requis lesdits habitans et tesmoins forts les soussignés ont déclarés ne scavoir signer par nous bien enquis suivant lordonnances
Rature deux mots rayés nuls,
Signatures: Drouin curé, R Voisin, Etienne Goullet, Lepingleux, Louis Bidault, Bou???, R Le febure, L Riviere, J voisin, N Pasteau

Texte déposé par Lucette Bardet.

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1782    Evaillé   72120      "il arretoit hommes femmes et filles imposant la violence ensuite les tuait et mangeait..."

cette année cy n'a rien d'exraordinaire. les blés n'ont aucune qualité, les puies les avaient fait germer pendant la recolte, ils sont pesants et font de mauvais pains, cependant il vaut a St Calais pesant trente six livres le boisseau, depuis cinquante jusqu'a trois huit sols. le vin aiant gelé avant sa maturité, est absolument mauvais on ne parle point de son prix fixe, quelque bas qu'il soit, il est encore trop haut vu sa mauvaise qualité, mais celui de l'an der vaut jusqu'a cent dix livres dans les bons crus du Chateau du Loir, le chanvre a eté assé bon et commun et vaut depuis quatre jusqu'a six livres. le bestial de toute espece est toujours fort cher, la laine vaut trente six sols, la livre de viande vaut six sols, le cochon huit sols, le beure depuis dix sols jusqu'a quinze sols, les oeufs depuis cinq jusqu'a huit sols. le 1(2) décembre der, il fut condamné au parlement du languedoc Blaise ferrage nommé Seyé maçon de profession natif du lieu de (rescam) dans le comté de coming ???? petit de taille, mais d'une force extraordinaire adonne a tous les vices il se retira des ???????? dans les montagnes d'(aures) voisine de sa patrie a la maniere des ours il se fit une retraite dans la concavité d'un rocher fort elevé, de la armé d'une ceinture de pistolets, d'un fusil a deux coups, d'une dague il se rependoit dans les lieux voisins arretoit hommes femmes et filles meme imposant la violence ensuite les tuait et mangeait, il ne faisoit usage d'autre nouriture, on en comptoit jusqu'a quatre vingt six femmes ou filles sur lesqu'elles il avoit exercé cette ???? il fut pris par la trahison d'un faux ami qui avoit fint de se retirer avec lui dans les montagnes pour se derober aux poursuites de la justice; dans le fait il avoit merite punition de mort et nut cette grace aux conditions de faire prendre ce scelerat, tous les pays voisins avoient promis des sommes incroyables a qui l'arreteroit. il echappa une premiere fois, mais il fut arreté peu de temps apres s'étant egaré dans les montagnes, il fut condamné a etre rompu vif et a expier sur la roüe et que son corps mort seroit exposé aux fourches patibulaires. il marcha a son supplice avec une serenité incroyable. La guerre continüe toujours avec l'angleterre, mais il ne peut durer long temps, on dit cette nation lasse et meme epuisée, on dit qu'elle conssent a la liberté de l'amerique septentrionale; a cette pe??? près, cette guerre lui fait bien de l'honneur, puisqu'elle se bat et defend contre toute l’europe nous en souffrons beaucoup dans notre commerce, surtout du blé, les provisions que nous tirons des isles sont d'un prix exhorbitant, le sucre vaut trente cinq sols, le poivre trois livres quatre sols ainsi de toutes autres choses.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe.
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1781-1782    Brulon  72350      "nous mangeâmes de mauvais pain..."

Cette année est remarquable par une sécheresse dont on n'a point d'exemple. Elle commença le mercredi des cendres et dura jusqu'aux avents, ... L'année a été très fertile en blé, cidre et vin, jusqu'au point qu'en bien des pays vignobles, on a abandonné une partie de la vendange faute de tonneaux.
- 1782. Année très pluvieuse. Nous mangeâmes de mauvais pain; mais le Bas Maine est encore plus mal traité; beaucoup de malades.

Texte déposé par Louis Huet.

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1782-1785    Cormes   72400      Les années se suivent mais ne se ressemblent pas.

-1782 Année très pluvieuse
-1784 Les neiges furent pendant 3 mois sur terre et furent d'un pied à dix huit pouces de hauteur.
-1785 Il n'est presque pas tombé d'eau.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 188

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1782    Courgains  72260      Charité par la voie officielle.

Calligraphie du curé au bas d'une affiche de 1782.

« Louis Brahi, de la paroisse de Courgains, qui a perdu tous ses meubles et effets par incendie, fera la quête cette semaine dans la paroisse. Comme il est incommodé, François Martin la fera pour lui. Je le recommande à votre bon cœur. »

Source: LA vie quotidienne du clergé français au XVIIIe siècle B. Plongeron, éd. Hachette, 1988.

Texte déposé par Jacques Marchal
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1782    Marigné-Laillé  72220      Les difficiles débuts dans la vie de François Morand, pauvre orphelin...

à droite, l'acte de baptême, le 9 février 1781, de François MORAND, fils de Jacques Morand journalier, et de Marie Hédé.

à gauche, en bas de la page vierge, ce qui suit :

Note importante pour la légitimité de ce françois morand.

Son père est mort à vilaine sous Lucé en revenant de beauce le 20 août 1781. Sa mère est morte à Marigné le 3 Xbre 1781. François Hodé de nogent sur loir a été nommé son tuteur en justice, et aucuns des parents n'étant en état de le nourrir +, on l'a exposé à l'hôpital du mans le onze mars 1782 entre 8 et 9 heures du soir, avec cette inscription : je me nomme françois je suis né le 8 février 1781 et j'ai été baptisé dans une église. on y a joint un petit ruban verd vieux de 7 pouces de long. Les dames dudit hôpital ont fait faire des perquisitions, icy, et je leur ai exposé tout ce que dessus, en les priant de garder cet enfant et d'en faire mémoire pour sa légitimité. Son père et sa mère ont été mariés ici le 7 janvier 1779.

+ vû les certificats de tous leurs curés.

j.j. Aleton ptre curé de marigné.


Source: registre de Marigné-Laillé BMS 1773-1792 (suite), Cote 1 MI 1044 R3, vue 26.

Texte déposé par Roland Morteveille
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1783-1784    Brulon  72350      Les physiciens attribuèrent ces vapeurs aux explosions de la Sicile

- 1783. Cette année offre plusieurs événements dignes d'attention:
- l'été et l'automne ont été très beaux et très chauds;récolte abondante
- le 5 Février commença le bouleversement de la Sicile..... Pendant les mois de Juin et Juillet, dans presque toute l'Europe, l'atmosphère était remplie d'une espèce de brouillards, ou plutôt de vapeurs qui débordaient le soleil et, quand on l'apercevait on le regardait aussi fixement que la lune.. Les physiciens ont attribué ces vapeurs aux explosions de la Sicile.

- 1784. Les neiges sont tombées à plusieurs reprises en quantité prodigieuse et ont duré plus de deux mois. etc.

Texte déposé par Louis Huet.

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1783    Evaillé   72120      "Désastre en Sicile...Montgolfier s'élève dans les airs"

Evaillé 31/12/1783

Cette année a commencé par un désastre aussi terrible que meurtrier dans la vieil(le) Messine et vingt huit autres villes, bourgs ou villages ont été détruit ; plusieurs ont été tellement enfoncés et engloutis qu’il n’en reste pas le moindre vestige. Le bouleversement fût si considérable que quelques rivières perdirent leur cours ordinaire et se desséchèrent. Les montagnes disparurent en plusieurs endroits et des gouffres et abymes les remplacèrent sur le nombre des morts on nous les a portés d’abord a quarente mille, ensuite a soixante mille et jusqu'à cent mille ; quelque chose qu’il en soit, grand nombre y périrent sous les ruines des édifices et dans les flames qui s’ensuivirent ce fleau commencâ le 5 fevrier a messine ville des plus peuplée, commerçante et riche de l’europe et dura plus de trois mois mais les coups les plus terribles porterent dans les premiers jours.
Au commencement du mois de mai paru un brouillard qui dura plus de trois mois, il étoit fort épais, faisoit voir le soleil rouge et rependroit une rosée sulfureuse ; tout le monde en craignoit les suites mais ce fut a tort ; jamais je n’ai vu d’année plus abondante en fruits de toutes especes. Les blés néanmoins furent chers, le froment valu depuis un ecu jusqu'à quatre livres mesure de St Calais pesant trente six livres on cueilli du vin en assé bonne qualité et quantité ; il valu en blanc de château du loir et aux environs depuis quarente cinq livres jusqu'à vingt écus. le chanvre depuis quatre livres jusqu'à sept livres le pied pesant treize livres. le bestial etoit d’un prix exhorbitant, aussi les biens font deviennent toujours plus chers.
Les jesuites congregation si precieuse en ce royaume pour l’education de la jeunesse s’établissent avec succès dans la russie. Les avantages que la tsarine en livre pour les mœurs et disciplines de se peuples doivent nous les faire regretter encore d’avantage. Les rois de prusse et de suède viennent de permettre aux catholiques de batir des eglises, d’y prêcher et de faire toutes les fonctions dans leurs etats fasse le ciel que la vraie religion s’y retablisse.
La ferme de la fromerie en cette paroisse vient d’être vendue par m de feron propriétaire au Sr perdrige( ?)n #pour sept mille six cent livres# fermier general des hayes et du prieuré de bresson.
La paix annoncée a paris le vingt trois janvier mis la joye et lallegresse dans tous les cœurs et les esprits. Cette malheureuse guerre a couté des sommes immenses et beaucoup d’hommes a la france, tous les avantages en sont pour les américains, il y ont gagné leur indépendance de l’angleterre. On dit qu’ils vont donner beaucoup de ressort a notre commerce ils ne prendront, dit-on grande partie de leurs provisions que chez nous. L’anglois est …… humilié et va être moins redoutable pour nous.
Un certain montgolfier phisicien habile a decouvert le secret de s’élever dans les airs par le moyen d’un ballon hermetiquement clos fermé et rempli de matières inflammables il pouvoit en resulter des avantages si on pouvoit diriger sa marche a volonté ; jusqu’alors on na reussi qu’en suivant la direction du vent. sa course est bien rapide ; il peut faire plus de cinquante lieües par jour. on pretend même un fois daventage. plusieurs croient qu’il n’en résultera aucun sans ; cest mon sentiment. le temps sera peut être plus habile. attendons la pour juger.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, pages 509,510 et 511
Texte déposé par Lucette Bardet.

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En 1783, une suite de séismes ravagea pendant deux mois l’ouest de la Calabre, en Italie. Il débuta par une secousse qui ouvrit dans le sol des crevasses dont certaines atteignaient 45 m de large. Cela fit jaillir des sources d’eau bouillante. Des centaines d’hommes et d’animaux tombèrent dans ces failles et en furent éjectés par des geysers de boue gazeuse et brûlante. Avant le séisme de 1783, les chiens hurlaient si follement que nul ne réussit à les faire taire.
On déplora plus de 30 000 morts.





1783    Viré   72350      "du vin abondamment et d'une assez bonne qualité; du fruit extraordinairement..."

- L'année 1783 a été un grand tiers moins abondante en gros grains que l'année précédente, à cause des peines continuelles de l'hiver; il a été du vin abondamment et d'une assez bonne qualité; du fruit extraordinairement, qui a donné du cidre d'une excellente bonté.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 354

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1784    Le Lude   72800      "les neiges furent considérablement hautes..."

- 1784. Le lundi,jour de la chaire de St Pierre, les neiges furent considérablement hautes et durèrent 5 semaines. il y a 25 ans qu'elles furent aussi abondantes, etc.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 389

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1784    Evaillé   72120      La neige, le froid, les loups, un jeune homme courageux...

Cette année est remarquable par les neiges qui tombèrent le mois de janvier dans une si grande quantité et à tant de fois, qu’en bien des endroits elles avaient plus de huit pieds de hauteur. Dans les pays plats elles avaient communément depuis deux jusqu'à quatre pieds de hauteur, cette variation venait de ce que le vent impétueux les amoncelait. Beaucoup de personnes périrent toute espèce de voitures furent arrêtées ; elles durèrent environ huit semaines. Les oiseaux de toute espèces périrent, surtout les perdris, il n’en reste que six en cette paroisse. Les loups mangeoient les hommes en différentes parties du royaume. Dans la forêt aux environs de Vendomes, ils se rendirent plus redoutables et meurtriers pour mettre ses habitants à couvert de leur fureur, le roy envoia plusieurs gardes, chasseurs et chiens qui en détruisirent beaucoup. Parmi tous ses animaux, il se trouva une louve qui attaquoit dans les bourgs, villages champs et bois, dévoroit tous ceux qu’elle rencontroit aussitôt qu’elle paraissoit, elle faisait tant de frayeur qu’on pensoit plutôt à la mort qu’a s’en défendre. Un jeune homme de vingt un ans en fut surpris, loin de se démonter, et quoiqu’il n’eut point d’armes ni de bâton, il lui livra le combat, la terrassa sous lui et l’étouffa. Cependant cet animal étoit d’une force et d’une grosseur extraordinaire je crois ne devoir pas omettre de dire que le jeune homme fût fortement blessé en différentes partie de son corps mais ses playes furent bien pansées dans l’hopital de Chateaudun qu’il ne fut pas long temps à s’en rétablir. Le roi instrui de cette bravoure paia tous ses traitemens et lui accord cinquante écus de pension.
Les neiges qui avoient tomber pendant trois mois avoient brulé la terre et les ensemencés qu’on ne ceuilli que peu de blé, et encore mons de menus, peu de foins et de fourrages de toutes espèces aussi le froment valu constamment depuis trois jusqu'à quatre livres les autres grains a proportion.
La récolte de vin ne fut pas abondante, mais il fut bon et vaut depuis cinquante jusqu'à soixante quinze livres le poincon dans les crus des janières, chahaigne, et autres. Le chanvre fut assé mauvais et en petite quantité, aussi le bon vaut depuis cent dix sols jusqu'à sept livres. Le bestial n’a pas eu grande faveur, les beuf gras furent a rien, en général toute espece de bestial gras fut a grand marché.
Les biens fonds sont toujours a haut prix tant pour le principal que pour l’affermage. Les laines valent trente sols jusqu'à trente deux sols.
Il est grandement question de guerre de la part de l’empereur et de la zarine, contre les hollandois, il paroit que la prusse et nous vienderions a leur secours, en consequence nous faisons des provisions de toute espece sur nos frontieres et toutes nos troupes sy rendent. Les chevaux commencent a etre chers.
Cette année j’ai fait faire les deux pilliers de mon portail et marchande le devant de notre grand autel de marbre d’Aniere proche Sablé j’en fait present a l’eglise, et prie mes successeurs de refaire le grand autel en tuffeau, on peut le tirer aux environs de (Lo)mbraisiere ou dans le jardin de Lorgeardrie, cette espece de pierre y est fort bonne pourvu qu’elle soit employée en été et encore mieux dès le printemps il manque cette décoration à notre église.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, pages 171 173
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1785    La Guierche   72380      "la sécheresse a été si grande..."

Depuis le 8 Février 1785, jusqu'au 12 Novembre, la sécheresse a été si grande que la terre n'a produit que très peu d'aliments pour les hommes et les animaux.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 9

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1785-1787    Viré   72350      "l'année a été tellement malheureuse que les bestiaux, périssaient de tous côtés..."

L'année 1785 a été d'une sécheresse dont on n'avait point encore eu d'exemple; point de foin, peu de grain et de paille. Enfin l'année a été tellement malheureuse que les bestiaux, faute de nourriture, périssaient de tous côtés. Il y a eu du vin en grande quantité, mais il roussissait partout et était au plus bas prix.
- L'année 1786 a été assez fertile en grains, surtout en seigle et en méteil
- L'année 1787 a été abondante en foin, mais surtout en grains de toutes espèces. Point de fruit ,du vin passablement. etc.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 354

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1787    Evaillé   72120      Le prix des denrées, la disgrâce de Calonne.

Cette année est remarquable par la cherté du bestial, une paire de beuf n'etoit ni belle ni bonne pour 300 # une vache n'etoit que commune pour 120# les belles ont valu jusqu'a 240#. Les chevaux ont tenus a peu pres le meme prix, le blé a eté en abondance aussi a t-il eté a bon prix, le froment mesure Saint Calais pesant trente six livres a valu depuis cinquante sols jusqu'a trois livres ainsi des autres grains a proportion. La recolte du vin n'a rien valu tant pour la quantité que pour la qualité, il ne vaut que 20 #, et le vieux depuis 70# jusqu'a 90# le poincon. Les toiles, fils et chanvres sont fort chers excepté le blé tout est cher. Notre monarque Louis seize s'occupe d'une reforme dans les finances pour y parvenir avec plus de succès, il a fait assembler a versailles tous les plus distingués en talens et naissances de son royaume, dans cette assemblée qu'on nomme des notables, on y a deposé un mr Calonne controlleur general, il a eté chargé de differens griefs pour les qu'els on alloit faire son procès, mais il s'est retiré a londre dou il fait passer en France differents memoires tendant a sa justification, comme j'ignore ses torts, je me donnerai garde de les detailler. Il etoit le premier ministre pour la confiance de la part de notre prince. Cette assemblée venerable lui a substitué mgr l'archevêque de toulouse qui maintenant juit a bon titre des plus hautes faveurs et confiance; il paroit qu'il a les meilleures vües; et peu de personnes sont en etat que lui de la faire valoir, ce m de Brienne archeveque de toulouse, vient de passer a l'archeveché de Sens, quoique le revenu en soit moindre il ny peu rien le roi a scu l'en dedomager. Rien de plus juste.

Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe.
Texte déposé par Lucette Bardet.

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1788    Le Lude   72800      "Cette année sera mémorable..."

- 1788. Cette année sera mémorable. 1° par une grêle dont plusieurs grains en forme de carreaux de glace pesaient jusqu'à 9 livres (sic) et ont ravagés 22 paroisses aux environs de Paris, dans le mois de Juillet. Plusieurs personnes ont été tuées; le roi Louis XVI était à la promenade, son cocher fut tué, les chevaux blessés, les portières du carosse brisées,.. 2° Cette année, et 12 jours de 1789, sera encore remarquable par un froid excessif de plus de deux mois et demi.Il a surpassé celui de 1709 etc. Des maladies de fluxion de poitrine, de gros rhumes enlevèrent nombre de personnes.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 389

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Voir la carte du tracé de cet orage dévastateur.






1788    Nogent le Bernard   72580      "L'hiver a été très mouillé,..."

-1788. L'hiver a été très mouillé; la récolte de gros grains a été très mauvaise. Depuis le commencement d'Octobre il n'y a pas eu d'eau jusqu'à la fin de l'année,...Le froid a surpassé celui de 1709 de 3° et demi.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 169

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1788    Rouessé-Vassé   72140      "Le thermomètre de M.Réaumur descendit jusqu'à 18° au dessous de la glace..."

Le 24 Novembre 1788 le froid prit vivement et dura jusqu'au 23 Janvier.Il fit si froid que les légumes et les fruits gelèrent dans les jardins. Le thermomètre de M.Réaumur descendit jusqu'à 18° au dessous de la glace; la terre fut gelée de 2 pieds et demi avant; les glaces étaient épaisses de 14 pouces.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 130

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1788    St-Jean-du-Bois   72430      "On passa sur la rivière la Sarthe, et même avec des chevaux chargés..."

- Dans l'hiver de 1788 et le commencement de 1789, le froid a été si rigoureux qu'il surpassa de 2 degrés et demi celui de 1709. On passa pendant 40 jours sur la rivière la Sarthe, et même avec des chevaux chargés, etc.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 404

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1788    St-Maixent et St-Quentin   72320      "la mémoire ne s'en éteindra jamais"

Note 1788 " La fin de 1788 et le début de 1789 sont remarquables par le froid excessif qui a commencé le 19 Décembre et a continué jusqu'au huit Janvier. Le thermomètre de Réaumur est descendu 2 degrés et demi au dessous de 1776 et de 3 degrés et demi au dessous de 1709. Les sapins, les noyers, les marronniers et même les pommiers ont péri. La récolte a été passable, beaucoup de pommes (?) mais pas de vin. Je ne dis rien des excès auquels le peuple se porte; la mémoire ne s'en éteindra jamais "

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 286

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1788    Vaas   72500      "on passa sur la rivière, des charrettes et des chevaux chargés, comme sur une grande route..."

- Le 25 Novembre 1788, jour de Ste Catherine, la gelée a commencé; elle est devenue plus intense de jour en jour; la rivière était prise à la St André; le 3 Décembre, il tomba une abondante neige; le 8 Décembre on passa déjà sur la rivière glacée; quelques jours après on passa des charrettes et des chevaux chargés, comme sur une grande route, etc. Il n'est pas d'exemple d'hiver aussi long, aussi froid. La glace était épaisse de 15 à 18 pouces. Les plus grandes rivières et même les fleuves gelèrent. La Loire, la Seine, le Rhin, la Tamise, le Rhône furent absolument pris de glace. A Paris ,le 31 Décembre, le thermomètre descendit à 18 degrés et demi au dessous de la congélation. Le dégel se manifesta vers le 25, 26 et 27 Janvier 1789. La débâcle de la Loire fit beaucoup de ravages; les glaces s'accumulèrent par une crue de 9 pieds, et à un tel point qu'elles arrêtèrent le cours du fleuve; 4 arches du beau pont de Tours s'écroulèrent;...

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 431

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1789    Boessé le Sec   72400      La neige a couvert la terre pendant 6 semaines

-Pour ceux qui vivront après nous:

La gelée ayant commmencé dès le 12 Décembre, elle a continué et toujours augmenté jusqu'au 5 de Janvier 1789. Le thermomètre est descendu à 16 degrés, le baromètre étant à 28 pouces 3 lignes. A La Ferté,on a observé un froid de 16 degrés; à Ostende en Flandre, de 22 degrés et la mer a gelé. La neige a couvert la terre pendant 6 semaines. On a vu des glaces de 3 pieds; à Boessé, elle était de 18 pouces et aurait été plus épaisse sans la neige.

Texte déposé par Louis Huet.

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1789    Coudrecieux  72440      Les neiges ne sont pas encore fondues au moment où j'écris ces lignes...

L'histoire ne fait pas mention d'un hiver pareil à celui-ci. La gelée a commencé le 13 novembre 1788. Dès le 25 la terre était fermée à 10 pouces de profondeur. Le 3 décembre la neige a commencé à tomber et dès le 5 il y en avait 10 pouces sur la terre et 4 et 5 pieds dans les chemins profonds où le vent l'avait jetée. Le 16 décembre le thermomètre était à 16° au dessous de 0. Apparence de dégel le 22. Le 31 le thermomètre est à nouveau à -18°. Neige abondante. Le 1er janvier 1789 il fait -18°1/2 . Le 13 un brouillard épais a annoncé le dégel et l'air s'est adouci. Le 19, verglas affreux à ne pouvoir marcher. Les neiges ne sont pas encore fondues au moment où j'écris ces lignes (fin janvier 1789). Tous les légumes ont été gelés dans les jardins. Les provisions de pommes et de truffes pour les gens de la campagne, les cidres dans les celliers et la plupart des caves ont été gelés et perdus. Le blé a considérablement augmenté. Le froment est monté à 3 lt 18 S la mesure de M. Calais pesant 36 livres, le seigle à 50 à 55 sols et l'orge à 42 à 44 sols. Les travaux ont été interrompus. On a manqué de pain, parce que les moulins n'ont pu moudre et les meuniers marcher. On n'a entendu parler que de gens estropiés, de bras, de jambes, de cuisses cassés, d'hommes gelés en tout ou partie, d'autres trouvés morts dans la neige. Des maladies cruelles ont dévasté quantité de paroisses comme Lavaré, Saint Gervais de Vic, Evaillé où elles ont emporté jusqu'à 5 quelquefois 6 personnes par jour. En un mot, la misère a été extrême.

Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Fabienne Hugue.

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1789    Pruillé-l'Eguillé  72150      Cahier de doléance

...nous formons des voeux, pour l'anéantissement ntier de la gabelle, c'est un fléau pestilentiel qui cause la mort d'une infinité de citoyens ; le sel qui vaut 13 sous 6 deniers dans cette paroisse est une des principales sources de ses malheurs ; quantité de ménages pauvres sont privés de manger de la soupe le tiers des jours de l'année...

Source: Gé-Magazine N° 76 Octobre 1989 pp.21







1789    Meurcé   72170      "...On ne peut échauffer les enfants dans leurs berceaux,..."

- 1789 suivant les remarques de tous les vieillards de cette paroisse, on a point vu un temps plus sec pour les semailles qui ne sont qu'à demi faites en cette paroisse. L'hiver est un des plus rudes que vie d'homme ait éprouvé, puisque le thermomètre a descendu au dessous de 1709,..On ne peut échauffer les enfants dans leurs berceaux, les pères et mères sont obligés de les mettre dans leurs lits de peur qu'ils ne gèlent.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, pages 269 et 270

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1789    Montbizot   72380      "L'année 1789 a été féconde en événements malheureux et tragiques..."

L'année 1789 a été féconde en événements malheureux et tragiques. Le froid le plus rigoureux se fit sentir pendant près de 4 mois. Le thermomètre descendit jusqu'à 18 degrés au dessous de la glace, chose qui n'était jamais arrivé en France. De gros arbres, surtout les noyers, avaient péri par le froid.
Comme on avait donné la moitié des suffrages aux députés du tiers-état, le clergé et la noblesse eurent bien des mortifications à essuyer de la part du peuple qui se croyait tout permis. Le peuple de Paris surtout commit des cruautés inouïes,...

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 13

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1789    Noyen   72430      "Le grand hiver... plus fort qu'en l'année 1709"

- En 1789 le grand hiver a commencé le 25 Novembre et a fini le 27 Janvier
Il fut 2 degrés plus fort qu'en l'année 1709.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, page 414

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1789    Rahay   72120      "le tonnerre est tombé par la cheminée..."

Le 4 Juillet 1789, le tonnerre est tombé par la cheminée ,dans la maison des Aunais en cette paroisse; il a tué un jeune domestique, sans lui faire aucune plaie; il a seulement brulé la calotte de son chapeau; il a percé l'estomac d'un enfant de 18 mois et est sorti par le nombril. De là,il est descendu le long des cuisses, lui a brûlé ses bas. Cet enfant n'est pas encore mort; il a renversé le maître de la maison sur le dos; il a échauffé violemment le visage et les mains de la maîtresse, a renversé les trois servantes et un domestique, a brûlé une main d'un faucheur qui était à la porte, a enlevé par sous les bras deux maçons jusqu'à leur faire perdre terre. Ces personnes n'ont point entendu le tonnerre et n'ont rien vu. Il a laissé une odeur très puante. Le fluide est sorti par le grenier, où il a fait beaucoup de désordre, ...

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Suppléments à la Série E des Archives Départementales de la Sarthe, pages 514 et 516

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1789    Viré-en-Champagne   72350      "L'hiver a été si rude que le lierre, le houx et même le roumarin ont gelé...."

L'hiver de la présente année a commencé dès la sainte Catherine et a duré trois mois presque sans interruption. Il a été si rude que le lierre, le houx et même le roumarin ont gelé. De tout ce qui porte feuilles vertes en hyver, rien n'a pu résister à la rigueur du froid que les feuilles du boüis. Tous les noyers un peu âgés ont tous péris. Beaucoup d'arbres de toute espèce ont également gelés. Le bois de la vigne n'a pas été plus épargné, il en a gelé au moins le tiers ; aussi n'a-t-il absolu point été de vin cette année. La récolte en gros grains a été passable ; il a été beaucoup d'orge, médiocrement du sarrasin, beaucoup de chaume et de lin d'hété, grande abondance de fruits. Malgré cela le bled a toujours été chere et le sera infailliblement toute cette année.

Texte déposé par Louis Huet.
Source: 2E 417/2. A la fin du registre de l'année 1789.

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1799    La Chartre-sur-le-Loir   72340      "nous avons éprouvé , un tremblement de terre assez considérable..."

La Charte le 6 pluviose an VII

Le commissaire près le canton de la Chartre.
J'ignore absolument, citoyen, si le gouvernement fait un recueil des événements extraordinaires. Celui dont je vais vous parler pourrait y entrer.
Le 6 pluviose à 4 heures du matin nous avons éprouvé ici et dans les environs, un tremblement de terre assez considérable pour avoir effrayé un très grand nombre d'individus. Plusieurs ont éprouvé dans leur lit un bercement qui les a éveillé par un mouvement d'ondulation du levant au couchant. Il a eu lieu à deux reprises différentes mais à peu d'intervalle. On estime sa durée totale à 15 secondes. Des portes fermées se sont ouvertes, d'autres qui étaient ouvertes se sont fermées. Dans beaucoup de maisons on a entendu le mouvement de la vaisselle et des vitrages ; les oiseaux domestiques ont été éveillés, des volailles sont tombées part la secousse du lieu de leur repos. Le même événement est arrivé à Bessé et à la même heure ; il parait s'être prolongé dans le département d'Indre et Loire.
Le temps était calme.
M. Blot

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Cote L 249 des A.D. Sarthe.

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1799    Mansigne   72510      Un veau à 6 pattes, 2 queues et plus encore."

Le vingt huit brumaire an huit de la République Française . . Devant nous Antoine LE MONNIER, juge de paix, est comparu le citoyen René HOUDAYER, cultivateur à La Giberdière dite commune de Mansigné ; lequel a dit qu'il a vendu un veau mâle âgé d'environ cinq mois, il y a trois semaines, au citoyen Pierre GODEFROY, marchand à Pontvallain, pour prix et somme de quarante huit francs ; lequel devait d'enlivrer les jours suivants. Lequel veau est construit en six pattes dont deux passent entre les deux jambes de derrière, un pair de vache, deux pibiers par lesquels ils pissent, deux queues dont il y a deux fondements par lesquels il fiante naturellement, duquel le dit GODEFROY refuse de se livrer et de le payer. . .

Texte déposé par Louis Huet.
Source: Revue "Le Bordager"

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1809-1824    Lavenay   72310      Le retour de la royauté.

ATTENTION: dans les documents qui suivent, les températures indiquées sont vraisemblablement en degrés Réaumur. Un degré Réaumur est égal à 5/4 d'un degré Celcius

Jacques Louis Bardet. Cet éclesiastique qui a succedé à M Drouin au mois de mars 1809, est né à Troo le 25 aout 1762, et a été ordonné prêtre, par dispense le 24 septembre 1785. il a passé le tems de la révolution dans la bonne ville d'Orléans qui fut le refuge des prêtres non-assermentés.
De 1809 au commencement de 1814, la conscription a enlevé nombre de jeunes gens que la guerre a dévorés. quelques uns ont survécu, et sont rentrés dans leurs foyers.
Les évènement du mois de mars 1814 qui ont fait remonter sur le trône de France Sa Majesté le roi Louis XVIII dit le désiré, furent connus à Lavenay le lundi de pâques 12 avril. Mr le marquis de la Rochebousseau maire assista à la grand-messe avec l'écharpe blanche, on chanta le Domine salvum fac Regem. Le soir il y eu un feu de joye sur les Bournais. L'allegresse fut générale, et les cris de Vive le Roi ! furent longtems répétés.
Le 29 juin jour de la fête des apôtre St Pierre et St Paul, le drapeau blanc fleurdelisé fut arboré sur le clocher. au mois de mai de la même année un détachement du 11eme régiment de dragons fut cantonné dans la paroisse pendant un mois.
a cette époque commence le cadastre ou arpentage par Mr Delambert géomètre de première classe et Mr Isidore de Lambert son frère. Ces messieurs sont aujourd'hui lieutenants dans la légion d'Ile et Vilaine. Le cadastre a été terminé par Mr Delachaulme.
Le 28 Septembre 1814. Le service d'expiation pour le roi Louis XVI, la reine Marie Antoinette son épouse, le roi Louis XVII, leur fils, Madame Elisabeth de France et Mgr le duc d'Enghein fut célébré dans l'église de Lavenay. Mr Le marquis et Mme La marquise de la Rochebousseau y assistaient, ainsi que Messieurs Lorier curé de la Chapelle- Gaugain, Mirault curé de Sougé, Lhomme curé d'Artins, Houdayé curé de Bessé, et L'abbé Prevots prêtre habitué à Ruillé. Mr le curé d'Artins officia et Mr le curé de Bessé prononça l'oraison funèbre. Les habitants en grand nombre assistèrent aussi à cette lugubre cérémonie.


1814

Le registre des mariages de 1818 contient sous la date du 19 janvier l'acte de Mariage de Mr Gabriel François Alexandre de Fesque marquis de la Rochebousseau baron de la Flotte, seigneur de la Rocheturpin, lieutenant colonel dans les armées du roi très chrétien, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis et de demoiselle Augustine Jeanne Amalie Marie Josephine Ferdinandine comtesse de Bavière Grosberg, célébré à munich en Bavière le 29 avril 1800; cet acte est en latin. deux enfants sont nés de ce mariage; l'ainé est sous lieutenant au second régiment de hussards le plus jeune est élève à l'école royale et militaire de La flèche. Messieurs le marquis de la Rochebousseau, ses enfants, Jacques Louis Bardel et Jean Bourré-Barbot marchand dans le bourg et sergent de la garde nationale ont autorisés par brevets signés de Mr le grand maître des cérémonies de France a porter décoration du lys. (cette décoration consiste dans une fleur de lys en argent surmontée d'une couronne royale . on la porte à la boutonnière suspendue à un ruban blanc moiré.)
Les habitants furent sensiblement affectés à la nouvelle de la malheureuse révolution du mois de mars 1816. ce fut le mercredi Saint 22 mars que l'on apprit l'entrée de l'usurpateur à Paris.
pendant les cent jours, la paroisse a été tranquille. Dans la nuit du jour de la pentecôte au lundi, on afficha à la porte de l'église une proclamation du roi manuscrite. cette affaire n'eut aucune suite facheuse.
a la rentrée du roi dans sa capitale, le 7 juillet Mr le marquis et Mme la marquise de la rochebousseau firent un feu de joye dans le pati des pères entre le château de la Flotte et les camaldules. un grand nombre des habitants des paroisses voisines et la presqu' universalité de ceux de cette paroisse s'y rendirent. la joye était peinte sur tous les visages.


1815

le lundi 31 juillet 1815, il arriva à Lavenay un détachement du train d'artillerie de l'armée prussienne qui coucha, le lendemain, il fut remplacé par un détachement de chasseurs à cheval qui passa la nuit et partit le mercredi matin. Mr le Marquis de la Rochebousseau atteste que ces troupes se sont aussi bïen conduites que peuvent le faire des troupes en pays étranger. les fournitures pour la nourriture des hommes et des chevaux des deux détachements celles envoyées à Château du loir, à Parigné l'Evêque et Montfort, montant à la somme de 1473f 34c ont été payées à deux fois. le dernier remboursement a eu lieu au commencement de cette année(1818)

1816

Pendant l'année désastreuse de 1816, il se trouva des grains de passable qualité la récolte des vignes fut à peu près nulle pour la quantité et la qualité (dans plus d'un arpent de vigne, j'ai fait quatre vingt pintes de vin qui n'était pas potable.)


1817

Le jeudi 5 juin 1817, la cherté des grains occasionna un mouvement au marché de La Chartre; aucun habitant de Lavenay n'y parut.
Les vendanges de 1817 ont été plus abondantes que celles de l'année précédente; mais la qualité des vins était bien médiocre. les trèfles ont offert un bien médiocre dédommagement aux cultivateurs, ils seront vendus au dela de 80 ? le cent. La paroisse de Lavenay qui par le concordat de 1801 était restée du diocèse du Mans en fera encore partie d'après le concordat de 1817. ce grand diocèse qui comprend les départements de la Sarthe et de la Mayenne est gouverné par un respectable prélat Monseigneur Michel Joseph De Pidoll viellard octogénaire.
elle est du canton de La Chartre arrondissement de Saint-Calais et du département de la Sarthe dont le roi a confié l'administration à Mr le maître des requêtes le ch.er Jules Pasquier préfet, propriétaire de la terre de Coulans sur la route du Mans à Laval.
ce magistrat, fait jouir ses administrés des douceurs de la paix. il est bien secondé par Mr Decharmette sous-préfet à St-calais, et Mr de l'Epine ancien officier des armées catholiques et royales du Maine et d'Anjou, lieutenant de la gendarmerie royale à la résidence de St-Calais.

1818

Au premier janvier 1818 messieurs les curès des paroisses limitrophes de Lavenay, sont Bessé, Mr Houdaye, Sougé, Mr Mirault, couture, Mr Hérisson, Poucé, Mr Coupé, Ruillé, Mr Dujarié. La Capelle-Gaugain vacante desservie par Jacques Louis Bardet.

a la même époque les administrations de la paroisse de Lavenay sont composées comme il suit :

Administration municipale
Mr Gabriel,François, Alexandre marquis de la Rochebousseau, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. colonel de la 6eme Légion de la gendarmerie royale, Maire
Mr Louis Bausière cultivateur à Bréhault Adjoint.

conseil municipal.

Messieurs Mathurin Gouttet, Jean Loyau cultivateurs au Bourg
Jean Barbot, M? au Bourg.
Pierre Baglan, cultivateur au Perrai.
Nicolas Partenay, dem. aux gdes Planches
François Granger dem à La Coudre.
Jacques Rougemortier, Florent Rougemortier dem à la Haute Boulaye
Jean Noras dem à la vallée de la Flotte.
René Ferron, dem à la Maillardière.


Fabrique

Les membres de la fafrique sont Messieurs
Nicolas Partenay président.
FrançoisGranger trésorier.
Louis Noras secrétaire.
François Jusseaume Jacques Chevrier conseiller de fabrique
Messieurs le curé et le maire sont menbre-nés de cette administration.


Dans le courant du printemps de cette année (1818) on a réparé le chemin depuis l'entrée des champs de la Coudre jusqu'au haut du bois de Bréhault. les ouvriers étaient payés 1f50c par jour. Mr le préfet avait donné 168 f, Mr le Mis de la Rochebousseau 150f et le conseil municipal 50f M.M. F. Granger et Florent Rougemortier conseillers municipaux dirigeaient les travaux.
Les premiers jours de juillet de la même année, l'ingénieur a tracé la route de Bessé au pont de Braye. elle avait été ouverte l'année précédente de Bessé à la ferme de Romigui. L'été de cette année a été remarquable par l'excessive chaleur et par la grande sécheresse. il n'est point tombé d'eau depuis le 10 mai jusqu'à la nuit du 9 au 10 aout ou l'on éprouva un orage qui dura 3 heures avec une pluie. le 19 du même mois, il tomba de l'eau un peu avant le lever du soleil Le 8 7bre une petite pluie dans l'après midi, enfin le 9 et le 10 même mois le temps se mit à la pluie et on laboura . La récolte des foins a été abondante et de bonne qualité ainsi que celle des grains d'hiver. il y a eu peu d'orge et d'avoine et très peu de pommes de terre. Les vendanges ont été abondantes surtout en vin rouge. les vignes rouges et celles des rivières ont fourni une quantité de raisin extraordinaire. la qualité du vin est bonne. (j'ai fait cinq poinçons de vin et j'avais un demi arpent de vignes de moins qu'en 1816.)
Dans le courant de l'été la couverture et les vitraux de l'église ont été réparés. la nef et le choeur ont été blanchis et les croix repeintes.
Le 12 novembre de nouvelles portes ont été placées à l'église et la petite a été supprimée.

1819

1819.     Le 9 avril orage et crue de la rivière, la première de l'année. l'hiver a été sec et peu froid.
Le 25 mai translation des ossements de feu M. Tuillier curé de Sougé, de la Chapelle-Gaugain au cimetière de Sougé. ce respectable écclésiastiaque était mort le 14. 8bre 1794, et vu la fureur de la persécution, il avait été enterré la nuit dans un jardin du bourg de la Chappelle. Ce jour 25 mai Mr Le curé de la Chappelle après avoir dit la messe est parti à 5 heures du matin conduisant le cercueil. Mr Le curé de Lavenay est allé , croix levée, à sa rencontre jusqu'au cours d'eau de la Cotinière, le cortège est entré dans l'église de Lavenay où Mr Le curé de Vancé a dit une messe basse. A 6 heures et demie, il a pris la route de Sougé par le chemin au dessus des clausures à la grande voye, M. Le curé de Sougé s'est trouvé pour recevoir ces prétieux ossements qui ont été conduits à son église dans cet ordre: Les croix des 3 paroisses, la Chapelle-Gaugain, Lavenay et Sougé St Gilles en habillements et voiles blancs et ceintures noires, les soeurs des écoles M.M les Maires adjoints fabriciens et notables habitants de Sougé, M. Le Maire de la Chapelle-Gaugain (toutes ces personnes avaient un cierge à la main) M.M. Les curés de Vancé, Poncé, Bessé, Sougé, Lavenay et la Chapelle-Gaugain, ces 3 derniers en étole noire. Le cortège a mis 2 heures et demie a faire la route de Lavenay à Sougé. Voici les noms de M.M. les eclésiastiques qui ont assisté à cette cérélonie : Cossé C. de Montoire, il officiait, Boucher C. de St Calais, il a prononcé l'oraison funèbre, Ploux C. de Cellé, Gaigneux C. de Ternai, Marteau C. de Troo, Lhomme C. d'Artins, Houdayé C. de Bessé, Hairié C. de Vancé, Jouin C. de la Chapelle-Huon, Mustière C. de St Gervais, Dujarié C. de Ruillé, Ruaudier C. de Poncé, Gilbert C. de la Chapelle-Gaugain, Bardet C. de Lavenay, Mirault C. de Sougé, L'abbé Prévot prêtre à Ruillé et Coutelle vicaire de St- Calais. Il y avait dans l'église du Sougé et sur la petite place qui est devant la porte, environ 3 mille personnes. Not. M.M. les curés qui ne faisaient pas partie du cortège ont dit la messe et chanté les 2 premiers nocturnes de l'office des morts. Le 3eme a été chanté avec les laudes avant la messe. Le 5 juillet la chapelle du chateau de la Flotte; qui pendant la révolution servait d'atelier au menuisier et au tonnelier a été bénie par M. Lhomme curé d'Artins d'après les prescriptions de l'ordinaire. les réparations ont été faites par les soins de Mme la Ctesse de Bavière Grosberg belle mère de Mr le Mis de la Rochebousseau. il commande aujourd'hui la 13eme Légion de la gendarmerie royale à Toulouse.
Le lendemain 6 nous avons éprouvé depuis 3 heures du matin jusqu'à 6 heures 4 orages. à 5 heure et demie il est tombé de la grêle grosse comme de moyennes noix. elle n'a pas fait de dommages. Les vins moins abondants qu'en 1818 ont eu une qualité meilleur. le prix courant a été de 30 à 36 f.


1820

1820     La première quinzaine de janvier le froid a été très vif. Il y avait à la planche de la glace de 6 pouces d'épaisseur. Le thermomètre est descendu jusqu'a près de dix degrés et demi au dessous de zéro.(-13°C). Le 18, à la suite d'un verglas de peu de durée, le dégel a commencé, il a été suivi d'une grande crue. Le Tusson et la Braye débordés ont couvert les prés. L'eau du Tusson coulant par le chemin des clausures a préservé le presbitère d'une grande inondation. Le Loir c'est élevé à une hauteur extra ordinaire. La ville de Vendôme a été couverte d'eau. Le pont des roches s'est écroulé en partie. L'eau a été à Artins à une telle hauteur que le 20 janvier fête de St Sébastien et le 21 jour du service du roi, il a fallu aller chercher Mr le curé en bateau jusqu'a la porte du vestibule du presbitère pour le conduire à l'église. Le Loir a couvert la levée vis à vis les maisons qui sont sous le chateau de la Flotte.
Le printemps a été sec et froid; la chaleur a commencée à la veille de St Jean pendant les mois de juillet et d'aout elle a été très forte. le thermomètre s'est élevé jusqu'a 26 degrés. les foins ont été de bonne qualité et peu abondants. certaines portions de leur ensemencement en grains d'hiver ont rendu à peine la semence. abondance d'orge et d'avoine.
Le 23 aout est arrivé l'épouvantable nouvelle de la mort de Mr le Mis de la Rochebousseau décédé à Toulouse la nuit du 12 au 13 du même mois. il était né à Paris le 26 février 1765.
le 4 septembre commencement de l'exposition des ???? de la paroisse pour terminer l'opération du cadastre.
le 7 du même mois un temps très clair a permis de voir la belle éclipse de soleil. sa grandeur était de 10 doigts elle a commencé à midi 47 minutes et fini a 3 heures 35.
Le samedi 30 septembre, nous avons appris la naissance de s.a.r. Mgr le duc de Bordeaux.
le mardi 10 octobre 148 personnes ont reçu le sacrement de confirmation dans l'église de Ruillé.
le dimanche 22 du même mois M. Louis Bausière a été installé Maire.
Le lundi 30 vendanges, elles ont été peu abondantes, le vin de médiocre qualité.

1821

1821     le dimanche treize mai, installation de Messieurs Louis Bausière nommé maire par renouvellement et Jean Bouré Baibot adjoint.
le jour de l'ascension (31 mai) Mr le Cte de Fougères sous-préfet de St Calais qui avait couché au chateau de la Flotte a assisté à la messe paroissiale. les maires et adjoint en écharpe sont allés avec la garde nationale le chercher au chateau et après la messe l'ont conduit jusqu'à la route.
La récolte de foin qui a été commune s'est faite par un beau temps.
grande abondance de grains d'hiver. ceux de printemps ont moins donné.
médiocre vendange pour la qualité et la quantité. il a été à peine récolté dans la paroisse 26 poinçons de vin, il s'en est vendu jusqu'a 66 f le poinçon.
le 27 octobre la première voiture chargée de terre est passée sur le pont.


1822

1822     l'hiver de cette année a été très tempéré le thermomètre a été constemmnt à zéro. le samedi 24 janvier a été le plus froid le thermometre est descendu à 4 degrés au dessous de zéro.(-5°C).
aujourd'hui 20 mars à 4 heures après midi le thermometre est a 13 1/2 (17°C)au dessus de zéro.
Depuis 16 jours les rouliers de Bessé passent sur le pont.
le dimanche 17 mars le roi, les princes & princesses de la famille royale ont signé le contrat de mariage de Mr le Cte Antoine Albert de la Rochebousseau avec Melle géorgine, Thérèze Amable de Mélauges.
ce jeune seigneur qui avait été nommé aide des cérémonies de France par ordonnance du roi du 22 février dernier a reçu la bénédiction nuptiale de Mr l'abbé Desjardins vicaire général du diocèse de Paris le 19 mars dans la chapelle du Boisjloup (Boigeloup) près gisors.
le samedi 27 avril Mr le comte et mme la comtesse de la Rochebousseau sont arrivés au chateau de la Flotte le lendemain à l'issu des vespres la presque totalité des habitants se sont rendu au chateau et ont fait leurs compliments aux jeunes époux.
Dans le courant de janvier Mr le marquis de la Rochebousseau qui était officier dans le second régiment de hussards est entré dans les chasseurs de la garde royale.
le 17 juin M. Bourré Barbot a été nommé maire d'après la démission de son prédécesseur.
la récolte du foin a été passable une crue assez considérable les a endommagés en général, ils sont de médiocre qualité
la chaleur a été très grande depuis le 26 mai, ou le thermometre s'est élevé à 27 degrès un quart (34°C), elle a continué jusqu'à la St Jean. le thermometre étant régulièrement à 24 degrès. (30°C). le mois de juillet a été tempèrè.
Le 7 aout est décédé au chateau de la Flotte Madame Jeanne Amalie Bl??d et d'Azincourt veuve de Mr le comte de Bavière Grosberg maréchal des camps et armées du roi. cette dame était née à Paris le 29 aout 1753. elle était mère de Mme la Mise de la Rochebousseau. MM. les curés de Sougé Couture, Poncé & la Chapelle-Gaugain ont assisté à sa sépulture & aux services. le 21 aout je suis allé visiter le magnifique chateau de Chambord, j'étais avec la femme Henri Brindeau, Pierre et Françoise ses enfants, sa fille a chanté une chanson composée à l'occasion de la naissance de son altesse royale Monseigneur le duc de Bordeaux, à qui ce chateau appartient
le mardi 27 aout j'ai bu au chateau de la Flotte du vin rouge nouveau
le vin en est d'excellente qualité supérieure à 1819.


1823

1823     L'evenement le plus remarquable de cette année est l'arrivée des soeurs d' (Evran ou Evron) dans l'établissement de Sainte Croix fondé par Mr Jean Gatien Drouhin.
le 1? septembre Mme la supérieure générale d'Evr?n accompagnée de la Maitresse des novices, des supérieures de Saint-Calais et de Bessé est arrivée à Lavenay avec les deux soeurs destinées a remplir l'établissement. les premières qui l'ont occupé sont soeur Marthe Boré native de Saint-Jean d'Assé et soeur Julie Vadé native de Buneau (Duneau) près Connerré.
Les récoltes ont été bonnes, abondance de grain d'hiver en bonne qualité.

1824

1824     le 12 juillet Françoise B??deau est partie pour la communauté d'Evron où elle a été reçue comme postulante. c'est la première fille de la paroisse qui entre dans la congrégation. les premiers jours de juillet la chaleur a été grande. les pluies qui ont commencé le 26 ont géné l'enlèvement des récoltes qui en général sont abondantes.
le 16 septembre à quatre heure du matin est décédé au chateau des Thuilleries sa Majesté le roi Louis XVIII et le même jour Charles Philippe comte d'Artois Monsieur frère du roi a pris les rènes du gouvernement sous le nom de Charles X.

Transcrit par votre serviteur d'après des documents fournis par Lucette Bardet.

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