ORNE



1630    Sainte Honorine La Guillaume  61210     Actes expéditifs.

Le dix septiesme jour dudit mois et an (avril 1630) fut baptisée une fille pour un forgeron de la forge de la Bertinière.

Le deuxième jour de janvier 1630 furent baptisés deux enfants pour Gabriel Bernier qui sont morts sans delai.

Texte déposé par Jean-Pierre Bréard
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1650    Sainte Honorine La Guillaume  61210     Baptême de Cloche.

Aujourd’huy samedy dix septièsme jour de septembre mil six cent cinquante la grosse cloche de la paroisse de st Honorine la Guillaume a été fondue et fut bénite le lendemain dimanche par moy Jean le Corsonnois pbre curé dudy lieu et fut nommée Anne par damoiselle Anne Lhermitte Vve de feu noble … Georges Lesaige vivant sr du Fy présence de Guillaume Lesaige ……..sr du pray

Texte déposé par Jean-Pierre Bréard
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1656 & 1658    Cerisy Belle Etoile  61100     Doubles mariages.

Le quatrième jour de juin mil six cent cinquante six suivant la teneur de la bulle de dispense obtenue par Michel Dupont et Anne Belliot sa femme de l'illustrissime et réverendissime évêque de Bayeux suivant le pouvoir à lui donné par sa Sainteté ainsi qu'il est porté par la dite dispense datée du dixième jour de mai dernier et après avoir fait les bancs du futur mariage desdits Dupont et Belliot par trois jours de dimanche consécutifs pour savoir s'il y avait aucune personne connaissant que les dispenses dits Dupont et Belliot fussent de plus proches degré prohibé que le quatre, duquel ils étaient dispensé par la dite bulle. auxquels bancs, personne n'a opposé, n'y dit avoir connaissance en plus outre au moyen de quoi moi soussigné Curé de Cerisy avons conjoint en mariage les dits Dupont et Belliot son épouse et à eux donné la bénédiction nuptiale et fait toutes les autres cérémonies portées par la dite bulle lesquels Dupont et Belliot nous ont dit et reconnu que du précédent ils avaient été mariés dans le quatrième degré, durant lequel mariage ils avaient eu quatre enfants à présent vivants savoir deux fils et deux filles qu'ils reconnaissent leur appartenir légitimement ...............à présent les reconnaissent pour leurs enfants ce qui a été fait en la présence de Jean .....aigne pbre, mon vicaire, Jacques Lebrun sieur de Lessart oncle de la dite Belliot, de Charles Dupont cousin germain des mariés et autres parents étant dans l'église parroissiale dudit Cerisy

Texte déposé par Jean-Pierre Bréard
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1676    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Un prisonnier inhumé en "terre sainte".

Le quinse jour de juillet 1676 le corps de Siméon Pellier de la parr(oiss)e de St-Baumer, estant mort dans les prisons de ce lieu du jour d’hier, après avoir reçeu les Sts sacrements requis et nécessaire à un chrestien, a esté inhumé suivant la permission ou sentence de justice de ce jour, demeurée au greffe dud(it) Tinche(bray), en terre saincte proche les croix dud(it) Tinche(bray), par nous curé et vicaire dud(it) Tinche(bray). Présence de Me Charles Signard pbre, Me Jean Le Lièvre, Xph… Le Lièvre, Jean Bonvalet et plusieurs aut(re)s tes(moins).
Gallier J. Bonvallet Lelièvre Duchemin
Signard F. Yver C. Lelièvre


Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1684    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Conformément à l'édit d'Henri II.

Notre-Dame-de-Tinchebray, 22 juillet 1684

Le vingt deux jour de juillet (mil) VIc quattre vingt quattre, Jacqueline Leboucher, fille de Jullian, s’est présentée devant nous François Gallier, pbre curé de la parroisse de Nostre Dame de Tinchebray, et a déclaré qu’elle est grosse il y a viron cinq mois des œuvres de Charles Belet, voiturier de sel à Bara(n)ton, natif de Mortaing, le tout en la présence de Me Jullian Sonnet, ptre curé de St Pierre de Tinchebray, et de Gilles Divet, tesmoings, et a marqué après lecture et a … en faire bonne garde et appeller des femmes à son accouchement, luy ayant faict entendre qu’il y va de la vie s’il luy arivoit mal par sa faute.
Sonnet G. Divet Le merc de lad(ite)
J. Guesdon Jacqueline Leboucher


L’enfant a été baptisé le 25 novembre suivant.

Pour rappel:
Henri II fait publier en février 1556 un édit tentant de remédier à la tentation d'une fille-mère, de "faire passer" son enfant ou de ne pas s'en occuper convenablement après sa naissance. L'édit déclare "que toute femme qui se trouvera deüment atteinte et convaincüe d'avoir celé & occulté, tant sa grossesse que son enfantement sans avoir déclaré l'un ou l'autre, & avoir pris de l'un ou l'autre témoignage suffisant, mesme de la vie ou mort de son enfant lors de l'issue de son ventre, et aprés se trouve l'enfant avoir esté privé, tant du saint sacrement de baptesme que sépulture publique et accoütumée, soit telle femme tenüe & réputée d'avoir homicidé son enfant, & pour réparation punie de mort et dernier supplice".

Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1684    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Un fondeur de cloches inhumé comme un Roi.

Notre-Dame-de-Tinchebray, 26 août 1684

Inhumation de François Depierre, maître fondeur de cloches, de Pont-sous-Avranches. A son convoi, 12 prêtres ont assisté et dit la messe pour lui.

Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1690    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Charité chrétienne vous avez-dit ???

Notre-Dame-de-Tinchebray, 4 février 1690

Baptême de deux "enfans masles illégitimes et nés d’une mesme ventrée, produits et mis au monde cette nuict dernière par Perrine Huard". Les deux enfants sont morts le lendemain.

Texte déposé par Emmanuel Hamel
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Avant 1701    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Est-ce le curé qui promettait le néant ???

O Toi qui vois cette page, songe que tu es sorti du néant, et que, comme ceux dont le nom est ici, tu retourneras dans le néant.

Source: Notre-Dame-de-Tinchebray, tables décennales, avant la période 1701-1711
Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1705    Caligny  61100     Le père et sa fille ensevelis sous les ruines de leur maison.

Le treize décembre 1705 Toussaint Vaultier agé d'environ quarante cinq Madeleine sa fille agée d'environ sept ans ayant été accablés sous les ruines (de leur) maison et ont été par moi soussigné prêtre vicaire inhumé dans le cimetière après la visite de Mr le Bailly de Caligny et de Mr de Bellou procureur fiscal dudit lieu du jour d'hier Présence de Jacques Vautier, Macé Vautier, Jacques Mollet les (Mould) et Joseph Mollet les (Essarts)
tous signent


Texte déposé par Jean-Pierre Bréard
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1705    Caligny  61100     O tempora ! O mores !

le vingt deux jour d'aout mil sept cent cinq s'est présentée devant nous soussigné prêtre curé de Caligny Marie Delaroque fille de défunt germain infâme prostituée de la paroisse laquelle a déclaré être grosse de quatre à cinq mois des oeuvres de Michel Dujardin la Croute avec lequel elle a déclaré qu'il y a un traité de mariage ce qu'elle a marqué. Présence de Mre Guillaume Bourdon bailli de Caligny et Mre Antoine Jardin prêtre vicaire dudit lieu.

3 signatures et la marque de Marie Delaroque


L'enfant nait le 5/9/1705 et décède le 22/10/1705.

Texte déposé par Jean-Pierre Bréard
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1712    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     La baptisée devrait-être encore bien chaude !!!

Le vingt troisi(èm)e jour de décembre mil sept cent douze, la seconde cloche a esté reffondue par Guillaume Jouchon et bénitte le mesme jour par Me Gabriel Leboucher, pbre, auquel cette cérémonie a esté defferée par Me François Esneu, pbre, curé de la paroisse. Elle a esté nommée par messire Thomas Baille, con(seill)er du roy en ses conseils, intendant général des finances, domaine et maisons de son altesse royalle monseigneur le duc d’Orléans, et représenté par Estienne de la Rocque, es(cuy)er, conseiller du roy, lieutenant général civil et criminel au bailliage de Tinchebray, et par noble dame Claude de la Rocque, espouse de Jean de Fréval, es(cuy)er, sieur de Fresnes, aux présences de Pierre Lemasurier, pbre, vicaire de lad(ite) paroisse, et Charles Duchemin, thrésorier.
P. Lemasurier C. Duchemin


Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1716    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Une extrême onction musclée.

Le dix noeufi(èm)e jour d’aoust mil sept cent saize ayant été nous soussigné Pierre Le Masurier pbstre desservant la parr(oiss)e de Nôtre Dame de Tinchebray, ayant été averti par la f(emm)e d’un nommé Gabriel de Villers, chirurgien, qui est venue sur les dix heures de matin nous avertir qu’il y avoit une p(er)sonne fort malade à la Magdelaine et sur cela nous nous y so(mm)es transportés, ayant pris avec nous Jacq(ue)s Le Lièvre et Nicolas Crespin, Etienne Le Lièvre pour servir de témoins en présence desq(ue)ls étant arrivés à la maison où étoit la malade, nous avons trouvé la f(emm)e de Louis Veniard âgée d’environ soixante ans et plus, laquelle avoit un esprit bien sain, mais malade extrêmement, nous l’avons pressée et exhortée de mourir dans la religion catholiq(ue), ap(osto)lique et romaine, hors laq(uel)le il n’y a point de salut. Elle n’a pu parler, elle nous auroit pu donner quelques marques de conversion si son mary nommé Louis Veniard, son fils et ses deux filles ne luy avoient fermé la bouche, disant avec des reproches que nous retournassions d’où nous étions venu, et qu’elle vouloit mourir dans sa religion, ont refusé de sortir de la maison, et se sont tous pris à nous disputer, et nous ont interrompu et empesché de pouvoir parler la malade, disant que nous étions des abuseurs et idolâtres, et que s’ils avoient sçu notre venue, ils nous auroient fermé la porte au nez, que nous allassions dehors et qui nous avoit mandé, que nous venions pour la faire mourir par le bruit que nous faisions autours d’elle pour l’exhorter à mourir dans l’église catholiq(ue), led(it) Loüis Veniard voyant que je la conjurois de me donner des marques de sa conversion, et que j’allois la presser de me serrer la main pour témoignage de sa conversion, a pris ses mains et les a cachée sous la couverture, avec plusieurs autres insultes et reproches qu’ils nous ont faits, disant que le prince les souffroit bien, que nous les souffririons bien aussy et qu’ils en avoient bien vu d’autres, et notre robe qui ne leur ont point fait de peur, leq(ue)l procez-verbal nous avons lu aud(it) Loüis Veniard et son fils et filles, et de plus il faut remarquer que la malade a fait avec ses mains plusieurs signes de se taire aud(it) son mary et ses enfans, à quoy ils n’ont voulu obéir, ce que nous attestons véritable, en présence des d(its) témoins et autres avec nous soussignés. Approuvé disant idolâtres en interligne.
P. Le Masurier Jacque Lelièvre
La marque de Thomas Hurel La marque d’Estienne Le Lièvre
N. Crépin


Nous avons oublié à dire que lorsque nous arrivâmes chez la malade, nous trouvâmes led(it) Veniard et ses enfans avec d’autres voisines de la même religion à genoux, à scavoir la f(emm)e d’un des Duchemins, la grande bru, la v(euv)e Maison Noeufve, une ou deux de ses sœurs, la f(emm)e dud(it) Duchemin faisant la lecture à haute voix, je leur leur commandé de la part du roy de sortir et à ceux de la maison afin que je pusse parler plus librem(en)t et plus familière(men)t la malade. Ceux de la maison refusèrent de sortir, les autres dirent qu’il étoit juste de sortir et sortirent. Ceux de la maison nous dirent qu’ils étoient aussy bien soutenu que nous, les invectives & …

Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1716    Caligny  61100     Baptême forcé.

10 aout 1716
Le dit jour et an a été batisé en l'église de Caligny par moi curé une fille sortie du mariage prétendu de Jacques Lemarchand et Louise Huard son épouse de la religion faussement dite réformée, laquelle a été nommée Jeanne par Jeanne Lemarchand et Rémy Davout son parrain et sa marraine.

Dans la période 1700 à 1730 (registres les plus anciens),on trouve de nombreux cas de ce genre.

Texte déposé par Jean-Pierre Bréard
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1719    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Pauvre petit mendiant.

Le quinz(ièm)e jour de décembre l’an mil sept cent dix neuf a été par moi soussigné vicaire, inhumé dans le cimetière le corps d’un mandiant mort de cette nuit aux Logettes, aagé d’environ dix à douze ans, en présence de M(aît)re François … p(rê)tre, et Nicolas Crespin.

Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1723    Yvrandes  61800     Un prélat le plus affable, le plus humain qu’on put voir...

Le 23me juin 1723, son Altesse Monseigneur de Loraine honora cette maison de sa présence, donna la confirmation dans l’église. Il a été un prélat le plus affable, le plus humain qu’on put voir, inflexiblement attaché à la vérité et à la pureté de la morale chrétienne, qu’il a taché de faire fleurir dans son diocèse. Il l’avoit fait ainsi que plusieurs autres prélats zélées s’il n’y avoit pas de services dans l’église.

Il est mort le 19 juin 1728.

Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1724    Taillebois  61100     Un enfant dévoré par un porc.

L'an de grâce mil sept cent vingt quatre le mardi vingt sept jour de juin Anne Marguerite Lemarchand petit enfant agé de trois mois est décédée ayant malheureusement été estropiée par un porc dans la maison de Jacques Laisné au village du Hamel ....... paroise de Taillebois Le dit accident arrivé par l'inadvertance de Louise Lemarchand femme dudit Jacques Laisné nourrice et tante de la petite enfant qui étant sortie de sa maison pour aller quérir de l'eau et oublié de fermer la porte, le porc entra et cet animal estropia cet enfant dans son ber. Nous soussigné François Duroyer prêtre curé de la dite paroisse de Taillebois nous nous sommes transporté sur le lieu par l'ordre de Monsieur le Bailli de la Carneille et de monsieur Lemarchand procureur fiscal de la vérité du fait et qui a été attesté unanimement par le voisinage et ensuite de quoi nous avons fait la levée du corps et inhumé dans le cimetière de la dite paroisse de Taillebois. Dont est signé et marqué des dits voisins et témoins
3 signatures dont celle du Curé et 4 marques


Texte déposé par Jean-Pierre Bréard
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1728    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Toujours payer !!!

26 avril 1728
Acte d’inhumation mentionnant le droit d’inhumer qui est de quinze livres.

Document déposé par Emmanuel Hamel
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1728    Cerisy-Belle-Etoile  61100     La Pocahontas normande...

Le huitième jour de janvier audit an, la nommée communément Padocamy, à cause de la nation sauvage des Padocal située sur les terres du Mexix appartenante aux Espagnols, joignante la nation des Missouris à l’extrémité de la Louisianne dans l’Amérique découverte et conquise par Mr de Bourgmont, escuyer, chevalier de l’ordre militaire de St-Louis, commandant sur la rivière du Missoury et des Alkankas, ladite Padocamy prise à l’occasion de la guerre des deux nations et remise audit Sr de Bourgmont, escuyer, lequel sachant la conséquence de l’âme de cet enfant voulut bien la garder quelque temps dans le fort du Missoury qu’il avoit récemment fait bâtir dans le Missoury par ordre du roy et commission de la Compagnie des Indes Occidentales, en attendant son retour en France pour luy procurer le baptême. En effet, il y a viron deux ans que ledit Sr de Bourgmont, escuyer, la fit repasser en France à son retour et l’a gardée chez luy et l’a fait instruire et s’est adressé à haute et puissante dame Marie Angélique de la Chaise d’Aix, épouse de haut et puissant seigneur messire Hiacinthe Louis de Pellevé, seigneur et comte de Flers, et en la présence dudit seigneur nommée Marie Angélique Hiachinthe par ledit seigneur et par laditte dame, et baptisée par Mre Gabriel Jean, ptre, curé dudit Cerisy. Ledit seigneur comte de Flers, baron de Larchant, seigneur et patron de Bellefontaine, Andillau, la Fresnée, autres terres et seigneuries, capitaine lieutenant des Gendarmes de Berry, gouverneur et capitaine des Chasses des châteaux et parcs de Meudon.
La marque de laditte baptisée H.L. de Pellevé de Flers
de Bourgmont Gabriel Jean M.A. de la Chaize de Pellevé


Suite de l'histoire.

Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1729    Caligny  61100     Le bonheur à 12 ans ???

30/7/1729
Le même jour et an 1729 le corps de Louis Lebailly fils Pierre étant tombé d'un arbre par accident et ayant vêcu encore quelques heures, ayant aussy eû le bonheur de participer aux saints sacrements de pénitence et eucharistie a été inhumé dans le cimetière de ce lieu agé d'environ douze ans par moi vicaire de ce lieu soussigné aux présences dudit Lebailly, Charles Aubry et plusieurs autres

Texte déposé par Jean-Pierre Bréard
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1731    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Histoire de goût peut-être, d'amertume!!! certainement...

Notre-Dame-de-Tinchebray, 15 janvier 1731

Cette année, l’on fit ce mauvais barbouillage qui est à l’autel de de St-Rémy. L’on construisit la chaire de cette chapelle & le même ouvrier luy donna ainsi qu’à la balustrade, ces impertinentes couleurs que l’on y voit. Le tout à grands fraixs. L’on peut de là juger du goust de l’ouvrier & de ceux qui l’employèrent. Le tout fut fait aux dépens du trésor.

Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1732    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Le retour des marchands du Temple!!!

Notre-Dame-de-Tinchebray, décembre 1732

Cette année, l’on a ôté la sacristie de St-Rémy de la chapelle qui est sous (?) l’orloge pour la placer où elle est au bout de l’autel, du côté de l’Epitre. L’on fit pour cet effet une ouverture & une entrée plus comode à cet endroit qui ne servoit qu’à enfermer quelque viel merrain de l’église. Ensuitte, l’on a fait la boutique qui est au bout de l’église, l’on a ôté les balustrades qui fermoient le sanctuaire & les deux chapelles d’au dessous le sanctuaire. Le tout aux fraixs du trésor, et enfin l’on construisit cette autre boutique qui est contre le pied & sous la montre de l’orloge.
Théot


Cette année j’ay perçu des dixmes des taillis du Tronché, de Srs Signard de l’Orgerie, de celuy des Signards de Beaulieu et de la Prise, de celuy de la Bionière & de celuy des hers du Bourdoné. Les Srs de la Roque de la Bionière sont acensés par an à cent fagots, et les Srs de l’Orgerie à cinquante ainsi que l’on m’a dit.
Théot


Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1732    Frênes  61800     Baptisée, elle fut, Sauvage, elle resta !!!

Le vingt six ieme jour de febvrier audit an mil sept cent trente deux après les publications du futur mariage d'entre Etienne Lemonsu, fils de défunt Etienne et de Jacqueline Toury, ses père et mère, de la paroisse de Fresne d'une part, et de Marie Angélique Hyacinte de Padeucamie, sauvage de nation de l'Amérique, demeurante depuis environ sept ans dans la paroisse de Cerisy, faisant profession de la relligion catholique apostolique et romaine, faits et publiés dans la paroisse dudit Cerisy, ainsi que dans la nôtre de Fresne, par deux dimanches et une faite ensuivante sans aucune opposition ainsi que nous l'a attesté par écrit le sieur vicaire de Serisy, et toutes les autres sérémonies de l'église deument observés, nous les avons par parole de présent conjoints en mariage ensuite de la messe des épousailles et donné la bénédiction nuptiale à laquelle a assisté Jean Lemonsu, leur enfant, âgé d'environ six semaines, lequel après avoir été sous le voille, ils ont déclaré estre leur enfant légitime et qu'ils prétendent qui jouira des mesmes privilèges que les autres si Dieu leurs en donne. Fait aux présences d'Etienne Lemonsu, Etienne Bazin, Etienne Frémont, Louis Duval.

Lemonsu E. Basin
la marque de la ditte Marie Angélique Hyacinte de Padoucamie sauvage de nation
Estienne Frémont Louis Duval


Nul ne sait ce qu'elle et son mari sont devenus, ainsi que leur fils. Dommage, ils n'ont pas de descendance dans la région, peut-être sont-ils allés vivre dans le nouveau monde.
Si vous la retrouvez, merçi de me prévenir.


Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1733    Notre-Dame-de-Tinchebraye  61800     Notes pour l’année 1733.

Notes pour l’année 1733.

Cette année l’on a fait recouvrir de neuf toute la tour ou clocher de l’église de Notre-Dame. L’on a achepté des deniers du Trésor la croix d’argent qui a coûté à Paris 800 tt, et un encensoir d’argent avec la navette, qui a coûté 400 tt. Les noms qui se lisent au pied du croisillon & de l’encensoir sont ceux des trésoriers qui par là ont voulu immortaliser leurs noms, et faire croire à la postérité qu’ils auroient donné ces ornemens. On a depuis fait le changement convenable à ces inscriptions ... . L’on a encore fait faire ce mauvais lambry qui couvre le haut de la nef depuis le chœur jusqu’à la porte de l’église. Touttes les dépenses de cette année & des deux précédentes n’ont pas été faites du revenu des trois d. années seulement, mais encore du reliquat du compte des trésoriers précédents, qui laissèrent au trésor plus de 950 tt.

Il y a eu une si grande abondance de fruits que l’on donoit le toneau de cidre à voir faire & rendu dans les caves pour dix livres. Heureusement, j’ay obtenu un arrest du Conseil contre les fermiers des Aides, qui exempte le presbytère des droits d’entrées & le déclare être dans les écarts du bourg. Le dit arrest n’est daté que du cinqe janvier 1734. Cette année, j’ay perçu de la dixme des mêmes taillis que l’année précédente & de plus de ceux de la Prise & du Gué Gaudin & de … Pitot au Meslot dans les Cent Acres, & de celuy des Buissons apartenant au Sr Dufey, & de celuy de Moque Souris apartenant au Sr Le Teinturier prêtre.
Théot


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1734    Notre-Dame-de-Tinchebraye  61800     L'Evêque donne ses consignes.

Notre-Dame-de-Tinchebray, décembre 1734

En cette année, Monseigneur l’Evêque de Bayeux a fait la visite du doyenné de Condé, passé par ici & fait la visite de l’église de Ne De le 30e may, et le lendemain celle de l’église St-Rémy, & a réglé la sonnerie pour les morts, et depuis a ordoné l’information des anciens usages pour l’office public, ensuitte de laquelle information est venu le règlement qui est dans le registre de l’année suivante.

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1737    Clairefougère  61800     en badinnant sur le bord de la rivière...

Le vingt deuxiesme jour d’octobre aud(it) an 1737 a été inhumé le corps d’une fille no(mm)ée Françoise Le Cornu, fille de Pierre, âgée de environ dix ans, laquelle a été noyée dans la rivière de Guienne par accident, en badinnant sur le bord d’icelle où elle gardoit des besteaux, dans le cymtière de ce lieu suivant la permission du sieur d’Urville, bailly vicontal à Condé, le corps ayant été retiré sur la rive de la parroisse de Montsecret qui est de la dépendance de sa jurisdiction, et la lettre de permission du Sr prieur de Montsecret, par nous Simon Le Marchand, pbre et curé de ce lieu soussigné. Aux présences de Pierre Le Cornu, Pierre Hubert, Jean et Jacque Caily, et plusieurs autres tesmoingts qui nous ont raporté les faits cy dessus exprimés.
J. Calli …
La marque dud(it) Pierre Le Cornu La marque dud(it) Pierre Hubert
Lemarchand


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1738    Beauchêne  61800     Le curé n'entendit pas le son de la nouvelle cloche.

Le septième jour de juin 1738, j’ay pbre deservant à cause de la mort de Mr le Curé, sous signé, béni une cloche qui a été nommée Marie Anne par demoiselle Marie Anne Le Harivel de Beauchesne, assistée de Messire Jacques Louis François Le Harivel, écuier, seigneur de cette paroisse, et du Meni Siboult et autres lieux, qui ont signé avec moy.
Marie Anne Le Harivel J. Le Harivel J. Garnier


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1739    Saint-Quentin-les-Chardonnets  61800     A l'ombre !!! sous les pommiers !!!

La chapelle de la Vierge a esté construitte dans l’année dont moy curé de ce lieu ay donné cent livres. Et le quatorze aoult on y a mis une contretable payée par moy curé de ce lieu, qui coûte cent six livres, en mil sept cent trente neuf.
Saint-Quentin-les-Chardonnets, 30 août 1739

Le trente aoult mil sept cent trente neuf, les pommes du simetière ont estés vendues à Pierre Masson trente deux livres.

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1740    Clairefougère  61800     Accident mortel au moulin.

Le vingt deux iesme jour de juin aud(it) an 1740, le corps de Claude Roger, décédé d’hier par un accident où il perdit la vie subittement dans le moulin de Laingrie, parroisse de Montsecret, étant munier de profession, aagé de dix huit ans ou environ, fils Noël de notre parroisse, a été inhumé dans le cymtière de ce lieu, veu la permission obtenuee de monsieur Durui…, bailly de Condé, du consentement du sieur procureur fiscal dud(it) Condé et du consentement de monsieur le prieur de Montsecret par monsieur Dupont son vicaire, aux présences de Jacque Lucas et Jacque Lemarchand, tesmoingts. J. Lemarchand J. Lucas F. Lemarchand

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1741    Saint-Jean-des-Bois  61800     Épidémie.

Avertissement.

Dans cette année, la dissenterie a été en cette parr(oisse), et c’est la raison pour laquelle on trouvera dans ce registre quelques personnes décédées et inhumées le m(êm)e jour.
C. Thoumin


Source: Saint-Jean-des-Bois, fin 1741 Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1741    Briouze  61220     Déclaration de grossesse, une servante abusée.

Aujourdh'hui vingt huit juillet mil sept cent quarante et un s'est devant nous présentée Marie Perrine native de la paroisse de Montreuil cy devant servante de René Fauvel fermier de Guinard lequel ayant abusé de la dite Perrine a engagé sa mère de la mettre hors de chez elle après l'avoir trompée. La dite Perrine pour satisfaire à la déclaration du roi .......en conséquence nous a requis de recevoir la déclaration que le dit Fauvel l'a tourmentée et forcée chez lui et qu'elle est devenue grosse de ses oeuvres étant actuellement sur le cinquième mois ce qu'elle a affirmé en son âme et conscience la dite affirmation faite en présence de Maitre Jean Paris, prêtre, vicaire de Briouze, de François Foucault, de Christophe Bellet, de Jacques Foucault qui ont signé avec nous curé de Briouze
5 signatures et la marque de Perrine


Une fille nait et meurt le 27 septembre suivant

Texte déposé par Jean-Pierre Bréard
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1742    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Percement dans l'église.

Le deuxe jour d’octobre en cette année mil sept cent quarante deux a été percé le gable de l’Eglise de N.e D. pour y faire une grande porte avec un escalier.

Source: Notre-Dame-de-Tinchebray, fin 1742 Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1742    Moncy  61800     La grosse cloche de Moncy a été bénite.

Le vingt un ieme jour de may mil sept cents quarante deux, la grosse cloche de Moncy a été bénite par Me Pierre Huard, pbre, curé du dit lieu de Moncy, et a été nommée Louise par Messire Charles Anthoine Henry de Marguerie, chevalier, marquis de Vassy, seigneur et patron du dit lieu de Vassy, Moncy, Clerfougère, Reviers et autres lieux, colonel de la Capitainerie, garde côte de Bernières, et de noble dame Louise de Montecler son épouse.

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1743    Saint-Jean-des-Bois  61800     Beaucoup de monde à l'inhumation du curé.

Du neufe mars mille sept cens quarante et trois.

Me Michel Courtouault, p(rê)tre, curé de cette parr(oisse), décédé d’hier après avoir reçu avec une édifiante piété les s(aint)s sacremens de pénitence, eucharistie et extrême-onction , âgé de cinquante ans ou viron, a été inhumé dans le cimetière de ce lieu comme il l’avoit désiré, par Me Claude Michel Turpin, chanoine prieur, curé d’Yvrande, accompagné de Mes Gilles Théot, curé de Tinchebray, Michel Hus, curé de St-Christophe, Mr Guillouet, curé de St-Pierre, Mr Le Moine, curé de St-Quentin, Mr Roullier, prieur de St-Cornier, Mr Garnier, curé de Beauchêne, et plusieurs p(rê)tres, en présence de Michel Fleury et Jean Moullin de cette parr(oisse), témoins signés, un mot rayé.

C.M. Turpin J. Onfray J. Moullin
M. Fleury C. Thoumin vic. desservant


Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1748    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Cette année est remarquable à la paroisse par plusieurs endroits.

Notre-Dame-de-Tinchebray, décembre 1748

Cette année est remarquable à la paroisse par plusieurs endroits.

1°. Il a été placé en l’église St-Rémy … le Christ que l’on y voit, avec les stales des deux côtés. Avant, il y avoit en la place une vielle balustrade des plus indécentes. Le lutrin de la d(ite) église est du même marché, mais il fut fourni dès l’année précédente.

2°. A l’église Notre-Dame, on a détruit totalement le chœur pour le faire dans la forme où il est. Pour cet effet on a aussi ôté deux piliers de pierre qui étoient de c… côté entre le chœur et les chapelles et qui formoient deux arches tout à fait oposées en la lumière, par ce moyen on a réuni le lambri des d(ites) chapelles avec celuy du chœur, au lieu qu’il y avoit avant une séparation formée par deux murs de pierre élevés sur les d(ites) arches. On dira peut-être qu’on auroit dû faire le chœur de la largeur de la nef, tant à cause du coup d’ic… que pour rendre la couverture uniforme, à quoy on répond qu’il auroit fallu perdre la contretable du grand autel. Laquelle par ce changement seroit devenue trop petite en largeur à joindre qu’il auroit fallu reculer aussi deux des murs des d(ites) chapelles pour avoir une largeur égale, en les poussant vers l’Orient (?), parce que aussi on se seroit mis dans la nécessité de perdre la sacristie pour donner au chœur une longueur proportionnée à la largeur, et pour faire de pareilles choses, il en auroit coûté considérablement plus que le trésor n’est en état de fournir. Ce long travail que l’on a fait à cette église a été cause que tout l’office paroissial a été fait dans l’église St-Rémy pendant un temp considérable. On y a célébré le mariage du nommé Renault avec la nommée Basin, on y a fait l’acquit des fondations, célébré les services des défunts et déposé les corps avant la sépultures, le tout sans préjudice du règlement de M(onsei)gneur l’evêque de Bayeux pour l’office divin dans ces églises, que l’on trouvera à la fin de l’année 1735 ou 1736, lequel aussi est dûment registré au greffe de cette jurisdiction dans le même tems.

3°. On a poursuivi les héritiers des obitiers de 1720 pour le remploy d’amortissemens de plusieurs fondations qui manquoient, et on en a fait revenir pour la part de deux d(its) obitiers la somme de huit cens soixante dix sept livres onze sols huit deniers, sans parler qu’il en seroit encore dû autant pour deux autres parts égales. On espère se faire payer d’une sur les héritiers d’un obitier, qui ne paroissent pas insolvables, pour l’autre est désespérée parce que la succession de celuy qui la devroit fut abandonnée après la mort. On a toujours cru que ce défaut de remploy des deniers de ces fondations avoit été causé parce qu’un de ces obitiers qui étoit saisi des deniers ou billets des amortissemens les prêta imprudemment à un particulier, qui les m’a (?) quand il fut question de les rendre. Ce dix janvier mil sept cens quarante neuf.
C. Thoumin


Ce dix janvier mil sept cens quarante neuf, vu les lettres données par Monseigneur l’Evêque de Bayeux en date du six de mars mil sept cens quarante huit, signées Hugon vic. gen. par lesquelles il donne pouvoir à Me Jean-Baptiste Champion, prêtre dud(it) diocèse, d’administrer les sacremens et d’entendre les confessions des fidèles en cette paroisse Notre-Dame de Tinchebray, je soussigné Charles Thoumin, curé de la d(ite) paroisse, ay enregistré lesd(ites) lettres dans le présent registre pour y avoir recours en cas de besoin. En foy de quoy j’ay signé lesd(its) jour et an.

C. Thoumin


S’ensuit la teneur desd(ites) lettres Paulus d’Albert de Luynes [ensuit un court paragraphe en latin].

Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1749    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Jacquerie dans le canton.

Notre-Dame-de-Tinchebray, 31 décembre 1749

Un nommé Etienne Foucault de la paroisse de St-Quentin, s’étant avisé l’année dernière de contester au trésor et au fermier de la Coutume des foires de Tinchebray la perception de certains droits comme non portés par la pancarte générale de Normandie, qui sont trois sols par cheval, deux sols par bœuf ou vache, un sols par porc avec deux sols pour le langnage et six deniers par bête à laine, ayant même obtenu une sentence en vicomté contre les trésorier et coutumier, non obstant l’usage ancien et la justification que l’on faisoit de ces droits, vu qu’ils sont portés par la pancarte dressée pour l’étendue du bailliage de Cotentin et ses anciens ressorts, dont Tinchebray en est un, en 1633, renouvelée par édit du roy en 1733, et que par les lettres patentes des foires dudit Tinchebray le roy accorde la perception de la coutume et de tous autres droits, profits et revenus tels et semblables qu’ils se perçoivent dans les autres bourgs et villes de la province de Normandie.

S.A.S. et nos églises, fortement laisées par cette sentence, on interjetta apel. Le 11e juin, lesd(its) trésorier et coutumier obtinrent du Sr de la Roque, lieutenant civil et criminel, sur une requête à luy présentée, une sentence provisoire pour percevoir ces droits en attendant la fin du procès. Foucault s’en porta appellant à son tour, et l’affaire dévolue au parlement. Malgré les fortes sollicitations de Foucault et de tout le canton qui se souleva avec luy, Foucault a eu la honte de voir la sentence du Sr lieutenant confirmée, ses associés rejettés comme des rebelles ou mutins le vingt-sept mars dernier, et nous avons eu la consolation de voir la tranquilité renaître dans nos foires et d’avoir fermé la bouche à tous nos adversaires.

Car quoique l’arrêt ne juge que sur la sentence de provision, Foucault n’a pu poursuivre sur le principal, parce que la Cour n’y renvoye pas et parce que luy-même ni autre particulier n’y est pas recevable sur ce principe qui fut fortement gouté, ou pour le dire péremptoire à la Cour par la pancarte de 1633, registrée au Bureau des finances de Caen, il en du aux foires du bailliage de Cotentin les droits cy-dessus, et Tinchebray se trouvant faire partie de ce bailliage, ces droits y sont dus également dans les foires qui y sont établies, il n’est donc question que de sçavoir à qui ils sont dus, si c’est au roy ou à S.A.S. et nos églises. Si c’étoit au roy, ce ne seroit point à Foucault ni aucun autre particulier, mais au roy ou à son procureur général à nous demander pourquoy nous les percevons. Mais ce n’est point au roy qu’ils sont dus, puisqu’ils les a cédés par lesd(ites) lettres patentes à S.A.S. et à nos églises, lesquelles portent qu’il cède la coutume et tous autres droits, aussi le roy ne nous les a-t-il jamais contestés. Ce dr décembre 1749.
C. Thoumin


Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1750    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     Grands travaux.

Notre-Dame-de-Tinchebray, décembre 1750

Dans cette année on a refait à l’entier la charpente de la chapelle Ste Margueritte. Le lambry, la vitre qui est vers la cour, on en a fait autant à la chapelle Ste Anne en les rendant conformes et les unissant du lambris avec le chœur. On a aussi commencé des ouvertures à la nef de la même église Notre Dame.
C. Thoumin


Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1751    le Menil Erreux  61500      La récolte ne va pas à un tiers d'année commune.

Dieu a voulu lui même fournir à son Peuple le moyen de gagner des indulgences, aux Riches en rachetant leurs péchés par l'aumône, aux Pauvres en les expiant par la faim qu'ils ont dû souffrir avec résignation à Sa Sainte Volonté. Le froment vaut actuellement quatre livres dix sols le boisseau- mesure d'Alençon, cette disette a été causée par les pluyes continuelles depuis la fin de février jusqu'aujourd'huy. La première gerbe fut apportée à ma grange le vingt du mois d'aoust, et la dernière le trente et un octobre. La récolte ne va pas à un tiers d'année commune. Le peu de foin qu'on a reccueilli ne vaut pas de bonne paille_

Source: Extrait des Registres Paroissiaux de Menil Erreux, Baillage d'Alençon- 1751
Texte déposé par Françoise Magnet
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1760    Clairefougère  61800     ...pour satisfaire aux arrest et déclaration du roy...

Le 9ieme jour d’avril 1760 s’est présentée Gillet(te) Marie, fille de Guillaume et de Catherine Laisné, devant nous, prêtre curé de ce lieu soussigné, laquelle pour satisfaire aux arrest et déclaration du roy nous a passé sa déclaration d’être grosse de viron six mois et demi, en présence de Jean Anguer et Philbert Yvert, qui ont signé.
J. Anguiere Philber Yiver Le Sueur


Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1761    Saint-Cornier-des-Landes  61800     Les dangers d'une charbonnière.

Le dix huit janvier 1761, main levée obtenue des gens du roy, le restant du corps de François Amiard de la paroisse de Champsegret, âgé d’environ 35 ans, brûlé en faisant du charbon, a été enterré dans le cimetière de ce lieu par nous ssgé … Pierre Garnier, prêtre, et Jean Bertout, diacre.
Garnier


Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1761    Saint-Clair-de-Halouze  61800     Dix ans et déjà à travailler dans une mine!!!

Le jeudy premier jour de 8bre 1761, le corps de François Hergault, âgé de dix ans, fils François, a été écrasé lundy dernier ver trois heures après mydy dans une minierre proche le vieu fournau en cette paroisse, la main levée de Mr le lieutenant criminel de Vire signée de luy et du procureur du roy ne m’étant point parveneue par la faute du sergeant de Flers, veu la corruption du cadavre ins… m’ayant été certifié par Thomas Champain et Jacque Pesrine avoir veu et entendu lir lad(ite) main levée, ce qu’ils vons signer, je lé inhumé dans le cymetierre de ce lieu en leurs présence, et quantité d’autre.
T. Champain J. Perrinne Lasne curé


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1763    Notre-Dame-de-Tinchebray  61800     bénédiction de la chapelle des prisons royalles de ce dit lieu...

Le jeudy vingt quatrième jour de mars mil sept cent soixante trois. En vertu de la permission donnée par Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissime Pierre Julle Césard de Rochechouard, évesque de Bayeux, nous, Félix Anthoine Gesdon de Beauchesne, curé de Notre Dame de Tinchebray, avons au nom de son Altesse Sérénissime Monseigneur le duc d’Orléans, de la réquissition du sieur Cauvigny de la Rosière son receveur général au conté de Mortain, stipulé et représenté par Adrien Michel Pitot, greffier et son receveur en la châtellenie de Tinchebray, fait solemnellement la bénédiction de la chapelle des prisons royalles de ce dit lieu de Tinchebray, sous l’invocation de saint Louis.

En présence de M(aî)tres Rober Bunot, chapellain, Gabriel Lepetit, vicaire de Tinchebray, Julien Dufay et Pierre Hurel, p(rê)tres, de Jean Jacque Guillouet, S(ieu)r de la Guionnière, lieutenant civil et criminel, de Jean Robert Guillouet, conseiler du roy, ancien viconte, de Jacque Jean Duchesnay, conseiller du roy, son avocat et procureur, et du dit Pitot, soussignés.
P. Hurel Bunot chapellain Lepetit vic. Dufay ptre
Guillouet J. Guillouet Duchesnay
Guesdon de Beauchêne c. de Tinchebray


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1765    Saint-Roch sur Egrenne  61350      Baptisé sur la main.

        Le quatorze juin mil sept cent soixante cinq à été inhumé un enfant male dans le cimetière de cette paroisse d'antoine Cousin et de Siméone ( ) ses pères et mères lequel enfant a été baptisé étant encore avec la mère et ayant seulement la main et le bras sorti ( ) A l'enfant paraissant alors vivant ainsi qu'il nous l'a été attesté par charle pavi chirurgien qui a accouché la mère et par francoise (mathi) femme de jean chovin qui ont signé et marqué avec nous prêtre vicaire soussigné qui ai fait l'hinumation.

Source: BMS de la paroisse de Saint-Roch sur Egrenne
Journal d'information du C.G.H.C.L. N° 32, pp.57



1773    Montsecret  61800     Certainement beaucoup de dévotion pour ses ouailles chez ce curé.

Le vingt neuf may 1773, nous, prieur de Montsecret soubsigné, avons fait la nomination soubs le nom de Ste Hyacinthe de la grosse cloche que nous avons donnés à l’Eglise, que nous avons aussy bastie de fond en comble. En reconnoissance, je supplie très humblement tous mes successeurs d’avoir la charité de faire pour moy un service ou du moins une basse messe tous les ans à perpétuité le jour de mon décès, et d’en avertir les paroissiens, et si Dieu me fait miséricorde, je priray pour eux en paradis. Amen.
Hyacinthe Ledresseur, prieur curé de Montsecret.


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1775    Saint-Pierre-de-Tinchebray  61800     la grose cloche de cette églisse a été bénite par noble discrète personne

Le mardi quatrième jour du mois de septembre l’an mil sept cent soixante quinze, la grose cloche de cette églisse a été bénite par noble discrète personne Charles François Le Boucher, curé de ce lieu, et nommée Marie Jeanne Antoinette par noble dame Marie Jeanne Antoinette de Ste Marie, épouse de Messire Charle Pierre Nicolas du Chatel, écuyer, seigneur et patron de laditte paroisse, assistée de Louis Antoine Alexandre du Chatel, écuyer, par procuration au lieu et place dudit Messire Charle Pierre Nicolas du Chatel. En présence de Messire J(ac)que Antoine Le Bret, écuyer, de cette paroisse, de Maître Charle Le Roy, prêtre chapelain des Genesté, de Gabriel Jean Evangéliste de Freval de Freval, écuyer, seigneur de Fresne, de Louis Auvray, vicaire.

du Chate de Ste Marie de Freval de …
C. F. Le Boucher curé Lebret Auvray vic…


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1776    Moncy  61800     Mort d'un laboureur dans une carrière ??? Corvée de routes ???

Le saize juillet mil sept cent soixante saize, le corps de Jacques Patard, laboureur demeurant à Bernière-le-Patry, trouvé mort hier au Buisson dans une carrière de pierre où il avoit été englouti par un écroulement, a été inhumé dans l’église par nous curé et vicaire soussignés, après la permission à nous donnée par Mr Trolley, bailly de Vassy, portée au procès-verbal de la levée dudit corps, fait par lui ce matin. Lad(ite) inhumation faitte présence de Louis Lebarbier et de plusieurs autres.
J. Corbe curé L. Lebarbier J. Moulin vic.


Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1780    Mardilly  61230     de crainte qu'il n'arrive mal au fruit dont elle est enceinte...

L'an mil sept cents quatre vingt le mercredi dizième jour de mai, à Gacé en notre hôtel, devant nous Nicolas Dutocq, avocat au Parlement, Bailli haut justicier de Gacé, Conseiller du Roi, Juge gruyer dudit lieu, assisté de notre greffier ordinaire, auquel nous avons réïtéré Le Serment en tel cas requis, s'est présentée devant nous Marie Prudhomme originaire de la paroisse de Gamesle et demeurant en celle de Mardilli Laquelle nous a déclaré être enceinte de sept mois Des oeuvres de Jean Move, demeurant en ladite paroisse de mardilly, son maître, de laquelle déclaration nous lui avons accordé acte d'Elle pris et reçu Le serment en tel cas requis de dire Vérité, laquelle a promis faire ce ce qui enjoint de Se Bien gouverner de crainte qu'il n'arrive mal au fruit dont elle est enceinte et a déclaré ne savoir signer... Extrait du Registre Paroissial de Mardilly 61

Source: Extrait du Registre Paroissial de Mardilly.
Texte déposé par Françoise Magnet
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1782    Montsecret  61800     Inhumation du chanoine, dans un coffre de plomb.

Le samedy vingt quatrième jour d’août mil sept cent quatre vingt deux, le corps de maître Hiacinthe Le Dresseur, chanoine régullier de l’ordre de saint Augustin, prieur curé de cette parroisse, décédé du vingt deux dit mois, après avoir reçu dans sa maladie les sacrements de pénitence, eucharistie et d’extrême onction, âgé d’environ quatre vingt quatre ans, a été inhumé dans l’église de ce lieu, proche l’autel du côté de la chapelle St Roch, dans un coffre de plomb, vertu de la permission obtenue de Monseigneur de Bellebeuf, procureur général au parlement de Rouen, en datte du vingt deux juillet de l’année mil sept cent quattre vingt deux; laquelle permission est demeurée attachée au registre. La ditte inhumation faite par discrette personne Jean Brisset, curé de la Bazoque, doyen de Condé-sur-Noireau, aux présences de Messieurs Le Révérend, curé de St-Germain-du-Crioult, Buffard, curé d’Entremont, Vautier, curé de Fresnes, Montembault, curé de Landisacq, Rabache, vicaire d’Entremont, Pigault, vicaire de Rully, Vallée, curé de Rully, Seigneur, Hurel, prêtres de Tymchebray, Le Petit, prêtre de St-Quentin, et plusieurs autres soussignés.

Montembault C. de Landisaacq Moulin vic. de Fresnes
C. F. Vaultier curé de Fresnes Buffard curé d’Entremont
Galland diacre Brisset curé de la Bazocque doyen de Condé

Et à l’instant, nous avons constitué Mtre Anselme Jamet, ci-devant vicaire de la ditte paroisse, desservant sous le bon plaisir de Monseigneur, et Mtre Pierre Jamet … de la paroisse de Fresnes pour vicaire, lequ… ont accepté ce dit jour et an que dessus, et signé avec nous.

Jamet desservant Brisset curé de la Bazocque doyen de Condé
Jamet


Texte déposé par Emmanuel Hamel
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1783    La Ferté Macé  61600     Le soleil et la lune, étaient rouges comme le sang...»

Voici la transcription d'une note intégrée dans les actes paroissiaux de la Ferté Macé, année 1783, année de naissance de l'arrière arrière grand-père de mon épouse, le 29 juin 1783;

Tout d'abord la retranscription habituelle d'une naissance familiale :

l'an 1783 le vingt neuf juin, a été par nous prêtre vicaire soussigné, baptisé Pierre, né de ce jour sur les dix heures du matin du légitime mariage de Nicolas Lefèvre et de Marie Gautier mariés en cette paroisse il y a environ dix ans. Ont été parrain le sieur Guillais du Taillis, marraine Renée Louise Cécile Roussel, première sabotière Renée Roussel
J.Y Chaloux (prêtre vicaire) et Guillais du Taillis.


Jusqu'à présent, rien qui ne soit d'une banalité ordinaire. Toutefois, j'ai continué à feuilleter les pages de cette liasse et suis tombé sur la dernière note qui conclut l'année 1783, le curé Chaloux note la remarque suivante :

*« Depuis environ le vingt-deux ou vingt-trois juin jusque vers le milieu du mois d'octobre de l'année mil sept cent quatre vingt trois on a remarqué dans l'air souvent pendant plusieurs semaines des brouillards sur qui les physiciens de notre temps appellent brouillards électriques qui ont beaucoup obscurci l'atmosphère et qui nous dérobaient les rayons du soleil et de la lune deux ou trois heures après leur lever et autant après leur coucher. Le soleil et la lune, pendant que les brouillards ont régné, étaient rouges comme le sang, au matin et au soir.» *

L'explication est à découvrir dans l'histoire scientifique et géographique de notre terre! M. le Curé de la Ferté ignorait qu'une éruption considérable avait eu lieu en Islande le 8 juin 1783, celle du volcan Lakagigar. Il est dit par les vulcanologues que cette éruption, qui dura jusqu'en janvier 1784, fut la plus importante de toute l'histoire. Débutée en juin 1783, l'éruption du Lakagigar vit la Terre s'ouvrir en une gigantesque fissure de 25 km de long qui vomit la plus grande quantité de magma incandescent des temps historiques. Aujourd'hui, il reste une plaie béante aux lèvres boursoufflées de 115 petits cônes. L'éruption rejeta dans l'atmosphère des millions de tonnes de cendres, qui l'obscurcirent durablement et provoquèrent de graves famines jusqu'en Afrique. Il est remarquable que M. le curé Chaloux ait eu la présence d'esprit de noter les conséquences de cet événement, apportant ainsi sa contribution à la construction de l'histoire. L'histoire montrera plus tard, à la révolution, que ce saint prêtre usa de toute son intelligence et des liens de confiance qu'il avait su tisser avec le peuple fertois pour aider à la rédaction des cahiers de doléance.

Dernière remarque : Cette fameuse éruption provoqua en Europe entière des famines durables(baisse de plusieurs degrés de la température et conséquences sur les récoltes) Les livres d'histoire n'en parlent pas et ce phénomène a pourtant eu une influence non négligeable sur la psychologie du peuple à la veille de la révolution!

Texte déposé par Jean-Paul Mailot et Odile Lefèvre.
Sources : Image 128 et 143 du registre paroissial année 1783.
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1800    Ste Honorine la Guillaume  61210     Fusillé par les chouans.

Aujourd'hui trente nivôse huitième année républicaine à onze heures du matin pardevant moi Jacques Joseph Hébert agent municipal à la Commune Sainte Honorine La Guillaume canton de Putanges département de l'Orne élu pour recevoir les actes destinés à constater la naissance et décès des citoyens sont comparus à mon bureau Louis Macé propriétaire, agé de cinquante deux ans et Jean Besnard journalier agé de trente cinq ans, témoins, domiciliés en la susdite commune lesquels m'ont déclaré que le citoyen Georges Ambroise Legrix, agé de quarante ans fils de Jean et Marie Vaudorne de la susdite commune vient d'être fusillé sur les neuf heures du matin par les brigands de chouans au bourg de la Forêt Auvray étant à la défense de la patrie en qualité de Capitaine de la Compagnie d'élite de la commune Sainte Honorine la Guillaume et après avoir été déposé par ses soldats chez les citoyens Jacques et Alexandre Coupigny cabartiers au bourg de la Forêt, il y est décédé sur les dix heures du matin. D'après cette déclaration, je me suis sur le champ transporté au lieu de ce domicile et j'ai rédigé le présent acte que les dits témoins ont signé avec moi. Fait au bureau de l'agent municipal de la Commune de Ste Honorine la Guillaume le jour et an ci dessus

Texte déposé par Jean-Pierre Bréard
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1809    Mortagne-au-Perche  61400     Combustion humaine spontanée.Un phénomène rare de la nature humaine.

Le troisième jour de juin mil huit cent neuf, par devant nous maire et Officier de l'état civil de la ville de Mortagne, département de l'Orne, sont comparus René Mariette et Joseph Roussel, marchand chappelier, qui nous ont dit être voisins de la deffunte, lesquels nous ont déclaré que ce jourd'hui à neuf heures du matin, Marie-Louise GOBILLON, âgée de soixante quinze ans, femme veuve de feu Nicolas LAURENT, est décédée en son domicile en cette ville, rue des Mercières, par accident extraordinaire du feu qui a réduit la majeure partie de son cadavre, (*) dont procès-verbal en a été dressé par le juge de paix et officier de police et dont copie est annexé à la présente, et ont les déclarans signés avec nous le présent acte après lecture faite."

(*) à cet endroit, un rappel nous envoie au bas de l'acte où est noté : "en cendre."

Cet acte de décès n'est pas anodin ! La partie soulignée nous montre que ce décès n'en était pas un comme les autres... il sort même du commun !

La mairie de Mortagne-au-Perche nous a aimablement fait parvenir copie conforme de cet acte, mais il semble que le procès-verbal dont il est question n'y soit pas joint. Sans doute est-il classé ailleurs.

Quoi qu'il en soit, les Annales Périodiques de la ville d'Orléans de 1809 nous permettent d'en savoir plus. Voici ce qu'elles relatent :

Alençon, 6 août 1809.
Un évènement très remarquable a eu lieu à Mortagne il y a deux mois.Une marchande de cette ville, veuve et âgée de 72 ans (nb : l'acte stipule 75), nommée LAURENT, a été trouvée le 3 juin au matin, réduite en cendres à peu de distance de son foyer.Un flambeau qui était auprès d'elle paraît être la cause de l'incendie qui l'a dévorée. Cette femme, adonnée à l'ivrognerie depuis longtemps, faisait un grand abus d'eau-de-vie, et venait d'en boire le quart d'un litre lorsqu'elle a été victime de son intempérance.On n'a trouvé de cette malheureuse que les ossements de la tête, la jambe gauche et l'extrémité du pied droit, qui ne fussent pas réduits en cendres.Il ne restait des autres parties de son corps qu'une poussière fétide et une sorte de charbon léger, spongieux et cassant.Tout a concouru à prouver aux magistrats que personne ne s'est introduit chez la veuve Laurent, et il n'est pas moins certain que le feu qui l'a consumée, allumé par une cause extérieure, a trouvé dans les éléments alcoholisés (sic) de son corps, un aliment interne de combustion suffisant pour le réduire en cendres.Ces accidents fâcheux et extraordinaires, long-temps peu remarqués, ont été jadis désignés sous les noms de "combustion", "d'incendie" et de "déflagration".Bianchini, Scipion, Maffey, Paul Rolli, Le Cat, Vicq-d'Azyr, entre autres, ont écrit à ce sujet. Mr Lair, secrétaire de la Société d'agriculture, des arts et de commerce de Caen, a publié récemment sur cette matière, un traité fort bien fait, qu'il a intitulé "Essai sur les combustions humaines produites par un long abus des liqueurs spiritueuses".

Les actes de Copenhague, en 1692, l'Annual Register, en 1763 et 1773, les Acta Hafniensia, et l'ouvrage de Henri Bohanser, les Mémoires de la Société royale de Londres, le Journal de Médecine, tome 59, citent des faits qui prouvent évidemment,

1° que ce genre de combustion s'opère très souvent par le simple contact d'un flambeau, 2° qu'il n'a lieu que sur des femmes qui ont abusé de liqueurs spiritueuses, 3° que l'eau jetée sur le corps embrâsé ne fait qu'accélérer l'incendie, 4° que ce feu épargne souvent les vêtements et les objets voisins de la victime, et, 5° que la combustion de ces corps, comme dit Mr Lair, laisse pour résidu des cendres grasses et fétides, une suie onctueuse, puante et très pénétrante.

A beaucoup de faits cités par les auteurs dont on vient de parler, on pourrait ajouter les récits de plusieurs combustions, entre autres celles d'une femme Delaunay, libraire à Lisieux, il y a quinze ou seize ans, d'une femme Miquel, au Havre, en l'an 7, d'une femme Marguerite Dupré, d'Alençon, en l'an 8, etc...

Ces faits intéressants pour l'Histoire naturelle, ne doivent jamais être indifférents à la médecine légale."

nb : il est remarquable de constater cet ancien acte, mais, depuis lors, de plus amples investigations ont été faites sur d'autres cas de combustion dite spontanée; la quantité d'alcool nécessaire pour obtenir un résultat semblable serait de plusieurs litres, voire dizaines de litres ! Des scientifiques ont mis en évidence que c'est plutôt la matière grasse qui permettrait d'obtenir ce résultat, l'alcool n'ayant que peu ou pas d'influence.
Sous l'action du feu, la graisse se transforme en huile, les vêtements faisant office de sortes de mèches, et le corps peut alors se consumer presque en entier.
Ce que viennent corroborer les constats, la plupart des gens morts de combustion spontanée étant de corpulence forte à très forte.
Attention, en ces temps de montée générale de l'obésité !


Texte déposé par Jean-Pierre BERNARD.
Sources :
- Annales périodiques de la ville d'Orléans, 6ème année, 2ème semestre, n° 587, paru le mercredi 16 août 1809, p. 121-122.
- Etat civil de Mortagne.
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