LOIRET





1448    Orléans  45000      Interdiction des charivaris.

1448 – Pierre BUREAU, évêque d’Orléans, dans l’année de sa nomination, et conformément à l’article 9 du Synode tenu à Tours par l’archevêque de cette ville, Jehan Diénon, pour la réforme des mœurs, « défend de faire devant les portes des personnes veuves qui se remariaient, des safreniers (ivrognes), des banqueroutiers, de ceux qui se laissaient battre par leurs femmes, aucunes assemblées, huées et sonneries, par dérision, avec battements de bassins, poêles, chaudrons, cloches et choses semblables, qu’on appelait « charivaris » ; comme aussi de mener ces personnes dans un chariot branlant, ou sur un âne à reculons, ayant une mitre de papier peint sur la tête, de les élever sur une échelle pour les exposer quelques temps aux regards du public, et de leur faire entendre les moqueries, discours et chansons satyriques que l’on faisait contre eux, de les appeler « mitrés », le tout à peine d’excommunication et toutes autres arbitraires, à la volonté de l’évêque. »



Texte déposé par Jean-Pierre BERNARD.
Source: Sources : Bull. SAHO, médiathèque Orléans.

Lui écrire





1659    Saint-Jean-de-Braye  45800      "si mesme malheur arrivoit, l’expérience qui est infaillible seroit de règle en ce que l’on devroit faire"

Rendons un petit hommage aux représentants de la profession vinicole, par quelques lignes inscrites dans les registres paroissiaux en 1659, par le curé Pasquier, qui mettent bien en relief la dureté de la vie de ces travailleurs de la terre :

« J’ay escrit dans le registre des morts la gelée générale des veignes arrivées la nuict de Saint-Marc 1659 (le 25 avril), après laquelle quantité de bourgeois d’Orléans qui avoient des veignes dans le Val de Loire firent consultation et assemblée des veignerons pour sçavoir s’il falloit couper les veignes par le pied.

« La plus part furent d’advis de le faire, tellement que la plus grande party des veignes du Val de Loire furent couppées par le pied, lesquelles ne iettèrent pas de si beau bois ny de si bon pour l’année suivante, que firent celles qui ne l’auroient point esté, comme celles de Saint-Jean-de-Braye et plusieurs autres.

« J’ay voulu remarquer cecy, afin que si le mesme malheur arrivoit, l’expérience qui est infaillible seroit de règle en ce que l’on devroit faire. »

Texte déposé par Jean-Pierre BERNARD.
Source: Registre des décès – St. Jean-de-Braye, Loiret – 1659.

Lui écrire





1692    Patay  45310      Le ban des vendanges.

les habitants et les vignerons s'assemblent le 5 octobre

«...afin de prendre jour pour faire les vendanges de ladite paroisse de Pathay, à peine contre les contrevenans de payer l'amende qui sera portée par l'ordonnance de M. le bailly de Dunois.»

Source: La sociabilité villageoise dans la France d'Ancien Régime. J-P Gutton.




1692    Semoy  45400      Les loups sortent de la forest nuit et jour et tuent...

"Les loups carnassiers depuis trois ans sortent de la forest nuit et jour et tuent, blessent et dévorent les personnes de tout sexe et de tout âge qu'ils peuvent...Pendant le siège de Namur que le Roi prit avec bien de la peine et où assista Monseigneur Le Dauphin ,l'équipage de la Chasse aux Loups a laquelle se plaisoit extrêmement Monseigneur Le Dauphin vint au village de Sercottes pour chasser au loup. Il était composé de cent ou six vints (120) chiens et quarante chevaux avec les officiers en grand nombre. Ils y séjournèrent près de deux mois et en tout ce temps ne prirent que trois loups."

Texte extrait du registre de Semoy.
Texte déposé par Marie-Noëlle Loustalot-Gibert.
Lui écrire





1693    Saint Jean de Braye  45800      La Bionne sort de son lit.

20 avril 1693 "La petite rivière de Bionne autour de nos pastures et arrosant nos prés alloit se jeter dans la rivière de Loire vis à vis de la Charette Saint Loup, acheva de rompre les sables qui la séparoient de la rivière de Loire et se jeta dans la dite rivière entre les églises de Combleux et Saint Jean de Braye..."

Texte extrait du registre de Saint Jean de Braye.
Texte déposé par Marie-Noëlle Loustalot-Gibert.
Lui écrire





1698    Puiseaux  45390      Inondation

Le 19e Juin 1698 la ville de Puiseaux fut presque submergée par les crues d'une pluie et d'une nuée qui fondit là et aux (...) sur le soir. Il y eut près de 250 maisons abîmées et presque 60 personnes submergées. Les crues coulaient plus de six pieds de haut dans les rues et descendaient jusqu'au moulin de Chavier?; entre autre chose trois? charrettes chargées chacune de cinq (...) de vin qui étaient dans la cour du cabaret à Gadon? dans le faubourg...

Texte extrait du registre BMS d'AUFFERVILLE - 77.
Texte déposé par Christian Sourdaine .
Lui écrire Voir son site





1700    Senely  45240      Les maisons de mes paroissiens...

Les maisons, la plupart même de celles des gentilshommes, sont toutes basses et bâties de bois à grandes voies, torchées de boue, couvertes pour la plupart de chaume, ce qui engage à des réparations continuelles. Les habitants n'aiment pas les planchers (plafonds) élevés. Ils aiment à toucher de la tête aux poutres de leurs chambres, ce qui est d'une dangereuse incommodité aux personnes de ma taille. Ils donnent pour raison que leurs maisons seraient malsaines. Mais c'est un abus tout visible. D'autant que le pays étant extrêmement humide, ils devraient élever de terre le plus haut qu'il se pourrait leurs maisons et les ouvrir par de grandes fenêtres pour leur donner de l'air, au lieu qu'elles sont obscures et plus propres à servir de cachots à des criminels que de demeures à des personnes libres.

Texte extrait de "La vie conjugale sous l'Ancien Régime" François Lebrun Ed.Armand Colin.







1707    Gien et Orléans  45500        inondation du val de Loire

d'après une document relevé à Villeherviers (41)

06 octobre 1707

Les rivières de Loire, de Sauldre, de Cher, sont débordées toutes en même temps d'une manière extraordinaire, celle de Sauldre est venue jusqu'au rocher de mon jardin, celles de Cher et de Loire ont fait de très grands ravages, des hommes et des bêtes noyées, des maisons emportées, les ponts de Gien rompus, le faux bourg du port, le coeur d'Orléans est inondé aussi tout le val de Loire.

C. GALLUS        Curé de Villeherviers.


Texte déposé par Jeannine Lemaire.
Relevé dans les registres paroissiaux.

Lui écrire





1707    Mareau aux prés  45370      Inondation de la paroisse.

"L'an 1707 le 7ième octobre vendredi la rivière de Loire rompit la levée à Mareau en sept endroits et inonda toute la paroisse par moy curé soussigné le 13 octobre 1707"

Texte extrait du registre de Mareau aux prés.
Texte déposé par Marie-Noëlle Loustalot-Gibert.
Lui écrire





1709    Mareau aux prés  45800      Gel et inondations.

"Le 14 juin 1709 est arrivée la seconde inondation qui s'éleva huit pouces au dessus des grilles du cimetière et se fit une ? depuis le commencement de mon jardin jusqu'au delà de la grande maison. Cette année les blés, les noyers, les guigniers furent gelés...."

Texte extrait du registre de Mareau aux prés.
Texte déposé par Marie-Noëlle Loustalot-Gibert.
Lui écrire



1721    Rouville (Malesherbes)   45330      Réconciliation après la pollution du cimetière.

Aujourd'hui vingt huit de mars environ neuf heures du matin l'an mil sept cent vingt et un j'ai esté présent et assisté à la réconciliation de la bénédiction du cimetière de l'église de Malesherbes faite par Mr le François curé pollu (pollué) par deux ivrognes dont l'un s'amusa à faire sa prière vers minuit sur la fosse de sa belle soeur, et un d'entre d'eux jesta une pierre qui cassa la teste a celuy qui faisoit sa prière dans le cimetière dont il y eut beaucoup de sang repandu sur la fosse et partout, ce qui rendit la matière grave fut que le blessé porta sa plainte criminelle en la justice.
Maslon, curé de Rouville.


Texte déposé par Robert Davoine.
Relevé dans les registres paroissiaux.

Lui écrire Voir son site



1726    Ferrières   45210      Aurore boréale à Ferrières

Le 19e Octobre 1726 à six heures du soir il faisait très noir comme il devait faire, le soleil se couchant à 5h 17 minutes et la lune ne devant s'élever qu'à minuit et sur les 7 heures et demie le dit jour 19e Octobre au soir il parût l'endroit où s'était couché le soleil une espèce d'arc-en-ciel qui se terminait où la lune devait dans son temps se lever. Le centre de cet arc était le septentrion et il sortait de cet arc des fumées blanches et resplendissantes; enfin, sur les 9 heures, l'on vit l'hémisphère septentrional tout rempli de flammes et tout le ciel en feu; dans bien des paroisses les curés trop faciles accordèrent à leur peuple de porter en procession le saint Sacrement. Ici quelques personnes se lamentèrent et parlèrent très fort de la fin du monde. Ce phénomène dura jusqu'au lever de la lune. MM. de l'observatoire n'ont rien dit; tout le monde attend leur raisonnement sur cette apparence de feu; ce qui est sûr est qu'on attribuera et on fera signifier les choses qui arriveront à ce phénomène

Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Christian Sourdaine .
Lui écrire Voir son site



1726    Corbeilles en Gâtinais   45490      

1726, le 19 octobre est apparu sur le soir un affreux phénomène, semblable à des flammes de feu qui semblaient vouloir consumer la France depuis le couchant jusqu'à l'orient.

Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Yves de Tarade .

Lui écrire



1726    Sceaux-du-Gâtinais  45490      Concernant l'aurore boréale de 1726.

Samedi dernier, 19 octobre 1726, fête de la Saint-Savinien, depuis sept heures du soir jusqu'à minuit et plus, il a paru une ligne au ciel qui occupait la moitié de notre horizon. Quoique le lune ne dût se lever que vers les deux heures après minuit, on voyait néanmoins aussi clair que si elle eut éclairé la terre. Depuis le soleil couchant et environ jusqu'au soleil levant, et environ du côté de Courtempierre, on ne voyait que des petits éclairs blancs. Il se formait que des traits tantôt "briant" et tout d'un coup comme blancs, d'autres de couleur de feu toujours accompagnés de petits éclairs tremblottants, qui tenaient comme j'ai dit la moitié de l'horizon, du côté de Mondreville. Tout le peuple fut épouvanté et croyait que c'était la fin du monde, plusieurs pleuraient et personne n'était fort.On sonna les cloches partout et à minuit on fit des prières à l'église en plusieurs paroisses.S'il est permis de tirer des conjectures sur ce signe, mon sentiment est que cela se voit le jour de Saint Savinien et Saint Potentin qui ont été les premiers de Rome en France pour annoncer l'évangile. Dieu nous fait connaître par là que la France n'avait point la soumission divine à l'église romaine et s'écartait de la sainte doctrine que les grands saints ont employé. Pour moi je me soumets en tout à l'église romaine. MEUNIER, curé de Sceaux

En marge le prêtre ajouta ces quelques lignes :

Le signe ayant paru dans toute l'Europe, ma réflexion ou conjecture n'est point recevable et je la "retraite".

Texte extrait trouvé dans le Gâtinais Génalogique Bulletin N°3-juin 1992.
Texte déposé par Christian Sourdaine .
Lui écrire Voir son site


Observation : "Renseignement pris auprès de l'Observatoire de Meudon, ce phénomène correspond à la grande aurore boréale de 1726, visible jusqu'à Cadix au sud de l'Espagne et à Rome en Italie."

Pour information: d'autres annotations dans les BMS du Loir et Cher, de Haute-Marne, de Haute-Saône, de Saône-et-loire et de la Sarthe retracent ce phénomène Vous pouvez prendre connaissance de ces textes dans les départements concernés.
41      52      70      71      72      89     


1743    Ferrières   45210      Année de gel et invasion de chenilles à Ferrière

Le Dimanche d'après Noël 29 Décembre 1743 à cinq heures du soir il a éclairé et tonné trois grands coups, ce en plein été (soleil). Le nuage était au midi. Le lendemain il gelait à pierre fendre et cette gelée continue encore aujourd'hui 10 Janvier 1744.
Elle a continué pendant trois mois avec des jours de faux degré de givre et cependant aujourd'hui, malgré ces temps fâcheux qu'il a fait de depuis le mois de Septembre où les gelées ont commencé, les haies et arbres fruitiers qui étaient pleins des paquets ou fourreaux de chenilles n'ont point laissé que de subsister de manière qu'aujourd'hui Premier Mai 1744 elles fourmillent partout; elles se jettent même aux bourres des vignes qu'elles percent et il est à craindre que ne trouvant plus de feuilles sur les arbres et haies elles ne dévorent tout.
Aujourd'hui 5 Mai 1744 nous avons fait la procession, station à Saint-Lazare et sur la hauteur de Biragle. Nous avons fait l'exorcisme contre les chenilles en suivant tout ce qui est marqué dans le Rituel p.322.

Texte extrait du registre BMS.
Texte déposé par Christian Sourdaine .
Lui écrire Voir son site







1759    Montbarrois  45340        Futures récoltes de vin de messe.

En 1759 j’ay fais planter dans le clos cinq cartier de vigne, scavoit un demi arpand et cinq perches en vignes blanches dite gros melier vis a vis Le carré, un cartier de raisin noir pres le cadran , et 42 perche y tenant de noir aussi plus j’ay fait faire la porte d’entrée de la maison en Beau Bois de chesne plus j’ay fais curer les fossés qui environnent la Bascour et la grange jusqu’à la porte St martin lequel ouvrage a duré depuis le 4 aoust de cette presante année jusqu’au neuf janvier 1760
Signature : fischer chan(oine) regul(ier) de l ordre de la Ste trinité présent curé de cette paroisse

Source : Archives du Loiret 1MiEC209 GG5-7-R2
Texte déposé par Gisèle Lameth.

Lui écrire






1760    Loury  45470        Anecdotes climatiques.

"le quatre juin 1760 sur les six heures du soir est tombée pendant une demi heure une grosse grêle accompagnée du plus furieux orage qui a perdu une partie de la paroisse"

"le cinq juillet sur les sept heures du soir est survenu un orage accompagné d'une pluie et de grêle, dont la violence a été telle qu'un grand nombre des plus gros arbres ont été déracinés ou cassés et que les toits de presque toutes les maisons ont été considérablement endommagés dans la paroisse avec les vignes et les fruits."

Texte déposé par Véronique Riffault.
Relevé dans les registres paroissiaux.

Lui écrire Voir son site







1770-1771    Boicommun   45340      "L'hiver de 1770 à 1771 a été très rude pour les pauvres..."

L'hiver de 1770 à 1771 a été très rude pour les pauvres à cause de grande cherté du pain et autres denrées. Les quêtes ordinaires ne suffisant point, M. Le prieur et Mme MARTIN, présidente et supérieure du bureau des pauvres ont fait une quête dans toutes les maisons et ont trouvé la somme de 154 livres 2 sols et 9 deniers.

Texte déposé par Gisèle Lameth.
Source : Archives du Loiret 1Mi EL 35- GG 9-12 R3

Lui écrire






1774    Montbarrois  45340      Accident de chantier.

Par ordonnance de Balin ( ?) rendue par Monsieur le lieutenant civil & criminel au Baillage royal de Boicommun du neuf septembre mil sept cent soixante quatorze s....... en son procès verbal de levée du corps du nommé antoine michau dit fricassé fils agé d’environ vingt quatre à vingt cinq ans compagnon maçon qui travailloit chez Jacques Galland charpentier et maçon audit Boiscommun Lequel michau qui travailloit le dit jour sur la couverture de la maison de charles Durand le jeune vigneron demeurant au Chesnay Paroisse de Montbarrois Est tombé deladite couverture aterre ou il est mort deladite chutte s’etant cassé le col, Il est permis a Monsieur le Prieur curé de la Paroisse de montbarrois d’inhumer et enterrer ledit antoine michau dans le cimetière dudit montbarrois
Signature : Baugeard, greffier

Le décès lui est très pâle :
« Antoine Michau fils d’Antoine Michau maçon et feue Jeanne ? maiasi ? de la paroisse de pio.... diocèse de Limoges agé d’environ 24 ans est inhumé le 10.09.1774 à Montbarrois Témoins : Silvain ... ?ainon, son père par alliance et Jacques Galland son maître maçon. »

Source : Archives du Loiret : 1MiEC209 GG5-7-R2
Texte déposé par Gisèle Lameth.

Lui écrire






1785    Boicommun   45340      Une pas trop mauvaise année dans l'ensemble.

"Cette année 1785 a été bonne pour les récoltes de blés et vins. L'hyver n'a pas été bien rude, mais long. Les plus grands froids ont été sur la fin de février et commencement de mars. Le mois de janvier a été si chaud que les abricotiers amandiers ont donné leurs fleurs et ont été gelés dans le mois de mars. Le printemps a été pluvieux dans son commencement sans chaleur, l'été a été très sec, d'une sécheresse rare sans grande chaleur. Il y a eu très peu d'orages dans (l'ensemble) les fruits rouges ont donné avec abondance. La moisson fut belle, beaucoup de blés et peu de pailles, les prés ont rien (donné) à cause de la sécheresse aussi on a jamais vu les foins et les fou(rrages) si chers. Le foin s'est vendu 40LL (1) le petit bottelage, la paille ?, les vieux grains ont manqués, aussi l'avoine se vend jusqu'à ? le sac. L'automne a été sans pluye jusqu'à la mi-octobre. On a fait les vendanges qu'à la St Savinien. Les vins sont abondants partout. Les poinçons (3) ont été chers : les neufs treize quatorze livres, les vieux dix onze livres - et les vins qui sont si abondants et d'une si médiocre qualité ne se vendent que 20 et 24 LL, encore les marchands ne les recherchent pas. Les fruits n'ont pas beaucoup donné. Il y a un peu de pommes mais point de poires. Le pain n'a pas passé 19 S (2) il a été pendant quelques temps à ? . Il est à présent à 18. "

(1) LL = livres(2) S = sol
(3) Poinçon = tonneau pour les vins et autres liquides

Texte déposé par Gisèle Lameth.
Source : Archives du Loiret 1Mi EL 35- GG 9-12 R3

Lui écrire






1788    Boicommun   45340      Cette année a été calamiteuse par l'intempérie des saisons et la cherté du pain.

" Cette année 1788 a été calamiteuse par l'intempérie des saisons et la cherté du pain. L'hyver a été pluvieux sans froid rigoureux, le printemps a été aussi pluvieux et froid dans son commencement, des gelées ont fait tort aux fruits d'été, surtout aux pruniers, abricotiers. L'été a été un peu pluvieux dans son commencement mais ensuite sec sans des chaleurs excessives, cependant beaucoup d'orages et qui ont causés des grands dommages. Il y en a eu un dans le mois de juillet qui a grêlé saccagé une partie de la Beauce, de la Brie et de l'Isle de France, la Picardie, l'Artois, une grande partie de la Flandre. La foudre etoit si considérable qu'elle a renversé des maisons, des ?, des clochets et des églises, des bestiaux et même des hommes ont été tués par des coups de grêle dont il y avoit des grains qui pezoient de deux livres ce qui est attesté par tous les papiers publics. Les fruits ont été assez abondans cerises et groseilles, point de fruits à gros noyau. La moisson a été très médiocre, de la paille, peu de grains, mais ? et secs. Les menus grains ont été plus abondans, orge et avoine. Par bonheur pour le Gâtinois, nous n'avons pas été endommagés par les orages qui ne se sont fait sentir que par des vens et des tourbillons ; il est cependant tombé un peu de grêle dans le mois de juin dans une partie de MONTBARROIS, SAINT LOUP, mais qui a causé peu de dommage. L'automne a été belle, sèche, les vendanges se sont faites à la fin de septembre : les raisins quoique mûrs n'étoient pas assez nourris de ch(aleur) ce qui fait que les vins ne sont pas d'une grande qualité pour la force, (ni) beaucoup colorés, on a recueilli environ quatre poinçons par arpent. On ne seait pas encore absolument quel en sera le prix ; on ne voit pas de marchands, quelques particuliers en ont vendu a 40 et 42 LL le poinçon. La fin de l'automne depuis le 24 Novembre a été d'un froid excessif. On a en FRANCE, le thermomètre est descendu jusqu'au huitième et demi degré au dessous de la congélation. Voilà desja six semaines que ce froid rigoureux continue et au commencement de 1789, la vigueur du froid est toujours aussi grande. Le pain depuis le mois de septembre a toujours augmenté toutes les semaines, le pain de 9 livres est à vingt S ce qui cause une grande misère avec le froid, sans débit de ses denrées que les journaliers puissent travailler, aussi le nombre des pauvres est grand et dans de grandes souffrances. Le froid et la faim sont de grandes calamités. Il n'est pas tombé d'eau depuis la mi septembre."


Pour visionner l'étendue des dégats provoqués par ce célèbre orage de 1888 suivez ce lien


LL = livres S = sol
Poinçon = tonneau pour les vins et autres liquides

Texte déposé par Gisèle Lameth.
Source : Archives du Loiret 1Mi EL 35- GG 9-12 R3

Lui écrire


1789    Montargis   45200      Extrait du cahier de doléances de la noblesse de Montargis.

           Mais les Nobles réclament aussi le maintien de leurs privilèges: Nous déclarons ne jamais consentir à l’extinction des droits qui ont caractérisé jusqu’ici l’ordre noble et que nous tenons de nos ancêtres…Nous prescrivons formellement à notre Député de s’opposer à tout ce qui pourrait porter atteinte aux propriétés utiles et honorifiques de nos terres.






1791    Boicommun   45340      Solde positif.

" Il y a eu cette année 1791 à BOISCOMMUN 57 naissances, seavoir 31 de mâles et 26 de femelles, 8 mariages et 4 autres qui ont été publiés et célébrés dans d'autres paroisses, 46 morts, seavoir 7 de grands corps mâles, 9 de grands corps femelles, 19 de peit corps mâles et 11 de petits corps femelles. Ainsi le nombre des naissances excède celui des morts d'onze. "

Texte déposé par Gisèle Lameth.
Source : Archives du Loiret 1Mi EL 35- GG 9-12 R3

Lui écrire






1809    Orléans  45000        Une « réclame » de l’époque.

En 1809, on ne parlait pas encore de « publicité », et les médias télévisés, radio et autres n’existaient pas. Pourtant, on avait déjà, bien sûr, besoin de vendre, et de se faire connaître pour cela. Les « réclames », bien qu’assez peu nombreuses, figuraient dans les pages des publications diverses. En voici une :

Orléans - AVIS

Le sieur Baulu-Ragu, marchand, fabricant et blanchisseur de cire, successeur de M. Deloynes-Sarrebourse, rue Saint-Maclou, n°13, à Orléans, a l’honneur de prévenir ses concitoyens qu’il tient un assortiment complet de cire fabriquée.

On trouvera chez lui des bougies de table, première et seconde qualité, bougies à bougeoir, de cabinet, de poste, et à lanterne depuis 36 jusqu’à 144 à la livre.

Bougies à ressort pour les églises, bougies d’allume, bougies filées de toute espèce, en blanc, en jaune, et en citron ployé de diverses manières et de différents poids.

Cierges fins, flambeaux d’honneur pour les processions, flambeaux à quatre mèches, qu’il vend et loue au plus juste prix.

Il passera à 45 s. la livre les cierges et flambeaux de luminaire pour les convois et services, et tâchera toujours de répondre à la confiance des personnes qui lui feront l’honneur de s’adresser à lui pour tous les autres articles relatifs à son commerce.

Cet « avis » nous en apprend un peu plus sur tous les nombreux types de bougies, flambeaux, etc. que l’on fabriquait à cette époque… où l’électricité n’était pas encore inventée.

Texte déposé par Jean-Pierre BERNARD.
Source: « Annales périodiques de la ville d’Orléans », 6ème année, 2ème semestre, n°615, p.362, paru le mercredi 22 novembre 1809

Lui écrire







1813    Saint-Jean-de-Braye  45800        Gai ! Gai ! Marions-nous !

En l’an 1813, les armées de l’Empereur étaient un gouffre où les braves, grognards ou pas, tombaient plus que de raison.

On avait besoin de soldats, encore plus de soldats et l’autorité avait décrété des levées forcées. Tout homme devait y répondre. Cependant, le mariage l’en dispensait ; le moyen d’y échapper fut donc trouvé : il fallait convoler.

L’abbé Gravier, le curé d’alors, devait écrire sur son registre en ce mois d’avril :


Grande désolation par toute la France. On fait des levées forcées. Le mariage exempte du sort à compter du 5 avril compris 1813.
Il a été fait nuitamment 14 mariages devant l’Abbé Gravier. C’était une confusion générale dans notre église. Cela a duré jusqu’à minuit, point de publications de bans à l’église, point de confession, en un mot, un tumulte étonnant et hors du bon sens.

Texte déposé par Jean-Pierre BERNARD.
Source: Saint-Jean-de-Braye – 45800 - Registres paroissiaux – Année 1813.

Lui écrire







1852    Saint-Jean-de-Braye  45800        Aux urnes, citoyens !

Les 21 et 22 novembre 1852, on votait !

Des consignes furent envoyées aux Maires des communes du Loiret. A Saint-Jean-de-Braye, comme dans d’autres communes probablement, on reçut la directive suivante :

« Dernière recommandation : « Je suppose que dans votre commune, comme dans toutes les autres communes du département, les électeurs se rendront tous au scrutin des 21 et 22.
« Toutefois, s’il en était qui s’abstinssent de voter pour toute autre cause que maladie ou absence de la commune, je désirerais que vous me fissiez connaître les motifs présumés de leur abstention. Signé : Debussey. »

Monsieur le Préfet était bien indiscret !

Texte déposé par Jean-Pierre BERNARD.
Source: Orléans – 45000 – Archives Préfecture – 1852. Préfecture du Loiret, 1ère division, 1er bureau, vote des 21 et 22 novembre 1852.

Lui écrire







1905    Saint-Jean-de-Braye  45800        EN VITESSE... A 12 A L'HEURE

On relève dans la revue Le Chasseur Français, du 1er mars 1900 :
"Casse-cou ! ça va mal, ça va très mal : la vitesse exagérée de certains chauffards qui, prenant les routes de France pour des automobilodromes les brûlent à 50 ou 60 kilomètres à l'heure, soulève dans tout le pays un haro général et les plaintes de tous les côtés affluent au Ministère. Si bien que M. Pierre BAUDIN, Ministre des Travaux Publics favorable cependant à la cause de la locomotion nouvelle, ne se cache pas pour déclarer que si cet état de choses ne cesse pas et dans un avenir très proche, il sera obligé de prendre des mesures catégoriques : imposer par exemple aux constructeurs des dispositifs verrouillés, indémontables, empêchant les automobiles de dépasser 30 kilomètres à l'heure, vitesse maxima autorisée par le règlement général de circulation.

Plus que jamais donc, chauffeurs, nous vous crions : Casse-cou ! doucement, plus doucement, si vous voulez éviter des vexations outrancières. Sur les larges routes désertes, loin des agglomérations, embrayez si cela vous fait plaisir votre quatrième vitesse, mais pour Dieu, dans les villes, dans les villages et à leur approche, restez à la seconde."

Le maire de la petite ville de Saint-Jean-de-Braye, près d'Orléans, devait être encore plus prudent que M. le Ministre, puisqu'il prenait le 20 août 1905 un arrêté fixant la vitesse des véhicules automobiles à 12 kilomètres à l'heure ! Cette décision coûta à la caisse de la commune la somme de 40 francs 08, versée à M. Doucet, peintre, rue aux Ligneaux, pour la confection de 6 panneaux indicateurs.

Cà laisse rêveur ! 12 km/h... de quoi rendre fous les radars, de nos jours !

Texte déposé par Jean-Pierre BERNARD.

Lui écrire



Sommaire      Autre département

Pour déposer vos textes


© 01/07/1999 - MARCHAL Jacques
Faites-moi plaisir, copiez, copiez autant que vous le souhaitez, ce site est fait pour ça, pour que chacun vienne y puiser ce qui redonnera vie à ses ancêtres, juste une chose cependant, remerciez la personne qui a déposé le document.