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1781    Eguzon  36270      Orage meurtrier

        L'an mil sept cent quatre ving un, le neuf may, le corps de thérèse demai fille en son vivant de sylvain demai, métayer au breuil et de défunte ..(un blanc).. est décédée d'hier au breuil, ayant été homicidée par le feu du ciel, agée d'environ seize à dix sept ans.
A été inhumée dans le cimetière de cette paroisse par moi curé soussigné en présence de louis brigand, laboureur, jean allilaire, journalier...

Source: BMS de la paroisse d'Eguzon
Texte tiré du "bulletin de la commission généalogie" INRA-ADAS NATIONAL




1788    Saint-Etienne du Blanc   (36300)     Un terrible hiver.

Il y a eu peu d’eau dans cette année 1788. On désespérait des vignes. Le raisin ne pouvait mûrir. Il tomba de l’eau sur la fin d’aoust, qui précipita les vendanges. On les fit dès le 8.7bre et le vin assé abondant s’est trouvé très bon. Le 30.7bre, il tomba encor beaucoup d’eau et après nous avons eu un grand chaud jusqu’au 17.9bre de façon qu’on n’a pu semer que très peu de bled en terre très sèche. Le 18.9bre tira un vent du nord très froid qui a continué jusqu’au 3.Xbre où il tomba une neige abondante. Je passai ce jour sur l’écluse. Cependant le vent du nord continua, qui a occasionné une gelée extraordinaire. On passa dès le 7.Xbre sur la glace la rivière Creuse et touttes celles du pays. On y a passé des charettes chargées d’une corde de bois. Cent quatre vingt bœuf gras pour Paris y sont passés dans deux jours dans des mouvements et luttes terribles. Tous les mulets avec leurs grosses charges et généralement les hommes chevaux et porcs jusqu’au 12 janvier où survient une douceur. La police fit des defances d’y passer d’avantage. Le 19 janvier survient un débordement de ces glaces qui dura 12 heures. Cela n’a fait icy d’autre mal que quelques écorchures aux écluses, mais sur la Loire cinq ponts ont été emportés, six paroisses au dessus d’Orléans submergées, la levée d’Orléans à Tours brisée en plusieurs endroits, tous le batteaux de la Loire emportés. Il a péri une grande quantité de monde de touttes parts. Le froid a été excessif. On l’a remarqué icy à dix neuf degrés, à Paris à à vingt un. Il est vray en 1709 appelé grand hiver le froid ne fut que de 15 degrés. Il périt cependant beaucoup plus d’arbres que dans cette année 1709. On regarde jusqu'à présent les vignes comme totallement gelées. C’est un effait qui ne se vérifira qu’en avril ou may prochain. J’ay dit cy dessus qu’on avait semé quatre [...] de bled dans les tempts ordinaires. On le reconnais gelé à présent Tous se sont mis à semer le vingt janvier et ont continués dans février. Le bled fait plaisir à voir. J’ai remarqué que le vent du nord avait tiré depuis le 18.9bre jusqu’au douze janvier, ce qui a fait une grande sécheresse, qui dit-on a occasionné l’hidrophobie d’une quantité de chiens qui ont fait tous l’effroy possible dans tout ce pays. Les journaliers et tous les voyageurs n’allaient pas sans fourches de fer. Des habitant des villes mesme la portaient pour aller dans les rues jusqu'à l’église. On disait de touttes parts que tels et tels étaient morts en tel endroit. Je ne peux certifier ce fait mais il est constant que cette [preuve ?] était généralement répandue. Pour mémoire aresté au Blanc le premier mars mil sept cent quatre vingt neuf.

Bastide curé de St Etienne du Blanc.

Texte déposé par Patrick Texier.
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1788    Saint-Etienne du Blanc   (36300)     Remontrances des curés de France aux Etats Généraux.

Dans l’an 1788, il y a eu des troubles en France à l’occasion d’un gros désert qui s’est trouvé dans le trésor royal. Sa majesté a voulu établir quelques imposts et notament la dixme territorialle et le timbre. Le parlement n’a pas voulu enregistrer après une quantité de débats. Sa majesté a réservé la grande chambre et supprimé les autres, ordonné qu’en certaines capitalles il y aurait un grand baillage qui jugerait en dernier ressort jusqu'à vingt cinq mille lieues, que de distance en distance il y aurait un petit baillage qui jugerait en dernier ressort jusqu'à 4000 lieues et qui reconnaistrait de touttes affaires. Au moyen de quoy touttes justices d’attribution telles que les élections, déposts des sels et des traites étaient supprimées par l’édit portant création des petits et grands baillages.

Cet édit a fait de l’occupation et beaucoup de représentations. Il y a eu beaucoup de lettres de cachet pour le parlement, des membres de différents présidiaux et mesme des élections. On avions icy Mr Menard de Lagroye homme essentiel en tout genre, conseiller du présidial du Mans. Le lieutenant de l’élection du Mans était à Mirebaux. Après bien des remontrances les deux ministres qui poursuivaient cet édit ont été disgraciés. On a rappelé tous les exilés, les justices d’attribution remises en pied par provosion jusqu’aux états généraux.

Les choses un peu pacifiées, il fallait veiller aux besoins de l’état. Le parlement allégua son incompétence pour tous imposts et emprunts et dit qu’il n’y avait que la nation qui puit en connaistre, pour lors les états généraux furent déterminés. Il était à présumer que les curés n’y seraient point appelés mais seulement le haut clergé. Il y a quarente six mille curés en France qui ont fait des remontrances. Voilà le projet des curés d’Anger qui a été accepté par ceux qui en ont eu connaissance dans le Poitou,, Blézois et Berry.

Mémoire

Tandis que la bianfaisance du roy s’étend sur tous les ordres de la monarchie, qu’elle invite tous les français à rechercher leurs anciens usages, à représenter leurs droits, à exposer leurs griefs : Qu’elle promet de ménager tous les intérêts, de protéger tous le privilèges, d’examiner et d’approfondir toutes les prétentions. Une classe de citoyens importante à l’état et à la religion ose élever la voix, porter ses voeux jusqu’au pied du trône, et intéresser la bonté du monarque. Dans l’opinion générale de la nation, le clergé tient le premier rang dans la monarchie.

Si la religion est l’appui des états et le soutien le plus inébranlable du trône, il n’est pas étonnant que tous les citoyens se soient réunis pour lui déferer cet honneur. Deux motifs ont motivé leur déférence : l’influence de la religion sur les intérêts et les moeurs, leur correspondance avec le gouvernement général. La même onction qui les conserve ministres de Jésus Christ pour la sanctification des âmes, les établit ministres des rois pour le bonheur et la soumission des peuples. Aussi les souverains les ont toujours appellés dans les assemblées de la nation, ont défendus leurs privilèges, et les ont admis dans leurs conseils.



Document issu des registres de Saint-Etienne du Blanc.

Texte déposé par Patrick Texier.
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1789    Valençay   36600      Extrait du cahier de doléances de Valencay.

           Les habitants se plaignent d’être surchargés de taille, capitation et autres impôts. Les droits sont très nuisibles au commerce du vin, tant en gros qu’en détail … Le sel, denrée si nécessaire à la vie non seulement des hommes mais aussi des bestiaux, est porté à un prix excessif. Pour remplacer tous ces impôts supprimés, le gouvernement établirait un impôt unique,en nature ou en argent,en y faisant contribuer les ecclésiastiques et les nobles qui doivent être assujettis comme le Tiers-Etat…




    Saint-Etienne du Blanc   (36300)     Serment civique à double face pour contenter les deux parties.

Depuis le commencement des états généraux ou assemblée Nationalle, toutte la France a été remplie de trouble et confusion, chacun craint pour sa vie, les aristocrates ou gentilshommes, les ecclésiastiques ou calottins sont très exposés par la prévention et le peu de déférence de la part des démocrates ou peuples qui ont franchis toutle barrière. On a exigé nombre de fois des serments de fidélité à la nation, à la loy et au roy. Quiconque ne s'y prestait pas courait le risque d'être massacré.

Serment civique à double face pour contenter les deux parties(*).

A la loy nouvelle ... je veux estre fidel
Je renonce dans l'âme ...au régime ancien
Comme article defoy ... je crois la loy nouvelle
Je crois celle qu 'on blâme ... opposée à tout bien
Dieu vous donne la paix ... messieurs les démocrates.
Noblesse désolée ...au diable allez vous en.
Qu 'il confonde à jamais ... tous les aristocrates.
Messieurs de l'Assemblée ... ont seuls tout le bon sens.

(*) A lire en ligne puis en colonnes.

Document issu des registres de Saint-Etienne du Blanc.

Texte déposé par Patrick Texier.
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    En Bas Berry, dans les villages de Rosnay , Saulnay et Paunay  36      

Histoire authentique, mais qui n'a pas été relevée dans un registre paroissial, seulement elle m'a été racontée par Monseigneur Lefebvre, archevêque de Bourges, à l'époque, dans les années 1945 environ et qui a dû faire l'objet d'un rapport certainement quelque part dans les archives de l'évêché.

En Bas Berry, (36) les villages de Rosnay (le mien) Saulnay et Paunay sont réputés villages de sorciers et de superstitions.

Depuis quelque temps, dans le village, (je ne me souviens plus duquel, Saulnay ou Paunay), un brave fermier s'apercevait que ses vaches ne donnaient plus de lait, et à une heure précise de la journée, étaient en proie à une forte excitation dans l'étable.
Le bonhomme en ayant conclu que quelqu'un lui avait jeté un mauvais sort, fit venir un "j'teu d'sort", pour contrer le "mauvais". On fit les gesticulations, chassa le chat noir et l'araignée, égorgea le poulet pour asperger du sang l'étable et tout le rituel infaillible en pareil cas.
Malheureusement le j'teu d'sort ne put rien y faire.
On en fit venir un autre, et encore un autre sans plus de résultat.
En désespoir de cause notre homme s'en alla voire son curé. On n'y croit guère dans cette région, mais on ne sait jamais. Le brave curé vint, constata les vaches possédées d'un esprit curieux, mais n'y pu rien lui non plus. Cependant il suggéra au fermier de s'adresses au prêtre exorciste du diocèse.
L'évêque averti dépêcha son prêtre spécialiste des possessions "malines" et le dit abbé se présenta à la ferme sur les cinq heures du soir. Il demanda aux gens de la ferme de faire comme s'il n'était pas là et de vaquer à leurs occupations journalières.
Il entra dans l'étable et à l'heure habituelle, les vaches se mirent a danser et se déplacer dans tous les sens en beuglant.
L'abbé mouilla son doigt et toucha le sol, alors il prit une bonne décharge électrique, car tous les jours à la même heure dans l'écurie voisine on mettait en marche la broyeuse de patates pour les cochons et un fil était à la masse.


Texte déposé par Yves de Tarade .
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