CHARENTE




1691    Nanclars  16230      Procés verbal de l'estat des vignes de Nanclars(et de la misère de ses habitants.

Procés verbal de l'estat des vignes de la paroisse de Nanclars 1691

10 septembre 1691

Aujourd'huy deuxièsme du mois de septembre mil six cents quatre vingts onze au devant la port de lesglize de la paroisse de Nanclars par devant le notaire de la baronnie et chastellannie de Montignac Charante soussigné à issue de messe, ont comparus en leurs personnes, Estienne Mousset, Jean Archar, Antoine Esnard, Léonnard Sabourdin, Jacques Lorand, Jean Faulle, François Paziot, Pierre Matrar, Anthoine Marot, François Marot l'aisné, René Bodin, Louis Debordes, René Raballard, Hélie Marot, François Malloire, François Sauton, Pierre Brunet, Georges Marar, François Robin, Anthoine Raballard et Mathurin Denis, tous habitants du dit Nanclars, faisant tant pour eux que pour les autres habitants absants, ont dit et déclaré que les grandes gelées quy ont fait pendant les mois davril et de may derniers, ont gélé et gasté entierement touttes leurs vignes en telle sorte quils sont hors despérance d'amasser et recueillir de vin quy estait la seule choze delaquelle ils pouveait faire de largeur pour payer leurs tailles et autres deniers royaux dont ils sont excesivement chargés, comme aussy les gelées, ont gasté beaucoup darbres noyers dans la ditte paroisse, quy fait qui nya presque point de noyer quy aydait beaucoup aux dits habitants à subcister, et come ils dézirent de faire ap??? du dit desgat, ils veullent en faire faire procés verbal et pour cet effait ont fait venir, Gaspard Brisson, laboureur à bras, du bourg de Xambes, et Pierre Guillen, fils de Jean dit Petit Jean, laboureur à bras demeurant au village de Vadalle paroisse d'Aussac, lesquels j'ay pris pour harbitres pour faire la vizitte et raporter l'estat des dites vignes et harbres noyers despendant du dit Nanclars auxquels jay fait le sermant au fait requis et après que les dits Brisson et Guillen, se sont transportés en nostre compaignie au plantier de la terrière, ont raporté avoir veu et vizitter les plantiers en la dite paroisse, qui esté compozé de vigne blanche, quil y a les trois quarts du dit plantier en chaulme et que le quart qui est en nature de labourage, a gélé en telle sorte quil ne se recueillera de vandange, la récolte prochaine que(?) la huittième partie ??? qu'on avait a coutumé, comme aussy avons heu et visité le plantier de la Gastine aussi compozé de blancq et quelque peu de noir presque tous en chaume, à la rézerve d'environ la sixième partie laquelle sixième partie du dit plantier quy est en nature et presque absolument gelé, et ne se peu amasser presque aucune vandange comme aussi avons veu et vizité le plantier de l'housme, lequel esté la moytié en labourage et l'autre moytié en chaume, et dans la moytié quy est en labourage, il ne sy amassera aucune vandange attandu quil est absolument gelé, comme aussy avons vizitté quelques vignes apellés tartifume contenant huit journauds, lequel est aussi absolument gelé, ne sy pouvant amasser aucune vandange, comme aussy avons vizité le plantier du chaulmier(?) contenant quatre vingts journaux, et ny avoir du dit plantier que dix journauds de jeune vigne en labourage, dans lesquels dits journaux en labourage y a quelque peu de vandange fort gasté et mangée des barbots, comme aussy les dits exp ???? raporté avoir heu et vizité la noyerie du dit Nanclars et remarqué que tous ceux quy sont dans les valées(?), ont absolument gelé et ceux quy sont dans les hauts, y avoir quelques noyers, de plus les dits habitants ont déclaré quils sont extrêmement chargés de taille et autres inpositions dont ils ne peuvent payer ???? la pluspart des habitants du dit Nanclars quy ont quitté et habandonné la dite parroisse, et ont esté demeurer dans d'autres paroisses voisines, quy sont François de Clerfeuille, quy est allé demeurer au bourg de Villognon, quy payait treze livres dix sols de taille, suivant sa déclaration, Anthoine Regnaud, fils de Françoize Chevroux, est allé demeurer à Puyreault quy porte dix livres onze sols de taille, Pierre Regnaud est allé demeurer à Saint Ciers, élection d'Angoulesme quy porte trois livres onze sols, Pierre Matrar est allé demeurer au dit Puyreault quy porte seze livres cinq sols, Louis Esnard est allé demeurer à Puyreault quy porte vingt trois livres, Octavien Sallomon demeure au dit Puyreault qui porte seze livres quinze sols, Jean Marot demeuré au dit Puyreault quy porte treze livres dix sept sols, Anthoine Robetton quy demeure au dit Puyreault quy porte sept livres de taille, Charles Mallet quy demeure en la paroisse d'Aussac quy porte sept livres cinq sols, François Guillet quy demeure au dit Puyreault quy porte vingt trois livres cinq sols, François Matrar quy demeure au dit Puyreault quy porte quarante deux sols, Anthoine Guindon quy demeure au dit Puyreault quy porte dix neuf livres de taille, Marie Maslo quy est mariée avec Pierre Villate de Sainte Colombe, élection d'angoulême, quy six livres quinze sols de taille, de toutes lesquelles taxes les sus nommés prétendent se faire descharger de la paroisse de Nanclars ???, et ont abandonné leurs biens quy sont en demeure, Simon Regnaud ??? est mort et lessé quatre enfants qui mandient quy portaient dix sept livres de taille, les héritiers de Colette Marot ont aussi quitté la dite paroisse, demeurent à la Rochette, élection d'Angoulesme, et ont abandonné leurs biens quy portent trante un sols, la veuvfe d'Estienne Ballot esté mariée à Aussac, quy porte dix huit livres de taille, a abandonné son bien, Marguerite Guillet est morte quy a laissé un mineur et son bien, est en friche qui portait neuf livres trois sols, Gilles Lotte esté mort et laissé deux petites mineures, le bien abandonné quy portait neuf livres de taille, Estel Loyseau esté allée mandier et a abandonné son bien quy portait dix sept livres de taille, Legier Enard a esté tué deppuis quelques jours à navoir de biens quy portait treze livres seze sols de taille, la veufve d'Estienne Ballot a quitté et esté au service du sieur de Luxe et a abandoné son bien quy portait quarante sols, Anthoine Faulle est mendiant, a abandonné son bien quy porte cinq livres huits sols de taille, Pierre Marot lesné quy a perdu la veue et ne peu faire valloir son bien quy porte dix livres dix sols de taille, touttes lesquelles taxes sy dessus, des personnes quy ont quitté la dite paroisse et de ceux quy sont morts ou mendiants, sont contenues(?) dans les roolles de taille de la dite paroisse, ni(?) diminuées à l'advenir, les habitants dicelles sont absolument ruynez sans pouvoir jamais rezister, tout ce que dessus les dits habitants et harbitres ont certifié véritable, dont les dits habitants ont requis acte quy leur a esté octroyé pour le valloir en faveur ce que de raison et nous sommes retirés, fait et ??? et passé devant la dite porte desglize ou ses présentes sont passées, en présence des dits arbitres, Jean Piat, laboureur à bras, demeurant au bourg de Coulonges, et de Pierre Sauvage, fils de Louis, laboureur, demeurant à Vadalle, paroisse du dit Aussac, tesmoingts cognus à ce requis quy ont avec les dits habitants déclaré ne savoir signer de ce enquis hors les soussignés, ne cestant peu trouver de tesmoingts hors des habitants quy sachent signer.

J. Barathe curé de Nanclars
Raymonde Louis Delaborde Achard
Georges Maret A. Esnard Et Mousset
Toutteaud(?)


Mallet notaire à Montignac Charanthe

Source:Acte notarié étude Mallet paroisse de Xambes cote 2E6047
Texte déposé par Fabrice Bouffanet
Lui écrire Voir son site



1709    Salles de Villefagnan  16700      un froid si piquant et si violent quil gelait dans toutes les maisons non seulement le pain et le vin...

Cette année a esté si terrible quelle a causé la mort à plusieurs personnes et a un trés grand nombre d'animaux de toutes sortes. Le six janvier, il tomba de la neige en si grande abondance quelle montait en plusieurs endroits jusquaux sangles des chevaux, elle dura jusqu'au vingt huit du mesme mois avec un froid si piquant et si violent quil gelait dans toutes les maisons non seulement le pain et le vin mais aussi les poules, les petits oiseaux quy sy jettaient de tous costés, l'on trouva dans les campagnes, les lièvres, les lapins, les perdrix morts, nos noyers et autres arbres et tous les bleds ont estés gélés et gachés de telle sorte quil n'en a point resté, ce qui a causé une famine terrible et une chertté dans le bled que soixante et dix livres de froment pesant vallait dix livres, la baillarge six livres, et si la baillarge navait rapporté au tripple principalement qui fut faitte lannée(?) dernière, il aurait resté peu personnes parce quils seraient morts de fin, dans toutes les terres ou on aurait semé du froment, on y rellevera de la baillarge. Je dis tout ceci pour lavoir veu ainsi que tous ceux de mon temps. Dieu veuille préserver tous ceux à venir jusquaux derniers jours dun tel malheur. Fait et signé le 28 septembre 1709.

P. Clemot curé de Salles

Source:Lu dans les BMS de Salles de Villefagnan (16)
Texte déposé par Fabrice Bouffanet
Lui écrire Voir son site



1747    Courbillac  16200      Baptême de cloche.

L’an de grace 1747 le 8 daoust a été benite par ? Pierre ? Curé de ct poisse de cbiac an angoumois la cloche de saint aubin de courbillac le parrain a esté messire pierre ? Seigneur duponderphe Sigone ? Et autres lieux la maraine a été demoiselle francoise madelaine les ? Fait en presance des soussignés.

Source:Note rédigée par le curé de Courbillac
Texte déposé par Michel BOUCQ
Lui écrire Voir son site



1755    Région d'Angoulême     16000    la terre s'entrouvrit et il en sortit un torrent chargé de sable rouge.

1755, 1er novembre: Voici le résumé intéressant d'un récit relatif à un tremblement de terre qui s'était produit à cette date dans le Bordelais et l'Angoumois. Ce tremblement de terre avait duré quelques minutes et avait occasionné une agitation extraordinaire des eaux de la Garonne. La ville n'avait toutefois souffert aucun dommage. Ce mouvement sismique s'était produit en même temps que le tremblement de terre qui avait détruit la ville de Lisbonne. Dans la région d'Angoulême, on observa le même jour des phénomènes curieux.
A une lieue de la ville, se produisit un bruit souterrain, puis la terre s'entrouvrit et il en sortit un torrent chargé de sable rouge. Plusieurs fontaines se troublèrent et les eaux baissèrent à tel point qu'on crut les fontaines prêtes à tarir. La Charente avait baissé d'abord considérablement, puis était montée à une hauteur extraordinaire. Le long d'un lac contigu à un ancien château des comtes d'Angoulême, sur les 11 h du matin, un rocher fut brisé et s'entrouvrit avec un bruit effroyable qui dura plusieurs minutes. Il en sortit un torrent dont le volume d'eau, de plus de 6 pieds de diamètre, entraina beaucoup de grosses pierres, des cailloux ainsi que des pièces de bois carrées et des pieux de pilotis. Auparavant les eaux étaient troublées et blanchâtres depuis plus d'une heure, et, dans le moment où le torrent se produisit, elles reprirent leur couleur naturelle. Le torrent dura 2 jours.
Quelques jours avant, il y avait eu des éclairs, accompagnés de tonnerre; il soufflait un vent du midi si violent que la charpente et la couverture de quelques maisons avaient été emportées. Les sources et les fontaines de la région avaient été aussi atteintes; les eaux des unes étaient abondantes, d'autres bourbeuses, quelques unes blanchâtres, et certains avaient complétement tari.

(Journal de Verdun,1756,pages 46,48, cité par M. Jules Pellisson dans le Bulletin des Archives de la Saintonge et de l'Aunis, t V p. 227).

Texte déposé par Pascal Thebeaud.
D'après: Les tremblements de terre en Aunis et dans les régions voisines de Georges Musset(1909). Pages 9 et 10.
Lui écrire



1788    Bourg-Charente  16200      la présente année 1788 le froid a été plus vif qu'en 1709.

La date n’est pas indifférente. N’oublions pas que l’une des origines de la Révolution est la famine due aux conditions climatiques et à l’inflation du prix des denrées.

"Le 30 décembre de la présente année 1788 le froid a été plus vif qu'en 1709, le thermomètre descendit au plus bas à quinze degrés au dessous de la congélation, et cette année à Paris le 31 à sept heures trois quards du matin, le thermomètre a descendu à dix huit degrés trois quards au dessous de la glace.
Le froid a commencé cette année le 24 novembre, et s'est porté dans la durée à des degrés plus grands et plus constants qu'en 1776. Le plus grand en 1776 fut à seize degrés un quard. La gelée de cette année 1788 à passé 36 jours.
Le Rhône, ce fleuve rapide, à présenté une superficie de glace, sur la quelle on marchait en certains endroits sans danger, pour parvenir d'un rivage à l'autre ; la mer même a gelée à peu près l'espace d'une lieu du côté de Calais et Dunkerque.

Toutes les rivières ont été si fort glacées que les charrettes chargées de fardaux les plus considérables ont pu passer par dessus sans danger.
Plusieurs personnes sont mortes de froid.
Le vin a même gelé dans les bariques."

Source:Note rédigée par le curé de Bourg-Charente dans le registre paroissial.
Texte déposé par Michel BOUCQ
Lui écrire Voir son site


Sommaire      Autre département

Pour déposer vos textes


© 01/07/1999 - MARCHAL Jacques
Faites-moi plaisir, copiez, copiez autant que vous le souhaitez, ce site est fait pour ça, pour que chacun vienne y puiser ce qui redonnera vie à ses ancêtres, juste une chose cependant, remerciez la personne qui a déposé le document.