AISNE






    Muret et Crouttes  02130      Guerre de Cent Ans.

Après les défaites de Crécy 1346 et Poitiers 1356, les Anglais et Navarrais ravagèrent la France. Guy de Chatillon seigneur de Fère en Tardenois fortifia son château et s'empara des forts de Vailly, Pontarcy, Courlandon, Oulchy et Saponay (ce dernier appartenant à Pierre Bureau, sire de Cramailles).

Ensuite les Anglais s'emparèrent du château de Saponay et de là commettèrent des désordres dans toute la région. Les habitants de Muret et Crouttes députèrent vers eux deux personnages : Jehan de Gandelu et Gillet le Chartier, de Crouttes, offrant à l'ennemi certaines redevances contre lesquelles ces pauvres gens ne devraient plus être la proie de ces anglais. Ces derniers consentirent à condition formelle que Gillet le Charlier irait porter une lettre d'eux aux habitants de Chacrise, en foi de quoi il fut appréhendé et accusé de pactiser avec l'ennemi ; Emmené aux prisons de Soissons, il se disculpa. Le Régent le délivra moyennant qu'il ferait dire deux messes en l'église de Muret pour l'estat de la Couronne de France".

Archives Nationales : J.J. 90 n° 531 – d° n° 208 -
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1580    Coulonges  02130      Tremblement de terre dans le Tardenois.

Le 6 avril 1580, à sept heures du soir, les habitants de Coulonges sentent le sol agité par de violentes secoussent. Saisis de frayeur, ils se hâtent de sortir de leurs chaumières qui se lézardent. Ils passent la nuit au-dehors, n'osant se risquer dans leurs maisons qui menacent de les ensevelir sous les décombres. Les meubles sont renversés, la vaisselle tombe à terre et se brise. Le lendemain le calme renaît ; mais pendant la nuit du sept les secousses redoublent de violence. Des maisons s'effondrent et les paysans sont, de nouveau, obligés de s'enfuir en toute hâte de leur logis. Ce tremblement de terre s'étendit depuis Château Thierry jusqu'à Laon. Le chroniqueur Hatton raconte ainsi cet événement : "Il commença à sept heures du soir. Les logiz tremblèrent si rudement, que les chiennets ou landiers qui estoient sous les cheminées, tombèrent à terre, tant ceux des chambres basses que des hautes et furent cassez pots de terre et verre qui estoient sur les dressoirs, planches et buffets desdites maisons. Les verrières desdites églises sonnoient et retentissoient à merveilles et en telle sorte que les habitants habandonnoient leur logiz de peur qu'ils tombant ne les accablassent dessoulz. Et dura ledit tremblement deux nuicts l'une après l'autre et non le jour."

Texte tiré de la Monographie de Coulonges (02) faite par M. Valissant, ancien instituteur.
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1637    Coincy  02210      Pendant la messe, une partie du toit s'écroula.

Le 23 avril 1637, comme les habitants étaient en grand nombre à la messe, une poutre tomba dans la nef et une partie du toit s'écroula en même temps : Sébastienne Le Clerc fut tuée sur le coup ; la veuve de Jehan Messié fut écrasée ainsi que sa fille âgée de quinze ans ; un petit enfant âgé de quatre ans, à Nicolas D'Anteny, fut trouvé écrasé ainsi qu'une petite fille âgée de six ans, appartenant à Louis Turlure.
Le 30 avril suivant, un enfant qui avait été retiré des décombres mourut de ses blessures, puis un autre enfant ; seize autres personnes gravement blessées ne moururent pas ; mais la plupart demeurèrent estropiées.


Source: Extrait de Histoire de Coincy, Fère en Tardenois, Oulchy et les environs par A. de Vertus.
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1642-1652    Cramaille  02130      Pillages et re-pillage.

"le 27 may 1642 le chasteau de Cramail fut pillé par les armées et signament par les Lorains"

"La veille Sainct-Luc 1652, les Lorrains bruslèrent les portes du chasteau de Cramail, assistés des Vitamberges et pillèrent encore le chasteau de Cramail, qui désia avoit esté pillé par eux le 27 may 1642".

"Et l'armée du prince de Condé passa, le jour Sainct-Luc, par haut, par bas et par dedans Cramail, qui ravagèrent le reste que les Lorrains avoient laissé".

"Le samedi 19 octobre, décéda jehan Martin et le mesme iour iai enterré Guillaume Capelet de Servenay, qui fut tué dans les bois d'Arcy par quelques Lorrains."

Source: Extrait de Histoire de Coincy, Fère en Tardenois, Oulchy et les environs par A. de Vertus.
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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    Coincy  02210      Défense de:...et re-défense de:...

Ordonnances de la police de Coincy publiées par le notaire royal au portail de l'église, le dimanche à l'issue de la messe :

Deffense à tous les habitants de jurer ni blasphéner "le nom de Dieu, soubs les peines des ordonnances royales."
"Deffenses sont aussi faictes de tenir des jeux et danses publiques, à peine de dix livres d'amende contre chacun des contrevenants.
"Deffense de marcher de la chamvre au four ny à la cheminée, à peine de dix livres d'amende.
Enjoinct aux voisins d'en avertir le procureur fiscal, sous la même peine.
"Deffense de puiser de l'eau à la fontaine avec un chaudron ou autre anas sale, à peine de soixante soubs d'amende.
"Deffense de laisser vagabonder aucun chien qui n'ait billot au col.
"Deffense de garder aucune vasche à cornes ny aultres bestiaux par la corde le long des grains d'autruy, ny d'y aller arracher de l'herbe, à peine de soixante soubs d'amende."

Source: Extrait de Histoire de Coincy, Fère en Tardenois, Oulchy et les environs par A. de Vertus page 47.
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1709    Loupeigne  02130      "A la mémoire et à la périnité"

"A la mémoire et à la périnité".

Le cinquieme jour de janvier de la presente année mil sept cent neuf, il plut et jusques fut le dix ou onze heurs du soir comme un brouillart fort epais et le lendemain jour des roix il avoit gelée deja si fort que les boües parvient partout, cette gelé dura deux mois sans relache et le froid fut si fort que les arbres particulièrement les noyers furent tous gelez et perdus dans les forest on entendoit les chenes se mouier et se fendre presque tous les premiers poiriers furent gelez mais ce qui fit la plus grande desolation, ce fust les bles qui furent tous gelez sans en avoir rouilei un epis en nulle part de maniere qu'on ne labourest tous ses seves en pouilles en ble pour y sement de lorge qui a cause de ce la values au mois dernier jusque a treize francs la pichet a la recolte suivante elle valoit encore quatre livres ou quatre sous et en fin cette annee fut si abondant en orge qu'au mois de may suivant elle ne valoit plus que trente cinq sous de pichet, de maniere qu'on nest pevoit pas trouver du blé vieux pour semer le nouveux etant gelez et neamoins il etoit a muillant compte un apres la gelé qu'apres avoit fait la couverine avoir passe l'année entiere le ble qu'avoit valu dix francs le pichet pour semer ne valoit avant la moisson ne valoit plus qu'un ecu ---------- et quatre francs on abattis tous les noiers perdus pendant lhiver suivant, cependant on ne fit point de remise, au terminer mais ils paierent suivant l'avis du parlement pour la France fut du pied de cent vingt heures le miseil cent francs et avoine fait la nuid aux Propriétaires.

Source: AD de Laon.
Texte déposé par Sandrine
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1710    Pleine Selve  02240      Cadeau de Noël.

Le 24 décembre de l'année 1710, par moy curé de la paroisse de Pleine Selve soussigné a été baptisé sous condition en cette église, environ à minuit un garçon dont on ne connaît ni le père ni la mère et qu'on a trouvé exposé un peu auparavant à la porte de notre église, lequel, selon le rapport de la sage-femme était peut-être né d'un jour ou deux.
Son parrain a été Martin Batteux manouvrier, sa marraine Françoise Ecar qui lui ont donné le nom de Martin.

Source: BMS de la paroisse de Pleine Selve
Texte déposé par Janine Gourio
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1712    Landifay  02120      Coup de feu mystérieux.

Le premier may de l’année 1712 sur les deux heures du matin a été tué d’un coup de fusil dans un champ de terre de Madame Dorigny, Jacques Petithomme âgé de 29 ans environ et étant demeuré , du coup il a proféré plusieurs fois , mon dieu, mon dieu, mon dieu, je suis un homme mort. ce sont les dernières paroles qu’on a pu remarquer de lui, que j’ai pu apprendre.Le corps ayant été retiré dudit lieu de Landifay a été inhumé dans cette paroisse

Source : microfilm 5 MI 829 Landifay
Texte déposé par Janine Gourio
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1712    La Ferté sur Péron  02270      Pas de sacrements pour les "imbéciles".

Le 14 novembre 1712 est morte Catherine Lemoine et fut enterrée sans avoir reçu aucun sacrement à cause de son imbécillité d"esprit, 25 ans…

Source: BMS de la paroisse de La Ferté sur Péron
Texte déposé par Janine Gourio
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1714    Cramaille  02130      sur le grand chemin de Paris à Rheims...

Le 25 juin 1714, Nicolas Jullien, âgé de 60 ans, roullié de la paroisse de Gler proche Sedan est décédé par accident ayant été écrasé par une roue de sa charrette sur le grand chemin de Paris à Rheims proche Cramaille, a survécu à sa chute 2 heures, et après avoir demandé un confesseur est expiré dans le moment qu’un prestre approchant pour luy venir administrer les sacrements de l’Eglise. Je soussigné curé de Cramaille après les formalités ordinaires de justice festes l’ay inhumé avec les cérémonies ordinaires dans le cimetière de cette paroisse, en présence de son fils et du sieur Le Roy bourgeois de Rheims, ce 26 du mois.

Guérin curé

Source: D'après les archives de M. B Ancien.
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1722    Pleine Selve  02240      Charité et responsabilité judiciaire.

Le 14 septembre 1722 a été baptisée Marie Madeleine Chatillon fille de Marie Madeleine Chatillon, simple d'esprit, non mariée, qui a conçu selon le rapport public d'un autre imbécile d' esprit ayant été favorisé des mauvaises gens, habité et couché ensemble.
L'enfant a été présenté par Marie Carlier, fille de ce lieu, servante chez Jean Damoisy, fermier de Parpecourt, accompagnée de son cierge béni et exposé et reçue pour marraine.
Le parrain a été Quentin Forest, tous deux habitants de cette paroisse, chargés de leurs soins et de représentation de l'enfant avec les conséquences ordinaires de justice en pareil cas.

Source: BMS de la paroisse de Pleine Selve
Texte déposé par Janine Gourio
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1728    Sons et Ronchères  02270      Histoires de cloches.

Le 8 octobre de la présente année 1728 ont été coulées les cloches de l'église de cette paroisse et ont été bénites par moy prêtre curé de la dite paroisse soussigné.
Le dimanche 17 du même mois Jean Carlier et Anne Blin son épouse ont nommé la grosse cloche Henriette René en la place de Messire Louis César Michel d'Hervilly. Jean Velleine et Madeleine Labare ont nommé la petite cloche Henriette Catherine en la place de Messire Charles François d'Hervilly de Canisy et de Damoiselle Henriette Catherine d'Hervilly de Devise.

Source: BMS de la paroisse de Sons et Ronchères
Texte déposé par Janine Gourio
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1731    Chevresis le Meldeux  02270      Un bel âge et de bons amis.

Le 25ème jour du mois de décembre de l'année 1731 est décédé en la communion de l'Eglise Louis Le Merre natif d'Onscotte en Flandre âgé de cent et trois ans et sept mois et trois jours en présence de Jean Jacques Crochart et Quentin Bérangé et de la plus saine partie des habitants à cause de son bel âge , qui ont signé avec moy curé le jour et an, que ledit Le Merre avait plusieurs fois le voyage de la belle notre-dame de Liesse comme il est écrit en la minute présente.

Source: BMS de la paroisse de Chevresis le Meldeux
Texte déposé par Janine Gourio
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1733    Camelin  02300      Les réparations de l'Eglise.



Nota que le Portail de Nostre Eglise Menacant Ruine par la vétusté je pris tous les soins possibles pparvenir (pour parvenir) a son entier retablissement apres plusieurs reontrances sur ce faites a mes habitans qui parurent nestre pas beaucoup touchez de cette reparation et ne sen mettre point du tout en peine nayant que leurs lumieres ne setendaient pas loin sur ce fait simaginant faussement que les fonds de la fabrique etaient assez suffisants pour en faire les frais. pour coupper court a tout leur discours je presenté ma Requeste à nostre Seigneur et intendant de Soissons qui eû la bonté de la repondre au mois d'octobre 1731 à Noÿon dans le cour de son departement ne laÿant pas trouvé chez lui à Soissons lorque je my a transporté. Ce delay mobligea de faire etayer le pignon avec de grands arbres de fresne que nous allame chercher au village de st aubin avec les laboureurs de cette paroisse qui en ont fait les charoix gratis. lhiver setant écoulé après quatre voyages à Soissons toujours inutils a cause de l'absence de monsr ? intendant je presente un seconde requeste en consequence de la premiere pr(pour) demander la visite qui accordé après pasques et daite per le Sr Mâlle architeque à Soissons en la consequence de sa visite qui fut taxé a dix livres que je payé je presente une troisieme requeste pour obtenir ladjudication suivant le procès verbal de visite laquelle ne se fit que le 23 juin 1733 veille de St Jean Baptiste ches monsr le subdelégué de soissons a quatre heures après midy ce qui fait que je ne put partir de Soissons qua huit heures du soir et ne pû arriver qua onze heures à Camelin. ladjudication est de deux milles livres. lhiver sest écoulé sans avoir pû travailler qua pasques 1733. nous passames tout lhiver sans avoir la satisfaction d'avoir la teste couvertes des neiges et des pluÿes le pignon etant fondüs depuis ? même le premier mercredy de Septembre 1732. les adjudicataires (ont du) decouvrir l'eglise tout entière pour en conserver la thuille la charpente etant entièrement denervée ? voila une partie des trancas ? et des peines que jay essuié pr(pour) le rétablissement de la maison de mon Dieu ce que je met icy en passant pr(pour) en donner la connaissance a ceux que me succederont qui pourront aussi avoir des réparations dans leur regne attendu que les murailles ont été beaucoup lavées par toutes les injures de laire ayant été découvertes en entiere. ayant mieux aimé souffrir tous ses glacons et les frimats que de faire interdire l'église jusqu'à que quelques fois tout le peuple etoit obligé par les grandes pluÿes de se rassembler dans les choeurs et cancelles. en foy de quoy jay signé ce douze juillet 1733.

Blaise Nicolas Dufrène curé


Source: BMS de la paroisse de Camelin.
Texte déposé par Monique Taillebourg
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1737    Chevresis le Meldeux  02270      Noyade dans un fossé.

L'an 1737, le 11 juin est décédé Jean Andéchar, garçon âgé de 26 ans, de Chevresis, valet de charrue servant à la ferme de Ferrière, sur le terroir de la paroisse de La Ferté sur Péron, par une si grande nuée et une si grande abondance, qu'enfin Jean Andéchar s'est malheureusement trouvé mort.
Après que la Justice dudit Chevresis en a été avertie, le maire, le procureur fiscal greffier et le sergent de la Justice ont relevé le corps du défunt, attendu qu'il était 10 h du soir et l'ont emmené sous le clocher de la paroisse pour passer la nuit.
Le lendemain, on fait avertir le lieutenant du Bailly de Justice accompagné de Mr Marival chirurgien. Ledit Marival a rapporté qu'il fallait que le sieur Andéchar se fut épouvanté d'un coup de tonnerre . Comme étant proche d'un fossé et qu'il tombait de haut, mal a tombé et s'est trouvé noyé.

Source: BMS de la paroisse de Chevresis le Meldeux
Texte déposé par Janine Gourio
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1738    La Ferté sur Péron  02270      Mariage au lit.

Le premier jour du mois de juin de l'année 1738 a été solennellement marié à huit heures du soir par moy prêtre bachelier de Sorbonne curé de la paroisse de La Ferté sur Péron, François Coulon gisant au lit malade, sain d'esprit et plein de connaissances, fils du défunt François Coulon et Marguerite Pillois ses père et mère de la paroisse de La Ferté d'une part, et Marie Catherine Bérangé, fille de défunt Quentin Bérangé et de Nicole Luzin ses père et mère aussi de La Ferté d'autre part
Après avoir reçu les promesses de mariage dans le lit en présence de Henri François Pourier, Pierre Mortier et Louis faucheux appelés pour témoins [……] et leur avons conféré dans le lit le sacrement du mariage comme il est porté dans la dispense " post vesperas et sers et in lecto " à moy accordée par sa grandeur Monseigneur l'Evêque de Laon […. ..]

Source: BMS de la paroisse de La Ferté sur Péron
Texte déposé par Janine Gourio
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1759    Mesbrecourt   02270      Enquête religieuse.

Le 11 juillet 1759 sur les 10h du matin, le garde moulin de ce lieu passant, monté sur son cheval chargé de farine, sur le bord de l'eau au lieu dit de la Planchette y est tombé et s'y noya. La recherche en fut faite, le cadavre fut relevé par la Justice de ce lieu et procès verbal dressé et signé par Moimet, faisant office de Bailly.
On a reconnu au cadavre le nommé Nicolas Boulet natif de Bois Pargny sans aucun signalement quant à la religion.
Après avoir recherché autant qu'il nous a été possible de notre part pour le savoir et la religion et la vie et les mœurs, n'ayant ouï que des rapports favorables par Maillet greffier, par François Duquenoy laboureur qui nous a dit avoir connu ledit Boulet et que dès la tendre enfance jusqu'au mariage, il avait vécu selon l'éducation chrétienne qu'il avait eue par les soins de ses père et mère de religion non suspecte ; par François Loiselle, hôtelier qui nous a dit l'avoir vu depuis 3 semaines qu'il est venu et demeure au moulin d'ici, assister à la messe, faire le signe de croix et tenir posture édifiante ; par Jean Claude Parisi qu'il avait entendu dire audit Boulet qu'il avait fait son devoir pascal et même à la Pentecôte.
Sur ces présomptions de bonne vie, nous lui avons donné la sépulture chrétienne.

Source: BMS de la paroisse de Mesbrecourt
Texte déposé par Janine Gourio
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1761    Saint-Christophe A Berry  02290      Bénédiction de cloches.

L'an mil sept cent soixante un le vingt unième jour de Janvier j'ai soussigné prétre curé de cette paroisse ay béni les trois cloches de cette église qui ont été fondues et coulées chez Mrs Philippe et Florentin Havilliers maitres fondeurs à Carrepuis prés Roye en Picardie le douze du courant, avant la fonte la petite cloche pesait deux cent vingt deux livres, la moienne trois cent livres demie, la grosse trois cent livres quatre vingt douze, les quatre lingots, cent quatre vingt neuf livres, ce qui formait au total onze cent trois livres demie ; aujourd'd'hui la grosse qui a été nommée Marie Pierre par Mr Pierre Cauchemet fermier à Morsain et par Mde Marie Magdelaine Cabaille épouse de Mr Nicolas Lombart meunier à Bery pesé au fléau d'Allemagne cinq cent livre six livres ; la moienne qui a été nommée Marie Claude par Mr Claude Leroy laboureur à ,Bonval et par Mde Marie Anne Hugues épouse de Mr Nicolas Lecocq laboureur à Sacy trois cent soixonte quatre, la petite qui a été nommée Marie Louise Françoise par Mr François Prieur fermier à Orchamp et par Mde Marie Louise Clavier épouse de Mr sébaslien Vignier fermier à Sacy, deux cent soixante quinze livres ce qui fait au total onze cent quarante cinq livres la ditte cérémonie a été faite en présence de Mr Pierre Antoine Rousel curé d'Autrèches et doien curial de Vic sur Aisne, Charles Leveque curé de Rivière Nicolas Senechal curé de Couloisy, Jean Fronçois Leclerc curé de Saint-Pierre lès Bitry, Guillaume Roussel curé de Vassens Jacques Houllier vicaire de Morsain qui ont signé avec nous.

Source: BMS de la paroisse de Saint-Christophe A Berry 5MI 973





1781    Surfontaine  02240      Considérations sur l’année 1781.

L’année 1781 a été la meilleure du siècle. Il y a eu cette année du bled, du vin et d’autres fruits en très grande abondance. Tous les bleds ont été engrangés pour le 27 juillet et pour le 15 août, fête de l’Assomption de la très sainte vierge , plusieurs laboureurs avaient fini absolument toute leur moisson.
La France était en guerre avec l’Angleterre pour la liberté. La guerre était des plus animée cette année. Les avantages qu’ont eu alors les Français n’ont pas amené la paix, au contraire, ils n’ont servi qu’à ranimer encore davantage le feu de la guerre.

Source : microfilm 5 MI 1553 Surfontaine
Texte déposé par Janine Gourio
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1786    Trucy   02860      " un orage si considérable.. "

16 juin 1786 : mention d’une inondation « causée par un orage si considérable que la plupart des vignes ont été déracinées, que dans la cour de la ferme située au milieu du village, il y avait au moins trois pieds d’eau. Comme les brebis étaient rentrées dans les bergeries, à cause de la chaleur, on fut obligé des les prendre les unes après les autres dans lesdites bergeries et de les jeter dans la cour sur le fumier qui était porté par l’eau et qui les soutenait toutes comme si elles étaient sur la terre. La maison qui existe derrière cette ferme, au Voyeu, fût aussi inondée au point que la propriétaire de cette maison, qui étoit tombée foible de saisissement, ne fut soulagée que par des personnes qui allèrent dans l’eau jusqu’au ventre et qui, arrivées dans la maison, furent obligées de rester sur des chaises et des tables pour donner du secours à cette femme, qu’on avoit jetée sur son lit, dont la paillasse étoit baignée d’eau.

Une partie des foins a été perdue dans la masée.

Comme cet orage venoit de la valienne et que l’abondance d’eau venoit par la rue basse, les habitants de la rue haute étoient d’un côté et ceux de la rue basse de l’autre, sans pouvoir communiquer ensemble, l’espace de l’eau en largeur occupant au moins soixante pieds de terrein.

Tous les chanvres qui étoient sur pied au Voyeu furent tellement abymés qu’on fut obligé de les arracher, et de semer, sur ce terrein qu’ils occupoient, des navets.

De grosses pièces de bois, des échelles, des échalats, des fagots qui se trouvoient sur le passage de l’eau furent emportés dans la prairie.

Ce qu’il y a de surprenant, c’est qu’au moulin d’Ecouffeau, où il y avoit des habitants de Trucy, il ne pleut pas du tout, et qu’ils furent étonnés de voir tant d’eau couler dans la prairie, sans avoir vu pleuvoir ».

Source: Dossier historique (dans « Collection Piette / Textes » ) Archives Départementales de l’Aisne
Texte déposé par Aline Charles
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1789    Oulchy-le- Château  02210      Vœux et doléances des habitants d'Oulchy.

Le dimanche 8 mars 1789, les habitants de la commune d'Oulchy, composé alors de 105 feux, s'assemblèrent sous la présidence de M. Quinquet François, conseiller du roi, juge en cette partie à cause de l'absence de M. le prévôt ; ils rédigèrent leur cahier de vœux et doléances qui fut porté à Soissons le 10 mars par les sieurs Guidon et Pottier nommés à cet effet (François Joseph Guidon dit Delaurin, tailleur d'habits et Simon Pottier , jardinier – B Ancien).
Lesdits habitants demandèrent notamment : Que les impôts fussent payés par tout le monde, c'est-à-dire supporté par les trois ordres.
Que l'impôts représentatif de la corvée fût également supporté par les trois ordres.
Qu'il fût facultatif de prendre à la gabelle seulement la quantité de sel nécessaire à sa consommation et que son prix fût diminué.
Que les affaires de peu d'importance fussent jugées en dernier ressort par la municipalité de la paroisse ou du bailliage.
Que les cultivateurs ne puissent avoir de terres pour plus de quatre charrues, afin de perfectionner leur culture, de multiplier leurs bestiaux et d'occuper plus d'ouvriers.
Que les fermes dépendant de gens de main morte fussent assimilées aux autres biens fonds du royaume.
Qu'il fût permis aux communautés d'acheter pour la milice un homme de bonne volonté, de l'âge et de la taille qui seraient fixés, afin d'empêcher les jeunes gens de contracter des mariages trop prématurés dans la crainte d'être soldats.
Que la suppression des maisons religieuses ne s'applique qu'aux monastères situés dans l'enceinte des villes, car ceux des campagnes sont dans tous les temps, et principalement dans ceux de disette, une ressource pour les pauvres et les ouvriers sans travail.

Source: Extrait de la monographie de M. Laplace, ancien instituteur (1885).
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1790    canton d'Oulchy le Château  02210      Fête de la Fédération, les préparatifs.

L'an 1790, le 27 juin, vers les 9 heures ½ du matin, issue de la messe paroissiale, en exécution d'une proclamation du Roy, du 10 du présent mois, et d'un décret de l'assemblée nationale des 8 et 9 courant, et en conséquence d'une lettre adressée par M.M. les administrateurs du district de Soissons, le 21 de ce mois, les citoyens actifs des municipalités et paroisses de Billy sur Ourcq, d'Oulchy le Château, Saint Rémy Blanzy, arcy Saint Restitue, Rozoy les Oulchy, le Plessier Huleux, Oulchy la Ville, Cramaille, Beugneux, Breny, Saint Hilaire Montgru et Cugny se réunissent dans l'église au nombre de 655. "L'on décide, en conformité des proclamation et décret qu'il sera choisi à la pluralité des voix, 6 hommes par 100, pour se réunir le 4 juillet dans la ville de Soissons, chef lieu du district, cette réunion choisira, à son tour dans la totalité des gardes nationales du district, 1 homme par 200, qu'elle chargera de se rendre à Paris, à la fédération de toutes les gardes nationales du royaume, le 14 juillet. "La paroisse d'Oulchy étant composée de 100 citoyens actifs, en a élu 6 qui sont : M.M. Chéboeuf, Tassin, Pierre Etienne Jeannesson, Bourguin le Jeune, François Belval et Charles Drivière. "M. de Pirlot a été nommé commandant général du canton d'Oulchy. "L'on accepte pour l'Habillement provisoirement l'uniforme du district de Soissons, à l'exception des boutons qui seront imprimés : canton d'Oulchy le Château, milice nationale, avec 3 fleurs de lis".

Source: Extrait de la monographie de M. Laplace, ancien instituteur (1885).
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1790    Cramaille  02130      Histoire du curé réfractaire de Cramaille.

CRAMAILLE – 12 octobre 1790 – Notre bon curé BOBE

M. BOBE prêta serment, mais avec la restriction qu'il entendait rester catholique. 93 ! arriva à grand pas. Cependant M. BOBE restait à Cramailles. Il était caché dans une grange, mariant, baptisant en secret et rédigeant les actes assis sur un tas de paille. Enfin il fut dénoncé au District (Soissons). Ceux qui furent chargés de cette mission descendirent chez le citoyen Fournier, procureur alors de la commune ;
– Eh bien citoyen, nous venons enlever votre réfractaire, il nous le faut mort ou vif !
– Vous l'aurez, citoyen, dit le procureur Fournier, mais avant que de nous mettre à la besogne, il faut reprendre un peu de forces (25 kms séparent Soissons de Cramaille et le voyage devait se faire à pieds à cette époque) ; vous arrivez de Soissons, vous devez avoir besoin.
– Femme, dit-il, fait nous à déjeuner .
Tandis que ce dernier s'apprête, le procureur va à la cave. Il n'épargne pas le meilleur, si bien qu'au milieu du repas les citoyens commissaires étaient déjà devenus intimes du citoyen procureur.; les tu et les toi partaient du cœur et des lèvres. M. Fournier en profite ; mes amis, dit-il, le citoyen BOBE est un bon enfant, on a calomnié son civisme, si vous le connaissiez !
- Ah vraiment ! dirent les commissaires ; citoyen procureur, si tu crois que … enfin … c'est juste, on peut le voir sans doute ?
On alla trouver M. BOBE qui sortit de sa grange et qui, prévenu à temps, causa avec les commissaires sur un ton qu'il essaya le mieux qu'il puit de mettre au diapason du leur. Les commissaires s'en retournèrent édifiés sur le civisme du citoyen BOBE ; c'étaient tout au moins des aristocrates qui l'avaient accusé, pour pousser les choses au pire et faire périr ainsi la République !
Les agents du District n'eurent pas une pleine confiance dans le rapport de leurs commissaires. Ils écrivirent au procureur Fournier qui, cette fois, répondit que le citoyen BOBE était connu pour la pureté de son civisme, qu'il avait renoncé à ses anciennes erreur et que s'il n'avait pas épousé sa servante, c'était comme s'il l'eût fait… On comprend que le District n'eut plus de motifs de poursuivre un aussi respectable citoyen.
Cependant M. BOBE restait caché ignorant ce que l'on faisait pour l'arracher à la fureur des révolutionnaires. N'ayant plus d'offices à célébrer, il passait son temps à mettre en vers français toutes les hymnes du bréviaires tandis que son ancienne servante domestique, Marie N….., âgée de 72 ans et infirme vivait de rien dans une petite chambre d'une tour du château, ignorant l'ignoble calomnie dont il avait fallu se servir pour sauver son maître.

"complément d'information : Ce bon curé repose dans le cimetière de Cramaille avec 2 autres anciens curés de la paroisse. Celui-ci est décédé le 30 octobre 1817. Il avait été ordonné prête le 10 mars 1769 à Soissons".

Source : Livre de M. De Vertus – Histoire de Coincy, Fère, Oulchy
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1799    Crécy sur Serre  02270      Fatigue…Misère…et habillement.

Ce jourd'huy 27 Pluviôse an VII de la République à 9h du matin, nous, Jean Louis Chatillon, premier assesseur du citoyen de paix du canton de Crécy-sur-Serre et officier de police, assisté de Jean Claude d'Etrez et Rémy Dubois tous deux notables de la commune dudit Crécy et y demeurant, du citoyen Marc Antoine Polignon chirurgien sur la réquisition à nous présentée par le citoyen Pierre Rémy Frion manouvrier qui avait découvert un cadavre mort sur le terroir dudit Crécy vulgairement appelé le canton des grains d'argent. ; nous sommes transportés sur le canton et avons effectivement trouvé un cadavre qui a été reconnu pour être le corps de Nicolas Duchemin âgé d'environ 58 ans veuf de défunte Antoinette Gomet, vivant maçon demeurant sur la commune de Montigny. Il avait le visage tourné contre terre. Il était revêtu d'une veste, d'un gilet, d'une paire de guêtres de soie, d'une paire de sabots ayant le chapeau sur la tête et tenant son ( ?) à la main ; il a été consulté au même temps par ledit citoyen chirurgien qu'il y avait environ 48h que ledit défunt était décédé et que le décès ne lui était arrivé que par les fatigues, le mauvais temps qu'il a essuyés et des faiblesses qu'il lui sera survenues. Et après un examen très exact dudit chirurgien de toutes les parties du corps, il a déclaré qu'il n'avait aucune fracture sur le corps, que la faiblesse occasionnée par le mauvais temps, les fatigues et le mauvais chemin lui a causé une mort très précipitée.

Source: BMS de la paroisse de Crécy sur Serre
Texte déposé par Janine Gourio
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1814    Launoy  02210      Prémices de la première Restauration.

L'an mil huit cent quatorze, le dix mars vers les huit heures du matin, pardevant nous Etienne Fournier, maire de la commune de Launoy, canton d'Oulchy le Château, département de l'Aisne, faisant les fonctions d'officier des états civils soussigné, certifié qu'un soldat de la garde impériale voulant entrer dans ma maison en ouvrant la porte est tombé mort, âgé de environ de trente ans, ne sachant pas son pays ou il demeure et ni de quel département il est et ni son nom et prénoms n'ayant pas trouvé aucun papier sur lui, étant mort.
La déclaration a été faite en présence de Simon Théophile Servoise, instituteur âgé de cinquante six ans et Pierre Salingre, charron âgé de quarante neuf ans, tous deux domiciliés en cette commune.

Source: Extrait de l'état civil de la commune Launoy.
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1814    Cramaille  02130      "parurent les Cosaques qui étaient les pillards de l'armée Russes..."

NOTE HISTORIQUE SUR LA FIN DE L'ANNEE 1813- DEBUT 1814 -

L'empereur de Russie ; Alexandre, le roy de Prusse ; Guillaume, l'empereur de l'Allemagne ; Ferdinand, le Roy d'Angleterre, et le roy de Suède, coalisés contre Bonaparte, empereur des français sous le nom de Napoléon 1er, fondirent sur la France de plusieurs côtés avec des troupes incontrôlables. Après plusieurs combats ou les Français furent tantôt vaincus tantôt vainqueurs, les Russes et les Prussiens ayant rétablis le pont de Château Thierry qui avait été rompu, le passèrent et ayant été arrêtés par la résistance de la ville de Soissons, prirent leur route par le Grand Chemin nommé "le chemin de Reims" qui traverse le terroir de Cramaille et une partie de Saponay.

Le 13 février 1814, nous vîmes défiler sur cette route plus de cinquante mille hommes, suivis de bagages immenses. Le 15 à 7 heures du matin parurent les Cosaques qui étaient les pillards de l'armée Russes. La matinée s'est passée paisiblement mais vers les 3 heures après-midi, ces hommes féroces, échauffés par le vin déferlent dans les maisons, maltraitèrent les habitants, enlevèrent tout ce qui leur plut et employèrent la nuit au pillage, au viol et a tous les crimes. Ce fut là, le prélude des maux auxquels Cramaille comme les villages circonvoisins étaient réservés. Durant les mois de février, mars et avril, les mêmes scènes recommencèrent très souvent. Les habitants dépouillés de tout, recoururent aux souterrains pour cacher leurs effets et aux bois pour sauver leurs personnes, jusqu'à ce qu'enfin, le ciel se déclarent pour eux et pour la France. Les alliés défirent, à Laon, une partie de l'armée de Bonaparte, l'avortèrent et le cernèrent à Fontainebleau, assiégèrent Paris dans les derniers jours de mai et entrèrent le 30 par capitulation avec le sénat et le commandant le duc de Raguse de la garde nationale et y proclamèrent la déchéance de Bonaparte et la restauration des Bourbons dans tous leurs droits particulièrement de Louis 18° sur son trône.

Ce fut par une suite de ces malheureux événements que plusieurs personnes entre autres ; Jacques Théophile Cheboeuf, Louise Elisabeth Gérard. et Jacques Nicolas, ont péri. Ce fut pendant ce temps vers la mi mai que le général York, prussiens à la tête de 45 milles hommes séjourna sur le terroir de Cramaille. Son armée occupé la partie septentrionale. Depuis la remise du Marais jusqu' au terroir de Beugneux. Ce sont ces luthériens qui pillèrent l'église de Cramaille, où ils profanèrent les Saintes Hosties, enlevèrent tout le linge, arrachèrent et brûlèrent une partie des lambris et presque tous les bancs de la nef. Brisèrent le soleil et la croix de procession, et dégalonnèrent les chapes et chasubles dont ils brûlèrent une partie dans leur bivouaques.

L'église de Cramaille et tous les habitants se souviendront toujours de la bienveillance de M. et Mme De Campigny, propriétaires des fermes de la basse cour, du Gué, de la Croix et du château de Cramaille qui dans cette occasion leur firent présent d'un soleil neuf, d'une belle chasuble blanche et payèrent la réparation de la croix de procession. Le reste fut rétabli par les dons de quelques habitants et de M. le curé.

Signé BOBE


Source: Document trouvé aux archives de l'évêché de Soissons sur le registre des sacrements de Cramaille.
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1816    Coulonges  02130      Mauvaises récoltes en tout dans le Tardenois.

L'année 1816 fut très pluvieuse, tous les foins pourrirent dans les champs, les seigles à moitié perdus. Vers la mi-août les blés étaient encore verts. On ne put les faucher avant la fin d'août et le commencement de septembre ; Il survint alors des froids si vifs que les moissonneurs avaient peine à s'échauffer en travaillant. La pluie recommença à tomber sans interruption, les javelles étaient continuellement mouillées et il fallait les retourner bien souvent. Le blé ne valut rien, on ne pouvait pas le moudre et la farine donnait un pain lourd et indigeste. On rapporte que les domestiques allant à la charrue lançaient l'intérieur de leur miche contre le mur et il y restait collé. Les blés n'avaient pu être rentrés qu'à la fin octobre et les pommes de terre ne furent récoltées qu'en décembre, elles étaient alors à moitié gelées. Le blé se vendit 20 francs le pichet et l'orge 14 francs.

Source: Extrait de Histoire de Coincy, Fère en Tardenois, Oulchy et les environs par A. de Vertus
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1823    Cramaille  02130      Les cloches de Cramaille.

Le petit clocher de l'église de Cramaille renferme trois cloches.

Sur la grosse cloche on lit :

LAN 1823 J'AI ETE BENITE PAR M. LHOTELLIER DOYEN DE FERE ASSISTE DE M. FRANCOIS MARTIN CURE DE CRAMAILLE & (1) NOMMEE
HENRIETTE CAROLINE PAR M. LOUIS CHARLES BAUQUET DE SURVILLE MARQUIS DE CAMPIGNY MARECHAL DES CAMPS & ARMEES DU ROI COMMANDEUR
DE L'ORDRE DU PHENIX DE HOHENLOHE ET MADEMOISELLE LOUISE CHARLOTTE DE SALIGNAC DE LA MOTHE FENELON (2) MARQUISE DE CAMPIGNY PROPRIETAIRE DE
CRAMAILLE O (3) REPRESENTE PAR M. POTTIER (4) & Mde DEMONCY, M. FOURNIER ETANT MAIRE, M.M. JEAN VERCOLLIER ET CHARLES PINTA (5) MARGUILLIERS
******************
(1) signe remplaçant
(2) Sur la grosse et la moyenne cloche, il y a des accents sur le mot fénélon
(3) Un très gros point
(5) Les P ont été refaits au burin, ayant été manqués dans la coulée de la cloche.
Ornementations – Saint Martin coupant son manteau au légendaire mendiant (1) – Médaillon où Saint Pierre en buste tient de la main droite une forte clé levée – Crucifixion, la croix repose sur une tête de mort – Marque du fondeur consistant en un médaillon avec cloche u milieu ; autour on lit : cavillier à Carrépuits.
Diamètre de cette cloche : 0 m 78 ; hauteur 0 m 68

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Moyenne cloche
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LAN 1823 J'AI ETE BENITE PAR M. LHOTELLIER DOYEN DE FERE ASSITE DE M. FRANCOIS MARTIN CURE DE CRAMAILLE & NOMMEE MARIE FRANCOISE PAR M. DURAND FRANCOIS VICTOR DE VERDONNET CHEVALIER DE L'ORDRE ROYAALE & MILITAIRE DE SAINT LOUIS CAPITAIANE AU CORS ROYAL D'ETAT MAJOR & MARIE JEANNE LAURE DE SALIGNAC
DE LA MOTHE FENELON COMTESSE DE VERDONNET PROPRIETAIRE DE CRAMOISELLE * (2) REPRESENTE PAR M. PIERRE
ALEXANDRE MERLE & MADAME MARIE COPEAU, M.M. Pierre ANDRE ADJOINT & FELIX ANDRE SECRETAIRE DE LA FABRIQUE
******************
(1) St Martin est le patron du village
(2) Une petite fleur après le mot Cramoiselle
Ornementation et médaillon du fondeur comme sur la grosse, sauf que le médaillon de St Pierre est remplacé par un buste de la vierge mère.
Diamètre ; 0 m 69 ; hauteur ; o m 69

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Troisième cloche
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L'AN 1823 J'AI ETE BENITE PAR M. LHOTELLIER DOYEN DE FERE ASSISTE DE M. FRANCOIS MARTIN CURE DE CRAMAILLE ET NOMMEE LOUISE ANGADREME PAR M. THEODORE ANGADREME MOSNIER & Mde LOUISE ANTOINETTE DELPHINE CHAMBRON SON EPOUSE PROPRIETAIRE A CRAMILLE REPRESENTE PAR M. NICOLAS FOURNIER & Mde MARGte JULIE DEMONCY SON EPOUSE M.M. PIERRE DESBOVES & Js VERCOLLIER FILS MARGUILLIERS

Ornements – Evêque crossé et mitré bénissant – les autres, comme la deuxième, avec l'écusson du fondeur.
Diamètre : 0 m 62 ; hauteur : o m 64


Source: Document trouvé sur le livre de M. Riomet consacré aux cloches de nos villages.
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1950    Vallée de la Serre        Les orages ont fait d’importants dégâts dans l’Aisne.

     Le violent orage qui s’est abattu sur notre région dans la nuit du 4 au 5 juillet a gravement endommagé la vallée de la Serre.
C’est ainsi qu’à Remies une trombe d’eau a inondé de nombreuses caves. Des arbres ont été brisés, le courant électrique a été interrompu. De son côté, la grêle a causé de sérieux dégâts dans de nombreux champs, couchant les céréales ou endommageant les betteraves.
A Assis-sur-Serre, de nombreux arbres ont été déracinés ou brisés et de nombreux bâtiments ont été endommagés.
A Bohain et à Audigny, les méfaits de l’orage n’ont pas été moins importants. Les récoltes ont particulièrement souffert. A tel point que la direction des Services agricoles qui devait effectuer des visites des champs d’essais, dans cette partie du département, a dû les annuler, les blés s’étant couchés et rendant impossible toute observation utile.
Un orage précédent a également endommagé la toiture de l’église de Cramaille, dans le Soissonnais.
Dans cette localité, un ouvrier de ferme qui tenait une fourche a reçu une forte secousse qui lui a paralysé pendant quelques instants les doigts. Enfin, toujours à Cramaille, un ouvrier de la râperie qui regagnait son domicile à Saponay, à bicyclette, a été renversé en bas de sa machine par la foudre et s’est relevé fortement commotionné.

Source: D'après les archives de M. B Ancien
8 juillet 1950
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1889    Cramaille  02130      On ne plaisantait pas à cette époque !

Pendant la messe célébrée à l'église de Cramaille dans la nuit du 24 au 25 décembre dernier, trois jeunes gens de cette commune, les nommés P....... Edouard, D...... Octave et A...... Désiré, manouvriers, ont trouvé de bon goût de causer le plus grand scandale en criant, bousculant les bancs, cassant un cierge, ouvrant et fermant bruyamment les portes en faisant certains autres bruits, etc…
Pour entrave à l'exercice du culte, P..... s'entend condamner à six jours d'emprisonnement, D...... et A........., chacun à 25 Fr d'amende.

Source: Document trouvé à l'évêché dans le tome de l'année 1889, page 71.
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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1918    Wallée  02210      La croix des morts.

Le christ de Wallée (et de Cramaille)

Il est une ancienne coutume qui fut ici suivie fort longtemps. Une ancienne famille du pays qui avait vécue à Cramaille et s'était enfin installée à Wallée, détenait un christ fort archaïque et en méconnaissait l'intérêt, lors de chaque décès il était d'usage d'aller quérir ce crucifix pour le déposer sur le cercueil où il restait lors du long parcours pour atteindre le cimetière de Beugneux.
La valeur de l'objet ne s'est révélé qu'en 1918 lorsqu'un particulier plus averti que les autres, le retrouva parmi les ruines. Les propriétaires étaient décédés en 1916 et 1918. Il le restitua aux héritiers mais non sans l'avoir fait expertiser. Des querelles de successions et aussi des revendications surgissent alors, ce qui fait que depuis tout ce temps il attend une solution dévolutive.
Il s'agit d'un travail sorti des fameux ateliers Limousins du XII° siècle (fin du roman) Le Christ diadémé et juponné à la manière byzantine est posé sur une croix de bois habillé de plaques de cuivre ciselée et enrichie d'émaux champlevés.
Le christ est plus le roi qui triomphe que la victime qui succombe.

Source: Document trouvé et donné par Annie Pinta lors de recherches sur Cramaille.
Texte déposé par Maryse Servoise Plé
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© 01/07/1999 - MARCHAL Jacques
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